Texte ci-dessous de Thierry Desbonnets
"Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre".
Empereur, Homme d'état, Philosophe (121 - 180)
La résilience est d’abord un constat, une réalité, une réalité de vie, d’observation, une réalité incontournable. Nous connaissons, tous à titre personnel et/ou professionnel, des enfants, des adolescents, des adultes, des familles qui, placés dans des conditions difficiles, soumis à des événements déstructurant résistent, les surmontent et parviennent à se bâtir une vie qui vaille la peine d’être vécue.
« La résilience en action, passeport pour la santé - Faire face aux difficultés et construire » Actes de la journée régionale du 28 novembre 2003 Faculté de Médecine Rockefeller – Lyon / Juin 2004 ";
D’ailleurs la résilience est omniprésente dans les mythes fondateurs de l’humanité, dans la Bible, dans les contes, dans la littérature et ceci montre bien qu’elle est un point fort de l’existence humaine. Il existe réellement une littérature de résilience, consubstantielle à l’histoire humaine. Par exemple dans la deuxième moitié du 19° siècle, en pleine révolution industrielle – et ce n’est pas un hasard – des romanciers, des nouvellistes ont écrit des histoires de résilience qui ont connu et connaissent encore un grand succès. Pensez, en France, à Cosette et Gavroche des Misérables, à Nana de Zola, à Poil de Carotte déjà cité, à Sans famille d’Hector Malo, au Tour de France de deux enfants qui fut longtemps un livre d’école ; en Angleterre à David Copperfield, Oliver Twist, de Charles Dickens et à bien d’autres dans beaucoup de pays. La littérature de résilience est sans doute universelle, et ces auteurs n’ont rien inventé. Beaucoup de ces livres sont en fait des autobiographies, et tous témoignent d’une grande finesse d’observation et d’analyse. Leurs auteurs ont décrit les différentes formes de maltraitance bien avant les médecins, et découvert la résilience bien avant les professionnels médico-sociaux et éducatifs. Il y a là de quoi nous rendre modestes. La littérature contemporaine est toujours riche d’histoires de résilience. Il s’agit là, je le répète, d’une réalité observable. Réalité de vie, mais aussi réalité clinique s’imposant à tous ceux qui observent sans a priori, avec empathie et dans la durée les itinéraires de vie, parfois très inattendus, d’enfants, de jeunes apparemment mal partis dans l’existence.
La confiance est la capacité enfantine d'aller vers ce que l'on ne connaît pas comme si on le reconnaissait. "Tu viens d'apparaître devant moi et je sais qu'aucun mal ne peut venir de toi puisque je t'aime, et c'est comme si je t'aimais depuis toujours". La confiance est cette racine minuscule par laquelle le vivant entre en résonance avec toute la vie avec les autres hommes, les autres femmes, comme l'air qui baigne la terre ou le silence qui creuse le ciel. Sans confiance, plus de lien et plus de jour. sans elle, rien.