10 octobre 2026
Pride Radicale du Sud de la France
Nîmes
Le report du cortège de tête de la Pride de Nîmes à cet automne nous a chauffé encore plus que la canicule !
Dans ce climat d'extrême droitisation et de fascisation, nous appelons à une marche vénère à Nîmes le 10 octobre 2026.
Nous ne voulons plus de Prides dépolitisées et sans revendications, récupérées par la droite comme par une « gauche » qui s'en sert de vitrine.
Nous refusons l'homonationalisme : nos vies ne serviront de caution à personne.
Stonewall était une émeute contre la police, pas un défilé : nous continuons ce mouvement, contre les violences policières, contre la loi présomption de légitime défense, contre le racisme d'État.
Nous luttons pour la libération de la Palestine et contre toute complicité avec l'État sioniste israélien.
Nous refusons de ne nous en remettre qu’aux urnes : nous appelons à investir les mouvements sociaux quotidiennement et à constituer une coalition antifasciste et queer du Sud de la France.
Trans-pédé-gouinœs & antifæs , on s'unit !
CNAQ - Collectif Nîmois Antifasciste et Queer
Organisation de Solidarité Trans (OST Nîmes)
Solidaires Etudiant•es de Nîmes
Oaï e Libertat - Nîmes Antifasciste
CNT 30
Stop Jumelage Nîmes Rishon Lezion
Planning Familial du Gard
TEXTE D'APPEL À LA FIERTÉS VÉNÈRES
Dans un climax d'extrême droitisation et de fascisation, où ces idéologies et ces pratiques titillent beaucoup d'LGBT (et comme par hasard, beaucoup d'hommes gays), nous, sujectivités islamogauchistes, wokistantifa, euphoriques des genres autres, réceptacles de plaisirs pervers, nous appelons à créer une Marche Vénère à Nîmes afin de montrer que nous ne laisserons pas passer cette gangrène dans nos territoires du Sud de la France.
Beaucoup de Prides sont vidées de leur sens : festives et sans revendications. Menacées dans les villes de droite/extrême droite, elles sont récupérées à des fins de marketing dans les villes de « gauche », pour masquer des politiques par ailleurs droitardes et racistes. D’un drapeau à la mairie et des paillettes sur un char commerçant, on s'en nettoie le cul. Nous voulons des Fiertés qui déchiquettent, des Fiertés shlags, irrécupérables et sales.
Homonationalisme, non merci
Une partie de nos communautés et des associations LGBTQIA+ a fait le choix du silence et de la complicité pour obtenir une «inclusivité » qui n'essaie même plus de ravager les normes sociales, à tel point que le RN lui-même compte désormais plus de candidats homos que tous les autres partis. C'est ça, l'homonationalisme : nos vies utilisées comme argument pour légitimer des politiques nationalistes, racistes et impérialistes, chez nous comme ailleurs. C'est ce même mécanisme qu'on a vu à l'œuvre après les attentats à la Pride de Berlin cet été, récupéré en un instant par les droites de toute sorte, ainsi que par les gauches libérales, pour alimenter l'islamophobie ambiante et le racisme. Nos existences ne serviront de caution à personne : ni à la droite, ni à l'extrême droite, ni à une gauche molle. Et c'est là, sur la question de la Palestine, que nous revenons à charge, plus hystériques que jamais : non, un génocide d'un peuple n'est pas acceptable au prétexte qu'on présume ce peuple lgbtphobe. Nous nous battons pour la fin de l'occupation coloniale sioniste, de la rivière à la mer. Localement, cela passe par la rupture des jumelages avec des villes israéliennes, pour que cesse toute complicité dans ce génocide mené par l'État fasciste israélien. De la droite à la « gauche » de nos mairies, la réponse est la même...
Stonewall était une émeute
Les Prides ne descendent pas d'une marche festive et pacifique mais d'une émeute. Des personnes trans, noires, latinas, travailleuses du sexe se sont soulevées contre une descente de police. Effacer cette origine, c'est désarmer le sens même de nos cortèges : nous devons continuer un mouvement né dans l'affrontement avec la police et l'état. Nous devons nous opposer à toute forme de violence étatique et policière, qu'elle touche des personnes LGBT, des travailleur·euses du sexe, des personnes arabes ou noires. Nous continuons à crier les noms de Nahel, d'Adama, tués par le bras armé de l'État, la police. Nous nous opposons à la loi RIPOST et à la loi « présomption de légitime défense », adoptée le 21 juillet 2026 : un tir de policier ou de gendarme sera désormais présumé légal d'office, sans qu'il y ait besoin d'enquêter pour vérifier s'il y avait vraiment un motif de tirer. Cette loi prolonge une doctrine du maintien de l'ordre qui traque et tue déjà, massivement, les personnes racisées, précaires et marginalisées, en écartant par avance presque toute possibilité de justice.
Le danger de l'extrême droite
Les présidentielles approchent. Mais l'extrême droite ne se limite pas à un nom sur un bulletin : elle a déjà gagné du terrain dans les têtes, dans les administrations, dans les lois. Le Sud de la France en sait quelque chose, en étant l'un des bastions du RN au niveau national (et dont le directeur et le directeur adjoint de la campagne sont issus du Gard). Même en cas de victoire de la gauche, l'extrême droite ne perdrait pas d'un coup le terrain déjà gagné. Le vote ne peut pas être la seule stratégie pour éradiquer le fascisme : il faut investir quotidiennement les mouvements sociaux et populaires, s'engager dans des luttes pour agir, sensibiliser, et démanteler les réseaux du fascisme. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un mouvement en lien avec les luttes de tout le pays et au-delà. L'extrême droite s'organise à l'échelle internationale, comme le montrent le durcissement des politiques migratoires de l'Union européenne et le retour forcé de migrants sans droit de séjour ; nos résistances doivent faire de même, dans la rue, dans les grèves, dans les mobilisations sociales, pas seulement dans l'isoloir.
Ce que nous voulons
Une Fierté qui se bat pour la démédicalisation et la dépathologisation des transitions, pour la décriminalisation du travail du sexe et des droits réels pour les travailleur·euses du sexe, pour la reconnaissance de familles queer et l'accès aux différentes modalités de reproduction pour touxtes, pour la sensibilisation à la vie sexuelle et affective dès le plus jeune âge, et pour l'aide économique aux plus précaires. Une Fierté qui ne dissocie jamais nos luttes des luttes antiracistes, anticapitalistes et anti-impérialistes. Une Fierté qui lutte pour la libération de la Palestine et contre la complicité de l'État français et des municipalités dans le projet fasciste sioniste. Une Fierté qui exige l'abrogation de toute présomption de légalité pour les tirs policiers, la fin des violences policières, la diminution des effectifs de la police et de l'armée au profit des secteurs sociaux, sanitaires et éducatifs, et la démolition des frontières comme seuils de vie et de mort.
NOUS APPELONS tous les mouvements, les militant•es et les personnes du Sud de la France qui se reconnaissent dans ces revendications, à venir en masse à la Fiertés Vénères, manifestation qui aura lieu à Nîmes le 10 octobre 2026.
Nous devons créer un mouvement antifasciste et queer pour détruire le fascisme !
Trans-pédé-gouines on est, trans-pédé-gouines on marchera !
Nous sommes plus vénérien·nes que l'extrême droite.
Toutes les organisations, collectifs, associations qui souhaitent signer cet appel : cliquez ici
Délai de signature du texte : 06 octobre
Les partis politiques et les organisations qui leur sont liées pourront soutenir l’appel, mais n’apparaîtront pas parmi les signataires.