Ce document accessible à tous montre des faiblesses de thèses censées défendre le nucléaire ou condamner une source d'énergie renouvelable.
Ce document accessible à tous montre des faiblesses de thèses censées défendre le nucléaire ou condamner une source d'énergie renouvelable.
Ce document montre le peu de pertinence du nucléaire dans le mix électrique français actuel, et l'adéquation déjà suffisante et croissante des renouvelables.
Tant que nous:
ignorions ou négligions certains de ses défauts: risque d'accident, de prolifération d'armes nucléaires, de démantèlement difficile, lié aux déchets...,
jugions possible de ne plus être dépendants des fournisseurs d'uranium donc menacés par l'équivalent d'un choc pétrolier. (Aucun réacteur adéquat industriel satisfaisant donc déployable n'existe, malgré de nombreux projets, au point que les efforts portent à présent surtout sur la fusion nucléaire, espoir à long terme. Notre prétendue souveraineté est une illusion),
considérions nécessaire, compte-tenu des techniques maîtrisées, de n'installer que des moyens de production d'électricité «pilotables», donc non intermittents. (Cet impératif n'est plus d'actualité),
ne disposions d'aucune autre option. (Éolien et solaire industriels n'apparurent qu'en 2005),
savions déployer vite et à bon compte du nucléaire fiable. (Ce n'est plus le cas),
acceptions sans l'analyser la propagande donnant le nucléaire pour l'un des instruments principaux de l'émergence de la Chine. (Cette nation mise surtout sur les renouvelables),
le jugions mis en difficulté en France par le seul fait d'une arbitraire hostilité. (Elle n'est qu'un ectoplasme dépourvu d'effet et le nucléaire est en réalité inconditionnellement soutenu).
... le nucléaire était une bonne solution, comme l'a montré le Plan Messmer.
Rien de tout cela n'est plus vrai.
L'effet de ces constats ne doit rien à des choix subjectifs (à «la politique») et est patent dans le monde, dans l'UE (27) et même en France où le nucléaire ne fournit qu'environ 70% de l'électricité, qui n'est elle-même qu'environ 25% de notre énergie finale, donc qui en produit seulement environ 18%.
Pourquoi tenter à grands frais de bâtir de nouveaux réacteurs alors que les renouvelables lui sont préférables et s'améliorent?
Donner le nucléaire pour seul capable de réduire rapidement la consommation de combustible fossile ou même seulement lui attribuer le gros de ce résultat est impossible: en France, leader sur ce plan, la quantité consommée annuellement per capita en passe de 28,7 en 2002 (le parc étant complet, aucun réacteur ajouté jusqu'à 2024) à 17,8 en 2003, alors même qu'une part des gains induits par l'efficacité («chasse au gaspi») était acquise en 2002 (car poursuivie depuis le premier choc pétrolier, en 1973).
Les «renouvelables» nous épaulent efficacement, comme même la pro-nucléaire Agence Internationale de l'Énergie le reconnaît et ceci vaut pour l'Allemagne. Ni leur progression rapide, ni l'incapacité à déployer du nucléaire ne sont propres à la France.
Les défis majeurs (dérèglement climatique et réduction de notre dépandance à des fournisseurs de combustible fossiles hostiles: pétromonarchies salafistes, Russie, Algérie... comme d'uranium) du moment sont urgents.
La décarbonation passe (grandes masses) par l'électrification d'usages, favorisée par de l'électricité peu chère («signal-prix»), elle-même résultat d'une production abondante dont la condition est le déploiement de nouvelles unités de production.
Nos ressources sont limitées donc il faut éviter d'en gâcher et privilégier le moyen le plus rapide, sûr, économique et ne créant pas de dépendance: les renouvelables.
Le rendement (ou une autre grandeur similaire telle que facteur de charge, durée d'exploitation...) est critère saillant dans le cas d'un équipement consommant des matériaux ou du combustible sans les recycler (comme exposé par l'expert J. Percebois), ou produisant des déchets en quantité ou durablement dangereux... donc concerne le nucléaire mais guère les renouvelables.
Un rendement faible enchérit le déploiement mais, considéré seul, n'est pas rédhibitoire: un mix de renouvelables produisant adéquatement (satisfaisant la demande, aux impacts et coût total recyclage compris acceptés...) est une bonne solution quel que soit son rendement.
Le rendement physique du nucléaire d'aujourd'hui (fission) est ridicule car il ne convertit que 0,7% de l'énergie de l'uranium naturel (qu'il faut extraire et enrichir, opérations dissipant de l'énergie) en chaleur afin de produire une vapeur dont au mieux 37% de l'énergie est convertie en électricité, le tout «produisant» des déchets durablement dangereux. Son rendement d'ordre financier (rentabilité) est discutable.
Le gros du gisement des renouvelables industrielles est l'éolien en mer (potentiel exploitable: 18 fois la consommation électrique mondiale de 2019) dont l'emprise foncière est quasi nulle (sites nécessaires à terre peu nombreux et étendus). De plus il ménage quasi-sanctuaire à un océan épuisé, sur-exploité car les grands navires ne peuvent s'aventurer dans les parcs éoliens marins (même les petits sont concernés car certains parcs interdisent toute navigation, d'autres réservant 50 mètres autour de chaque mât).
L'emprise foncière de l'éolien terrestre et du solaire de toit/ombrière (parking...)/friche industrielle/agrivoltaïsme/zones cultivées ou prairies entre mâts d'éoliennes ... est elle aussi faible.
Une escroquerie intellectuelle répandue consiste à comparer les surfaces de terrain occupées par les centrales nucléaires (ainsi rendus totalement inutilisables pour une quelconque autre activité) à ces modes d'utilisation ne confisquant pas la surface occupée voire la protégeant, et à négliger leurs annexes tels que mines d'uranium, usines de la filière du combustible, zones interdites autour de certains sites nucléaires, centres de stockage de déchets...
Exemple: centrale de Fessenheim (2 réacteurs).
Puissance nominale électrique développée: 1760MW, facteur de charge 0,85.
Donc 144 éoliennes marines de 26MW, en considérant un facteur de charge de 0,4 (elles atteignent en théorie 0,6) produisent autant que la centrale de Fessenheim.
En retenant un modèle déjà déployé (Siemens Gamesa 14-222 DD) 268 éoliennes suffisent.
On réserve environ 1km² à et la superficie du domaine maritime français territorial en Europe est de 57223 km² (façades Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée et Corse).
Les réacteurs à Fessenheim développaient 2,9% (1,76GW/61,4GW) de la puissance du parc nucléaire français.
Donc ces éoliennes existantes installées sur 9200km² (16% de la superficie totale), ou près de 2 fois moins avec les plus récentes éoliennes, produiraient autant que le parc nucléaire.
Ce serait bien entendu absurde car négligerait les autres sources renouvelables (solaire, hydraulique...) mais reflète le potentiel, qui augmente car les plus récents modèles d'éoliennes sont sans cesse plus puissants.
L'intervalle de puissance développée (quantité d'énergie produite) d'une éolienne (ou d'un panneau solaire) a une borne minimum (correspondant au plus faible vent/rayonnement solaire exploitable) et une autre maximum, valeurs intermédiaires comprises.
C'est pourquoi qualifier sa production de variable (entre 0 et sa puissance nominale) est plus objectif que la déclarer intermittente (tout-ou-rien).
C'est déterminant car facilite le déploiement d'un parc de production adéquat.
De plus «intermittent» (définition usuelle: «Qui est discontinu et reprend par intervalles») est trompeur car ne reflète rien d'utile ici puisque aucun équipement ne fonctionne en permanence: un réacteur nucléaire, par exemple, ne peut produire en continu car doit parfois être arrêté. Les raisons ne manquent pas: incident, avarie, contrainte d'exploitation liée au suivi de charge (un réacteur ne peut à tout moment «moduler»), température du cours d'eau assurant le refroidissement trop élevée, prolongation d'arrêt d'inspection après découverte d'un embarras, chargement de combustible, inspection périodique...
D'aucuns souhaitent distinguer les arrêts délibérés (donc prévisibles) des autres, mais au plan de la production c'est sans intérêt puisqu'elle est nulle quelle que soit sa cause, et certaines raisons d'arrêter d'un réacteur ne sont pas prévisibles. La prédictibilité de certains arrêts facilite leur compensation, ce qui n'est pas négligeable mais pas déterminant.
Seul un équipement parfait produit sans interruption donc n'est pas intermittent, et rien n'est parfait donc tous sont intermittents.
Ce qui rend tolérable cette imperfection de toute machine interdisant de l'espérer toujours prête à produire est connu, vaut pour tous les types de sources d'énergie, et déjà en place: c'est un parc de production recelant un nombre d'unités réduisant suffisamment l'effet de leurs variabilités (quelle qu'en soit la cause) individuelles.
Un parc amortit les effets d'impondérables sur la production parce qu'il est possible d'approximer la probabilité de panne de chaque équipement (sa fiabilité).
Le parc nucléaire français est ainsi constitué de réacteurs suffisamment nombreux (57, en 2026) pour rendre peu probable d'en voir trop simultanément arrêtés, et pour que leurs souplesses cumulées augmentent la «pilotabilité».
Seules les caractéristiques du parc adéquat (nombre d'équipements, étendue géographique...) distinguent le nucléaire des renouvelables. Réduire l'intermittence des renouvelables implique de déployer un mix (solaire, éolien...) sur une grande aire géographique afin de bénéficier du foisonnement mais ce n'est pas rédhibitoire car d'autres objectifs (optimisation, garantie de fourniture...) justifient le réseau continental déjà en place.
Selon une autre perspective: le nucléaire «produit sur stock» car l'uranium est toujours «prêt» à produire, toutefois ne considérer ainsi que ce combustible ne fait pas sens puisque, seul, il ne produit pas d'électricité: un réacteur est nécessaire, et n'est pas constamment disponible. Donc il convient de comparer la variabilité non pas les types de sources ou bien d'équipements isolés (par exemple une éolienne et un réacteur), mais plutôt un parc constitué de renouvelables (éoliennes, panneaux solaires, barrages...) avec un autre fait de réacteurs nucléaires.
En résumé seule la propagande donne (abusivement) l'intermittence du solaire et de l'éolien pour rédhibitoire, et le nucléaire pour intrinsèquement non intermittent.
Les gisements d'uranium à coup sûr exploitables peuvent alimenter le parc de réacteurs existant aux conditions du moment durant encore au mieux 2 siècles, et aucun gisement adéquat n'existe sur le sol national donc nous dépendons de fournisseurs.
Les renouvelables sont préférables car le seul éolien maritime pourrait aujourd'hui fournir 18 fois la consommation mondiale. Nous ne commandons certes pas vent ni ensoleillement mais savons utiliser de l'électricité surproduite afin de compenser. Les gisements des renouvelables (vent, soleil...) sont par définition à notre échelle infinis, et un embargo nous interdisant d'en bénéficier impossible.
«Pilotable» exprime que l'on peut ajuster la quantité d'électricité produite par une unité de production en fonctionnement et qualifie (entre autres) le nucléaire.
Deux modes d'ajustement (dans le jargon appelé «modulation») coexistent: l'un consiste à réduire la puissance développée (électricité non nécessaire sur le moment), l'autre à l'augmenter (lorsque la consommation augmente).
Le premier est techniquement parfois difficile mais conceptuellement trivial, au pis l'énergie est perdue, donc ne distingue pas les types de sources (nucléaire, éolien...).
L'autre, consistant à augmenter la quantité d'électricité produite sur le moment, est immossible avec les seuls éolien et solaire car nous ne commandons pas vent ou soleil.
Donner le caractère «pilotable» pour nécessaire valait tant que le système électrique reposait sur une «production de base» correspondant à la charge (consommation électrique) quasiment permanente minimale, car les moyens techniques (acheminement massif à longue distance, smartgrid, stockage, logiciel pilotant le réseau donc réagissant suffisamment rapidement et capable de l'optimiser, outillage de stabilisation de tension et de synthèse de fréquence du courant...) offrant moyen d'adopter une autre approche étaient trop coûteux, insuffisants, voire n'existaient pas.
À présent ces moyens existent et des experts affirment qu'il n'est plus nécessaire de déployer une forte proportion de moyens de production pilotables, donc qu'au plan technique un système électrique fondé sur les renouvelables aux plus gros gisements (éolien et solaire) est possible. Un article de P. Gauthier détaille bien, et un professeur de génie civil/environnemental à l'université de Stanford a lui aussi vulgarisé. Ce constat n'est pas neuf, et les outils progressent.
En 1993 la filière du nucléaire allemande affirmait que solaire, hydraulique et éolien ne pourraient produire plus de 4% de l'électricité... les seuls éolien et solaire en ont fourni près de 10 fois plus en 2023!
Le Danemark fait encore mieux avec 89% d'électricité d'origine renouvelable en 2024 (et seulement 10,8% de pilotable (combustible fossile) et 12% de l'électricité est importée (solde des importations-exportations)...
L'effet sur les émissions de gaz à effet de serre correspondantes est radical:
... le tout quasiment sans pilotable à demeure (les bionénergies ne le sont que partiellement et l'hydraulique y est quasi inexistant)...
... le Danemark a pour cela fait davantage d'efforts que nous.
Aucun réacteur n'est souple au point d'offrir à tout moment moyen d'ajuster sa production suffisamment rapidement, souvent et finement afin qu'elle corresponde exactement à la consommation (« suivi de charge »): un réacteur peut varier de 100 % à 20 % de puissance en une demi-heure, et remonter aussi vite après un palier d’au moins deux heures, et ce deux fois par jour (source: SFEN).
Par conséquent même durant une phase de production normale il n'est pas parfaitement «pilotable» (il l'est... par intermittences!).
C'est pourquoi en France cette mission d'ajustement fin (la «dentelle» du suivi de charge) est depuis l'avènement du nucléaire surtout celle de l'hydraulique et de centrales à gaz qui pour cela fonctionnent en permanence.
Construire suffisamment de réacteurs pour compenser ces limitations ne serait pas réaliste sur le plan économique car le faible facteur de charge d'un tel parc surdimensionné (de nombreux réacteurs seraient souvent sous-employés) le rendrait extrêmement coûteux. Espérer réduire ce coût en stockant ses surplus de production le condamnerait financièrement puisque produire de l'électricité grâce aux renouvelables coûte moins.
Le nucléaire n'est pas complètement pilotable, même au mieux de sa forme.
En un réseau parfait à tout moment la quantité d'électricité fournie est égale à la quantité consommée. Ne pas maintenir ces débits égaux l'endommage. C'est pourquoi le suivi de charge est nécessaire.
Tant que n'existait aucun moyen de transport à longue distance (grâce auquel l'électricité surproduite quelque part peut servir ailleurs) et de stockage, tous deux constamment disponibles et adéquats (latence, puissance, débit...), seul un équipement de production «pilotable» tel que le thermique «à flamme» (brûlant du combustible fossile) pouvait assurer ce suivi.
C'est pourquoi il est depuis longtemps utilisé pour cela.
Toutefois il ne démarre pas rapidement à froid et le maintenir prêt (en veilleuse) n'est pas rentable sauf s'il sert au baseload (dans le jargon: «en base», donc en permanence) ce qui n'était pas fâcheux mais est à présent exclu car il est trop polluant, cher...
Depuis les années 2000 transport longue distance comme stockage et backup propre (hydrogène) sont pertinents, et comme détaillé ci-après cela rend pertinents éolien et solaire.
Dans une centrale thermique une machine appelée «turbo-alternateur» convertit en électricité l'énergie de la vapeur sous pression produite en chauffant de l'eau grâce à des réactions nucléaires ou en brûlant gaz naturel, pétrole, charbon...
L'arbre (cylindre métallique plein tournant afin de transmettre l'énergie mécanique de la turbine à l'alternateur) et le rotor d'un turbo-alternateur de ce genre pèsent plusieurs centaines de tonnes. La vitesse de rotation du rotor détermine la fréquence du courant produit. Celle du courant circulant dans le réseau diminue d'autant plus que la quantité d'électricité consommée est supérieure à la quantité produite, et augmente dans le cas contraire. Cela fait de cette fréquence un bon indicateur grâce auquel la règle «en un réseau électrique à tout moment la production doit être égale à la consommation» peut être respectée. Tout cela connaît en permanence de rapides variations de faible ampleur (quelques millièmes), qu'il est préférable de compenser au plus vite.
L'énergie cinétique colossale et l'inertie des turbo-alternateurs actifs sur le réseau rendent difficile de les ralentir ou accélérer donc lors d'une rapide et faible variation de la consommation ils participent à la stabilisation du réseau, au pis durant quelques secondes. Des systèmes automatiques disposent ainsi d'une latence précieuse afin d'ajuster la puissance développée par au moins une unité de production. Toute cela assure la «régulation» nécessaire au «suivi de charge» (au sens «la production est aussi vite que possible ajustée à la consommation»).
Ces «masses tournantes» servent ainsi de volants d'inertie, ce qui contraignait à produire une part de l'électricité grâce à des centrales thermiques (y compris nucléaires) car toutes emploient un turbo-alternateur. Par ailleurs une part (environ 20%) de ces masses tournantes est constituée par de gros moteurs électriques installés dans des usines.
Les renouvelables n'offrent pas ce service (l'énergie cinétique d'un rotor d'éolienne n'est guère adéquate car varie avec la force du vent, dont nous ne décidons pas) et, pis, de variations de l'ensoleillement au sol ou de la vitesse du vent augmentent parfois l'instabilité de la production.
C'est donné pour un défaut rédhibitoire alors même que la solution est connue, ce sont des volants d'inertie ad hoc (en cours de déploiement en Irlande, au Royaume-Uni, au Danemark...) au coût faible (moins d'1€/MWh selon RTE), des régulateurs de fréquence, ou des onduleurs électroniques de puissance (grid-forming inverters) de formation et de stabilisation du réseau qui assurent une part de la nécessaire «régulation». Dans le cas-type du logiciel reposant sur des onduleurs pilote des batteries afin de déterminer la fréquence et le voltage du réseau. Ils compensent en injectant ou stockant de l’électricité avec une latence adéquate car inférieure à 50 ms. L'Australie et l'Allemagne déploient, la France explore, les USA améliorent...
L'utile inertie n'est plus l'exclusive des centrales thermique, d'autant que les nouveaux équipements comprennent des synthétiseurs de fréquence électroniques qui la restaurent rapidement lors d'une reconnexion, ce qu'un turbo-alternateur rend difficile.
De surcroît la modulation cause des contraintes (mécaniques, thermiques...) endommageant de façon parfois irrémédiable ces turbines (qui sont très optimisées donc ne fonctionnent correctement que dans une plage de régimes réduite) ainsi que les réacteurs et tubulures associées (exposés aux chocs thermiques et mécaniques causés par les variations de la puissance développée).
En tant que type de source ce qui distingue le nucléaire des renouvelables intermittentes (éolien, solaire...) est la proportion de sous-production qui ne peut être prévue, c'est d'ordre quantitatif et non qualitatif: la nature du nucléaire ne le rend pas à 100% disponible (aucun équipement ne l'est).
C'est pourquoi une façon classique de présenter le défi façon «le nucléaire est parfaitement pilotable et c'est nécessaire» (deux mensonges) est une distorsion.
Une distorsion consiste à considérer chaque type de source (éolien, solaire, nucléaire...) ou élément du système électrique (stockage, backup...) isolément, donc à montrer en quoi le solaire ne suffirait pas, puis l'éolien ne suffirait pas... en un sophisme de la solution parfaite car il faut plutôt considérer le système reposant sur plusieurs types de sources renouvelables et équipements complémentaires puisque seule importe l'adéquation du système électrique, donc sa capacité à satisfaire la demande, ses impacts (pollution causée, ressources nécessaires, dépendances créées...), son coût total...
De plus cela condamne aussi le nucléaire puisqu'il repose sur stockage (barrages hydrauliques) et backup (centrales électriques non nucléaires constamment prêtes à produire afin d'ajuster la production à la consommation ou de la compléter, dans le cas-type en brûlant du gaz), même en France.
Un système électrique européen fondé sur les renouvelables est possible, voici les moyens nécessaires.
Comme déjà rappelé une tromperie souvent reprise consiste à le condamner au prétexte qu'un seul de ces moyens n'est pas suffisant alors qu'il faut considérer un système complet mobilisant tout ce qui est adéquat.
Des études étayent l'adéquation de cette approche (celle de Lappeenranta-Lahti (LUT) est l'une des plus connues en Europe), Wikipedia en anglais en publie une liste, qui est en cours de mise en application (y compris en France, même si c'est difficile donc timide).
Selon des scientifiques les régimes venteux sont peu corrélés au plan continental et cela réduit la variabilité de parcs géographiquement dispersés.
De nombreuses études scientifiques publiées l'établissent, après avoir mesuré ce qui importe donc les régimes venteux sur les sites propices, pour l'Europe, la Chine, les USA... voici une vulgarisation portant sur le parc éolien européen en 2019, fort modeste mais nettement déjà moins variable que le parc français.
En d'autres termes un parc d'éoliennes déployé selon un foisonnement adéquat, fournirait beaucoup en quasi permanence: superposer la courbe reflétant la capacité de production de toutes les nations et celle de leur consommation agrégée montre la rareté et courte durée de l'état global «trop peu d'électricité produite».
Le foisonnement ne compense toutefois pas toute la variabilité, donc stockage et backup (équipement produisant de l'électricité «à la volée» lorsque les renouvelables n'en fournissent pas suffisamment) restent nécessaires.
Certains exhibent la production du parc d'éoliennes existant (incomplet, car le plus gros en est seulement prévu), ou se contentent d'analyser la production de quelques nations voisines, ou négligent complètement l'éolien marin... au lieu de considérer l'ensemble des sites adéquats en l'Europe. Ils en concluent abusivement que le foisonnement continental restera peu efficace.
Cela tiendrait si les effets fâcheux sur la production de la variabilité aujourd'hui observés ne diminuaient pas à mesure du déploiement.
Des spécialistes (ci-devant cités) établissent au contraire le fort impact bénéfique du foisonnement d'un parc continental.
De la même façon on pouvait vers 1980 prétendre que le nucléaire ne satisferait pas le gros de la demande d’électricité en France... car il était en cours de déploiement.
D'aucuns prétendent que les sites des éoliennes en place sont les meilleurs, donc que le foisonnement diminuera faute de nouveaux emplacements suffisamment rentables. C'est faux car la quantité totale d'électricité produite n'est que l'un des critères de choix d'un site. Sa rentabilité préside au choix et intègre force autres critères (accessibilité, subsides, connivences, proximité de voies d'acheminement ou de consommateurs, potentiel hydrogène vert et de cogénération...). La variabilité de la production globale deviendra de plus en plus déterminante car il est de plus en plus rentable de produire lorsque la demande est forte parce que le gros des autres producteurs ne fournit alors pas suffisamment. Produire 2 fois fois moins et vendre 3 plus cher est rentable. Donc le taux de corrélation des régimes venteux importe, et est de moins en moins négligé.
L'interdépendance entre nations d'un même continent induite par ce foisonnement est préférable à une dépendance à quelques fournisseurs lointains (uranium...) dont les superpuissances disposeront à leur gré dès qu'elles le souhaiteront, et correspond à la stratégie depuis longtemps adoptée.
La production d'électricité pilotable est aujourd'hui assurée par des moyens (réacteurs, turbo-alternateurs...) brûlant du combustible (gaz, uranium...) importé, donc rendant dépendant d'au moins une nation tierce (dont pétromonarchies salafistes, Algérie, Russie de V. Poutine...). On peut y préférer l'interdépendance de nations européennes créée par un système électrique fondé sur les renouvelables.
Voici les autres dispositions nécessaires:
Flanquer l'éolien d'autres «renouvelables» (solaire, hydraulique, biomasse, géothermie...) constitue un mix compensant davantage encore la variabilité.
Bénéficier du foisonnement présuppose acheminement longue distance du courant électrique (qui progresse rapidement) et interconnexions grâce auxquelles des zones géographiques produisant sur le moment ou disposant d'un stock peuvent faire parvenir de l'électricité à celles qui en manquent ou peuvent la stocker.
L'interconnexion progresse depuis au moins 70 ans car profite à tous les types de sources (nucléaire compris) au titre de la garantie de fourniture et de l'optimisation d'ordre économique (durant une pointe de consommation) comme environnemental (réduction des émissions).
Cela offrira moyen d'optimiser les autres ressources nécessaires, décrites ci-après, car les rendra plus capables de servir à l'échelle continentale, donc de transporter l'électricité produite en surplus quelque part vers un autre endroit où elle peut être stockée ou consommée (par exemple transformée en hydrogène).
Stocker les surplus d'électricité produite, afin de fournir lorsque la production est insuffisante, compense plus avant la variabilité.
C'est déjà possible grâce aux barrages hydrauliques pertinents (STEP), du «renouvelable» sur laquelle le nucléaire s'appuie et qui lui est précieux car augmente son facteur de charge, dont en France EDF juge possible de doubler la puissance (page 7) et pour lesquels des approches innovantes existent.
L'autre moyen de stockage déterminant est le smartgrid couplé au V2G car une grande part du secteur des transports est en voie d'électrification, et ceci vaut quel que soit le moyen (renouvelable ou pas) de produire de l'électricité. Une batterie de voiture-type stocke 60 kWh (la capacité moyenne des modèles augmente) donc, chargée durant le jour grâce à de l'électricité renouvelable (en particulier solaire) peu chère, peut alimenter un foyer français (qui consomme en moyenne 14 kWh d'électricité par jour), même durant l'une des rares nuits d'hiver trop peu venteuses.
En France les capacités des voitures électriques dépasseront 800 GWh avant 2035 (capacité moyenne de batterie considérée 55 kWh, 15 millions de voitures d'un parc en comptant 40 millions en 2025, et durant 95% du temps une voiture est stationnée, et même durant les pics de circulation 80% des voitures le sont). Certains véhicules utilitaires et camions viendront en sus. L'UFE y voit un levier. Selon Bloomberg l'équilibrage du système électrique reposera de plus en plus sur du stockage.
Des batteries réformées seront de plus en plus converties en batteries stationnaires (industrielles ou domestiques), avant leur recyclage (Redwood Materials est vraisemblablement le leader). Elles rebattent les cartes.
En Californie et au Texas le solaire produit en milieu de journée jusqu'aux trois quarts de l'électricité. Des batteries sont chargées l'après-midi, lorsque l'électricité solaire est bon marché, et restituent le soir, lorsque les gens rentrent chez eux. À leur pic de consommation, vers 20 heures, elles fournissent jusqu'à 30 % de l'électricité de l'État.
Des batteries fixes réservées à cet usage stockant 50% de l'électricité solaire de façon à en disposer durant la nuit portent le coût total à $76/MWh.
Le reliquat sera compensé par du backup (moyen de produire de l'électricité rapidement), dont l'hydraulique existant (épaulant déjà le nucléaire) et à venir, ainsi que des turbo-alternateurs (les «centrales à gaz») ou des piles à combustible, qui brûleront de l'hydrogène vert obtenu durant surproduction d'électricité renouvelable.
Des turbines capables de cela existent depuis longtemps et progressent, même en Europe, depuis des années. Une proportion croissante des centrales à gaz existantes peut être convertie à l'hydrogène. L'Allemagne a adopté une stratégie dite Hydrogen-Ready par laquelle elle n'achète que des équipements adaptables à l'hydrogène, et Royaume-Uni, Pays-Bas, Italie, Espagne, Japon, Corée du Sud... poursuivent cette voie.
Des surproductions d'électricité peuvent être acheminées vers quelques grandes unités de production d'hydrogène par électrolyse de l'eau (vraisemblablement fondées sur des PEM tolérant la variabilité, déjà exploitées par l'Air Liquide) réparties sur le continent, ce qui en augmente leur facteur de charge (paramètre déterminant pour leur coût total), sur des sites accueillant aussi les turbo-alternateurs (donc sans devoir transporter l'hydrogène) dont la chaleur dégagée augmente le rendement.
Le véhicule à hydrogène est facile à critiquer car masse et encombrement du réservoir sont rédhibitoires, et la compression augmente considérablement le coût.
Cela mène certains à condamner tous les modes d'utilisation de l'hydrogène, or dans le cas du backup électrique ne pas devoir le placer dans un petit réservoir mobile ni même le transporter, donc pouvoir le conserver en réservoir industriel stationnaire (dont masse et volume importent peu) est non seulement possible mais déjà fait (record: Air Liquide, et la concurrence s'avive) et, accessoirement, améliore le rendement.
Rendement:
électrolyse (PEM ou alcalin): 0,75
stockage: 0,95
turbine à cycle combiné (gaz+vapeur) classique au rendement similaire à celui atteint avec du gaz naturel: 0,6
Global: environ 0,4.
Lire aussi, à ce propos, la section «Surcoûts».
Si nécessaire une réserve-tampon constituée de batteries établie en amont des électrolyseurs augmentera le facteur de charge de l'électrolyseur tout en assurant certains services réseau.
Au pis brûler parfois pour cela un peu de combustible fossile est tolérable: en France depuis l'avènement du nucléaire et aujourd'hui encore entre 6 et 10 pourcents de l'électricité, selon l'année, sont ainsi produits. Du backup brûlant du fossile pourrait être seul actif durant 22 jours (6% du temps d'une année) et ses émissions seraient équivalentes à celles du backup français.
En certains lieux déployer davantage d'équipements de production que strictement nécessaire réduira le coût total.
En complément l'effacement offre moyen d'optimiser.
Juger préférable de refuser les renouvelables afin de ne pas être les premiers à adopter un nouveau type de système électrique aurait condamné les décideurs français des années 1970 car l'électronucléarisation massive d'une nation (plan Messmer) était et reste une première.
De nombreux défauts prêtés aux renouvelables reposent sur des conceptions biaisées, obsolètes ou erronées.
Le coût total de production (LCOE) d'un MWh d'électricité dépend du type de l'installation industrielle considérée.
La banque Lazard en publie les intervalles (exprimés en dollars US) constatés dans des installations existantes:
éolien terrestre: 37 à 86
solaire: 38 à 78
solaire avec stockage: 50 à 131
éolien maritime: 70 à 157 (cas-type: 92)
nucléaire: 141 à 220 (cas-type: 169)
L'histoire de ces coûts révèle les tendances:
En France la CRE a en 2025 officiellement prévu que le coût de production de l'électricité nucléaire des réacteurs en place (en théorie amortis) flanqués de l'EPR Flamanville-3 sera de 61,5 €/MWh entre 2026 et 2028, puis de 68,4 €/MWh entre 2029 et 2031.
Certaines des dispositions nécessaires à un système fondé sur les renouvelables ci-devant décrites impliquent d'investir.
Le coût de production inférieur de l'électricité renouvelable ménage de quoi payer des moyens compensant son «intermittence». Du solaire déployé en lieu et place de nucléaire, par exemple, laisse pour cela au pis 63 crédits (141 - 78) par MWh. Selon le scénario de référence publié par RTE pour 2030 la France produira 500TWh/an, ce qui ménage 31,5 milliards de dollars US/an pour ces surcoûts.
L'écart entre LCOE de renouvelables et du nucléaire se creusera vraisemblablement davantage, augmentant ces provisions.
Par ailleurs le coût total d'un système fondé sur des renouvelables ne varie pas en fonction du prix ou de la disponibilité de l'uranium, des effets d'un accident ou déchet en promenade, et est moins exposé aux imprévus.
De plus une part des coûts correspondants est de toutes façons nécessaire (même avec un absurde 100% nucléaire):
le plus gros des investissements nécessaires au réseau, interconnexion comprises, dont seules les dimensions changent (surcoût limité et améliorant la capacité à optimiser et fiabiliser). En France le budget annoncé (100 milliards d'€ sur 15 ans) effraya mais RTE précisa que la moitié en est le coût de la maintenance de toutes façons nécessaire.
une grande part des batteries, en particulier de véhicules électriques.
la décarbonation de l'hydrogène utilisé par l'industrie (100 millions de tonnes/an dans le monde, aujourd'hui produites en brûlant du combustible fossile) offre des débouchés à l'infrastructure nécessaire au «backup».
La seule vitesse de déploiement des renouvelables ménage déjà des gains (argent comme émissions):
L'étude pertinente de RTE (filiale d'EDF, chef de file du nucléaire) lancée en 2019 donne le coût total d'un scénario comprenant du nucléaire pour moindre mais repose sur des hypothèses peu étayées et de moins en moins vraisemblables, pour certaines détaillées par Mathieu Van Vyve:
le coût de production de 60€/MWh du nucléaire ne vaut que pour le parc existant (en théorie amorti, ce qui est discutable) et l'EPR tête de série. Ce coût pour l'EPR seul est considérablement plus élevé, la Cour des comptes détermina en 2025 (page 29) qu'atteindre une rentabilité faible (4%) impliquera de vendre le MWh 122 € (de 2023), même avec un facteur de charge élevé (0,85) et 138€ (de 2023) avec celui prévu par EDF (0,75).
le coût de construction retenu par RTE (4,7€/W installé) est très inférieur à celui des 4 EPR européens: 6,9€ (Finlande, chantier lancé en 2006), 14,3€ (France, chantier lancé en 2007), au moins 17,6€ (Royaume-Uni, chantier lancé en 2012 et en cours), et la potentielle suite (2 réacteurs de Sizewell) pourrait être plus douloureuse encore.
le coût du capital reflète le risque de l'investissement (retards et surcoûts de construction forment risque financier majeur). RTE retient 4% pour toutes les filières, alors que ce risque est beaucoup plus élevé que celui d'un chantier de renouvelable (dans son étude de 2025 la CRE considère qu'il sera de 9,1%). 4% ne sont justifiables qu'en mobilisant de l'argent public, autrement dit en en enferrant l'État afin de laisser le contribuable endosser les effets d'ordre financier de toute malfaçon ou retard durant un chantier et, même sans surcoût, enchérit tous les emprunts publics. C'est dangereux.
RTE présuppose un coût imputable aux batteries de 300€/kWh (réserves) et 200€/kWh (équilibrage) en 2050, cinq fois plus élevé que les estimations actuelles pour 2030 avec des moyens existants (certains projets de batteries Fe-Air annoncent même 20€/kWh). L'évolution du secteur est depuis longtemps révélatrice.
des batteries disséminées sur le territoire lisseraient le besoin en distribution/acheminement donc réduiraient le coût du réseau. Le compromis/équilibre retenu par RTE entre réseau, sur-dimensionnement de l'outil de production renouvelable variable (éolien, solaire...) et stockage repose sur un rejet de ces deux derniers moyens, ce qui augmente beaucoup le coût réseau. Il est très discutable et découle peut-être d'un biais (RTE est responsable du réseau de transport).
les coûts des réseaux acheminant le courant de zones ensoleillées/ventées vers les autres comprennent l'écrêtement (électricité surproduite perdue) de 0,9% envisagé par RTE, ce qui est très faible par rapport à d'autres études (telles que le scénario 4 des «Transitions 2050» de l'ADEME) qui l'établissent à environ 20%. Le coût de production étant très faible (solaire...) les moyens nécessaires n'augmentent guère le coût total.
les hypothèses portant sur le coût de production en 2050 de l'hydrogène vert (2,5€/kg) sont très pessimistes (Bloomberg NEF, l'IRENA et l'AIE prévoient environ 1,5€/kg).
le scénario stress test de RTE, censé représenter le risque maximal, reprend (page 456) une hypothèse d'EDF par laquelle le coût de l'EPR de Flamanville sera de 12,4 milliards d'€ alors même qu'il est de 23,7 milliards d'€ (rapport de la Cour des comptes, page 28) avant sa mise en exploitation complète. RTE néglige pour cela, entre autres, les intérêts intercalaires (découlant des retards du chantier), qui doivent être payés donc compris dans un scénario stress test, sauf en considérant qu'aucun futur chantier n'aura de retard ou bien que le surcoût causé sera compensé sans qu'EDF emprunte donc grâce aux caisses publiques (exsangues).
recours au biogaz très modéré et facteur de charge de l'éolien terrestre discutable (P. Quirion).
Ce rapport montre surtout que sur le plan du coût les scénarios 100% renouvelables sont compétitifs face au nucléaire, à moins de retenir des hypothèses excessivement favorables à ce dernier et défavorables aux renouvelables.
Le scénario le plus fondé sur le nucléaire en 2050 (dit «NO3») repose sur 24GW de nucléaire historique (39% de sa puissance en 2025, le reste étant très âgé donc réformé dans l'intervalle car 30GW en auront 60 ans avant 2045) et 27GW de nouveau nucléaire composé de 14 EPR2 et de SMR (Small Modular Reactor, petit réacteur modulaire). Nul n'espère plus disposer de plus de 3 EPR2 vers 2035 donc 11 autres 15 ans après est ambitieux. Ces 14 EPR développeraient 23GW, donc si chaque SMR développe 300MW il en faudra 14, ce qui est optimiste.
Tout cela néglige des risques (potentiel accident nucléaire, interruption de la fourniture d'uranium...).
P. Neau résuma l'impact financier du risque induit par les chantiers:
... ainsi que le pessimisme des prévisions de RTE quant au développement du solaire.
Un accident épandant sur grande zone géographique des substances durablement dangereuses difficiles à recouvrer (ou des déchets de ce type) est propre au nucléaire, aucune renouvelable ne menace ainsi.
Il peut être causé par erreur, attentat, action militaire ou de désespéré.
Un autre embarras est l'urgence (de par les impacts) conjuguée à la difficulté des modifications des centrales rendues nécessaires par le «retour d'expérience», autrement dit les corrections de bugs. Modifier ou réparer panneaux solaires ou éoliennes est plus facile qu'intervenir sur un réacteur, et entraîne une moindre diminution de la production du parc. Les effets de cela sont non négligeables.
Le nombre de victimes (et plus généralement les impacts sanitaires) du nucléaire dépend du mode d'analyse, qui fait polémique, et ceci vaut pour Tchernobyl et Fukushima.
Même l'impact maximal d'un accident est débattu.
Le bilan du nucléaire ne sera au mieux connu qu'après tous démantèlements terminés et dernier déchet froid (avant cette échéance tout pépin ou déchet divagateur peut coûter cher), dans quelques milliers d'années.
M. Gorbatchev, président de l'URSS durant la catastrophe, déclara en 2006 que «La catastrophe nucléaire de Tchernobyl est peut-être, davantage que mes réformes, la véritable cause de l'effondrement de l'Union soviétique.».
L'argument selon lequel l'architecture du réacteur qui explosa à Tchernobyl était fondamentalement viciée au point de le condamner ne tient pas puisque de nombreux autres exemplaires de ce modèle, appelé «RBMK», continuent de fonctionner après des modifications (l'arrêt de certains d'eux est prévu après 2038) sans que cela perturbe les organisations internationales concernées dont les nations exploitantes (Russie et Lituanie) sont membres. Quasiment tous les réacteurs connaissent ainsi de temps à autres des modifications issues du «retour d'expérience» obtenu après incidents/accidents et visant à les rendre plus sûrs.
La raison en a été exposée par K., un professionnel connaissant bien ces réacteurs: «Concernant l'absence de confinement, la remarque n'est pas pertinente. Un réacteur RBMK utilise le principe de confinement modulaire, le "coeur" est en fait composé de 1700 tubes de forces qui constituent quasiment autant de circuits indépendants. Le système est bien dimensionné pour faire face à l'accident de référence (fuite de vapeur, perte de réfrigérant, LOCA). En cas de problèmes, la perte de vapeur concerne quelques tubes de forces et l'incident est facilement maîtrisable. Dans le cas d'un réacteur à eau pressurisée (REP), une fuite dans le circuit primaire relâche une grande quantité de vapeur dans l'enceinte de confinement.»
Les coûts diffus abondent. Le programme Shelter Implementation Plan confinant le réacteur accidenté à Tchernobyl grâce à l'édifice appelé «Arche», par exemple, coûta 2,1 milliards d'euros payés par le G7, l'Union Européenne... donc par le contribuable, et la guerre en Ukraine n'a rien arrangé.
Les autorités de contrôle et le «retour d'expérience», censés améliorer de façon suffisante sécurité et sûreté, reposent sur connaissance ou information imparfaite (manquante, distordue, circulant mal, décision devant au subjectif), latence, moyens limités, modification visant à résoudre un problème pouvant en créer un autre...
C'est depuis longtemps connu et même vulgarisé.
Illustration: l'importance cruciale des générateurs diesel d'ultime secours (DUS) semble découverte issue de Fukushima. Il n'en est rien car l'accident survenu à Forsmark, 5 ans auparavant, l'avait déjà exhibée. Mieux: elle était connue au plus tard près de 20 ans auparavant, après un incident à St-Laurent-des-Eaux.
À Fukushima la centrale voisine d'Onagawa, pourtant plus proche de l'épicentre du tsunami, y a survécu grâce à un seul homme (Y. Hirai) qui ne pouvait exhiber rationnellement (au mieux par le calcul) la pertinence de ses conclusions quant aux dispositions nécessaires mais a su les imposer grâce à son aura et à sa faculté de persuasion.
Le Grand Système Compliqué d'Autorité Centrale «contrôlant tout au mieux» échoua car sa méthode d'évaluation du risque négligeait des séismes passés, donc jugeait la hauteur du mur-digue adéquate.
Y. Hirai doutait de l'adéquation des estimations et avait raison.
Les autres, formant l'écrasante majorité des experts, croyaient savoir et avaient tort. La quantité n'améliore pas toujours la qualité.
La cause première du défaut de l'organisation japonaise partout relayée serait un manque d'indépendance de l'autorité de sûreté à présent corrigée (ce qui voile la réalité donc l'inadéquation de la méthode d'appréciation du risque), couplée à errements et malversations donnés pour propres à cette nation de façon mensongère. Cette lénifiante fadaise voile mal les faits: comme en toute matière nul ne sait tout et fait toujours bien, donc le risque est réel et méconnu.
L'évacuation déclenchée par l'accident nucléaire causa officiellement 2202 victimes (dénombrement de 2019), 2313 selon l'association internationale de promotion du nucléaire.
Selon certains les victimes de cette évacuation seraient en réalité celles du tsunami. C'est négliger que l'évacuation n'aurait pas été nécessaire si, en lieu et place de la centrale nucléaire, éoliennes ou panneaux solaires avaient été installés. P. Dumoulin résuma: «Imaginez, vous faites circuler un camion de nitroglycérine sur un pont fréquenté. Une tornade survient, le camion bascule et va exploser. Les gens s'enfuient et beaucoup se noient dans le fleuve. Selon le transporteur la nitroglycérine n'y est pour rien, c'est à cause du vent.»
Cette évacuation était minimale compte-tenu de l'impact potentiel établi par les experts durant l'accident, comme le rappelle le premier ministre d'alors (Naoto Kan), qui avait jusqu'alors été favorable au nucléaire. Durant l'accident, qui commença le 11 mars, il demande à M. Kondo Shunsuke, le président de la Commission de l’énergie atomique japonaise, d’évaluer la situation. Son rapport du 25 mars, intitulé « Le pire des scénarios », juge nécessaire dans cette hypothèse une évacuation dans un rayon d’au moins 250 kilomètres. Une telle zone inclut l’agglomération de Tokyo et abrite 40 % de la population japonaise, soit cinquante millions de personnes. Une évacuation pour une période de plusieurs dizaines d’années remettrait en cause l’existence même du Japon en tant que nation.
Après l'accident il démissionna et jugea nécessaire d'arrêter le nucléaire.
Lors de l'accident le Japon a par deux fois été favorisé par le sort, ce qui en a beaucoup réduit l'impact:
seuls les 3 moins puissants des 6 réacteurs étaient en service,
environ 80% du césium 137 (demie-vie: 30 ans) qui s'échappa a été dispersé par des vents vers l'Est et déposé dans l'océan Pacifique (loin des humains), où volume énorme d'eau et puissant courant en réduisirent la concentration. D'autres études, par exemple Yasunari et al., confirment ces faits non disputés et repris par les agences du nucléaire.
Malgré cela:
à terre le coût du nettoyage est colossal et pourrait atteindre 660 milliards de dollars US
en mer l'enthousiasme d'océanographes américains est des plus modérés, et les données publiées sujettes à caution
le rapport officiel est critiqué par des savants: 2013 UNSCEAR Report on Fukushima: a critical appraisal, Critical Analysis of the UNSCEAR Report,
l'adéquation du suivi sur le terrain, donc d'une part de la matière première des études officielles portant sur les effets, est discutable: Help Wanted in Fukushima: Low Pay, High Risks and Gangsters
ce qui gêne est négligé: UN Special Rapporteur Anand Grover on Fukushima: A Stunning Report Brushed Aside by the Japanese Government
... ou minimisé: Downplaying and denial of health effects
soldats américains impliqués: le gouvernement et TEPCO ont tout fait pour éviter un procès
What price? (coût réel)
Fukushima at 15 (contexte en 2026)
Nos Voisins Lointains (paroles de sinistrés)
Que signifie vivre dans un monde contaminé par de faibles doses de radioactivité ?
Reportage TF1 (fin 2024)
Une explosion d'hydrogène ou de vapeur, cause de la fuite de matières dangereuses à Tchernobyl comme à Fukushima, est possible dans une centrale nucléaire française.
L'argument (plus ou moins implicite) selon lequel le confinement des centrales occidentales serait un parfait garant est faux car elle est conçue pour tenir au moins 72 heures même dans le pire cas prévu, il n'y a pas de garantie absolue possible.
D'aucuns prétendent que les recombineurs d'hydrogène nous épargneront tout accident. C'est tout aussi faux et selon l'IRSN: «la formation d’un mélange hydrogène-oxygène susceptible de conduire à des phénomènes d’accélération locale de flamme ne peut pas être exclue».
Le risque d'accident majeur d'ampleur au moins équivalente à celui de Tchernobyl survenant en France n'est pas nul, son coût évalué par la filière même serait de plus de 430 milliards d'€, l'Histoire n'est pas rassurante donc le considérer comme rédhibitoire est réaliste.
Au titre du plus faible impact de l'accident d'ampleur maximale les renouvelables sont préférables.
Selon le directeur de l'agence de l'ONU chargée du nucléaire les dommages portés à des centrales en Ukraine rappellent les risques induits pour le nucléaire par un conflit militaire.
L'UNSCEAR (Comité scientifique des Nations Unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants) publie des bilans des accidents que certains donnent pour officiels, souvent en présentant cette organisation comme si elle était un équivalent du GIEC. Il est en réalité constitué de représentants strictement cooptés de nations nucléarisées (membres de filières faisant des affaires autour du nucléaire, de l'uranium...), donc en conflit d'intérêt car leur profession et les finances de leurs nations dépendent directement du nucléaire.
Les membres du GIEC, eux, sont représentatifs de l'état des savoirs.
L'argument prêtant énormément de victimes aux barrages produisant de l'électricité repose sur une confusion consistant à dénombrer toutes les victimes de barrages (même non hydro-électriques, qui sont les plus sûrs et surveillés), certains très anciens, et à retenir faits de guerre ainsi qu'accidents annoncés. Exemples:
Malpasset (Fréjus), réservoir de Bouzey...: n'étaient pas des barrages hydro-électriques
DniproHES (Dniepr, Ukraine): dynamité par l'Armée Rouge en 1941. À moins de préférer voir un réacteur ainsi détruit...
Vajont (Longarone): le barrage a tenu, débordement prévisible et dûment prévu, mais peu écoutèrent
Beaucoup retiennent la catastrophe de Banqiao (Chine) survenue pendant la Révolution Culturelle, dans un désordre général effarant durant lequel une centrale nucléaire serait au moins aussi dangereuse.
Cette Révolution suivait le «Grand bond en Avant», avec son programme de déploiement de barrages inepte et ses famines frappant très durement la région (Henan). Elle suivait elle-même une guerre civile et une invasion (par le Japon): des barrages furent bombardés, ce qui causa d'énormes inondations dans cette région.
Prévoir voire éviter cet accident était possible, car un barrage donne des signes de fatigue longtemps avant de céder et ne «dérape» pas aussi vite qu'un réacteur nucléaire actif, toutefois le contexte l'a interdit durant des décennies et toute installation (réacteur nucléaire compris) ainsi malmenée et durablement négligée, alors qu'un expert donneur d'alerte sonna longuement et très à l'avance le tocsin, est exposée.
En matière d'impact de sinistre les experts sont les assureurs, et en théorie aucune usine ne peut en Europe fonctionner sans contracter police d'assurance adéquate (responsabilité civile). Seul le nucléaire forme exception. Une couverture ridicule en résulte, ce que la Cour des comptes fustige depuis longtemps (page 147).
Si, à terme, peu de nations exploitent du nucléaire nos voisins refusant le risque induit pourront, après avoir disposé du leur, nous quereller devant une cour de justice internationale. Nous devrons contracter police d'assurance «responsabilité civile» adéquate, au coût vraisemblablement colossal car la filière même (IRSN) estima qu'un seul accident majeur pourrait coûter 420 milliards d'€ (l'effet cumulé à terme sur le tourisme et l'exportation de produits exportés, surtout d'origine agricole, serait redoutable).
L'existence de sources de danger (foudre, chute, météorite...) que nul ne peut supprimer ne rend pas le nucléaire tolérable puisque nous pouvons décider de lui préférer des renouvelables.
Dans le gros des autres cas se prémunir est possible (cas-type: ne pas prendre l'avion réduit considérablement le risque lié au transport aérien) tandis que le nucléaire menace aussi ceux qui n'en veulent pas, au loin donc y compris ceux qui n'en profitent pas, y compris dans un le futur (déchets) donc nos descendants, et que s'en protéger comme nettoyer est très difficile.
Même les rares autres menaces durables dont on ne peut se garantir ne compensent rien car défauts et turpitudes des uns (par exemple de certains déchets de l'industrie chimique) ne forment pas circonstance atténuante pour les autres (déchets nucléaires). Un accusé se défend bien mal en déclarant au juge «je ne suis pas le seul coupable d'homicide!».
L'éolien cause des dommages à l'avifaune (oiseaux, chauves-souris...), toutefois son impact absolu comme relatif est mal perçu. Comme rappelé par P. Neau les principales causes de décès d'oiseaux sont, quantitativement et loin devant les éoliennes:
baies vitrées
chats
lignes électriques
véhicules
pesticides
chasse (17 millions/an en France, et certaines espèces menacées y sont chassables)
Dans une synthèse de suivis de fonctionnement de parcs éoliens localisés en zones sensibles (proximité de zones Natura 2000), la Ligue de Protection des Oiseaux conclut en 2017 à une «mortalité médiane de 4,5 oiseaux et une mortalité moyenne de 7,0 oiseaux par éolienne et par an». Celle des lignes électriques (90000 km) et des routes nationales et autoroutes (en tout environ environ 24000 km) est de 10 à 100 oiseaux par km/an.
Si la mortalité des oiseaux est faible, elle pèse davantage sur certaines espèces, selon leurs comportements et les emplacements des éoliennes. Un suivi à Tarifa (sud de l'Espagne) a montré que 2 espèces (parmi environ 250 présentes) représentaient 85% de la mortalité.
Suivi et bases de données pertinentes sont en place.
Des dispositifs réduisant le risque (effarouchement sonore, fort contraste des couleurs de pales, arrêt d'urgence de la rotation des pales...) existent et progressent.
Un autre fil de P. Neau traite du cas des chauves-souris.
Causes de mortalité accidentelle d'oiseaux (consécutive à activité humaine) au Canada, en 2019, alors que les éoliennes y alimentaient 3,3 millions de foyers.
Pour aller plus loin: livrets d’expertises publiés par «France renouvelables».
La «modulation à la baisse» du nucléaire (réduction temporaire de sa puissance) effectuée lorsque solaire ou éolien produisent est saine puisque ces moyens offrent un coût inférieur de l'électricité obtenue, pas de risque d'accident majeur ni de déchet durablement dangereux... De plus cela préserve des charges d'uranium placées dans les réacteurs, souvent utiles durant l'hiver (source EDF, page 2).
RTE (filiale d'EDF chargée du réseau de transport d'électricité) exposa que cela réduit la quantité de gaz brûlé, et ne découle pas d'une disposition arbitraire portant sur la priorité d'accès au réseau.
Il s'agit en résumé, pour EDF, d'arbitrages relevant de la valeur d'usage tempérés par le souci d'augmenter son gain, qui réduit l'ampleur de la surproduction donc son impact sur le prix de vente de l'électricité, ce dont les renouvelables bénéficient alors aussi.
Ces modulations sont officiellement jugées préférables lorsque le prix de gros est inférieur au coût variable du nucléaire. Le déploiement des renouvelables en augmente fréquence, durée et intensité.
Sauf à considérer le nucléaire comme une fin plutôt qu'un moyen la «nécessaire relance», accusant des boucs émissaires (élus, écolos...), est un piètre voile masquant mal inadéquation croissante du nucléaire face à la concurrence des renouvelables.
Les experts (Agence Internationale de l'Énergie, McKinsey...) sont formels: les renouvelables produiront en 2050 le plus gros de l'électricité, c'est inéluctable (aucune autre possibilité n'est réaliste) et vaut pour la France où RTE (filiale d'EDF gérant le réseau électrique) rappelle que le 100% nucléaire y est hors de question, et que plus de 60% de nucléaire serait utopique.
Cette tendance est déjà nettement perceptible.
Le coût de production de l'électricité renouvelable est de plus en plus inférieur à celui du nucléaire. Durant leur fonctionnement elles ne consomment pas de combustible ni ne produisent de déchet ou exposent à un accident majeur, donc lui sont et seront préférées.
L'électricité parfois produite en surplus par des renouvelables sera mise à profit par des capacités de stockage et de backup croissantes, donc se substituera progressivement à l'électricité nucléaire censée compenser leur variabilité, d'autant qu'il ne peut ajuster sa production suffisamment rapidement et fréquemment.
Tout cela réduira le facteur de charge du nucléaire donc augmentera son coût de production (il n'est rentable qu'avec un facteur de charge élevé), avec une forte rétro-action positive (plus ce sera le cas, plus ce sera le cas).
Par ailleurs les coûts fixes d'un parc nucléaire constitué du minimum de réacteurs satisfaisant la seule consommation constatée en permanence (le «socle») rendraient son électricité beaucoup plus coûteuse qu'elle le serait si fournie par renouvelables et batteries car même avec un seul réacteur actif de lourds moyens sont nécessaires: filière de conception et de déploiement de réacteurs, d'approvisionnement et d'enrichissement du combustible, de gestion et stockage des déchets, autorité de sûreté, moyens de formation des spécialistes... Chacun de ces éléments qui serait acquis à l'étranger créerait une dépendance.
Le déploiement d'un système surtout fondé sur des renouvelables sera ainsi favorisé, donc l'électricité nucléaire sera de moins en moins utile et de plus en plus chère, ce qui rend sa destinée (donc la rentabilité des lourds investissements nécessaires à son infrastructure) facile à prévoir.
Un mix renouvelables-nucléaire condamnera ce dernier.
La quantité de matière première nécessaire à un système fondé sur des renouvelables est supérieure à celle requise par le nucléaire, toutefois dans le cas des renouvelables elles ont des substituts, pour certaines des gisements existent en Europe, et elles sont recyclables. Tout ceci vaut pour les terres rares (qui ne sont pas rares), et des initiatives naissent.
L'uranium est quant à lui un combustible (recyclable au mieux une seule fois, ce qui n'est en pratique guère fait) donc faute d'approvisionnement les réacteurs en place s'arrêtent. En obtenir causera vraisemblablement sans cesse davantage d'émissions de gaz à effet de serre. Il n'a pas de substitut et l'Europe dispose de fort peu de gisements. De plus il devient un dangereux déchet.
La transition énergétique réduira l'emprise minière.
En France 95% de la masse d'une éolienne doit être recyclée (obligation légale) et le socle en béton n'est pas épargné. La loi impose à tout exploitant de parc éolien de constituer une garantie financière (consignation) afin de démanteler même s'il disparaît.
Des pales recyclables apparaissent (RecyclableBlade, ZEBRA, PECAN...) et même l'existant (aujourd'hui des pales réformées sont brûlées dans des cimenteries, donc fournissent de l'énergie) est considéré. Le balsa est à présent épargné.
Selon EDF 94% d'un panneau solaire est recyclable et le taux de recyclage effectif est déjà bon et augmente.
Le seul Cigéo (site français de stockage de déchets radioactifs) mobilisera environ 6 millions de m³ de béton (non recyclable durant sa longue exploitation), tandis que le parc d'éoliennes français en utilise 5,5 millions (2024: en moyenne environ 500 m³ pour chacune des 11000 éoliennes ayant produit 9% de l'électricité), recyclables. Environ 20 millions de tonnes de béton sont produits chaque année en France, et 350 millions de tonnes de granulats.
Selon des chercheurs de l'Université d'Oxford ainsi que de Boston les chantiers du nucléaire sont, parmi les mégaprojets, les champions des retards et des surcoûts (ceux des renouvelables sont bien gérés).
Des lois révèlent pourquoi ce constat n'offre pas de moyen de résoudre le défi (Hofstadter / PF, Brooks, Parkinson...).
L'impact est majeur car ils sont d'ordinaire pour bonne part financés par des emprunts, que la valeur de l'électricité produite rembourse. Tout retard du chantier d'un réacteur augmente son coût, de plus il ne produit pas l'électricité dont la vente devait permettre de rembourser, donc les intérêts augmentent via des intérêts intercalaires (il faut de nouveau emprunter afin de rembourser le premier emprunt).
Le contribuable endosse ces effets des retards (EDF est une entreprise publique), épargnant la filière.
Les dérives de ces chantiers atteignent des proportions telles que seule une garantie publique offre moyen de rassurer les sous-traitants (soucieux d'être payés!), d'éviter des catastrophes telles que la faillite d'Areva (plombée par les surcoûts du chantier de l'EPR en Finlande) ou celle de Westinghouse (ruinée par les surcoûts de deux chantiers de réacteurs, reprise par Toshiba en 2007 puis mise en faillite en 2017), et de laisser croire que l'électricité nucléaire est peu chère (puisque le contribuable, plutôt que le consommateur, en paye une bonne part).
Les montants colossaux conjugués à des échéances lointaines en font une potentielle bombe à retardement, décrite par la Cour des comptes, alors même qu'ils pourraient et devraient payer le déploiement de renouvelables.
Le nucléaire est une épée de Damoclès suspendue au-dessus des contribuables.
Des errements graves sont parfois prêtés à écologistes ou politiciens, le cas-type étant une rumeur selon laquelle quelqu'un (non nommé) aurait obtenu de l'argent de la Russie ou de l'Allemagne et que son action (non décrite et sans description de ses effets) aurait sapé le nucléaire.
Ceux de l'industrie nucléaire, peu connus en France, ne manquent pas:
Incroyable négligence menant à fraudes et tricheries, coupable dissimulation, travail dissimulé (France)
Dans un rapport traitant de l'EPR (page 53) la Cour des comptes résume l'importance majeure de l'hypothèse d'«exclusion de rupture» et rappelle « Sur le chantier de Flamanville, dès octobre 2013, des écarts au référentiel d’exclusion de rupture concernant les soudures de traversées ont été identifiés. EDF a informé tardivement (en octobre 2017) l’ASN.» (France)
Cuve EPR (France)
Sûreté / productivisme (France)
Des lanceurs d'alerte sont tenus sous le boisseau (Wikipedia en français ne documente guère tout cela).
L'impérieuse nécessité (d'ordre financier) de construire les réacteurs en série (d'exemplaires aussi identiques que possible, afin de réduire le coût unitaire) réduit leur hétérogénéité donc la robustesse du parc, au point de faire d'un «défaut générique» l'une des hantises de la filière car la découverte d'un défaut peut impliquer la mise à l'arrêt de l'ensemble des réacteurs du modèle concerné. C'est ce qui est arrivé en France fin 2021 avec les arrêts de réacteurs du palier N4 pour cause de corrosion sous contrainte. Si tous les réacteurs du parc étaient des N4 ils auraient tous été arrêtés! Durant et peu après l'accident nucléaire majeur survenu à Fukushima tous les autres réacteurs nucléaires du Japon furent arrêtés, par précaution, et le restèrent durant des années (la plupart d'entre eux le sont encore en 2026).
Les «renouvelables» (éolien, solaire...) ne menacent pas ainsi car ne peuvent déclencher de catastrophe, donc la découverte d'un problème n'implique pas d'arrêter toutes les unités du modèle incriminé. L'hétérogénéité des types de sources renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, géothermie, biomasse...), celle des constructeurs et modèles d'équipements (éoliennes, panneaux photovoltaïques...) ainsi que leurs tailles unitaires inférieures à celle d'un réacteur nucléaire et leur dispersion géographique (foisonnement continental) augmentent la robustesse: la probabilité qu'une grande partie du parc tombe en panne, présente un défaut, ne produise rien... est infime.
Un parc de renouvelables est plus robuste.
Les tenants du SMR (petit réacteur modulaire) négligent l'approche fondamentale dans l'industrie consistant à bénéficier des économies d'échelle afin d'améliorer le rendement.
Les SMR sont d'autant moins chers à construire qu'ils sont fabriqués en série puis installés tels quels, ce qui est aujourd'hui difficile à imaginer car les exigences propres d'autorités de sûreté nationales tout comme les caractéristiques de chaque site impactent le mode d'implantation. Il faudra donc adapter des composants (avant ou après fabrication en usine), ce qui réduit l'intérêt d'une production en série.
De plus l'approche d'industrialisation sous-jacente uniformise les produits donc augmente le risque lié à un défaut générique: la découverte d'un problème pourrait contraindre à arrêter rapidement une forte proportion des réacteurs (identiques) d'un parc.
Cette nécessaire industrialisation, donc la fabrication en grandes séries, rend difficile de prétendre ne satisfaire que des marchés de niches.
Même si le SMR devient réalité le seul effet NIMBY pourrait l'annihiler.
Il est plus apte à la modulation (variation de leur puissance), donc à se spécialiser en une mission d'auto-destruction sur le plan financier.
Sur le terrain, aujourd'hui, aucun modèle de SMR n'est exploité en Occident, pas même à l'état de prototype industriel.
La Russie dispose de deux anciens réacteurs militaires améliorés utilisés sur une barge. Leurs facteurs de charge, ainsi que celui d'un modèle chinois, à l'architecture plus ambitieuse et depuis peu démarré, étaient très mauvais en 2024: 0,28, 0,36 et 0,27.
L'imiter serait aventureux car le coût total d'un réacteur militaire (embarqué dans un sous-marin, porte-avions, brise-glace...) est beaucoup plus élevé que celui d'un modèle civil équivalent. La Marine accepte de payer des caractéristiques pour elle décisives (grande autonomie, moindre nécessité de maintenir et de faire surface, silence, compacité...) sans intérêt dans le civil.
De plus un réacteur militaire fonctionne en mer, donc en une immense «source froide» facilitant son refroidissement, et en cas d'accident il sera vraisemblablement noyé loin de toute zone peuplée. C'est difficilement transposable à un système électrique national.
L'offre la plus avancée (NuScale) dans le contexte le plus favorable (les USA) s'étiole. Les projets au Canada, nation experte en matière de nucléaire... peinent à décoller. En Europe Naarea, Newcleo et Jimmy sont ébranlées.
Il n'y a ici rien de nouveau car ces espoirs vains correspondent à ce que l'amiral H. Rickover décrivait dès 1953.
En France le gouvernement a annoncé en mars 2026 vouloir doter des projets de SMR calogènes.
Le SMR, principale voie proposée par de nombreux tenants du nucléaire (ainsi que par quelques affairistes), n'est qu'une nouvelle impasse.
Le consensus scientifique favorable au nucléaire parfois évoqué n'existe pas et les scientifiques rejetant cette option ne manquent pas:
USA: Committee for Nuclear Responsibility (co-fondé par quatre prix Nobel)
France: GSIEN (document: Les Experts du GSIEN, poils à gratter) et son Appel de scientifiques contre un nouveau programme nucléaire
Individus: John Gofman, Harry Bernas, Amory Lovins, Arjun Makhijani, Katsumi Furitsu, M. V. Ramana, Joe Romm...
Le GIEC ne préconise pas l'emploi du nucléaire, ni d'une quelconque autre technique, et constate le potentiel de décarbonation considérablement supérieur des renouvelables.
L'adoption du nucléaire a de nombreuses implications hors du domaine de la science (exemple: acceptation du risque). La science éclaire certains pans de ce genre de décision mais ne tranche pas car ne peut seulement analyser nombre de critères pertinents. À qui prétend le contraire il suffit de demander les noms des scientifiques préconisant que la science doit gouverner la cité.
Une étude de l'UNECE (une agence de l'ONU collaborant avec une autre agence de l'ONU nommée IAEA qui gère et promeut le nucléaire) souvent citée intitulée "Carbon Neutrality in the UNECE Region: Integrated Life-cycle Assessment of Electricity Sources" attribue au nucléaire européen des émissions de 5,1g équivalent CO2/kWh, les valeurs retenues partout ailleurs pour les types de réacteurs utilisés en France étant comprises entre 10 et 15. Elle repose sur des données fournies par la "World Nuclear Association" (qui promeut le nucléaire) et en matière d'émissions ses auteurs citent des études de M. Lenzen ainsi que d'E. Warner et G. Heath, alors même que le premier retient "greenhouse gas intensities for LWR ((type de réacteur utilisé en France)) and HWR ((type émettant davantage)) of between 10 and 130 g CO2-e/kWhel, with an average of 65 g" et le second projette "9 to 110 g CO‐eq/kWh by 2050".
Les larges intervalles sont surtout causés par l'impact croissant de l'extraction (l'uranium facile à obtenir se raréfiant, il faut à mesure davantage polluer pour l'obtenir). L'«étude» de l'UNECE le précise (cf. "Box 6. Ore grad") en termes clairs ("a lowering ore grade may lead to tripling life-cycle GHG emissions by 2050 in case of a sustained growth of installed nuclear capacity") mais n'en tient pas compte et retient une valeur deux fois inférieure au plancher optimiste: 5,1 g eq CO2/kWh.
Electricity Maps attribue ces 5,1g à l'ensemble des réacteurs européens.
Une étude d'EDF prête au nucléaire des émissions inférieures à 4g équivalent CO2/kWh. Elle est qualifiée d'«interne», ce qui signifie qu'elle n'est pas publiée comme il se doit, donc pas soumise à la revue par les pairs et par conséquent pas scientifique.
Les déclarations d'intention portant sur sa qualité ne sont pas vérifiables car affirmer «nous avons appliqué la méthode et objectivement tenu compte de tout» n'équivaut pas à tout publier (données comprises) dans une revue à comité de lecture.
On peut supposer que cette opacité offre à EDF moyen de préserver du secret industriel (au temps pour qui la donne avant tout soucieuse de transparence), ou de dissimuler un mode de sélection des données façon cueillette de cerises, voire des biais plus indéfendables encore.
L'ADEME reprend, elle, une donnée publiée par le CEA portant non sur l'ensemble de l'uranium employé par le parc de réacteurs en place mais sur le seul uranium recyclé dit «MOx», lequel ne l'est qu'une seule fois, ne constitue qu'environ 12% des charges d'uranium des réacteurs en France, n'a jamais (où que ce soit) pu constituer plus de 50% d'une charge de réacteur industriel... Donc pour atteindre le niveau d'émissions vanté il faudra disposer d'un parc entièrement constitué d'EPR (conçus pour fonctionner avec une charge 100% MOx), dûment testés, admettre que le «gisement» de MOx les alimentera toujours donc déployer la coûteuse et complexe filière industrielle permettant de multiples recyclages, négliger l'augmentation de la radioactivité et radiotoxicité des déchets... Prévoir un délai.
Aucun de ces «menus détails» n'interdit à propagandistes et naïfs d'affirmer que le nucléaire français émet 3,7g eqCO2/kWh!
Une étude scientifique dûment publiée en 2021 portant sur un EPR au Royaume-Uni (donc dans un contexte différent, mais a priori pas de façon déterminante) lui attribue 17 à 25g.
Des astuces consistent ainsi à calculer les émissions d'un parc n'existant (au mieux) pas encore, ou celles relevées durant le seul fonctionnement normal d'un réacteur (donc en ignorant le plus gros de celles du cycle de vie: construction, obtention et traitement de l'uranium, déchets, démantèlement...), et plus habilement à picorer en sélectionnant pour chaque poste d'émissions le procédé le moins émetteur, même s'il ne peut être toujours employé.
Les émissions des renouvelables, elles, tiennent pour bonne part à l'électricité nécessaire à leur fabrication (aujourd'hui pour le plus gros en Chine, grâce à une électricité trop carbonée) donc diminuent partout à mesure que la décarbonation progresse (surtout grâce aux renouvelables).
En France durant l'année 2022:
63% de l'énergie finale a été obtenue en brûlant du combustible fossile
56 réacteurs nucléaires actifs (développant 61,4 GW) produisirent 17,8% de l'énergie finale (ils ont fourni 70,6% de l'électricité, qui constitue 25,3% de l'énergie finale)
Pour obtenir plus de 50% de l'énergie finale grâce au nucléaire il faudrait maintenir le parc existant et exploiter 77 nouveaux réacteurs EPR fiables.
Même en admettant possible de les construire selon délais et coûts réalistes (aucun chantier depuis les années 2000 n'est encourageant) nul n'espère plus disposer en France, l'un des leaders en la matière, de plus de 3 nouveaux réacteurs vers 2040.
Est-ce compatible avec l'urgence du dérèglement climatique et nos moyens limités, rendant préférable de mobiliser au plus vite les moyens les plus rapides et sûrs que sont aujourd'hui les renouvelables?
Chaque euro dépensé pour le nucléaire ne l'est pas pour ces moyens plus efficaces.
Les 416 réacteurs déployés dans le monde produisent aujourd'hui 9% de l'électricité, elle-même 20% de l'énergie finale, donc le nucléaire produit au mieux 2% de l'énergie primaire. Par conséquent il fournirait 10% de l'énergie si nous pouvions multiplier la puissance du parc par 5 donc bâtir environ 1500 nouveaux réacteurs et maintenir l'existant actif.
Espérer cela avant 2100 serait absurde, et le gros des réacteurs d'aujourd'hui aura alors plus d'un siècle d'activité.
De plus les gisements d'uranium exploitables pourraient alimenter le parc de 2017 durant au mieux 130 ans. Pour le prolonger il faut pouvoir exploiter des gisements d'uranium moins prometteurs donc tolérer augmentation des émissions et du coût, hors peu probable obtention d'un procédé d'obtention révolutionnaire ou découverte de très grand gisement accessible. Espérer une telle découverte est optimiste car la prospection intensive commença dès la fin de la deuxième guerre mondiale (quête de l'arme atomique), puis la rapide et forte augmentation du cours de l'uranium (une bulle) survenue autour de 2007 déclencha force investissements de prospection dont les résultats (15%) sont très insuffisants.
Les travaux menés depuis des décennies visant à obtenir de façon réaliste l'uranium présent dans l'eau de mer sont restés vains, comme ceux devant livrer un modèle de réacteur industriel libérant de la dépendance à l'uranium.
Par conséquent multiplier le parc par 5 ne lui laisserait qu'au mieux 40 ans de combustible certainement disponible dans les conditions du moment, donc serait un investissement dangereux.
Au plan stratégique si le nucléaire connaît une renaissance nous procurer de l'uranium alors en voie de rapide raréfaction pourrait devenir difficile car les superpuissances (Russie, Chine et US) auront volonté comme moyens de se le réserver et les efforts correspondants ont commencé. Le gros des nations en produisant (Australie, Canada, Kazakhstan, Ouzbékistan...) leur obéira immédiatement. En Namibie la Chine donne le la. Le Niger est instable, de plus en plus hostile à la France (Orano en a été chassée), et l'ampleur de nos actions militaires en Afrique, créant une dépendance, diminue vite tandis que l'influence de la Chine augmente.
En février 2026 le chancelier allemand F. Merz a reconnu que «L’ordre mondial n’existe plus, l’ère des grandes puissances s'ouvre.» et E. Macron appela une fois de plus l'Europe à devenir une puissance sur le plan géopolitique. Lorsque le couperet tombera les habituelles véhémentes protestations seront tout aussi efficaces.
Un parallèle parfois tenté avec le cas du pétrole, que les grandes puissances n'ont pas tenté de s'arroger, ne tient pas car il n'a jamais manqué, au point que le gros des producteurs réduit parfois les exportations afin de soutenir les cours (c'est le coeur des actions de l'OPEP). D'autre part cela déclencha de très fructueuses prospections (gaz et pétrole de schiste), tandis que les volumes d'uranium disponible sont connus et limités.
Vent et soleil, eux, ne peuvent être confisqués ou retenus par blocus ou embargo.
Le taux d'indépendance énergétique officiel rassurant de la France (61%) tient à l'astuce consistant à l'établir en fonction de l'énergie primaire, donc sans tenir compte des pertes durant production d'électricité. Comme dûment exposé dans l'officiel Bilan énergétique (page 45) il est en réalité de 16%.
La densité énergétique importe lorsqu'un combustible est nécessaire. Elle facilite transport, stockage..., mais ne réduit pas la dépendance au fournisseur. Même si tout l'uranium nécessaire tenait dans un dé à coudre nous continuerions à dépendre de la superpuissance dirigeant son fournisseur.
Acheter énormément d'uranium afin de constituer un stock suffisant à long terme (en France 40 ans de consommation du parc en nécessitent environ 340000 tonnes, donc environ 6 ans de production mondiale annuelle, en privant les autres nations) est impossible car, comme tout secteur stratégique alimenté par le secteur minier, il s'agit d'un marché à terme où les acteurs interdisent les à-coups.
Les réacteurs nucléaires à eau pressurisée (REP), qui constituent la quasi-totalité du parc nucléaire civil français, utilisent du lithium-7 (sous forme d’hydroxyde) pour réduire le pH de l'eau du circuit primaire de refroidissement, afin de combattre la corrosion et la formation de certains produits radioactifs.
Ce lithium a été produit par le centre nucléaire de Miramas jusqu'à l'an 2000, et est depuis importé de Russie ou de Chine. Ceci vaut aussi pour les USA.
La thèse selon laquelle le nucléaire doit être relancé en France implique qu'il a été ralenti ou stoppé, ce qui est très discutable car il a toujours été inconditionnellement soutenu par l'État.
D'autre part les errements de la filière ne doivent rien à une prétendue insuffisance des commandes de réacteurs.
Prétendre qu'une «relance» est nécessaire pose abusivement la filière en victime, immobilisée malgré elle. Même si le nucléaire était encore pertinent cette relance ne serait qu'un voile masquant mal une nouvelle tentative de réorganisation.
Un pan de l'apparente récente nouvelle renaissance du nucléaire (la précédente date des années 2000 et la catastrophe survenue à Fukushima l'interrompit) est un village Potemkine car certaines nations ne feignent de s'y intéresser que parce que des politiciens promettent (cela ne coûte guère) afin de recueillir les voix des membres de la puissante filière, ou de faire pression sur les fournisseurs de renouvelables qui, sinon, se jugeraient d'emblée seuls pertinents donc seraient moins avenants. Certaines nations usent de ces astuces depuis des décennies en périodiques annonces de projet nucléaire jamais suivies d'effet.
Il convient de ne considérer adhésion au nucléaire acquise qu'après lancement d'un chantier de nouveau réacteur.
D'autre part une renaissance lutterait contre elle-même car plus elle progresserait, plus l'uranium se raréfierait et plus le nombre de spécialistes expérimentés nécessaires augmenterait au-delà des capacités des filières de formation, ce qui augmenterait coûts et risques... et tout incident marquant enrayera la renaissance.
Fournir un réacteur électrogène est un moyen pour une nation de créer de la dépendance via dette et fournitures (uranium prêt à l'emploi, pièces détachées...), et la méfiance de pays potentiellement victimes de cela s'aiguise.
Le dynamisme apparent de la Chine en matière de nucléaire est tout relatif puisqu'elle déploie surtout des renouvelables.
Si cette renaissance avorte les débouchés à l'export pour nos réacteurs s'amoindriront encore, et même si elle progressait on peut douter de notre capacité à exporter avec profit notre savoir-faire en concurrençant des superpuissances dans un secteur stratégique (l'affaire des sous-marins australiens est révélatrice). La justification même d'une volonté d'exporter est fragile car les projets vendus depuis l'an 2000 (EPR en Finlande, Chine, Royaume-Uni...) causent perte massive d'argent public. Tandis que nous poursuivons à grands frais ces espoirs déclinants, bénéfices comme perspectives des entreprises vendant du renouvelable progressent (malgré le féroce dumping mené par la Chine).
Un réacteur à eau sous pression (REP), tel que ceux déployés en France, rend possible d'obtenir du plutonium de qualité militaire (riche en plutonium-239), il suffit de limiter la durée d'utilisation de l'uranium donc de le décharger tôt, après quelques semaines de fonctionnement.
Aucun équipement ou savoir-faire spécifique n'est nécessaire.
C'est la raison pour laquelle l'agence de l'ONU chargé de cela (IAEA) mène des inspections et déploie des instruments de mesure capables de détecter déchargement précoce.
N'importe quel possesseur de REP décidant de ne plus obéir à l'ONU peut grâce à lui obtenir du plutonium de qualité militaire.
Dans une centrale le combustible (uranium) usé, qui dégage de la chaleur résiduelle, est placé dans des piscine où des pompes électriques font en permanence circuler de l'eau afin de le refroidir. L'eau forme aussi bouclier contre les radiations.
Des groupes électrogènes doivent alimenter les pompes durant un arrêt d'alimentation en électricité.
En l'absence de refroidissement, le niveau d'eau baisse par évaporation, exposant progressivement le combustible. Le délai avant un accident (dénoyage et surchauffe) dépend de divers paramètres (âge du combustible, densité de stockage...) mais ne dépasse pas quelques jours. Tout cela fait l'objet d'études.
À Fukushima (2011), les piscines des réacteurs 3 et 4 ont frôlé le dénoyage complet en quelques jours, nécessitant un remplissage d'urgence par camions-citernes.
Après environ 60 ans d'électronucléaire aucun centre industriel de stockage à long terme des déchets nucléaires les plus dangereux («chauds à vie longue», tel que le combustible usé) n'est prêt. Onkalo (en Finlande), le projet le plus avancé, le sera en théorie en 2026.
Même la signalétique constitue un défi.
«Cigéo» (centre industriel de stockage géologique) est le projet français de centre d'enfouissement de déchets radioactifs.
Certains le donnent pour une solution déclarée sûre par les experts, parfois en arguant du cas d'un site naturel nommé «Oklo» abusivement donné pour un modèle garantissant l'adéquation de Cigéo. Aucun scientifique n'a prétendu cela car ce site fournit d'utiles informations mais ne fournit rien garantissant une quelconque sûreté.
En réalité les experts n'y voient que le meilleur mode de stockage à long terme possible, et ne jugent pas nul le risque induit par la sismotectonique (tremblements de terre causés par la tectonique des plaques, qui de surcroît pourraient gagner en fréquence et intensité), ainsi que par de potentielles intrusions.
Un courrier de l'ASN éclaire des doutes.
Un rapport de l'IAEA (agence de l'ONU chargée du nucléaire civil) rappelle qu'il est considéré impossible de prédire modalité comme probabilité d'une intrusion humaine: Internationally, it is understood that there is no reliable scientific basis for predicting the process or likelihood of inadvertent human intrusion.
En outre il est jugé nécessaire de ventiler des gaz explosifs de façon permanente pendant au moins 150 ans, de déterminer comment gérer un incendie dans le sous-sol...
Des voisins du site ne sont pas enchantés.
Négligeant tout cela des industriels incapables de prédire la date de livraison de leurs propres réacteurs et laissant parfois certains d'entre eux vomir des matières dangereuses prétendent être certains de ce qu'il adviendra dans ces dépôts durant les quelques centaines de milliers d'années à venir. Tout est prévu et maîtrisé pour les siècles des siècles.
Des incidents survenant dans des sites existants (par exemple à La Hague) rappellent que rien n'est parfait donc la supériorité à ce titre des renouvelables, qui n'induisent pas ce genre de risque.
Des parlementaires se satisfont de certitudes non étayées tandis que le budget enfle, ce qui n'est pas surprenant. Le Royaume-Uni, entre autres, connaît lui aussi ces affres.
La Cour des Comptes détaille depuis longtemps ses doutes quant à la transparence et adéquation du modèle de détermination des coûts du démantèlement.
Comme souvent en matière de nucléaire les plans semblent d'emblée au point puis, dans la réalité, tout se corse: dès que les démantèlements commencent délais et coûts explosent.
C'est le cas au Royaume-Uni, où de nombreux démantèlements sont en cours (UK’s nuclear sites costing taxpayers ‘astronomical sums’, say MPs, UK’s nuclear waste cleanup operation could cost £260bn, Sellafield cleanup cost rises to £136bn amid tensions with Treasury ...).
En France aucun réacteur industriel de puissance n'a été complètement démantelé. Trois REP sont en cours de démantèlement mais les informations quant au respect des délais et coûts manquent (sources bienvenues). Certains chantiers (Brennilis, Superphénix) ne sont guère encourageants, toutefois les futures dérives de démantèlements de réacteurs industriels seront vraisemblablement moindres car le gros du parc est constitué de réacteurs très similaires.
Un document publié par la CRE répond à certaines critiques.
La transition du système électrique de la France vers le nucléaire commença en 1963 et est terminée.
Dans d'autres nations les transitions vers des renouvelables commencèrent lors de l'avènement de leurs versions industrielles, vers 2005, le contexte les rend plus difficiles et elles sont en cours.
C'est pourquoi toute comparaison de leurs résultats, par exemple des émissions de gaz à effet de serre, doit reposer, plutôt que sur des instantanés (pour le moment en faveur de la France puisque sa transition est achevée), sur leurs progressions: vitesse, coûts, impacts...
Critique: Le nucléaire français est bien géré donc est et restera sûr.
Le résumé du feuilleton est connu:
(années 60) «Accident quasi impossible». Three Mile Island
(années 80) «Dégâts toujours faibles». Tchernobyl
(années 90) «Impossible avec réacteur occidental aux opérateurs compétents et sobres». Fukushima
(présent) «Nos soins attentifs rendent nos réacteurs parfaitement sûrs». Épisode en cours
L'accident survenu à Fukushima illustre le défi de la sûreté.
La France exploite beaucoup de nucléaire depuis des décennies et n'a connu que deux accidents (à Saint-Laurent-des-Eaux, en 1969 puis en 1980) sans lourde conséquence, toutefois en conclure que le risque est négligeable n'a pas de sens parce que les raisons de ce bilan ne sont pas entièrement dépendantes des pratiques, comme illustré en matière de guerre nucléaire par l'argument de la chance.
Critique: Tous les pays du monde qui ont développé massivement les renouvelables intermittentes (éolien et solaire) ont un point commun, de la Chine à l'Allemagne en passant par la Norvège ou l'Espagne : ils produisent principalement leur électricité avec des centrales à gaz, charbon ou fuel, ou avec l’hydraulique de barrage, qui sont facilement modulables
La transition reposant sur une forte part d'intermittentes est en cours, et les nations qui la mènent progressent (la quantité de combustible fossile y décroît): Chine, Allemagne, Espagne...
Constater que ce qui est en cours et progresse n'est pas terminé (ce qui est vrai) et en conclure que cela ne le sera jamais, sans autre argument, est une insulte à l'intelligence.
Ni Rome, ni le nucléaire français, ni aucune transition énergétique, ne se sont faits en un jour.
Critique: Les centrales à charbon dispersent jusqu'à 100 fois plus de radioactivité dans l’environnement.
L'argument est faible car ne vaut pas pour les centrales à charbon équipées (d'emblée ou par rénovation) de filtres et de désulfuration donc que l'industrie du charbon sait l'invalider, que la comparaison porte sur la seule exploitation normale donc néglige qu'un accident nucléaire ou déchet baladeur épand considérablement plus de radionucléides (c'est difficile à invalider car déjà fait: Tchernobyl, Fukushima...), et surtout que le charbon est partout en cours d'abandon donc que la comparaison éclaire un choix («nucléaire ou charbon?») inexistant donc n'étaye par la pertinence du nucléaire pour le futur, face aux renouvelables.
Critique: Une taxe prélevée sur les factures d'électricité bénéficie aux renouvelables.
Il en va de cela comme pour le nucléaire de tous temps, comme exposé au début du présent document.
Cette taxe, apparue en 2007, n'a pas augmenté depuis 2016.
Critique: Une taxe (appelée «TURPE») paie le raccordement au réseau électrique des parcs éoliens maritimes.
Selon RTE (page 153): «Ces montants ne constituent toutefois pas un surcoût pour le consommateur mais un transfert du budget de l’État (ancien cadre) vers le TURPE».
En résumé ce que le contribuable payait avec le nucléaire est à présent à la charge du consommateur, et c'est heureux.
Critique: les subventions aux renouvelables ne sont pas utiles/justifiées.
Elles compensent une faible part des aides et avantages concédés au nucléaire, comme exposé au début de ce document. De plus elles rapportent parfois à l'État, comme établi par la CRE (délibération de juillet 2024, page 4), et ceci vaut en Europe.
Critique: une arbitraire priorité d'accès au réseau électrique est accordée aux renouvelables, cela réduit la production du nucléaire
Cette obligation est une légende.
Critique: importer éoliennes et cellules photovoltaïques nous rend dépendants
Moins que s'il s'agissait de combustible, tel que l'uranium, puisque nous avons déjà produit les équipements nécessaires au solaire et à l'éolien, voulons et pouvons restaurer cette capacité, et au pis il nous est plus facile de maintenir en état ces équipements acquis que d'inventer une mine d'uranium adéquate sur le sol national afin de maintenir un réacteur actif.
Critique: les moyens consacrés au déploiement des renouvelables en France sont très supérieurs à ce que l'opinion publique justifie.
Non, selon l'IFOP et Engie.
Critique: les spécialistes de l'IA et des centres de calcul/données privilégient le nucléaire
Non, et leurs actions sont révélatrices:
NVIDIA veut être et est «100% énergie renouvelable»,
Alphabet (maison-mère de Google) achète Intersect,
La proposition d'OpenAI au département de l'énergie US traite de solaire et de SMR (existant: 0) et sur le plan des applications traite de renouvelables et du futur nucléaire exclusivement militaire,
Microsoft s'aventure (startup) en d'hypothétiques futurs SMRs mais sur le terrain investit massivement en renouvelables,
Même Mistral, entreprise française, préfère au nucléaire français le 100% renouvelable de l'EcoDataCenter suédois.
Critique: Il y a très peu de risque que la France soit confrontée à un risque de pénurie d’électricité, que ce soit en puissance de pointe ou en cumul annuel, à l’horizon des 10 à 12 ans qui nous séparent de l’arrivée en production du nouveau nucléaire
C'est défendable mais néglige que, toutes choses égales par ailleurs, produire de l'électricité réduit son prix, donc dynamise l'électrification d'usages nécessaire à la décarbonation.
Critique: Seule la France peine à déployer du nucléaire, donc ce n'est pas un défi intrinsèque.
Les USA peinent énormément, les plus récents projets (Vogtle, V. C. Summer sont des échecs), au point de n'avoir aucun chantier en cours.
La Corée du Sud n'est pas plus convaincante car le cas tarte-à-la-crème de la centrale de Barakah est un contre-exemple: livrée avec 3 ans de retard, sous-vendue car à l'époque le gouvernement coréen ne voulait plus du nucléaire donc KEPCO (constructeur) jouait sa survie et manoeuvra de façon dangereuse. Pour autant son coût réel atteindrait 32 milliards de dollars US, et un sous-traitant appartenant à KEPCO intente procès à cette dernière et réclame 1,1 milliards de dollars US de dommages-intérêts.
Quant à la Chine... nul ne connaît le coût réel de son nucléaire ou la nécessité de le déployer sur le plan militaire, et elle mise quasi tout sur les renouvelables.
Justifier l'existence de petits réacteurs de laboratoire produisant d'utiles isotopes (médecine nucléaire...) ou de la R&D portant sur la fusion nucléaire (qui pourrait mener à des réacteurs sans défaut majeur) est facile.
Pour autant les renouvelables industriels rendent obsolètes les modèles existants ou annoncés de réacteurs électrogènes.