SARAH : Qu’est-ce qui vient de se passer ?
PAUL : Je ne sais pas…
BALZAC : Mais que… Oh !
Alors que Paul et Sarah reprennent leurs esprits, Balzac se précipite dans l’auberge, ayant reconnu les deux individus.
SARAH : Il s’échappe ! Entrons, c’est là qu’il devait retrouver son ami !
Ils s’élancent alors à sa suite, ignorant les appels de la patronne du lieu. Une porte se ferme précipitamment à leur entrée. Les deux créanciers l’ouvrent à la volée. Le spectacle qui les attend est saisissant. Dans la petite chambre, recouverte de dessins et de peintures, un homme se meurt.
Balzac est agenouillé au chevet de l’homme affaibli, dont les cheveux roux dépassent du bonnet de nuit. En les voyant approcher, il se lève.
BALZAC : Mes chers amis, je sais que vous êtes après moi pour mes dettes. Mais s’il vous plaît, pourriez-vous avoir la décence de dire au revoir à mon ami Vincent, qui se meurt, en paix ?
Les deux créanciers, quelque peu dubitatifs, sortent de la chambre. De longues minutes passent, pendant lesquelles les voix des deux hommes résonnent en fond sonore.
SARAH : Tout de même, cela commence à être long.
PAUL : Jetons un œil, pour voir où ils en sont.
Alors que Paul et Sarah entrouvrent la porte pour voir la scène, une surprise les attend : Balzac n’y est pas ! Ils se précipitent alors dans la pièce.
PAUL : Quoi ? Mais comment ?
SARAH : Il n’a pas pu disparaître, tout de même ! Il n’y a pas de fenêtre !
VG : Calmez-vous… Je me meurs, mais je peux vous expliquer.
La voix de l’homme est faible, ce qui pousse les créanciers à baisser le ton.
PAUL : Vous l’avez caché quelque part ? Où est-il ?
VG : Il est allé faire un petit saut dans le futur, après que je lui ai raconté ce que j’avais vu.
SARAH : Comment ça ?
VG : Voyez-vous, j’aime beaucoup Montmartre. J’ai décidé de m’y rendre afin de voir ce lieu une dernière fois avant de mourir. J’ai été tellement surpris par ce que j’avais vu ! Tous les touristes, certes nombreux en temps normal, étaient habillés de la même façon, reproduisaient la même pose, prenaient la même photo ! Je ne sais pas ce qu’il s’y est passé, mais quelque chose a eu lieu en 2023. Peut-être une peinture ?
PAUL : 2023 ? Mais de quoi nous parlez-vous ?
VG : Vous n’avez qu’à vous y rendre par vous-mêmes. La machine est sur mon bureau.
SARAH : Qu’est-ce que cet engin ?
VG : Appuyez sur le bouton central. Elle fonctionne un peu comme une radio.
SARAH & PAUL : Une quoi ?
Alors que les trois personnages discutent, Sarah touche le bouton par maladresse. De nouveau, un flash lumineux envahit l’espace. La dernière image qu’aperçoivent les créanciers, c’est celle de l’homme toussotant, saisissant au pied de son lit un chevalet et un pinceau.
Crédits photos : Musée d'Orsay - Paris