Depuis la nuit des temps, les Gwanguanas vivaient plus ou moins en paix sur notre île. Il y avait bien des conflits entre tribus mais rien de comparable à ce que notre peuple allait subir.
Il y a plusieurs siècles des colonisateurs débarquèrent sur notre territoire. Ils avaient des armes dont nous n'avions pas la connaissance et étaient d'une brutalité incroyable en comparaison aux quelques escarmouches entre tribus que nous connaissions. Les hommes qui tentaient de résister avec leurs sagaies et leurs boucliers étaient balayés par des hommes couvert de métal utilisant des armes à feu. Les blessés étaient exécutés, les captifs réduis en esclavage, leurs femmes systématiquement violées, les enfants élevés dans le seul but de travailler pour les colons.
Il y a bien eus des mouvements de résistance qui apprirent à se servir des armes des envahisseurs, à les voler, à les retourner contre leurs ennemis. Mais les répressions atroces et la supériorité militaire des colons firent taire toute rébellion organisée.
Nos oppresseurs finirent par faire de toutes nos tribus des esclaves à leurs service. Ils construisirent leurs plantations, leurs demeures, nos femmes continuèrent à être des objets sexuels. Puis ils commencèrent à vendre les esclaves dont ils n'avaient plus besoin, à les élever pour ce commerce, ils ne gardèrent que les bouches utiles. Les gwanguamas furent dispersés, vendus sur le marché du port principal de l'île. Les acheteurs affluèrent comme des mouches sur un morceau de viande.
Notre île était devenu pour eux une principauté, il n'y avait rien de princier chez eux. Leur système politique une monarchie absolue, il n'y avait rien de royal dans leur comportement. Notre peuple était dispersé aux vents à bord de navires surchargés ou la mortalité était abominable. Allongés les uns contre les autres comme des sacs il n'était pas rare de passer plusieurs jours à côté d'un cadavre, souvent celui d'un ami. Pourtant ils glorifiaient la sagesse de leurs monarques...
Ils trouvèrent le moyen de se battre en eux pour notre territoire, ils y voyaient des changements. Les esclaves gwanguamas y virent surtout une aggravation encore pire de leur situation si c'était possible. Dès lors notre île fût le jouet de différentes puissances. Ils virent même notre guerre de libération comme une "instabilité" et leur "Organisation des Nations de l'Archipel" se comporta comme tout les colons avant eux, avec certes un peu moins de violence.
Aujourd’hui, grâce au génie tactique de notre libérateur à tous, Koffi Moutawa, notre peuple est enfin libre après des siècles de servitude !
Plutôt mort qu'esclave !
L’Histoire des tribus gwanguamas est complexe. Selon l'époque, les différents conflits tribaux ou de simples mariages ont vu disparaitre certaines tribus absorbées par une autre plus puissante. Les frontières tribales sont également très mouvantes au fil des siècles ainsi que les villes ou villages qui faisaient office de "capitales", même si ce terme n'est pas très approprié. Je vais donc vous résumer ce que nous savons aujourd'hui sur le sujet.
La période pré-coloniale et la guerre de libération.
Avant l'arrivée des colons, nous savons que les gwanguamas étaient divisés en tribus beaucoup plus nombreuses qu'aujourd'hui. Elles se livraient à des conflits armés pour un morceau de territoire, un vol de bétail, des motifs divers parfois insignifiants ou une simple volonté expansionniste de leurs chefs. Les limites de leur territoires étaient donc très floues. Nous savons qu'à cette époque les chefs de tribus transmettaient leurs pouvoirs à leurs fils. Les femmes obtenant le statu de chef étaient très rares. Le chef de tribu était avant tout celui qui menait ses guerriers dans les combats.
A l'arrivée des colons, les gwanguamas s'unirent, au moins partiellement, contre les envahisseurs. Comme je l'ai déjà exposé cette résistance fut écrasée et les gwanguamas réduits en esclavage. Les dialectes gwanguamas étant assez différents et pour éviter les conflits entre membres de tribus dont ils ne voulaient rien savoir les colons essayaient d'acheter des esclaves d'une même tribu par commodité. Pendant la période coloniale il persista donc une certaine cohésion tribale, parfois pour de simples raisons géographiques.
Il en était tout autre pour les esclaves vendus aux navires négriers, ils étaient dispersés et les liens tribaux devinrent au fil des générations anecdotiques. Quand Koffi Moutawa engagea la guerre de libération, il retrouva cependant sur l'île de ses ancêtres des tribus encore solidaires et il dut composer avec cet état de fait pour grossir son armée. Les familles de chefs de tribus ou de clans étaient encore influentes. Il choisit avec finesse de ce servir de cette apparente difficulté comme d'un atout. Il donna donc des gages aux plus importantes tribus, leur promettant une certaine souveraineté sur leurs anciens territoires. La guerre n'était pas encore gagnée qu'il devait déjà organiser son futur État indépendant.
Comme je l'ai déjà exposé dans une introduction à l'Histoire de l'Empire du Gwangua, la guerre terminée, Koffi Moutawa fut proclamé Empereur. Il divisa l'Empire en quatre royaumes à la tête desquels il mit ses principaux généraux. Le tracé des frontières de ces royaumes devaient correspondre plus ou moins aux territoires originels des tribus auxquels il avait promis une unité géographique. Lui-même était issu d'une des familles de chefs de la tribu Moutawa, il décida dès le début de son règne de renoncer à ce Titre incompatible avec l'unité de l'Empire. Après de longues tractations, chaque territoire tribal fut inclut dans un seul royaume à l'exception notable de la tribu Bah qui était présente dans deux royaumes. Nous y reviendrons.
La période Impériale moderne.
Tout cela reste assez abstrait, il est temps de vous présenter le découpage qui fut décidé par le premier Empereur du Gwangua. Il est toujours d'actualité, même si bien évidemment les sujets de l'Empereur sont libres de s'installer où ils le souhaitent dans l'Empire. Les zones tribales sont donc des territoire majoritairement peuplés par les descendant de la même tribu, mais il ne s'agit pas de "réserves", pour beaucoup la tribu d'origine représente moins de 70% de la population. La culture de la tribu originelle y est cependant prédominante.
Carte de l'Empire, des royaumes et des territoires tribaux
Vous voyez immédiatement la complexité de l'organisation. Chaque tribu est dépendante d'un royaume, lui même étant sous la tutelle de l'Empereur. Les rois sont donc devenus des médiateurs entre tribus, parfois rivales, dans l’intérêt de leur royaume et pour l'image qu'ils donnent à l'Empereur. Les territoires concédés aux chefs de tribu reprenaient approximativement leur "influence géographique" à l'arrivée de l'armée de libération de Koffi Moutawa. Mais les colons avaient parfois déplacé des tribus entières, sans parler de celles qui avaient simplement disparu. Les tribus actuelles sont pour certains largement réinventées. Ce n'est pas ma position, elles sont certes moins nombreuses mais représentent de véritables cultures distinctes issues de groupes ethniques originaux même si il ne s'agit pas de la mosaïques des origines.
Le découpage ne repose pas sur rien et on peut relier assez facilement une tribu à son territoire d'origine. Aujourd'hui ont est en mesure de prouver que les revendications tribales adressées à Koffi Moutawa n'étaient pas fantaisistes. Pour cela, la manière la plus évidente est l’étude des "Alamas", ce qui pourrait être traduit par "symboles" ou "marques". Il s'agit de gravures, parfois très anciennes présentes sur toute l'île mais aussi de tatouages ou de motifs de vêtements qui ce sont transmis au sein des tribus. Ces "Alamas" sont nombreux et ne sont pas tous spécifiques à une tribus ou un territoire, mais leur fréquence permets d'avoir une vue assez fine des répartitions de population.
Prenons un exemple :
A gauche une des pierres gravées nombreuses en Empire Gwangua et à droite un tatouage "moderne" reprenant des "Alamas". La comparaison de ces gravures mais aussi de peintures rupestres avec des tatouages ou des motifs vestimentaires transmis dans un groupe tribal permets de relier les deux en faisant le tris et quelques statistiques.
Il faut une connaissance assez fines de tout les "Alamas" et de leurs différents usages, leurs emplacement, les associations possibles pour en tirer des conclusions. Dans l'exemple ci-dessus, le premier "Alama" en partant du bas est appelé "IRI" (la graine) :
"IRI" (la graine)
On pourrait en tirer une conclusion ? En fait non, cet "Alama" est commun à toutes les tribus gwanguamas. Il représente la graine de baobab et comme tout les "Alamas" a une signification, ici la dureté et la persévérance. C'est l'exemple parfait, d'un "Alama" qui n'est pas exploitable statistiquement. Un autre tatouage de cette jeune femme est plus intéressant, nous y reviendrons. Cependant, les "Alamas" importants sont souvent présents sur des parties du corps plus visibles ou encore sur le motif des vêtements ou des objets de la vie quotidienne. Il s'agit ici, plus de symboles dont le sens tiens à cœur à la personne que de marque tribale.
Les différentes tribus gwanguamas et leurs "Alamas" spécifiques.
Comme bien souvent l'"Alama" spécifique d'une tribu a une symbolique en lien avec sa philosophie, son mode de vie ou son originalité, je vais illustrer chaque petite description des tribus présentes sur la carte établie par notre premier Empereur. Ces symboles étant parfois utilisés, avec la modernisation de l'Empire, comme en-tête pour une déclaration écrite d'un chef de tribus ou comme élément de signature, cela peut être utile.
J'ai choisis de commencer par la tribu de l'Empereur, même si il n'en est pas le chef, puis celles des rois gwanguamas et ensuite aléatoirement.
Alama de la tribu Moutawa
Cette forme qui parait abstraite n'est que finalement peu stylisée. L'Alama de la tribu Moutawa représente une corne de bouquetin, son nom, Kakakin, ne porte d'ailleurs pas à confusion. Il s'agit d'un symbole de vigilance mais aussi de combativité. La corne pouvant servir à lancer une alerte mais aussi une attaque.
Ce symbole est souvent retrouvé dans d'autres parties de l'île signifiant l'influence déjà grande de la tribu Moutawa. On peut même parler de crainte quand elle est associée à d'autres "Alamas" plus sombres voir funestes. Plus on se rapproche du territoire Moutawa, plus elle est souvent associée à des symbole de respect, laissant entendre que les tribus voisines étaient déjà sous sa protection. L'ancestrale capitale de la tribu est la ville de Moutawa où sont érigés les tombeaux des chefs de tribus et des Empereur du Gwangua. L'importance de Sogol semble secondaire jusqu'à la période Impériale.
Vase de vassalité retrouvé sur le territoire de la tribu Nyang.