Education à l' Universel, au Développement et à l' Engagement Solidaire
Depuis que l’Ecole existe, elle a vocation à former des enfants et des jeunes pour qu’ils puissent trouver et prendre leur place dans le monde où ils vivent.
A l’heure de ce que certains nomment désormais le « village planétaire », les contours de notre monde se sont élargis aux dimensions de la planète…
Celles et ceux qui nous semblaient loin n’ont jamais été aussi proches.
Ce qui semblait ne regarder que les uns ou les autres regarde aujourd’hui toute la communauté humaine, tant les interactions sont nombreuses…
De même qu’un battement d’aile de papillon peut déclencher une tempête à des milliers de kilomètres, nous découvrons que nos habitudes de consommation et nos reflexes même les plus insignifiants peuvent avoir des conséquences juste à côté… ou à l’autre bout du monde!
Nous n’avons jamais été aussi interdépendants. Il nous faut apprendre de nouvelles façons d’être et de nous sentir responsables.
Nous nous découvrons chaque jour davantage héritiers d’une planète unique, que nous devons préserver pour les générations futures mais aussi pour mieux l’habiter aujourd’hui.
Nous avons une plus grande conscience d’une communauté de destin en laquelle l’avenir des
uns est celui des autres, en laquelle des fraternités nouvelles et solidaires sont à inventer entre les peuples et entre les personnes pour davantage d’égalité et de justice.
Nous pouvons donner du sens à nos singularités pour les inventer comme « richesses à partager » plus que comme « différences excluantes », qui nous monteraient les uns contre les autres.
Nous pouvons choisir la paix comme mode de vie, plutôt que subir la guerre et la violence.
Cela suppose de cheminer, réfléchir, s’éduquer et Éduquer ensemble
à l’Universel, au Développement, à l’Engagement Solidaire.
Dans l’Enseignement catholique, nous appelons cela « EUDES ».
Et si nous croyons qu’au nom de l’Evangile du Christ nous sommes appelés à œuvrer
pour un monde plus juste et plus humain, nous croyons aussi que bien des hommes,
femmes, jeunes, ou enfants peuvent y travailler avec nous,
quelles que soient leurs convictions.
Parler de « développement durable » suppose quelques précisions :
Selon le rapport Brundtland, « le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Il s’agit ici de tisser ensemble le présent et l’avenir.
Le développement durable ne se réduit pas à une dimension écologique, mais intègre le social, le culturel, l’économique, la diversité, le patrimoine, la gestion des ressources…
Il suppose de susciter ou de faire grandir de nouvelles solidarités : Nord-Sud, intergénérationnelles, etc…
L’éducation au développement durable est une exigence ministérielle (BO n° 28 du 15 juillet 2004, Socle commun de connaissances et de compétences, BO du 19 mai 2007) qui implique de la transdisciplinarité et des démarches progressives allant du 1er degré à l’Enseignement supérieur.
C’est également une préoccupation permanente et incontournable de l’Eglise catholique qui reçoit de la Tradition biblique le souci du respect de la Création, de la fraternité, de la justice, de la réconciliation et du service. En fidélité au Christ et à sa suite, l’Enseignement social de l’Eglise promeut le développement intégral de toute la personne et de toutes les personnes, et la recherche du Bien commun.
1. Economique : finances, matières premières, énergie, agriculture, industrie, alimentation…
2. Sociale : droits et devoirs des personnes, éducation, formation, santé, habitat, information, emploi …
3. Environnementale : préservation des ressources et écosystèmes, biodiversité, empreinte écologique...
4. Culturelle : respects des identités, des cultures, des libertés, des patrimoines locaux ou mondiaux…
5. Spirituelle : se situer dans toujours plus grand que soi, un passé, un présent, un avenir …se sentir interpellé à la relation, à la prise en compte de l’autre, susciter des démarches de sens.
Ils tissent l’Education au développement (EAD), avec la mission de l’Enseignement catholique:
1. Vivre la solidarité ici et là -bas : l’option préférentielle pour les pauvres et les exclus.
L’interdépendance des hommes suppose une prise de conscience permanente des lieux et circonstances qui supposent entraide et coopération, mais aussi fraternité.
2. Eduquer à la paix : une nécessité pour le monde d’aujourd’hui.
Une culture de paix et de non- violence suppose des savoirs, savoir être et savoir- faire spécifiques permettant de cultiver des relations pacifiées avec autrui.
3. Vivre autrement la mondialisation : un appel à y prendre part.
Choisir et œuvrer pour une mondialisation qui n’écrase pas les singularités et respecte les petits est une vigilance de tous les instants, qui s’exerce dans les petites décisions comme dans les grandes.
4. Etre responsable du monde et de son développement : une relation durable aux autres et au patrimoine.
Pour une économie responsable, au service de l’homme… et non l’inverse !
La plupart des convictions mentionnées ci-dessus resteraient « lettre morte » si elles ne conduisaient qu’à regarder de façon « passive » le monde qui nous entoure. C’est donc bien à l’engagement qu’elles doivent pouvoir conduire. Et cet engagement est « solidaire », car il touche à soi et aux autres, dans la reconnaissance active de nos interdépendances, et de nos capacités à nous mobiliser ensemble. Le souci de l’Universel, du développement et de l’engagement entre en forte résonnance avec les programmes scolaires, le socle commun de connaissances et de compétences de l’Éducation nationale, et la doctrine sociale de l’Eglise catholique.
Loin d’être une matière « en soi » ou « en plus », l’EUDES et les thèmes qu’il développe font partie intégrante de l’éducation. Ils trouvent leur place à l’intérieur même des disciplines enseignées, et des activités entreprises dans un établissement scolaire, nécessitant et favorisant des démarches transversales.
Toutefois, il s’agit d’intégrer consciemment cette culture dans la vie et le projet éducatif de l’établissement, ce qui suppose différentes prises de consciences de l’ensemble de la communauté éducative.
Parce qu’elle concerne toute la communauté éducative, la préoccupation de l’éducation au développement suppose de travailler à ce que tous -jeunes et adultes- puissent s’y engager au travers de temps scolaires, d’activités et de projets multiples et pluriels en lien avec les quatre axes éducatifs de l’EUDES (voir ci-dessus « III »). Elle contribue aussi à une articulation toujours plus ajustée entre le « dire» et le « faire », indispensable à toute démarche éducative. En ce sens, il s’agit aussi de faire évoluer nos pratiques en matière d’ouverture à la différence culturelle, au management et ressources humaines, à la gestion financière d’un établissement scolaire. Comme tout chantier d’importance, l’EUDES suppose du temps, des étapes progressives, une certaine pédagogie. On ne réussit jamais tout, ni tout de suite ! Et il n’est jamais trop tard (ni trop tôt) pour se mettre en route.
Toutefois, il serait dommageable de voir l’EUDES comme une « contrainte de plus ». Il s’agit au contraire, d’une occasion supplémentaire et renouvelée de prendre part aux grandes questions contemporaines et de contribuer à rendre les jeunes acteurs par de nombreuses entrées.
Que ce soit au niveau général dans le projet d’établissement, au niveau des enseignements et du socle commun, ou au sujet d’activités éducatives spécifiques, il est de nombreux choix pédagogiques qui peuvent être orientés dans une plus grande prise en compte des thèmes de l’EUDES, y compris dans la mise en œuvre de l’animation pastorale. Les idées des jeunes, récoltées lors d’actions de sensibilisation, peuvent constituer des points de départ précieux et privilégiés, surtout si les adultes les aident à persévérer dans les actions entreprises au bénéfice de tous. Comme pour tout projet, des étapes de bilan et de relecture sont irremplaçables pour entretenir la motivation de tous.
Progressivement, une « culture EUDES » peut alors émerger, qui pourra également être travaillée avec les gestionnaires de l’établissement, mais aussi les personnels administratifs et d’accueil, sous l’impulsion du chef d’établissement.
Outre les Directions diocésaines de l’Enseignement catholique (DDEC) en lesquelles une commission spécifique traite souvent les questions liées à l’EUDES, de nombreux partenaires peuvent être présents à nos côtés pour travailler les thèmes de l’Universel, du développement, de l’engagement solidaire, de l’éducation à la paix.
Ils ont en général des antennes locales qui se laissent volontiers solliciter pour apporter leur expertise ou proposer des activités ou animations qui contribueront à la mise en œuvre des projets liés à l’EUDES :
CCFD Terre Solidaire
http://ccfd-terresolidaire.org
La campagne des Kilomètres de Soleil
http://www.kilometres-de-soleil.cef.fr
Société St Vincent de Paul
Pax Christi
http://www.paxchristi.cef.fr/v2/pax-christi-jeunes/
Justice et Paix
http://www.justice-paix.cef.fr
Coexister
Le réseau Inisia de l’Enseignement catholique
http://www.enseignement-catholique.fr/ec/organisations/18513-devenez-acteur-du-reseau-inisia-
« Une dimension essentielle de l’éducation », un texte de référence pour tous les acteurs et toutes les thématiques accessible gratuitement en ligne et téléchargeable au format pdf
« La pensée sociale de l’Eglise et la communauté éducative » un dossier et des fiches thématiques pour découvrir la pensée sociale de l’Eglise au sein d’un établissement scolaire.
http://www.presses-idf.fr/-Collection-Habiter-autrement-la-planèt