15 JUILLET 2026
Un rapport sur l'impact de l'activité minière
sort enfin de l'ombre !
15 JUILLET 2026
Un rapport sur l'impact de l'activité minière
sort enfin de l'ombre !
Maiouri Nature s'est enfin procuré un rapport réalisé par l'Unité Spécialisé Nature & la Cellule SIG de l'ONF Guyane. Commandé par la Préfecture, il traite du suivi des impacts sur l'environnement des activités minières en Guyane, qu'elles soient légales ou illégales. Ce bilan contribue à quantifier l'étendue du passif environnemental de cette activité pour laquelle nous réclamons un moratoire, depuis fort longtemps.
On y découvre de petites pépites qui expliquent peut-être la difficulté à obtenir ce document et le peu d’entrain mis par la Préfecture pour partager et médiatiser ce rapport.
[Extraits choisis]
- En 2023, l'activité minière légale a déforesté 500 ha de forêt contre 474 ha pour l'activité minière illégale.
[Sur la période 1950-2022, la moyenne des surfaces déforestées par l’activité légale représentent 58% contre 42% pour l’illégal].
- Le domaine forestier permanent (DFP) est quant à lui, majoritairement impacté par l'activité minière légale : 431 ha y ont été déforestés en 2023, contre 183 ha par les opérateurs illégaux.
- Les terres dites « orphelines » correspondent à des sites miniers exploités par des miniers aujourd’hui défaillants et non réhabilités . Elles ne concernent que les exploitations légales. Dans ce cas, l’Etat a le devoir de réparer les dommages causés par ces opérateurs. A ce jour, le total des surfaces orphelines cumulées couvrent 5 469 ha.
- Depuis une décennie, l’activité minière détruit chaque année, autour de 100 km de linéaire de rivières dont 35 km sont imputés aux légaux. En 2023, cet indicateur est en baisse avec 73 km de cours d'eau impactés. Cette répartition inégale s'explique par le fait que les légaux débordent davantage au-delà des rives, tandis que les garimpeiros se concentrent dans le lit de la rivière pour sauvegarder le couvert forestier par soucis de discrétion.
- La même année, lors des missions de contrôle, 126 sites légaux ont été survolés. Ces sites peuvent être non débutés, actifs ou abandonnés., 49 sites miniers légaux étaient en exploitation et 43 constats d'infraction ont été dressés.
- Lire la suite dans le rapport : Bilan 2023 Suivi des impacts sur l'environnement des activités minières en Guyane.
Ce rapport fut trop longtemps inaccessible aux citoyens (parution début 2025). Pourtant, la directive INSPIRE impose aux autorités publiques, d’une part de rendre ces données accessibles au public en les publiant sur Internet, mais aussi de les communiquer entre les différents services de l'administration.
La démocratie ne s’usant que si l’on ne s’en sert pas..., il est donc important de valoriser ce type d'études pour lutter contre la désinformation des lobbys de l'activité minière. Espérons qu'un bilan similaire soit traité sur les années 2024-25 afin de nous renseigner sur l'ampleur de cette activité et son impact sur les espaces naturels.
La destruction d'un bien commun, essentiel pour contrer le dérèglement climatique, au profit d'intérêts particuliers, ne doit plus rester dans l'ombre !
Photos (hors Bilan 2023) de sites miniers légaux, actifs ou abandonnés que nous nous sommes procurés ©2025 DR