Volume 3
Le terrorisme islamiste
Le terrorisme islamiste
Volume 3 : Le terrorisme islamiste
Le troisième volume de cette Encyclopédie mondiale du terrorisme est consacré à l’une des formes les plus marquantes, les plus meurtrières et les plus structurantes du terrorisme contemporain : le terrorisme islamiste. Depuis la fin du XXe siècle, et plus encore depuis les attentats du 11 septembre 2001, cette mouvance a profondément transformé la perception de la menace terroriste, les politiques de sécurité intérieure, les relations internationales, les doctrines militaires, les équilibres géopolitiques régionaux et les rapports entre sociétés démocratiques, religion, identité et violence politique.
Le terrorisme islamiste ne constitue pas un bloc homogène. Il recouvre des organisations, des réseaux, des mouvances idéologiques et des trajectoires individuelles très diverses. Certaines structures s’inscrivent dans une logique révolutionnaire globale, comme Al-Qaïda ou l’État islamique ; d’autres se rattachent à des conflits territoriaux, nationaux ou régionaux, comme le Hamas, le Jihad islamique palestinien, les Houthis ou certains groupes sahéliens ; d’autres encore combinent criminalité organisée, insurrection armée, prédication radicale, guérilla, propagande numérique et stratégie d’intimidation des populations civiles. Toutes partagent cependant un élément central : l’instrumentalisation d’un référentiel religieux présenté comme justification d’un projet politique totalisant, exclusif et violent.
Ce volume entend donc dépasser les explications simplistes qui réduiraient le phénomène à une seule cause : la religion, la pauvreté, la géopolitique, l’endoctrinement, l’humiliation identitaire ou l’échec des États. Le terrorisme islamiste naît précisément de la combinaison de ces facteurs. Il se nourrit de conflits anciens, d’interventions militaires, de régimes autoritaires, de fractures sociales, de discours victimaires, de réseaux transnationaux, de financements, de prisons, de diasporas, de propagande et, plus récemment, de l’espace numérique. Sa force réside dans sa capacité d’adaptation : il peut prendre la forme d’une organisation hiérarchisée, d’une franchise régionale, d’une cellule clandestine, d’un réseau de soutien logistique ou d’un individu isolé radicalisé à distance.
Une attention particulière est accordée au cas belge, non par chauvinisme méthodologique, mais parce que la Belgique constitue un observatoire particulièrement révélateur des dynamiques européennes de radicalisation. Pays central dans l’architecture institutionnelle de l’Europe, elle a été à la fois terre d’implantation de réseaux, base arrière, lieu de recrutement, espace de transit et cible d’attentats. Les trajectoires de Nizar Trabelsi, de Sharia4Belgium, des filières syriennes, des attentats du Musée juif de Bruxelles, du Thalys, de Paris et de Bruxelles illustrent l’articulation entre radicalisation locale, réseaux internationaux et conflits extérieurs.
L’étude des grandes organisations islamistes violentes impose également de distinguer les niveaux d’analyse. Al-Qaïda a théorisé et popularisé le djihad global contre l’Occident ; l’État islamique a ajouté à cette logique une ambition proto-étatique, territoriale et administrative ; AQMI, AQPA, Al-Shabaab, Boko Haram, l’État islamique au Khorassan ou les groupes sahéliens ont adapté ces matrices idéologiques à des contextes locaux marqués par la faiblesse des États, les rivalités ethniques, la corruption, la pauvreté, les trafics et les guerres civiles. Le Hezbollah, les Houthis, le Hamas ou le Jihad islamique palestinien montrent, quant à eux, la complexité des mouvements situés à l’intersection du religieux, du militaire, du social, du politique et du géopolitique.
L’ambition de ce volume est de proposer au lecteur une synthèse documentée, critique et accessible, sans perdre l’exigence de rigueur nécessaire à un sujet aussi sensible. Il ne s’agit ni de stigmatiser une religion, ni de confondre l’immense majorité des musulmans avec des minorités radicalisées, ni d’ignorer la pluralité des courants de l’islam. Il s’agit, au contraire, de comprendre comment certaines doctrines, certains acteurs et certains contextes ont permis la transformation d’une référence religieuse en instrument de guerre, de terreur et de domination.
Étudier le terrorisme islamiste, c’est enfin interroger nos propres vulnérabilités : failles institutionnelles, aveuglements politiques, erreurs diplomatiques, difficultés d’intégration, radicalisation carcérale, fractures sociales, polarisation identitaire, circulation des armes, retour des combattants étrangers et puissance des propagandes en ligne. Comprendre ces mécanismes ne revient pas à excuser les crimes commis ; c’est au contraire se donner les moyens intellectuels, politiques et sécuritaires de les prévenir. Ce volume s’inscrit dans cette démarche : connaître, analyser, contextualiser et transmettre, afin de mieux saisir l’une des menaces majeures de notre temps.
Le volume 3 a été scindé en deux parties.
La première partie étudie Al-Qaïda et les groupes affiliés
La deuxième partie se penche sur l'Etat Islamique et les groupes sympathisants
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