Le travail de Mélanie Abellan s’intéresse aux cosmogonies et invente de nouveaux récits. Dans un monde en pleine mutation, confronté à la sixième extinction de masse, au bouleversement climatique et à la montée des eaux, les œuvres de l’artiste imaginent la disparition des corps et leur réincarnation, pour mieux souligner leurs liens intrinsèques avec leur environnement naturel.
L'artiste s’intéresse à la perception que nous avons de notre planète, aux rapports d’échelles qui s’établissent entre nos corps et le vaste monde, à notre interdépendance. Elle cherche à saisir les ramifications du vivant et le pouls battant de la vie qui vibre dans le moindre organisme.
Initiée à la culture chinoise et à la peinture Shanshui, elle utilise la technique du monotype à l’encre de Chine comme point de départ de ses œuvres, laissant surgir des paysages oniriques. Elle aime faire appel au motif de la dendrite que l’on retrouve aussi bien dans les minéraux, que dans les végétaux et l’anatomie. Il symbolise à ses yeux, l’essence de la vie. Influencée par sa formation textile, elle vient parfois broder certaines parties de ses toiles, pour réparer, renforcer et animer un espace ou un corps.
Son processus créatif implique une succession de couches à la peinture acrylique qui viennent partiellement recouvrir la surface de la toile imprimée à l'encre de chine, créant une sorte de palimpseste du paysage. La naissance d’une œuvre est à chaque fois un échange entre l’eau, l’encre et l'artiste. Le hasard, cher aux surréalistes, y a toute sa part.
À travers son travail, Mélanie Abellan cherche à susciter une réflexion sur notre perception et notre rapport au monde, en invitant le spectateur à un voyage introspectif et émotionnel. Elle cherche à réveiller en lui l’émerveillement et la fascination face à ce miracle d’équilibre et de poésie qu’est la vie.