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Sortie culturelle Bruniquel-Puycelsi


I

Le village de Bruniquel (Tarn-et-Garonne)

Le 12 octobre 2024, M. Poussou qui sera notre guide pour la journée nous accueille à l’extrémité ouest d’un ancien sentier boisé conduisant au château. Après l’évocation d’un peuplement ancien dont la grotte de Bruniquel porte témoignage, avec – 176 000 ans, le groupe progresse parmi broussailles et rochers vers un oratoire dédiée à la Vierge qu’envahit petit à petit une végétation non contrôlée. Le point culminant de la crête offre sur la vallée de l’Aveyron une vue impressionnante ; un peu plus loin une citerne recueille de l’eau qui alimenta un lavoir à proximité des jardins.

Le château vieux se profile au bout du sentier où se trouvait le pont-levis. L’enceinte du XIIe, encore en place par segments, écrêtée à la Révolution, domine un fossé sec aujourd’hui aménagé en terrasses successives par des murets de pierre. Dans le jardin, voici toujours en place depuis 1850 le lavoir autrefois alimenté par la citerne où les servantes du château s’affairaient les jours de lessive.

Le château vu de l'ancienne entrée

Façade Renaissance

Le Château Vieux

En nous rendant à l’entrée habituelle de la cour entre les deux châteaux, nous remarquons dans les maisons voisines quelques riches façades restaurées au décor Renaissance.

Une casemate de défense dans le rempart encore en place, couronné de végétation, porte à sa base des archères canonnières. Plus loin d’anciens murs au bel appareillage jouxtent une courtine dont le parement a disparu. Notre guide évoque ici les divers épisodes du film Le Vieux fusil pour le tournage duquel les vieux murs furent modifiés, par exemple avec percement de portes, etc.

A l’autre extrémité du piton, face au vide, les murs de la forteresse du château jeune, intacts, dominent l’Aveyron de plus de 80 m. En bordure de falaise, une vue plongeante permet de distinguer un ancien lit enherbé de la rivière. A notre gauche, une barbacane encore peu dégradée mériterait restauration. L’intérieur du château ne fera pas l’objet de la visite, nous privilégions ce qui est souvent négligée, une déambulation dans le village médiéval qui s’étage au sud-ouest des châteaux en direction de la plaine.

Le musée Goulinat

Un linteau avec un bas-relief représentant une scène de vendange, œuvre d’un sculpteur italien, orne la maison du peintre Marcel Lenoir. Un peu plus bas, voici une belle façade XV et XVIe de la maison Fayrols qui abrita une hostellerie cistercienne dépendante de l’abbaye de Beaulieu. Le lin, le chanvre et le safran alimentant les foires et marchés firent la prospérité de la ville.

Une agréable maison de style médiéval, sans aucune patine car de construction toute récente, construite en totalité sur une ancienne ruine des mains ingénieuses d’un autodidacte natif du village : M. Poussou lui-même, abrite son musée privé de l’artiste-restaurateur Jean-Jacques Goulinat (1883-1972). Ce maître-restaurateur des grands chefs-d’œuvre du Louvre, parmi lesquels la Joconde au bras éraflé par un jet de pierre, développa aussi une œuvre personnelle. Ses tableaux sont exposés dans un cadre intimiste meublé: ruines antiques, paysages méditerranéens, marines, et aussi de remarquables scènes de genre et portraits, le tout d’inspiration classique.

La présence de deux cœurs de plombs, à la forte patine masquant les inscriptions, surprend parmi ces toiles. Provenant d’une église nantaise, ils renferment chacun le cœur d’un grand personnage placé dans une alvéole : celui de M. le Conseiller du roi et garde des sceaux décédé en 1673 et celui de Christine Hamelin décédée en 1678.


Le Musée Goulinat - 

Maison conçue et réalisée par M. Poussou

Portrait de Jean-Jacques Goulinat

Villeneuve-lez-Avignon-  On devine à droite le palais des papes.

Façade gothique remaniée à la Renaissance

Le village

Après cette exposition, la déambulation se poursuit entre de belles façades aux fenêtres géminées ou arcs gothiques, remises en valeur par des restaurations réussies. Une rue étroite et pentue, inchangée depuis le Moyen-Age, conduit à la porte méjane située sur l’ancienne première ligne des remparts. Nous franchissons cette porte restaurée par la fondation Bern (37 000 €), la rue bordée de maisons à pans de bois ou de style composite, mi gothique et mi-Renaissance conduit à la place de l’horloge où un beffroi avec pendule domine une autre porte.

 Plus bas, l’église de l’Assomption garde beaucoup de cicatrices malgré sa reconstruction suite aux guerres de religion. La nef unique, bordée de trois petites chapelles, n’a pas de voûte : un plafond plat orné de quelques figures géométriques repose sur deux corniches bleutées. Peu d’ornements, quelques statues de saints rythment l’arrondi du chœur, autrefois rectangulaire jusqu’en 1880. On s’étonne devant un tableau où une Vierge enceinte se tient au pied de la Croix (MH), qu’a voulu signifier l’artiste ? Le mystère reste entier, aucune hypothèse proposée n’est convaincante. Une dernière travée agrandit l’édifice depuis 1914.

Il est temps maintenant de rejoindre le restaurant en bordure de route. De la plaine, dans une vue d’ensemble nous admirons l’étagement désordonné des maisons du vieux village sur tout le versant. Nous n’en avons visité qu’une petite partie mais nous avons pris le temps d’admirer les détails architecturaux des murs, des portes et des fenêtres bordant des ruelles. Il est très agréable de flâner dans cette atmosphère du Moyen âge en ce Plus beau village de France, où s’épanouissent parmi les rosiers, des plantes méditerranéennes en bordure des murs orientés au midi.


Vierge enceinte au pied de la Croix

Puycelsi (Tarn)



A la suite de M. Poussou, nous quittons le Tarn-et-Garonne et prenons la direction de Puycelsi qui, comme son nom l’indique, se situe sur un tertre que protègent d’abruptes falaises sur presque toute sa périphérie. Nous y accédons par une route du XIXe très pentue qui longe les remparts puis les a détruits pour donner accès à l’intérieur du bourg. Celui-ci s’est développé sur une plate-forme à 280 m d’altitude dominant la plaine de 80 m.

Sur l’emplacement d’un vieux château dont il ne reste plus rien, notre guide résume rapidement l’histoire du village depuis l’époque romaine ; un millénaire après sa fondation, Raymond V acquiert la seigneurie, les comtes de Toulouse fortifient la place qui résistera à Simon de Montfort en 1211 puis à son frère en 1213. Les Anglais échoueront aussi devant les 800 m de rempart.

En bordure de la muraille, la vue porte au loin sur le village de La Roque dont une grotte abrite un oratoire dédié à la Vierge. Ensuite le groupe fait halte devant la chapelle saint Roch, édifiée au bord de l’abîme, en partie sur le rempart, après un épisode de peste ayant épargné le village en 1703 : l’isolement du site expliquant vraisemblablement l’absence de contamination.

De ce belvédère exceptionnel en bord de falaise, la forêt domaniale de la Grésigne, gérée par l’Office national des Forêts, s’étend à perte de vue sur 3 600 ha, constituant la plus vaste chênaie rouvre du Midi. Autrefois domaine privilégié des grands utilisateurs de charbon de bois : les verriers – tout le monde connaît la belle couleur bleu-vert de leurs productions - la forêt a vu disparaître ses industries au XIXe. Aujourd’hui elle est dévolue aux promenades, aux chasses, à la conservation d’espèces végétales et à l’exploitation forestière.

Château du capitaine royal

Château du capitaine royal avec une des deux tours

Production des verriers de la Grésigne

  La belle façade sud avec fenêtre géminée du château du capitaine royal, encadrée de deux tours rondes, comportant au sommet une belle loggia vitrée, a bénéficié d’une restauration réussie. La place du Fus rappelle le florissant artisanat des fuseaux de bois pour filer les textiles.

La maison des gardes et la porte de l’Irissou protégée par deux tours défendaient la partie ouest des remparts, plus exposée aux assaillants. Dans cette zone inaccessible aux voitures, avec l’absence de tout élément moderne, nous avons l’impression d’être toujours au XVIIe. Cette impression est renforcée, lors du retour au centre du bourg, par les nombreuses façades aux divers vestiges archéologiques du Moyen Âge : arcs ogivaux encadrant les portes, fenêtres géminées pouvant voisiner avec des croisées Renaissance, linteaux en accolade, encorbellements, etc. Plus récentes, des façades à pans de bois, restaurées avec goût et utilisant les enduits de l’époque, à base de chaux, sont du plus bel effet. La rue de l’ancienne gendarmerie a conservé son style médiéval, une remarquable façade en bel appareil de calcaire blond semble surgie, sans aucune modification du Moyen Âge. Nous sommes attentifs à tout ce que le secteur a conservé d’authentique, les maisons bien sûr mais aussi les espaces publics médiévaux. L’ensemble, bien entretenu, agrémenté d’arbustes en fleurs, ne comportant aucun mur en ruines ou délabré, traduit l’aspect vivant de cette cité où il fait bon vivre.

Porte de l'Irissou

Façade à pans de bois

 

Le groupe se dirige vers l’église dont le clocher porche de 57 m domine la place depuis 1777. Le monument actuel repose sur des bases plus anciennes. Sous un porche, protégée des intempéries, une porte de chêne sculptée porte la date de 1708. L’intérieur, de style gothique méridional, à nef unique bordée de cinq chapelles et des fonts baptismaux, est remarquable avec ses arcs dorés et les peintures de 1857 recouvrant la voûte de rinceaux dorés d’acanthe sur un fond bleu intense. La cathédrale d’Albi a dû servir de modèle, on dit que les mêmes artistes sont intervenus à Puycelsi, la ressemblance des motifs et des couleurs le laisse penser. Ces peintures sont en péril, des traces d’humidité les ont détériorées dans certaines zones autour des vitraux. Un immense retable baroque d’une grande richesse ornementale couvrant tout le fond du chœur, mérite toute notre attention. Restauré en 1987, ses ors ont aujourd’hui pâli et mériteraient un nouveau nettoyage. Si les assauts du temps et de l’humidité provoquent des meurtrissures contre lesquelles lutte vaillamment une association, les atouts de l’édifice ne manquent pas, en plus des peintures et retable, notons une Piéta du XVe, un Ecce Homo du XVIe , un lutrin de bois du XVIIe, une statue de saint-Jean Baptiste baptisant le Christ et un trésor d’orfèvrerie religieuse : calices, ostensoirs, ciboires, etc protégés d’une grille.

Il reste encore une grande partie du village à visiter mais la fatigue est là, ce sera pour une autre fois. Marie-Émilie Douat remercie M. Poussou pour sa parfaite connaissance de l’histoire des lieux avec son fort désir d’en faire découvrir toutes les richesses.


1)  Autre façade à pans de bois 

2) Retable et peintures de la voûte de l'église Saint- Corneille

Bruniquel et Puycelsi, tous deux Plus beaux villages de France, chacun avec sa propre originalité, méritent bien cette distinction, le soin apporté à l’entretien de leur riche passé leur confère beaucoup de charme.                                                                                                                                                                 Claude Loupias

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