Repolitisons la Marche malgré la censure et la récupération !
Le 5 juillet prochain à Nîmes aura lieu la Marche des Fiertés organisée par l’Arène des Fiertés. Une fois de plus cette année, nous devons faire face à un évènement dépolitisé, préparé en toute complaisance avec la mairie réactionnaire qui s’entoure de personnes hostiles à l’avancée des droits des LGBT et des droits humains. La même mairie, avec à sa tête Jean-Paul Fournier qui réaffirme son soutien à la politique d’Israël suite à leur attaque contre l’Iran, pendant que Franck Proust, le président de Nîmes Métropole exprime sa solidarité envers la ville israélienne de Rishon Lézion en jumelage avec Nîmes depuis 1986. Ces prises de position éclairent le positionnement international et idéologique des autorités locales, dans une situation où les crimes de guerre en Palestine sont tus, niés ou justifiés au nom d’un alignement politique réactionnaire.
Une soirée aux couleurs LGBT, au service d’une mairie réactionnaire
C’est dans ce contexte politique marqué par ce positionnement international que la mairie organise une gigantesque soirée payante, autoproclamée “première vraie After-Pride de Nîmes” en marge du village associatif et de la Marche des Fiertés, organisée par la mairie en collaboration avec une association niçoise prétendument LGBT. Le tout, à l’insu et dans le plus grand mépris des associations locales et des commerces qui avaient montré leur soutien à la communauté LGBT de Nîmes dans les années passées. Cet événement est un exemple flagrant du pinkwashing à la nîmoise : une vitrine faite de drapeaux arc-en-ciel et de paillettes qui permet à la municipalité de droite de sembler plus inclusive avec le grand “événement” du jour, tout en continuant une guerre aux existences LGBT. Loin de s’insérer dans l'esprit militant, culturel, populaire et festif des premières années, on retrouve, aujourd'hui, dans l’organisation de cet événement, certain•es des organisateur•rices de l’EuroPride marseillaise de 2013, déjà associé•es à des personnalités qui aujourd’hui sont élues d’extrême-droite.
Une marche des fiertés qui oublie les luttes
Alors que plusieurs Inter-LGBT, comme celles de Strasbourg ou de Paris – souvent critiquées pour leur apolitisme – ont pris clairement position contre l’extrême droite cette année ; l’Arène des Fiertés, organisatrice de la Pride nîmoise, persiste dans son refus d’adopter un positionnement engagé. Malgré les nombreuses critiques reçues pour sa négligence des alliances locales, qui ont pourtant contribué à sa force dès sa fondation, elle choisit à nouveau d’organiser une Marché des Fiertés déconnectée des luttes actuelles et locales. Créée en 2022 dans le but de s’opposer et de prévenir les attaques LGBTphobes sur le territoire, cette association efface aujourd’hui le travail de longue haleine construit dans la solidarité avec les plus vulnérables d'entre nous, face aux politiques chaque jour plus réactionnaires et aux actes de violence inacceptables qu'elles encouragent. C’est pourquoi, à l’aube des municipales, nous appelons à votre soutien, dans le but de s’opposer fermement face à ce pinkwashing et cette réappropriation des luttes pour les droits et les libertés des LGBT. Il est crucial de s’unir collectivement dans des villes comme la nôtre, faisant face à une répression et un muselage de nos voix, et de montrer que nous ne céderons pas face au fascisme. Où sont les actions fortes pour combattre les violences machistes ? Où sont les moyens permettant de disposer de lieux de refuge pour les personnes victimes de LGBTphobie et de discrimination ?
La réalité du terrain : violences fascistes, sexisme, LGBTphobies et islamophobie
Alors que la mairie organise une soirée pour la Pride, Nîmes n’a toujours pas de centre LGBT, ni de locaux pour le Planning familial du Gard qui puissent accueillir, aider et soutenir les personnes queer dans leurs besoins. Alors que l'Arène des Fiertés organise cette Marche des Fiertés - où tout le monde doit se sentir à sa place, y compris nos détracteurs - les actes fascistes locaux ne cessent de se multiplier dans le silence complice des politiques réactionnaires gardoises. Le 23 novembre 2024, les propriétaires du bar “Le Pride” ainsi que des client•es étaient victimes d’une agression homophobe. Le 25 avril dernier, dans la même journée deux attaques fascistes ont eu lieu sur le territoire : le meurtre islamophobe d’Aboubacar Cissé à la mosquée de La Grande Combe et le saccage, par des masculinistes, de l'exposition féministe de l'artiste Kamille Lévêque Jégo au centre d'art et de photographie NegPos à Nîmes. Dans la nuit du 30 au 31 mai, le bar “Le Prolé” à Alès faisait l’objet d’une attaque violente envers ses client.es, attaque menée par un groupe d’extrême-droite montpelliérain.
La Pride c'est une révolte, pas une vitrine
Avec la présence hégémonique de l’extrême-droite dans le Gard et la menace qu’elle représente, il est vital que nous soyons nombreux•ses à nous mobiliser. La Marche des Fiertés est née d’un mouvement contestataire queer. Il y a 56 ans, dans le bar Stonewall Inn de New York, la première pierre était jetée contre la répression policière, le racisme et les LGBTphobies, constituant le début de ce mouvement queer international. Nous ne pouvons accepter cette réappropriation et l’effacement de nos luttes par les mêmes personnes contre lesquelles nos ainé•es se sont soulevé•es !
Nous appelons ainsi, toutes les personnes LGBT et alliées, ainsi que les collectifs, les associations du Sud de la France à nous rejoindre pour faire front commun à Nîmes le 5 juillet et faire entendre nos voix, en imposant notre présence au village associatif et en tête de cortège
CNAQ : Collectif Nîmois Antifasciste et Queer
Asile-Home
OST Nîmes
Planning Familial 30
Solidaires étudiant-e-s Nîmes
Comité nîmois de soutien aux Soulèvements de la Terre
Table Ouverte
Réfugiés bienvenue Nîmes
NEGPOS Centre d'art et de photographie de Nîmes
Cévennes Palestine Solidarité
Boucan
CNT 30
Lou Drac Cabaret
Association les voleurs de paratonnerres
Chorale féministe Les Simones
Collectif féministe LGBTQIA+ du Vigan
Confédération Paysanne du Gard
Action citoyenne antiraciste antifasciste Beaucaire
Intersections Queer
Les Habitées
Out? Coming !
Dragnini
La Morveuse
Les Sœurs Trumelles
Le Quartier Généreux
La Culotte
Convergent•es
El Cambalache
Pride Radicale Toulouse
Le Monocle Montpellier
La Base Montpellier
MTPD
Fiertés Carcassonne
Acceptess-T
Volkan.e
La QueerTeam Arles
CAF Aude (coordination antifasciste 11)
Aix Vanguard
Graal 30.34 (Groupe Régional de Travailleureuses de l'Art en Lutte)
Union Communiste Libertaire Montpellier
La Mandra (Chorale feministe et antifasciste )
Positionnements d'élus de la majorité de la mairie de Nîmes
Attaques LGBTphobes et xénophobes récentes dans le Gard
Autour de la gigantesque soirée de l'Esplanade du 5 juillet 2025
Qui sont les dirigeants de l'association organisatrice de l'événement ? Section "porteurs du projet"
Une activité présentée sans référence aux dispositifs prévus pour l'accompagnement des bénéficiaires demandeurs d’asile LGBT ciblés : HelloAsso RadioGaga
L'échec complet de l'Europride 2013 à Marseille : #Europride : Difficiles règlements de comptes - Léo Purguette (La Marseillaise 2014) - Le fiasco sans fin de l'Europride 2013 - Élodie Crézé (Marsactu 2014) - L’affaire de l'Europride prend de l’ampleur - Léo Purguette (La Marseillaise 2014) - Derrière l’échec de l’Europride de Marseille, un parfum de favoritisme - Mourad Guichard (NouvelObs 2013)
On prend la parole aujourd’hui au nom du CNAQ – le Collectif Nîmois Antifasciste Queer – pour rappeler ce qui devrait nous unir, en écho au mot d’ordre de cette Marche de l'Arène de Fiertés et pourquoi nous sommes ici à revendiquer une repolitisation de cet événement !
Ces derniers mois, la principale asso LGBT nîmoise a montré son incapacité à organiser une Marche des Fiertés qui tienne compte des enjeux locaux, nationaux, internationaux qui touchent nos existences. L’Arène des Fiertés a perdu son sens politique, réduite à des fêtes et du drag dépolitisés, pendant que les violences d’extrême droite explosent autour.
À Nîmes et dans le Gard, les agressions graves se multiplient. Pour rappel, deux personnes expulsées de la France suite aux descentes de la police des frontières dans la gare, le meurtre islamophobe de Aboubakar Cissé à la Grande Combe, l’agression au Prolé d’Alès par un groupe fasciste montpelliérain, l’agression homophobe dans un bar de Nîmes, le saccage de l'exposition féministe à NegPos par des masculinistes.
Ces violences ont un même fond : elles deviennent plus brutales, organisées, assumées, Et elles s’inscrivent dans un climat politique où la haine de celles et ceux qui dérangent l’ordre établi devient ouverte et assumée : personnes LGBT, queer, trans, femmes, personnes racisées – notamment Arabes et Noires –, handicapées, migrantes, travailleuses du sexe.
Ces violences ne sont pas des faits divers. Elles révèlent un système qui se durcit, un gouvernement et une société qui abandonnent sciemment les plus marginalisé·es.
Et ce n’est pas qu’ici : partout, en France, en Europe, dans le monde, nous assistons à une montée de l’extrême droite, souvent dans l’indifférence ou avec la complicité des gouvernements dits "modérés".
Et ce qui rend cette montée encore plus perverse, c’est la manière dont la droite et l’extrême droite récupèrent nos luttes pour mieux les dévoyer : des discours féministes, antiracistes ou LGBT sont utilisés pour justifier l’islamophobie, défendre le colonialisme, attaquer les personnes trans, ou soutenir le génocide du peuple palestinien au nom des droits LGBT. Certaines personnes LGBT marchent aujourd’hui aux côtés des pires réactionnaires, trouvent une place sur les plateaux télé, pendant que les vraies luttes – justice sociale, anti-impérialisme, droits trans – sont criminalisées ou invisibilisées.
Ce retournement est dangereux : il nous divise, il cherche à imposer l’idée qu’il y aurait des "bons" LGBT ou des "bons" féminismes... ceux qui soutiennent leurs discours.
C’est face à ces enjeux là qu'il faut qu'on s'unisse.
Nous devons nous UNIR pour défendre nos existences, pour nos droits, sans que notre Union soit récupérée, exploitée, détournée par l’extrême droite pour soumettre, opprimer et effacer d’autres existences ! Nous devons nous unir contre ces récupérations, car notre libération ne passera pas par l’intégration à un système qui continue d’opprimer. Elle passera par la solidarité, la lutte, et la rupture.
Mais on ne peut pas s’unir avec n’importe qui, ni pour faire n’importe quoi. Aujourd’hui, l’Arène des Fiertés refuse de nommer l’extrême droite comme ennemie, refuse de dénoncer ses allié·es locaux, et se cache derrière l’excuse du "pas de politique".
Mais ne pas faire de politique, c’est déjà un choix politique. Un choix qui banalise les agressions et les violences qu’on subit chaque jour, dans une société capitaliste et hétéropatriarcale.
Ce qui divise, ce n’est pas la radicalité. C’est la complaisance. Ce sont les silences, les « non-prises de position », la logique commerciale du "milieu", les slogans vides, les fêtes sans fond, les paillettes pour masquer la dépolitisation. C’est aussi vouloir une inclusion qui laisse une place aux réactionnaires, leur permettant de circuler tranquillement parmi nous.
On doit s’unir contre les réactionnaires, y compris dans nos propres communautés LGBT.
Ici à Nîmes, on doit s’unir contre un maire qui s’est opposé à la PMA, à la GPA, au mariage pour tous et qui maintient toujours un jumelage honteux avec la ville Israélien de Rishon Le Zion, pendant que l'état d'Israël perpétue un génocide en Palestine.
On doit s’unir contre la répression policière, les contrôles racistes, les agressions LGBTQIphobes.
Contre la marginalisation des trans, des personnes racisées, précaires, handicapées, travailleuses du sexe.
Contre la stigmatisation des musulmans, la colonisation de la Kanaky, et la complicité française dans le génocide en Palestine.
La Marche des Fiertés est née d'une émeute, d'une rage, et non une fête dépolitisées !
Fiertés oui, mais fièr·es de lutter. Uni•es oui, mais sans les fachos !
À touxtes celles et ceux qui ne veulent pas céder aux discours de récupération et de respectabilité, prenons la tête du cortège de cette Marche !
1. Pas de fachos dans nos fiertés / et ici pas de fiertés pour les fachos !
2. Mon corps / mon choix / et ferme ta gueule !
3. No pride in Genocide !
4. Queer queer for Palestine !
5. So-so-solidarité / avec les femmes trans du monde entier !
6. Queer, déter et révolutionnaires !
7. Trans on meurt / le silence demeure !
8. La transphobie / c'est la gangrène ! On l'élimine ou en crève !
9. IVG / Transition / c'est mon corps ma décision !
10. Violences, insultes, assassinats / le quotidien des TDS, le voilà !
11. Ni Dieu, Ni maitre, Ni mari ni Patron !
12. Pas d'fachos dans nos quartiers, pas d'quartiers pour les fachos !
13. siamo tutti antifascisti !
14. Les trans dans la misère / Les gouines dans la galère / de cette société là, on n'en veut pas
15. Y'en assez / assez / assez d'cette société / qui opprime les trans, les gouines et les pédés
16. We're bottoms / we're tops / we all hate cops !
17. Toutes les gouines soutiennent la Palestine
18. Transpédégouines détestent le pinkwashing
19. Transféministes anti-impérialistes / c'est chaud, c'est chaud pour les fachos
20. En Palestine comme en Kanaky / il est fini le temps des colonies !
21. Israël assassine tout le monde en Palestine a
22. Un sioniste gay reste un sioniste / trans, féministes contre l'occupation
23. Les pédales contre Attal , les gouines contre Marin !
24. Fournier et Proust, on va vous mettre une rouste !
25. Trans, fier-es, deters et feu aux frontières !
26. Tant qu'il le faudra / tant qu'il le faudra / tant qu'il le faudra / TRANS-FéMINISTES !
27. Les homophobes au feu, les racistes au milieu
28. Les homophobes au feu, les racistes au milieu.
29. On veut quoi ? La PMA ! Et pour en faire quoi ? Pour avorter !
30. Lesbiennes agressées, c'est toutes les femmes qui sont visées !
31. Agresseurs, violeurs / c 'est à vous d'avoir peur !
32. Nous sommes Putes, nous sommes Fières, transféministes radicales et en colère
33. Y en assez, assez, assez de cette société qui ne respecte pas les trans, les Putes et les PD
34. ACAAAB !
35. Et tout le monde déteste la police
36. A bas l'État, les flics et les fachos
37. La Mairie, les keufs et les fachos, de cette violence-là, on n'en veut pas