La pêche au Bar

À partir de la causerie d’Isidore TIRILLY, à Arradon le jeudi 9 février 2006 (conférence BOULINE).

Fait par Jack Le Cunff -Arradon –avril 2011, avec la complicité de René Ménager pour les croquis.

Actualisations « ponctuelles » JC Briens -Septembre 2019.


Le dicentrarchus labrax, dit bar, un poisson emblématique !

Le bar, appelé aussi loup ou perche de mer, appartient à la famille des serranidés. Présent le long des côtes européennes, c’est un poisson bien connu des pêcheurs du bord de mer. Longtemps pêché presque exclusivement par les pêcheurs amateurs il est aujourd’hui très recherché par les professionnels au point qu’il fait partie des espèces menacées.

Un corps élancé, de forme allongée, terminé par une nageoire caudale puissante, le bar est taillé pour une nage rapide. Habitué des eaux saumâtres, il fréquente aussi les eaux superficielles agitées mais ne dédaigne pas de vivre sur les fonds. On le rencontre caché sous les algues, laminaires, dans les zones ostréicoles, dans les estuaires ; il n’hésite pas, parfois, à remonter des portions de cours d’eau.

Au pied des côtes sauvages, il se tient dans des failles.

Il vit solitaire ou en bancs de quelques individus.

C’est un carnassier redoutable, qui vit et chasse le plus souvent en bancs. Il se nourrit de sardines, d’anchois, dont il suit les migrations en Atlantique, de petits mulets, de lisette, de calmars, de seiches, de crabes, de crevettes et de crustacés de toute nature.

Le bar avale ses proies, information très importante pour la technique de pêche à mettre en oeuvre.

Pouvant vivre plus de vingt ans, il atteint alors près d’un mètre de longueur et pèse de dix à douze kilos.

Il fraie, suivant les zones où il vit, de janvier à avril. Une ponte peut compter entre 500000 et 2000000 d’oeufs. Ces oeufs sont pélagiques, après 4 à 7 jours ils donneront naissance à des larves très voraces à croissance rapide. L’automne venu, jeunes et adultes quittent généralement les abords des côtes pour rejoindre les fonds.

Le bar est une espèce qui s’élève très bien en captivité, notamment en Méditerranée.

La surpêche opérée depuis la fin des années 1990 sur cette espèce, lorsqu'elle se regroupe pour se reproduire, a des conséquences dramatiques sur la ressource /scandale économique et écologique.

L’espèce est actuellement en danger .Des mesures de protection draconiennes ont été prises en Manche tant vis à vis de la pêche professionnelle que de la pêche de loisir.Nous pouvons être très inquiets pour l'avenir de l'espèce en Atlantique-Golfe de Gascogne...au vu notamment des prélèvements démesurés réalisés par la pêche professionnelle en période de reproduction.

Vous devez remettre à l’eau tous les bars dont la taille est inférieure aux 42 centimètres réglementaires et ne pas pêcher le bar entre le 1er Janvier et le 15 avril. ; un bar de plus de 42 centimètres s'est reproduit au moins une fois.

Alors, n’hésitez pas, laissez les géniteurs grandir !

Je me permets de reprendre les propos de Stéphan BEAUCHER (défenseur bien connu de l'espèce) au sujet de la surpêche : « La pêche en mer est née de la crise de la pêche en eau douce il y a une dizaine de siècles. À cette époque, déjà, l’augmentation de la demande et la dégradation des habitats avaient lancé un processus de désertification des lacs et rivières. Depuis lors le progrès technique, la surcapitalisation et plus récemment la mondialisation du marché des produits de la mer ont amené les stocks mondiaux de poissons au bord du gouffre11. Or la mer est bien un de nos garde-manger et elle doit le rester, les terres cultivables ne sont pas extensibles à l’infini… Trop longtemps, la pêche a été considérée comme une activité de production avec des quantités à livrer sur un marché, alors qu’il s’agit d’une activité de cueillette dans laquelle on ne devrait prélever que l’excédent de production du milieu marin. Le vieux dicton qui dit que « la pêche, c’est prélever dans les intérêts sans toucher au capital », a depuis longtemps été jeté aux oubliettes… »

Dans ce qui suit, nous allons nous intéresser aux différentes pêches pratiquées dans notre région, la technique dit du « surfcasting » ne sera pas abordée ici.

La pêche au vif.

Les appâts.

Comme son nom l’indique elle se pratique à l’aide d’un appât vivant. Cet appât doit tenir le plus longtemps possible et bien entendu appartenir au milieu où l’on pêche, citons :

  • Les corlasos, très résistants, ayant un espérance de vie d’environ deux ans,ils se conservent bien en vivier. Leur capture se fait très facilement au casier. La partie cartilagineuse au-dessus de leur lèvre supérieure est très résistante et permet une accroche de bonne tenue.
  • Les éperlans, un an d’espérance de vie, sont plus fragiles mais ont l’avantage de se pêcher à la balance ou à la « mitraillette » en bout de cale, à Arradon par exemple…c’est interdit mais…L’accrochage se fait par les deux mâchoires, vous pouvez en mettre deux sur le même hameçon.
  • Les lançons, excellent appât à condition de les trouver ! Résistants, ils se montent en passant l’hameçon à travers leurs yeux (âmes sensibles s'abstenir), leur crâne épais autorise une excellente tenue.
  • Le fin du fin, les gobies à condition de se donner la peine de les chercher. Les accrocher par la gueule.
  • Petite seiche, crabe mou sont aussi efficaces, le seul problème étant de s’en procurer.

Le montage de la ligne.

  • Le fil : prendre de préférence du nylon cristal ou de la tresse, 35 à 45/100éme.
  • Un bas de ligne d’une longueur d’environ 1,50m après le plomb ou le « pater-noster », voir montages.
  • L’hameçon : droit de 40 ou renversé (octopus), en inox ou avec revêtement étamé, plus piquant. Une seule règle il doit bien piquer et bien tenir.


Montages.

Dans le golfe cette pêche est très pratiquée et s’effectue à la dérive, respectez la réglementation en vigueur !


La pêche au leurre à la dérive.

Elle se pratique comme la pêche au vif, le dit vif étant remplacé par un leurre. Comme leurre vous pouvez utiliser un ver en « plastique » ou des petits poissons souples, le cas échéant une cuillère type « Yann » que vous ferez tapoter sur le fond, sableux de préférence.

La pêche au leurre à la canne.

La canne : 2,40m environ, rapide et progressive, pas plus de deux brins. Faîtes vous conseiller lors de votre achat.

Le moulinet : 350g, bobine longue pour favoriser un bon enroulement.

Le fil : Du monobrin de 22 ou 25 centièmes ou de la tresse de 13/14 centièmes.

Les leurres.

  • Les leurres de surface.
  • Plongeant, à bavette par exemple.
  • Les leurres de fond, dans ce cas remplacer les tridents par un ou des hameçons simples, les fonds du Golfe sont encombrés.

Un truc, prendre des leurres ayant une couleur foncée sur le ventre !

La pêche en surface consiste à attirer l’attention de la proie, qui souvent est au fond, d’aguicher sa « curiosité », de la faire monter et de s’en emparer…

Un savoir-faire est indispensable ! Comme dit Isidore, c’est la situation du petit chat devant un bouchon au bout d’un fil.

  • « On agite le fil, le chat, curieux, vient voir et craque. Il joue. On arrête, d’un coup de patte il fait valser le bouchon… »
  • Le bar agit de la même façon, il suit votre leurre, voyez les ronds derrière… vous pouvez même voir son dos.
  • Relâchez la tension, le leurre stoppe, se met en oblique, le bar intrigué bondit sur lui … à vous de jouer ! ! !
  • Raté ! Reprenez vous…


La pêche au poisson mort manié.

Il s’agit de faire croire à votre future proie que l’appât est vivant, du grand art ! ! !

Succès assuré.

Un conseil, avant de vous lancer, trouvez un moniteur…, un bon !


La pêche aux appâts.

Notre bonne vieille technique du bouchon que d’aucuns remplacent par une bulle d’eau. Beaucoup de pêcheurs la pratiquent du rivage ; allez à la pointe d’Arradon il y a, en permanence, des inconditionnels de cette technique qui y mouillent du fil.

Le matériel est analogue au précédent, la canne sera toutefois plus longue 3m à 3,50m et comme appât on choisira de préférence des crevettes ou des vers :

arénicoles, néréis…


Le bar à la mouche.

Le Nirvana des puristes, pas vrai Pierrot ?

Sur Internet il y a d'excellents sites, consultez les.


Le bar à la traîne…

Cette pêche peut s’effectuer à la canne, à la main et au vif.

Lire les merveilleux livres de l'Arradonnais (décédé) François BOULLET.

À la canne.

Elle exige une canne souple du scion et solide au talon, pas de plomb, leurre à bavette. C’est une pêche de surface permettant la prise de poisson de taille limitée.

La traîne à main ou traîne traditionnelle.

Contrairement à ce que l’on pense c’est une pêche aussi « fine » que les autres et qui, en outre, permet d’aller chercher le gros.

Le plomb permet d’identifier la nature et le profil des fonds, comme elle se pratique en mouvement elle permet de « peigner »votre zone d’activité.

Le montage est classique et bien connu des amateurs, n’hésitez pas à questionner un ancien il aura sûrement quelques trucs à vous apprendre…

Le corps de ligne sera du monobrin de 110 ou de la tresse, qui ne s’allonge pas si possible, polyamide et dacron à éviter ; en enrouler 50 à 60 mètres sur le pivoir.

Le plomb. Petit fond petit plomb; pour le Golfe par exemple un plomb de 200/300g suffira. Plus les fonds augmentent plus le poids du plomb sera important, attention au corps de ligne… En Mor Braz, 500g, 1kg, voire plus.

  • Enfilez le plomb sur une boucle, c’est simple, fiable et permet un changement sans aucune difficulté.
  • Prévoyez environ une brasse, 1,5m, entre le « pater-noster » et le plomb, utilisez un cassant ou de la tresse du corps de ligne.
  • Prévoyez deux lignes, ça ne prend pas beaucoup de place et ça évite les bricolages.

Le bas de ligne. Le montage le plus efficace est le montage en queue de rat avec le fil le plus en fin en dernier.

  • Première partie,15 à 10 mètres de 80/100, relié à l’ « anneau Isidore » de préférence à un pater-noster.
  • Deuxième partie, reliée à la première par un double émerillon.15/10 mètres de 65/100.
  • Dernière partie, 5/7 mètres, reliée à la deuxième par un double émerillon, puis le leurre.

L’émerillon double, voir photo, prévient des vrillages de la ligne.

Chacun a ses habitudes et réagit en fonction de son lieu de pêche, s’il est encombré on traînera moins long.

Sur Arradon il est fréquent de voir des bas de ligne ne dépassant pas 15 à 20 mètres, à chacun de s’adapter…

Le leurre. Le bon vieux leurre en caoutchouc naturel avec un hameçon 40 est très efficace pour qui sait le mener.

La couleur ? Souvenez vous que les poissons voient très mal, le bar aussi. D’aucuns préconisent le rouge jusqu’au lever du soleil puis le blanc jusqu’au coucher et ensuite le rouge, à vous d’essayer. Le leurre doit être de bonne taille, 20/25cm hors tout.


Les montages , classiques et bien connus


Les limites de la traîne à main.

  • Dans le Golfe, les fonds sont très encombrés et les croches peuvent être fréquentes.
  • De nombreuses algues tapissent les fonds ou dérivent, mettez vous en action pêche une heure avant l’étale de basse mer.


La traîne au vif.

Il suffit de remplacer le leurre par un vif qui « travaille bien » et qui tient le coup, éviter le corlaso qui meurt rapidement et fait vriller les lignes.

« Traîner au vif avec une anguille morte…c’est excellent » !

À propos, my dear Sir, « comment fait-on pour tuer une anguille ? »,

Élémentaire, dear Watson, « il suffit de lui mordre la queue ! ! ! »



Les recettes de Tante Christiane : Bar à la vapeur de verveine

Pour 4 personnes.

Préparation : 30 minutes – cuisson : 8 minutes

1 bar d’un kilo et demi, 2 grosses poignées de verveine, 1 litre de moule (pour le jus), 1 tête d'ail, 1 blanc de poireau, 150 g de céleri rave, 1 courgette, 1 dl de crème fraîche liquide, 1 tomate, 2 échalotes, 1 citron. Persil, cerfeuil, huile d'olive, sel, poivre


Laver la tomate, la couper en 2, l'épépiner puis la tailler en petits dés. Laver et essuyez la courgette. Couper la en longueur puis en dés. Presser le jus du citron,couper le en dés. Éplucher et couper le céleri rave en petits dés, arroser de jus de citron. Mélanger tous les légumes, ajouter le jus de citron restant et 2 cuillères à soupe d'huile d'olive. Saler, poivrer, réserver.

Laver, brosser les moules, les mettre dans une casserole avec un peu d'eau, la tête d'ail coupée en 2, les échalotes et le blanc de poireau lavés, épluchés et coupés en lanières. Ajouter le cerfeuil et le persil.

Couvrir la casserole et mettre à feu vif jusqu'à ce que les moules s'ouvrent.

Égoutter, filtrer le jus de cuisson, saler, poivrer. Mettre à feu doux dans une petite casserole.

Placer la verveine dans le panier vapeur, placer les tronçons de bar, couvrir.

Laisser cuire à la vapeur 5 mn environ.

Répartir les petits légumes en dés dans les assiettes. Déposer une darne par dessus. Incorporer la crème liquide au jus de moule et émulsionner au mixeur. En napper le poisson. Servir.

Christiane Guarc'h





Les astuces d'Isodore





Deux émerillons reliéspar un anneau brisé évitent les vrillages des bas de ligne.

De préférence monter inox/inox




Cet anneau brisé supportant trois émerillons remplace très avantageusement tout pater, même noster…

Les émerillons travaillent toujours dans l’axe du corps de ligne, du bas de ligne et du lien avec le plomb.




Un leurre plombé, peut être utilisé à la traîne à main à condition de le lester au minimum, 1g par exemple.