10 SEPTEMBRE 2026
Appel à dons pour financer un référé-suspension
contre le pont de la Mataroni
10 SEPTEMBRE 2026
Appel à dons pour financer un référé-suspension
contre le pont de la Mataroni
LE PONT SUR LA CRIQUE MATARONI EST PASSÉ EN FORCE !
Mais nous pouvons encore agir pour le stopper !
Le 27 juin dernier s'achevait une consultation publique pour laquelle nombre de guyanais se sont mobilisés pour manifester leur désaccord de voir s'édifier un nouveau pont sur la crique Mataroni (Régina).
Ce pont de 75m à pour objectif de permettre à l'industrie du Bois et de la Biomasse, d'accéder à des pans entiers d'un massif forestier encore épargné de toutes pollutions minières ou de destruction de biodiversité par la chasse ou le braconnage.
Le Commissaire Enquêteur en charge de la synthèse de la consultation à inclus dans son rapport :
un AVIS DÉFAVORABLE du CNPN (Conseil National de la Protection de la Nature)
un AVIS DÉFAVORABLE du CSRPN (Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel de Guyane
un AVIS DÉFAVORABLE de l'OFB (Office Français de la Biodiversité)
un AVIS DÉFAVORABLE de 98% des citoyens contributeurs
un AVIS DÉFAVORABLE d'associations : Guyane Nature environnement, Maiouri Nature Guyane, la compagnie des guides de Guyane (CGG), Jungle Aventure, Cycle Amazonien, Camp Cariacou, ASPAG (Club canoë-Kayak).
Ce que vous vous admirez de la Savane-roche Virginie sera alors à portée de bulldozer !
Le 21 juillet 2026, le Commissaire Enquêteur signale dans son rapport : « je n’ai jamais vu un projet faire autant l’unanimité contre lui » et opte, sans la moindre hésitation, pour un AVIS DÉFAVORABLE à cet aménagement. (Lire la Conclusion du rapport, la Partie 1 et la Partie 2).
Malgré tout, 8 jours plus tard, le 29 juillet, envers et contre tout respect de l'avis de la société civile, le Préfet de Guyane signe l'Arrêté autorisant la construction de ce pont, signalant laconiquement que tout sera fait pour contrôler les impacts collatéraux d'une telle initiative (déforestation clandestine, orpaillage illégal et légal, braconnage, chasse en pick-up,...)
Pourtant, quelques jours plus tard, une convention est même signée entre l'Office National des Forêts et l'Association territoriale des Chasseurs, autorisant ses membres à accéder à un grand nombre de pistes forestières qui leur étaient jusqu'à présent interdites (dont la Piste Mataroni - Pk 135).
Une convention, de l'avis des habitués de ce type de négociation, qualifiée de léonine, lacunaire et exagérément permissive. On ignore le nombre de personnes concernées, si la chasse pourra se poursuivre de jour ou de nuit, du haut d'une cabine de 4X4 comme sur la montagne de Kaw, pourquoi aux seuls chasseurs et non pas aux opérateurs touristiques. En d'autres termes, ce concept sur la protection de la biodiversité est profondément régressif, incompatible avec la Charte de collecte forestière à faible impact.
Aussi, les associations Maiouri Nature Guyane et CERATO ont décidé d'engager, en urgence, un recours juridique au Tribunal Administratif de Cayenne, car l'ONF souhaite achever ce pont d'ici la fin de la saison sèche actuelle.
A terme, ce sont les sauts de l'Approuague qui seront accessibles par les extensions de pistes, rendues possibles par ce pont.
Seul un référé-suspension peut stopper ce projet insensé, décidé en force contre le bon sens et la volonté général et au profit d'intérêts particuliers inacceptables.
Juridiquement, l'abusive « Dérogation d'Espèce Protégée » qui repose fébrilement sur une inique « Raison Impérative d'Intérêt Public Majeur » (RIIPM) ne devrait pas tenir longtemps face aux arguments de nos avocats.
De même, l'Evaluation Environnementale réalisée sur la seule emprise du pont alors que le projet impactera les Monts Baugé, les activités touristiques de l’Approuague (camps Cisame et Mapaou) ainsi que l'intégrité des Savanes-roches du secteur (Virginie, Annabelle...).
POUR VOUS OPPOSER A CE PROJET INUTILE, imposé durant la torpeur estivale par la Préfecture de Guyane, AIDEZ-NOUS A FINANCER les frais juridiques que les associations Maiouri Nature Guyane et CERATO vont engager au Tribunal Administratif de Guyane, en cette rentrée 2026.
Notre partenaire, l'association CERATO alerte sur l’impact des multiples pistes sur une forêt mature et quasi-indemne. Pire, l’exploitation forestière et les trafics (chasse, braconnage,…), engendreraient, entre autres, la destruction potentielle d'une des rares stations connues, d'une espèce d'amphibien en déclin, représentant un enjeu majeur de conservation et endémique de Guyane.
Il est également reproché au porteur de projet de ne pas considérer le projet dans sa globalité comme demandé dans l’article L.122-1, III du Code de l’environnement et d’isoler ainsi les impacts induits sur l’emprise du pont physiquement, des impacts concernant son accès, son utilisation et ses conséquences.
Créée en 2018, CERATO est l'unique association qui défend la biodiversité des Amphibiens et Reptiles de Guyane, agréée au titre de la Protection de l'Environnement.
LE POINT SUR CETTE GRENOUILLE ENDÈMIQUE, CLASSÉE "EN DANGER"SUR LA LISTE ROUGE
Anomaloglossus blanci est une espèce de grenouille endémique de Guyane, plus précisément du quart nord-est du département. Son aire de répartition totale est l’une des plus petites pour un amphibien de Guyane. Ses têtards sont transportés par le mâle jusqu’à leur métamorphose.
Cet amphibien est inféodée à un habitat très spécifique, à savoir les environs des têtes de criques d’eau vive, en forêt mature, souvent, dans les zones de reliefs.
Depuis 2018, elle est classée « En danger » sur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées au niveau mondial. A. blanci a subi un déclin dramatique au cours des dernières décennies. Plusieurs populations connues se sont éteintes ou n’ont jamais pu être recontactées. Ces disparitions ne semblent a priori pas liées à des modifications importantes des habitats, mais une autre hypothèse probable serait l'introduction de pathogènes liés à la pénétration humaine.
Actuellement, cinq populations pérennes sont connues et suivies : trois sur la montagne de Kaw, une sur le site du sentier Molokoï et enfin la population découverte en 2025 en rive gauche de la rivière Mataroni, dans un secteur très reculé et difficile d’accès.
Le projet de piste représente une menace directe pour cette espèce !
La création de la piste pourrait entraîner une dégradation de la qualité de l’eau au niveau des têtes de criques, notamment par l’accentuation de l’érosion, et donc l’augmentation de la turbidité de l’eau. Elle entraînerait également une modification des conditions d’habitat, en particulier par l’augmentation de l’apport de lumière dans le sous-bois, des conditions climatiques et fragmentation des habitats.
Enfin, le pont et, a fortiori, la piste faciliteraient l’accès au secteur et pourraient ainsi favoriser l’introduction ou la dispersion de pathogènes, susceptibles d'impacter les amphibiens.
Sa seule découverte devrait justifier une mise en défens immédiate d’un périmètre adéquat autour des populations incluant les têtes de crique et leur bassins versants.
Le porteur de projet a une responsabilité majeure pour la conservation de cette espèce car chaque localisation ne possède qu’un nombre très limité de stations. La destruction d’une population impacterait fortement la population connue et pourrait contribuer significativement à accélérer l’extinction de la localité Mataroni et ainsi remettre en question la survie de l’espèce à l'échelle mondiale.
L’Arrêté Préfectoral ne présente pas de mesures d’évitement ou de réduction suffisantes pour assurer le maintien de cette espèce protégée avec habitat qui fait pourtant l’objet d’un Plan, National d'Action (PNA) et sujette à un déclin avéré.
La démonstration du maintien des populations dans un état de conservation favorable est ainsi jugée non recevable.
Saut parsemé de Salade Coumarou (Mourera fluviatilis) à l'approche de sa floraison © Erlan Sleur
RETOUR MEDIA DE L'AFFAIRE MATARONI
L'ARTICLE WEB DE RADIO GUYANE du 14 sept 2026
LE DÈBAT DE "PLACE PUBLIQUE" du 19 sept 2026
L'ARTICLE DE GUYAWEB du 19 sept 2026
L'ARTICLE DE GUYAWEB DU 2 OCT 2026
LE REPORTAGE TELE DE Guyane La1ère (à partir de la 5,45 mn)
L'équipe de MNG et de CERAT0 tiennent à remercier chaleureusement tous les donateurs
qui nous ont permis de satisfaire 70% des frais juridiques (12/10/26).
La cagnotte reste ouverte pour ceux qui n'ont pas encore eu le temps de parcourir notre dossier !
TRANSPARENCE SUR LE RESPECT DE LA CHARTE "EXPLOITATION A FAIBLE IMPACT"
Depuis la controverse sur le Pont de la Mataroni, l'ONF justifie son projet inique pour peu que ses sous-traitant respecteraient la Charte d’exploitation à faible impact (EFI). Nous profitons de l'occasion pour rappeler quelques points de réflexion !
La mise en place d’une certification « gestion durable » de la forêt guyanaise entamée en 2002 a été suivie par l’élaboration d’une Charte d’exploitation à faible impact dans les forêts guyanaises.
Ce document débat des impacts environnementaux de l’exploitation forestière, sur la biodiversité, les sols, le peuplement forestier, les milieux aquatiques et précise les bonnes pratiques en matière de désignation de la ressource, d’implantation des pistes de débardage, d’abattage, de débusquage, de débardage, de chargement et de transport du bois…
Cette charte met par exemple en exergue l’optimum d’exploitabilité fixé au prélèvement de 5 arbres par hectares (dit également tiges) .
Cependant, selon les informations qui nous parviennent, et qui restent à être confirmées, ce quota est calculé en terme de moyenne sur d'immenses parcelles accordées aux forestiers. En pratique, c'est le double voir triple d'arbres qui peuvent être exploités par hectares. En effet, seuls les plateaux sont exploités (les fortes pentes et bas-fonds marécageux n'étant pas accessibles aux engins) mais c’est l’ensemble de la surface de la parcelle qui est pris en compte ce qui fausse le calcul du nombre de tiges/ha.
De plus, toutes les pistes et passages d'engins forestiers génèrent souvent la coupe de grands arbres qui ne sont pas comptabilisés dans les 5 tiges/ha. Or, le linéaire de piste créé à terme d'une exploitation est considérable et peut atteindre des centaines de kilomètres.
D'autres part, lors de l'abattage d'un arbre, il n'est pas rare que des arbres voisins chutent également (la canopée est reliée par de multiples lianes). Ces derniers ne sont pas comptabilisés car seuls les arbres désignés par marquage par les agents de l'ONF lors de la vente des arbres sur pied, sont comptabilisés pour ce fameux quota de 5 arbres / ha.
La pratique de la Chasse est contraire à la Charte EFI ; la Convention avec « l'Association Territoriale des Chasseurs » telle que signée avec l'actuel directeur de l'ONF est donc un point important de non-conformité.
Qu'en est-il des volumes de prélèvement à destination de la biomasse industrielle ?
Enfin, Quid des tassements du sol lors de l'utilisation d'engins de type Abatteuse Tigercat ou autre qui peuvent atteindre 35 tonnes ?
En Juillet 2025, la Cour des Comptes avait dénoncé un certain nombre de violations de la Charte EFI, à découvrir sur ce lien.
Pour toutes ces raisons, Maiouri Nature demande que lui soit fournit les plans d'abattage et d'extraction en cours ou ayant été déjà réalisés sur les 32 km de piste en amont du projet de pont sur la Mataroni.