Volume 2
Terrorisme et extrémisme d'extrême droite
Terrorisme et extrémisme d'extrême droite
Volume 2 : Le terrorisme d'extrême droite
L'auteur consacre ce tome à l'une des expressions les plus anciennes et les plus tenaces de la violence politique : celle issue de l'extrême droite, du nationalisme radical, du suprémacisme ethnique et des mouvements séparatistes identitaires.
Sur l'ensemble de cette encyclopédie, ce tome occupe une position singulière. Il documente des réalités longtemps reléguées au second plan de l'agenda sécuritaire — éclipsées, dans les années 1970, par la préoccupation dominante pour le terrorisme marxiste-léniniste, puis, au tournant du XXIe siècle, par la montée du djihadisme. Pourtant, comme le démontrent les quelque sept cents pages qui suivent, la violence d'extrême droite n'a jamais cessé d'agir. Elle a simplement muté : des commandos clandestins des « années de plomb » aux réseaux néonazis transnationaux, des loups solitaires inspirés par l'idéologie accélérationniste aux mouvements conspirationnistes de masse, en passant par la stratégie dite de « dédiabolisation » qui a conduit certaines formations de l'ombre vers les parlements et les gouvernements.
Le volume s'articule autour de cinq axes thématiques complémentaires. Le premier retrace la violence paramilitaire des années 1970 à 1990 : Ordine Nuovo et les Nuclei Armati Rivoluzionari en Italie — responsables de l'attentat de la gare de Bologne en 1980, l'un des actes terroristes les plus meurtriers de l'après-guerre européen —, la Wehrsportgruppe Hoffmann en Allemagne, le Groupe Charles Martel et l'OAS en France, les Loups Gris en Turquie et au sein des diasporas européennes. Le deuxième axe analyse l'internationalisation des réseaux néonazis contemporains : Combat 18, Blood & Honour, Hammerskin Nation, Atomwaffen Division, The Base et les Active Clubs, héritiers d'une pensée accélérationniste qui fait de l'effondrement systémique une finalité explicite. Le troisième axe examine la radicalisation en ligne et la culture numérique de la haine, à travers l'Alt-Right américaine, le groupe 764 et le phénomène QAnon. Le quatrième axe restitue la spécificité belge — Front de la Jeunesse, Westland New Post, Bloed Bodem Eer en Trouw, affaire Jürgen Conings — dans un pays dont la fragmentation institutionnelle et la position géographique centrale en font un observatoire privilégié des extrémismes. Le cinquième axe, enfin, traite du terrorisme nationaliste et séparatiste : l'IRA provisoire, l'UDA, l'ETA et le mouvement corse, envisagés comme des phénomènes à part entière partageant avec l'extrême droite violente des logiques communes de légitimation de la violence et de construction d'un ennemi intérieur.
Deux figures emblématiques du passage à l'acte individuel — Anders Breivik, auteur du massacre d'Utøya (2011, 77 victimes), et Timothy McVeigh, responsable de l'attentat d'Oklahoma City (1995) — y sont également analysées en profondeur, illustrant la capacité du terrorisme d'extrême droite à opérer hors de toute structure organisationnelle classique, tout en s'inscrivant dans une culture militante cohérente et une idéologie assumée.
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