Nous continuons ci-dessous, par lettre alphabétique, l'historique des grandes firmes lyonnaises et régionales
Vingt ans ont passé depuis la création de la grande firme lyonnaise de la place du Bachut.
En 1905, M. Desgouttes, Ingénieur aux Usines Berliet eut l'idée de voler de ses propres ailes et de réaliser pour son compte les types des voitures qu'il avait conçus jusque là pour autrui.
Un modeste local de la place du Bachut une usine embryonnaire, fut le théâtre des premiers exploits de la firme dont la raison sociale était : Desgouttes et Cie.
M. Cottin déjà faisait partie de l'administration en étant comme gérant.
En 1906 après un retentissant succès au Salon de Paris, il fut décidé de modifier la raison sociale et la Société fut transformée en commandite simple, en ayant gérants MM. Cottin et Desgouttes et la raison sociale devint Automobiles Cottin et Desgouttes.
La période d'avant-guerre fut très prospère pour Cottin Desgouttes. Dès 1906 M Cottin, grand sportsman, s'attacha lui-même à imposer la marque et paya de sa personne dans maintes courses de côte, maints rallyes et autres manifestations sportives.
Le succès s'accumulant, le renom de Cottin et Desgouttes fit tache d'huile spécialement dans cette région du Sud-Est montagneuse où les clients sont particulièrement difficiles du fait que les parcours qu'ils ont à emprunter sont généralement très durs et qu'ils ont à demander à leurs voiture une endurance exceptionnelle.
Au nom de la marque Cottin et Desgouttes, il faut associer un esprit sportif hors pair, et l'on peut dire sans crainte d'être démenti que la marque lyonnaise s'est fait connaître par les courses, n'ayant pas craint, même avant-guerre, d'affronter les grandes épreuves sportives. Nous rappelons à ce sujet :
Goerges Deydier pilotant une voiture Cottin et Desgouttes fit une excellente impression au Grand Prix de 1'A. C. F. au Mans en 1911. Deydier, malheureusement, ne termina pas le parcours par suite d'un accident stupide, mais le record du tour fut son triomphe.
Les années passèrent : avec une progression toujours régulière, les usines augmentent, le personnel fidèle vient cristalliser autour du noyau des premiers artisans de la marque Cottin et Desgouttes.
En 1913, Cottin et Desgouttes peut se targuer d'avoir sorti avec un personnel au complet de 300 personnes près de 450 voitures, ce qui était à 1'époque un record puisqu'on comptait, normalement, une voiture sortie dans l'année par personne employée.
Nous ne nous appesantirons pas sur la période de guerre où Cottin. et Desgouttes abandonnant à regret sa construction de voitures de tourisme, se lança le premier dans l'exécution des camionnettes légères.
Dans cette branche. Cottin et Desgouttes connut des succès à telle enseigne que la résistance des camionnettes en service aux Armées devint proverbiale.
Cottin et Desgouttes fit encore pendant ma guerre des moteurs spéciaux pour locotracteurs et allait s'attaquer aux moteurs d'aviation lorsque l'armistice survint.
Le personnel entraîné à produire une mécanique soignée passa facilement des fabrications de guerre à celles des voitures de tourisme et la construction des camionnettes fut poursuivie.
Malgré les difficultés de l'après-guerre, Cottin et Desgouttes prend un essor toujours plus grand et nous voyons les efforts de cette firme consacrés par les succès remportés aux divers Salons de l'Automobile de Paris et dans maintes courses régionales.
Enfin, son éclatante victoire dans le Grand Prix Tourisme de l'A. C. F. 1924 couru sur le circuit de Lyon où Cottin et Desgouttes enlève les 1er et 2ème places de la. 2ème catégorie est la preuve indéniable d'une construction bien au point et susceptible de donner satisfaction aux automobilistes les plus difficiles.
Nous ne pouvons que nous réjouir de la place conquise dans le domaine automobile par cette maison qui a su contribuer ainsi à la renommée de l'industrie lyonnaise.
Il n'est rien de plus élogieux pour une maison d'automobiles que son palmarès quand il est garni d'aussi impressionnante façon que l'est celui des Etablissements Cottin et Desgouttes.
Voici ce palmarès pour 1924 :
Grand Prix Tourisme de l'A. C. F. - 2ème Catégorie Voitures légères. - 1er Lacharnay ; 2e Colas.
6 Avril 1924. - Côte du Camp : Merli, 1er de sa catégorie. Record.
27 Avril 1924. - Côt. des Alpilles : Colas, 1er de sa catégorie. Meilleur temps des voitures Tourisme. Record.
4 Mai 1924. - Côte des Platrières : Colas, 1er de sa catégorie, meilleur temps des Voitures Tourisme, Sport et Course. Record.
25 Mai 1924. - Côte de Limonest : Colas, 1er du classement général Tourisme et Sport. Record. Tous records tourisme antérieurs battus.
1er Juin 1924. - Côte de Montreux-Caux : Fontaine, 1er du classement général Tourisme. Record.
1er Juin 1924 - Côte de Pianfoy Colas. 1er de sa catégorie.
1er Juin 1924. - Côte de Poix : Etèvé, 1er de sa catégorie. Record.
1er Juin 1924. - Côte du Bardo : Francini, 1er de sa catégorie. Record.
22 Juin 1924. - Côte du Val-Suzon : Lacharnay. 1er de sa catégorie. Colas. 1er du classement général Tourisme. Record.
10 Août 1924. - Côte de Laffrey : Colas. 1er du classement général Tourisme. Records anciens battus.
16 Août 1924. - Course internationale du Klausen : Colas. 1er du classement général Tourisme Battant toutes voitures françaises, italiennes, allemandes, autrichiennes. Record antérieur toutes catégories Tourisme battu de prés d'une minute.
21 Septembre 1924 - Epreuve d'endurance et de vitesse de Wiesbaden : Eiberger, 1er du classement général voitures.
21 Septembre 1924. - Côte du Duron. . Kœssler, 1er de sa catégorie.
7 Septembre 1924. - Meeting du Mont-Ventoux : 21 km. 600 de côte : Mouren 1er de sa catégorie. Record ancien battu.
Basé sur un document provenant du fonds de la Fondation de l'Automobile Marius Berliet.