Commencer par le début

Date de publication : 23 janv. 2011 11:56:53

Dimanche 23 janvier 2011

Quand est-ce que tout cela a-t-il bien pu commencer ? Vers l'âge de 4 ou 5 ans, peut-être même plus tôt. Je ne me souviens pas de le première fois où j'ai tenu un stylo dans ma main. Tout le monde sait que l'écriture vient après le dessin. Les premiers hommes dessinaient sur les parois de leur grotte, comme les égyptiens dessinaient leurs hiéroglyphes dans leur tombeau. Pour eux, dessiner était la même chose qu'écrire. Le dessin est un langage universel. Tout le monde peut ressentir quelque chose en contemplant du Picasso ou du Basquiat, sans être espagnol ou américain, car l'image a un sens.

Voilà, je me lance. Dans ce journal, je vais vous parler de tout ce qui apporte une importance à mes yeux. Je vais raconter ma vie en essayant d'éviter de la rendre ennuyante. Il serait dommage de m'emporter sur mon clavier et de vous laisser essayer de comprendre ce que vous lisez. Car il se peut que je ne sois pas clair, cela arrive à tout le monde. Alors je vais essayer d'être précis et bref, c'est à dire ne pas écrire de romans pour raconter ce que j'ai mangé ce midi ou ce que j'ai appris au lycée cette semaine. D'ailleurs, je ne parlerai ni de bouffe, ni d'école. Ce journal n'est réservé qu'à mon travail.

Comme vous avez pu le constater, je dessine. Je ne peux pour l'instant qu'espérer pouvoir vivre de ma passion, même si je sais pertinemment qu'il n'est pas donné à tout le monde de faire ce qu'il aime tout au long de sa vie. Pour certains, c'est construire des maisons, pour d'autres, c'est soigner les malades. Moi, c'est le dessin. Je ne saurais pas dire pourquoi, c'est comme ça.

Allez, je rédige donc ce journal. Tout va si vite... J'ai commencé à dessiner comme tous les gosses de maternelle. Puis en primaire et au collège, dessinant en cours sans réellement me soucier de mon avenir. J'ai dessiné pour rigoler, illustrant les petits délires que j'entretenais avec mes amis. Jusque là, je n'accordais pas beaucoup d'importance au dessin malgré l’intérêt que me témoignait mon entourage. En 5ème j’ai imaginé des histoires et j’ai réalisé ma première bande dessinée, sans grand intérêt car je ne l'ai jamais finie. C’est réellement en 1ère, que je me suis mis à dessiner intensément en cours. .. l’école n’est-elle pas faite pour trouver sa vocation et pour travailler ?

Je n'ai pas vu le temps passer, et mon avenir se décide maintenant. Je m'interroge sur mon futur qui se rapproche à grand pas et je ne sais pas encore de quoi il sera fait. Je suis allé à Paris pour visiter des écoles durant les portes ouvertes, hébergé chez mon parrain pour le week-end. Celui-ci m'offre, lors d'un tour au musée de Tokyo, un petit carnet de dessin. Je me suis lancé dès lors, dans une production intensive de dessins, illustrant alors tout ce qui me passe dans la tête. Je dessine ce que je pense, ce que je vois, ce que je vis. Je prends conscience que je dois exploiter ce "talent" et de toute façon, je n’ai envie que de ça. Je me mets à dessiner au marqueur sur ma porte de chambre, puis la porte de mon frère y passe, suivie de celle d'une amie. Peu à peu, je commence à dessiner chez des amis. En 2010, j'effectue un stage d'animation dans un studio de création réputé. Entouré et observant des spécialistes de l’animation, j'apprends beaucoup et prends un peu plus confiance en moi.

Peu après ma rentrée en classe de Terminale, je passe un week-end à Paris en Novembre 2010 chez une amie de mon père où je dessine un grand dessin, sur le mur d'une chambre. J’ai représenté Andy Warhol mangeant des profiteroles avec un magnum de champagne. Au court de ce même week-end, on m’offre un livre sur Jean-Michel Basquiat. "Je deviens fou c'est pas vrai! Qui c'est ce barge ?!". Aujourd'hui, je suis ce qu'on peut appeler un grand fan et même si je me retrouve dans ce que j'ai vu dans ses tableaux, je me trouve une certaine originalité.

Un peu plus tard, le mur de mon voisin se voit à son tour couvert de tracés indélébiles, puis celui d'une amie, avant que ce ne soit mon propre mur de chambre qui y passe. Et puis, le jour vient où mon père est fatigué de me voir dessiner partout et il m'offre une toile pour "canaliser cette énergie". Je me laisse envahir par l'inspiration et je me lance. Première toile. Premières toiles. Première exposition le Samedi 8 Janvier 2011. Beaucoup de monde et je rencontre des gens avec lesquels je n’aurais pensé avoir un jour l'occasion de rencontrer. Serait-ce le début d'une longue fête ou un faux espoir ? J'ai du mal à réaliser ce qui est en train de m'arriver, et pourtant on m'encourage vivement. C'est tellement dingue ! Un type comme moi, toujours un peu à l'écart, ailleurs. Je ne peux qu'espérer que la vie me sourit. Je me sens encore un gamin alors que je viens de fêter mes 18 ans.

Hier Samedi 22 Janvier, j'ai réalisé un immense dessin sur un panneau de 2m50 mètres de long environ. Ce dessin à un objectif précis dont je parlerai prochainement dans mon journal.

Maintenant, soit vous avez lâché au bout de deux lignes, ce que je peux parfaitement comprendre, soit vous avez tenu jusqu'ici et je vous en remercie. Je vais m'arrêter là, ça fait un bon paquet de mots que je viens de sortir. Mais c'est pas fini, ça non !

PEACE