Le Collectif Cognitif a pour objectif de fédérer la communauté des psychologues cognitivistes universitaires francophones (France, Suisse, Belgique et ailleurs !), pour stimuler les échanges scientifiques et encourager les collaborations.
L'objectif du Collectif Cognitif est d'offrir un lieu d'échange aux enseignants-chercheurs et chercheurs en psychologie cognitive en Europe francophone.
Il a été lancé par trois enseignants-chercheurs en psychologie (Thérèse Collins, François Maquestiaux & Gaën Plancher).
Nous organisons des séminaires réguliers à distance (1-2 fois par mois), lors desquels un psychologue cognitiviste présente ses travaux à ses pairs. L'objectif est de présenter des projets, des idées, pour stimuler la discussion, plutôt que de présenter des travaux déjà publiés.
La liste des séminaires est ci-dessous.
A partir de 2024, nous organisons également un colloque annuel (ou bisannuel - à voir!) en présentiel.
En venant aux séminaires! Les liens zoom seront envoyés via la liste de diffusion du collectif cognitif (abonnement ici : https://groupes.renater.fr/sympa/info/collectifcognitif), les listes de diffusion habituelles (RISC, psy16...) et rendus disponibles sur ce site (ci-dessous).
Pour les enseignants-chercheurs: en proposant un séminaire (nous contacter).
Pour les étudiants: si vous souhaitez une attestation de présence, vous pouvez la télécharger en cliquant ici.
LE COLLOQUE 2026 AURA LIEU À MONTPELLIER (UNIV PAUL VALÉRY MONTPELLIER 3)
DU MERCREDI 24 AU VENDREDI 26 JUIN
INFOS SUR LES SOUMISSIONS À VENIR TRÈS RAPIDEMENT!
LES SEMINAIRES 2025-2026
Tous les séminaires sont en ligne et les liens zoom seront postés ci-dessous quelques jours avant
Les archives des années précédentes sont accessibles dans les pages dédiées accessibles ci-dessus
Les séminaires se déroulent de 12h15 à 13h15: 40-45 min de présentation, 15-20 min d'échanges.
mardi 10 février 2026 : Lucie Berkovitch (GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences)
mardi 10 mars 2026 : Gérard Derosière (INSERM, CRNL, Lyon)
Rôle des circuits fronto-moteurs dans la décision d’effort et l’apathie
Les troubles de la motivation se manifestent notamment par des difficultés à décider de s’engager dans des efforts pour atteindre un objectif – ce que la littérature formalise sous le terme de « récompense ». Ces comportements reposent sur des processus d’évaluation effort-récompense, dont on pense qu’ils sont principalement soutenus par des réseaux reliant régions frontales et ganglions de la base. Cependant, alors que plusieurs travaux ont montré l’implication du cortex moteur primaire dans l’intégration des signaux d’effort et de récompense lors de la prise de décision (Derosiere et al., 2025, Nature Communications), le rôle potentiel des interactions entre régions frontales, ganglions de la base et cortex moteur primaire n’a jamais été considéré de manière systématique. Dans une étude récemment publiée (Derosiere et al., 2025, Communications Biology), nous avons combiné tractographie et TMS multifocale à double impulsion chez 45 participants pour quantifier la connectivité structurelle et effective au sein de plusieurs circuits fronto-moteurs. Ces mesures ont ensuite été mises en relation avec des variables reflétant les différences inter-individuelles de motivation, à partir de scores d’apathie sous-clinique et de paramètres computationnels de sensibilité à l’effort et à la récompense. Les résultats montrent que différentes dimensions de la motivation sont associées à des réseaux distincts, impliquant notamment le cortex moteur primaire : par exemple, la sensibilité à l’effort est davantage associée à des circuits fronto-moteurs impliquant l’aire motrice supplémentaire, tandis que la sensibilité à la récompense semble liée à des mécanismes intracorticaux GABAergiques au sein même du cortex moteur primaire. Ces données suggèrent des contributions dissociables de circuits fronto-moteurs aux différentes facettes de la motivation, et pourraient orienter de futures approches de neuromodulation ciblant des réseaux spécifiques dans les troubles motivationnels.
mardi 17 mars 2026 : Mathieu Chidharom (The University of Chicago)
Les origines de la distractibilité humaine : vers une meilleure compréhension des mécanismes cognitifs et neuronaux des lapses d’attention soutenue
Pourquoi est-il si difficile de rester concentré sur une tâche ? Dans cette présentation, je tenterai d’apporter des éléments de réponse à cette question en retraçant la littérature scientifique de 1945 à nos jours. J’évoquerai notamment les grandes théories de la psychologie cognitive portant sur l’attention soutenue, les tâches de type go/no-go utilisées pour la mesurer, ainsi que les découvertes récentes en neurosciences issues de l’IRMf et de l’EEG, qui apportent à la fois des contradictions théoriques et de nouvelles pistes de réflexion. Sur la base d’une synthèse multidisciplinaire intégrant les neurosciences cognitives, mais aussi la philosophie et l’économie comportementale, je présenterai des éléments empiriques soutenant une nouvelle théorie dite de la compétition des buts. Cette théorie soutient l’idée que les lapses d’attention soutenue surviennent lorsqu’un but alternatif est perçu comme plus bénéfique à poursuivre que le but en cours. Elle sera étayée par des données comportementales issues de tâches de switch, ainsi que par des données électrophysiologiques.
mardi 5 mai 2026 : Marie Juanchich (University of Essex, UK)
Invités confirmés (dates à préciser):
Lucie Attout (Univ de Genève)
Lorenzo Ciccione (Univ Paris 8)
Passés
mardi 13 janvier 2026 : Mathieu Lesourd (Univ Marie & Louis Pasteur, Besançon)
Quand le geste se désorganise… mais pas complètement: étude de l'organisation des connaissances d’action en mémoire sémantique
L’utilisation d’objets est un trait caractéristique de notre espèce, reposant sur la mobilisation d’un ensemble de représentations qui interagissent de manière dynamique et complexe. Le point de départ de cette présentation repose sur une étude de cas atypique : une patiente apraxique dont la capacité à utiliser des objets est préservée, alors qu’elle ne parvient plus à les saisir correctement. Plus précisément, chez cette patiente, les représentations du mouvement associé à l’objet et de la saisie de l’objet semblent dissociées. Ce cas soulève des questions fondamentales sur l’organisation des composants de l’action dirigée vers un but. Je présenterai une série d’études en neuropsychologie, neuroimagerie et psychologie expérimentale pour explorer l’existence et la portée de cette dissociation. Enfin, j’aborderai les implications théoriques de ces résultats, les nouvelles questions qu’ils soulèvent, ainsi que leurs applications cliniques potentielles.
jeudi 4 décembre: Céline Paeye (Université Paris Cité)
Influences des Saccades Oculaires sur la Perception Visuelle et Auditive : Une question de motricité ?
Quand nous explorons notre environnement, cherchons un objet ou lisons, nous émettons de nombreuses saccades oculaires dont le but est de déplacer notre regard vers les objets d’intérêt, et donc d’en percevoir tous les détails. Cela nous permet d’interagir efficacement avec notre environnement. Les saccades oculaires exercent également d’autres influences sur la perception des stimuli, selon que ces derniers sont présentés avant, pendant ou après le déplacement des yeux. Les mécanismes sous-jacents à ces différentes influences des saccades sur la perception sont encore en partie méconnus. Dans cette présentation sera abordée la manière dont les saccades oculaires influencent : (i) la perception de la taille d’objets présentés en périphérie avant les mouvements des yeux, (ii) la perception de la hauteur de sons présentés eux aussi avant les saccades et (iii) la perception de sons présentés après les saccades oculaires. Nous verrons notamment que les influences des saccades oculaires sur ces types de perception ne sont pas d’ordre purement moteur, mais plutôt attentionnel, ou qu’elles relèvent de mécanismes plus généraux de prédiction.
Jeudi 27 novembre : Arnaud Leleu (Université Bourgogne Europe)
À vue de nez : quand les odeurs façonnent le développement de la perception visuelle
Alors que la vue est peu développée au début de la vie, l’odorat est un sens précoce qui contribue aux premiers apprentissages. L’odorat est donc dans une position idéale pour faire profiter de son expérience son jeune homologue visuel. Dans ce séminaire, j’aborderai cette question à travers une série d’études utilisant un marquage fréquentiel en EEG. Je montrerai que l’une des odeurs les plus pertinentes pour les nourrissons – l’odeur corporelle de la mère – facilite la perception des visages à l’âge de 4 mois et peut même induire des paréidolies faciales. Je montrerai également que l’effet facilitateur de l’odeur maternelle diminue progressivement entre 4 et 12 mois à mesure que la perception des visages se développe, et comment il peut être estompé à 4 mois en diminuant la difficulté de la tâche pour le jeune système visuel. Enfin, je dévoilerai comment les odeurs peuvent encore influencer la perception visuelle chez l’adulte lorsque les stimuli sont ambigus ou difficiles à percevoir. Ces résultats révèleront ainsi comment le sens de l’odorat façonne la perception visuelle dès le plus jeune âge selon l’efficience de cette dernière, soutenant l’idée que les sens matures précocement aident les sens plus tardifs à se développer.