Nezû est évoquée à plusieurs reprises dans l'histoire. Néanmoins, d'une culture à l'autre son nom semble varier, par erreur de compréhension ou copie approximative de celui-ci. Cette disparité valut à ces noms d'être compris comme des lieux mythologiques ou légendaires, ou simplement des mystères absolus. Il fallut attendre les travaux d'Aidan MacCay en 1972 pour que le lien soit fait entre ces noms curieux et celui de Nezû.
La pierre runique de Torsande
Les anciens scandinaves semblaient être au courant de l'existence de Nezû, qu'ils nommaient Netsu. Deux traces en attestent. La plus ancienne est la pierre runique de Torsande en Norvège. Celle-ci est gravée de l'inscription suivante :
:ᛏᛟᚱᛖ.ᛟᚷ.ᛁᚾᚷᚨ.ᚱᛖᛁᛋᛏᛖ.ᛞᛖᚾᚾᛖ.ᛋᛏᛖᛁᚾᛖᚾ.ᛏᛁᛚ.ᛞᛖᚱᛖᛋ.ᚠᚨᚱ.ᚺᚨᛚᚠᛞᚨᚾ.ᚱᛖᛁᛋᛖᚾᛞᛖ:ᚺᚨᚾ.ᛒᛚᛁ.ᛏᛁᛚ.ᚷᚱᛟᚾᛚᚨᚾᛞ.ᛟᚷ.ᛏᛟᚲ.ᛗᚨᚾᚷᛖ.ᚷᚨᚹᛖᚱ.ᚠᚱᚨ.ᚾᛖᛏᛋᚢ:ᚾᛟ.ᚱᛖᛁᛋᛖᚱ.ᚺᚨᚾ.ᛏᛁᛚ.ᚹᚨᛚᚺᚨᛚ:
"Tore og Inga reiste denne steinen til deres far Halvdan Reisende. Han bli til Grønland og tok mange gaver fra Netsu. Nå reiser han til Valhöll."
"Tore et Inga ont dressé cette pierre pour leur père Halvdan Reisende. Il voyagea au Groenland et ramena de nombreux présents de Netsu. Maintenant voyage-t-il au Valhalla"
La Saga d'Anumundr le Bleu
En 821 après Jésus Christ est écrite la Saga d'Anumundr le Bleu (Anumundrbláa Saga), en Islande. Celle-ci contient un passage des plus intéressants, relatant l'arrivée d'Anumundr à Nezû. Celui-ci semble fasciné par la sagesse du peuple Nezuan, et souhaite en acquérir une partie. Mais les Nezuans apprennent par le biais d'une "voyante" les actions d'Anumundr à Helsinborg et refusent de partager leurs connaissances. En effet, cette Saga retrace le voyage du jarl Anumundr le Bleu qui, après avoir massacré sa propre famille à Helsinborg est forcé à l'exil avec ses hommes. Voici ce que dit la Saga au sujet de Nezû :
"[…] og Anumundr fór til Netsu. Þetta var sanngjarnt land, með mörgum trjám og borgum almáttugur. Fólkið í Netsu var lært mikið og Anumundr vildi læra visku hans. En þeir höfðu norn að horfa á fortíðina, og hún sá hvað Anumundr gerði í Helsinborg, og þeir myndu ekki gefa honum visku. Anumundr var þreyttur, en hann varð eins og Netsu fólk bauð honum og mönnum sínum að fagna. Daginn eftir komu þeir aftur til skipa sinna og yfirgáfu eyjuna."
"[...] et Anumundr se rendit à Netsu. C'était une terre accueillante, couverte d'arbres et de cités puissantes. Les gens de Netsu étaient bien sages, et Anumundr voulait apprendre leurs savoirs. Mais ils obtinrent d'une voyante de lire son passé, et celle-ci put voir ce qu'Anumundr avait fait à Helsinborg, et le peuple de Netsu refusa de partager sa sagesse. Anumundr s'en irrita, mais les braves gens de Netsu l'invitèrent lui et ses hommes à festoyer. Ils acceptèrent, et quand vint le matin, retournèrent à leurs navires et quittèrent l'île."
Dubrocq et l'Isle du Naseau
En 1602, le capitaine Emile Dubrocq entame une longue traversée de l'océan Atlantique. Il voudra faire une halte par Nezû, qu'il nomme "Isle du Naseau", mais, comme il l'expliquera plus tard dans une lettre à son ami Jehan Filavel, sa halte est vite abrégée :
" [...] comme vous me l'aviez conseillé, je me suis rendu à l'Isle dite « du Naseau », dont vous m'aviez conté moult beautés et richesses. Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris que l'Isle eût été engloutie de moitié ! Du reste, il n'y avait nulle âme qui vive, sinon moult locustes qui dévoraient les plantations et nous causèrent bien du tort à mes hommes et à moi-même. Nous fûmes capables de trouver quelque objet ancien à la valeur sans doute grande et de brillants joyaux que nous revendrons chèrement. Les hommes n'aiment guère l'endroit, qu'ils disent maudit et habité par de sournois phantasmes et esprits. Nombre matelots sont tombés affligés et malades, l'un y trouva même la mort. Nous avons quitté l'isle sans plus attendre et vous conseillons de n'y jamais remettre les pieds. Vous retrouverez ci-joint la carte que vous m'aviez confiée et remarquerez par mes annotations les changements géographiques de l'endroit, causés par j'ignore quelle catastrophe saugrenue.
En espérant, mon loyal ami, vous revoir au port de Saint-Pierre.
Salutations."
Ce document est d'une grande importance. En effet, l'évocation de "moult locustes" et des matelots "tombés affligés et malades" laisse envisager l'apparition d'une peste de criquets de grande envergure associée à une épidémie, qui expliquerait le déclin brutal de la civilisation Nezuanne. La partie décrite comme engloutie est désignée par les annotations de Dubrocq comme la région marécageuse au nord d'Agaal. Partie la plus basse de l'île, son passage temporaire sous le niveau de la mer suite à un incident sismique est compréhensible.
La carte de Filavel, annotée par Dubrocq : une zone délimitée au nord de l'île est accompagnée des mots "Cette partie est dedans la mer cejourd'hui".
Ye Book of Ye Spirits and Higher Beings of Old
Ce dernier document est sans doute le plus mystérieux d'entre tous. Difficile à dater, sinon de la fin du moyen-âge, c'est un large recueil ésotérique de sortilèges et d'invocations, écrit par un auteur inconnu, retrouvé dans les banlieues de Londres en 1804 par un marchand de curiosités qui entreprends de réécrire entièrement le corpus afin d'en lancer l'impression de plusieurs exemplaires. Le chapitre 7 évoque "The Spirits of N'zuh" dont les noms peuvent être rapprochés de ceux trouvés par MacCay lors de ses recherches sur la mythologie Nezuanne. Si leur description semble coïncider malgré quelques maladroitesses d’interprétation de la part de l'auteur (qui, à en croire ses mots, recopie les dires d'un voyageur nommé Dagath Kan-Aggar) , les sceaux qui les accompagnent, censés servir à "invoquer les esprits de N'zuh", semblent contenir des lettres latines. On peut donc questionner la légitimité de ces symboles, semblant plus découler de la tradition sigilique que de la tradition Nezuanne.