16/08 (1, 5 miles)
Le vent a soufflé fort toute la nuit et a encore de beaux restes ce matin.
Heureusement l'étape prévue aujourd'hui est très courte, vent arrière et abritée.
L'étude attentive de Google Earth et de la carte nous laisse penser qu'un accès assez facile à une vue sur l'inlandsis doit être possible en partant du fond d'une petite baie située 1 mile à l'ouest de notre bivouac d'hier.
Celle-ci est fermée par un goulet assez court pour pouvoir être franchi contre vent et courant (eh oui, mystérieusement le vent a tourné pour être de face...)
Nous découvrons au fond de la crique un groupe de kayakistes en train de plier le camp. Leur guide, espagnol, francophone très sympa nous confirme la possibilité d'accéder à la calotte.
C'est fou la quantité d'espagnols au Groenland! Le guide rencontré nous explique que sa compagnie est basée à Qassiarsuq et qu'ils ont par ci par là des sites de campement ravitaillés par bateaux à moteur. Leurs clients ne pagaient donc qu'avec leurs affaires de la journée et toute l'intendance est assurée par ailleurs.
En bon garçon de la campagne, Fred, sitôt posé le pied à terre, s'exclame : « Des petits pois! »
Il y en a à profusion et tout le monde s'y met.
Au menu ce midi, purée/petits pois: un délice inattendu!
C'est ainsi que nous baptiserons l'endroit « la baie aux petits pois »...
Détail important : il y a un ruisseau ici aussi.
Repus, nous commençons par remonter une étroite gorge jusqu'à un plateau.
Ici, il faut tourner à droite jusqu'à surplomber ce lac
que l'on contourne par la droite jusqu'à un 2ème lac
qu'on laisse à droite et enfin en 1h30 environ on arrive en vue de l'inlandsis.
Nous avalons quelques sucreries à l'abri du vent.
Ça décoiffe!
Si nous voulons aller demain dans le fjord en contrebas (juste dans l'axe du soleil se trouve l'endroit où nous aimerions aller)
il va falloir que le temps change car la mer est balayée par des vents puissants issus de la calotte et il serait illusoire de remonter les 5 miles du fjord contre eux.
Nous sommes cependant confiants car nous commençons à comprendre la météo du Groenland : rien ne sert de réfléchir, ou de vouloir anticiper. Le temps change à une vitesse surprenante. Le baromètre n'a un intérêt que décoratif. Il faut s'adapter au jour le jour et même à l'heure, l'heure.
Il ne doit pas faire bon se balader ici en hiver.
Nous regagnons tranquillement notre camp.