Filière litchi de Madagascar, paysage mondial des
brevets et potentiel des brevets tombés dans le
domaine public
La filière litchi de Madagascar constitue l’un des piliers agro-exportateurs du pays, portée par un potentiel de production élevé, une qualité reconnue et une forte dépendance au marché européen du fruit frais. Pourtant, dans un contexte mondial où les innovations en biotechnologie alimentaire, en extraction d’arômes et en valorisation des sous-produits explosent, dominées par la Chine et les pays d’Asie de l’Est. Madagascar reste en marge de la dynamique technologique. C’est dans cet écart entre production agricole performante et innovation internationale que les brevets tombés dans le domaine public représentent une opportunité stratégique majeure.
1- Un contraste entre potentiel productif et faible intégration technologique
Madagascar est un acteur clé de la production mondiale de litchi mais exploite surtout la filière sous
forme de fruits frais, avec une transformation industrielle limitée (sirop, boissons, arômes,
valorisation partielle des déchets).
À l’inverse, le paysage mondial des brevets montre une avancée rapide des pays innovants,
notamment la Chine, qui concentre la majorité des dépôts dans :
• les extraits bioactifs (A61K, A61P),
• les procédés agroalimentaires (A23L),
• la biologie végétale et la culture (A01G),
• les procédés d’extraction d’arômes.
Cette domination technologique crée un risque : Madagascar fournit la matière première, mais
d’autres pays captent la valeur via l’innovation brevetée.
2- Un paysage mondial des brevets qui oriente les opportunités pour Madagascar
L’analyse de la répartition mondiale des brevets montre que les innovations liées aux plantes
tropicales, aux fruits exotiques et à leurs dérivés sont principalement développées en Asie.
Pour le litchi, les brevets couvrent :
• la stabilisation et la conservation,
• les arômes naturels (ex. rose oxide),
• les procédés de fermentation ou concentration,
• la valorisation agricole des sous-produits.
Or Madagascar exploite très peu ces domaines faute d’infrastructures et de R&D. Le pays risque donc
d’accéder difficilement à certaines technologies protégées.
Données sur les brevets tombés dans le domaine public sur Patentscope