Jeudi 20 Novembre 2025 - 18h00
Esplanade de Nîmes
co-organisé avec OST-Nîmes (Organisation de Solidarité Trans)
Comme chaque année, le 20 novembre, se tient la Journée du Souvenir Trans en l'honneur des personnes victimes de transphobie. Cette année, l'Organisation de Solidarité Trans (OST) et le Collectif Nîmois Antifasciste et Queer (CNAQ) organisent ensemble un rassemblement afin de commémorer nos adelphes parti•es trop tôt. Nous voulons également porter une attention toute particulière à nos frères et sœurs du Congo, de Palestine et du Soudan, victimes parfois sans noms et sans visages des atrocités commises.
Cette journée permet de se recueillir et de visibiliser la violence systémique que subissent les personnes trans, dont les vies sont constamment menacées. Alors que l'internationale réactionnaire redouble d'efforts pour effacer nos existences, nous devons plus que jamais nous mobiliser : les droits trans sont des droits humains !
Les violences transphobes s'inscrivent dans un continuum ciblant les groupes minorisés (personnes racisées, enfants, handicapé•es, femmes, travailleur•euses du sexe) et normalisent ces oppressions structurelles envers l’ensemble de la société.
Comme l'an dernier, le constat est alarmant. À Nîmes, de nombreux collages transphobes et réactionnaires faits par « le syndicat de la famille » et probablement le parti « Identité-Libertés » de Marion Maréchal Le Pen, ont été affichés aux abords de collèges et de lycées, au su et à la vue de touxtes. Des militant•es de l’extrême droite infiltrent également les groupes de parents d’élèves pour contester, détourner et censurer les programmes d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Malgré leur interdiction, les « thérapies » de conversion continuent d'exister à l'abri des regards – dans les familles, à l'église et dans la société.
Le suicide de Doona en 2020, étudiante trans à Montpellier, l'assassinat de Géraldine en 2024, femme trans, travailleuse du sexe et immigrée, ne sont que la partie émergée de l'iceberg : les conséquences de politiques locales et internationales de plus en plus vicieuses et meurtrières. Qu'il s'agisse de la montée du RN en France, de l'interdiction des Prides en Hongrie, des lois transphobes et génocidaires aux Etats-Unis, des bannissements des personnes trans au Royaume-Uni, ou de l'instrumentalisation des causes LGBT par Israël pour légitimer ses massacres, tout cela doit interpeller, même au-delà de la communauté LGBTQIA+.
Chaque année, des centaines d’actes transphobes sont recensés en France. L’an dernier, 17 personnes trans ont perdu la vie dans ce pays, et plus de 300 à travers le monde. Et encore, nous ne parlons évidemment que des cas connus. Il serait impensable de laisser ces vies s’éteindre dans le silence.
Meurtres, suicides, VIH, hépatite, COVID : les causes sont multiples, mais toutes trouvent leur racine dans des violences systémiques qui s'entrecroisent.
La transphobie, le racisme, le validisme et la putophobie rendent difficile, voire impossible, l'accès aux soins, notamment en matière de santé sexuelle et de santé mentale. Certaines infections sexuellement transmissibles, comme les hépatites et le VIH, touchent de manière disproportionnée les personnes précaires, et particulièrement les personnes trans, qui comptent également parmi les populations les plus touchées par les addictions aux produits psychoactifs (légaux ou illégaux).
Et comme à chaque fois, nos revendications sont immuables :
Nous voulons un véritable accès aux soins pour nos adelphes les plus marginalisé•es, qu'il s'agisse de soins liés à la santé mentale ou à la santé sexuelle ;
Nous dénonçons la transphobie que font subir de nombreux•euses professionnel•les de santé à leur patient•es ;
Nous disons non au flicage des personnes trans !
Oui à la GPA pour touxtes !
Oui à l’accès aux moyens de contraception !
Nous réclamons l’arrêt immédiat des mutilations sur les enfants intersexes !
Nous réclamons la fin véritable des « thérapies » de conversion !
Nous demandons le changement d’état civil libre et gratuit !
Nous voulons déjudiciariser et dépsychiatriser les transitions !
Enfin, donnons à des associations comme le Planning Familial les moyens suffisants pour que leur programme soit appliqué dans l'Éducation à la Vie Affective Relationnelle et Sexuelle dans les programmes scolaires, et traquons l'extrême droite partout où elle chercherait à s'enraciner.
Pour toutes ces raisons, et bien d’autres, nous vous invitons à nous rejoindre Jeudi 20 Novembre à 18h pour rendre hommage aux victimes de la transphobie disparues cette année.