a- Le fonds Firmin

Un extrait des Archives départementales de la Vienne concernant le Fonds Firmin
Cotes extrêmes15 J 1-215
LibelléFonds de l'imprimerie Firmin (Loudun)
Dates extrêmes1887-1998
Description matérielle
  • 215 articles
  • 23,75 mètres linéaires

Biographie ou histoire

L'enseigne 'Firmin' est en fait la dernière en date des raisons sociales d'une imprimerie emblématique de Loudun, active sans discontinuer durant plus de 200 ans. C'est en 1794 en effet qu'elle avait été créée à Loudun par un certain Challuau. Son neveu Michel Bruneau-Rossignol lui succède en 1830. Il s'installe au 7 place de la Boeuffeterie, qui est resté par la suite jusqu'au bout le lieu d'implantation de l'imprimerie. Michel Bruneau-Rossignol crée et imprime à partir de 1836 le Journal de l'arrondissement de Loudun . L'imprimerie est rachetée en 1858 par Ernest Mazereau, qui rebaptise au passage le Journal de l'arrondissement de Loudun en Journal de Loudun . C'est sous ce nouveau titre que le journal perdure ensuite jusqu'en 1937. L'imprimerie elle-même passe dès 1862 entre les mains de Benjamin Roiffé puis, à partir de 1882, de son fils Arthur. Louis Blanchard en fait l'acquisition en 1903. Sa veuve reprend l'activité après son décès en 1921, puis son gendre Marius Firmin lui succède à son tour en 1924. C'est au début des années 1970 que le fils de Marius Firmin, Michel, en reprend finalement la direction. C'est lui qui prend la décision, au début des années 2000, de mettre fin à l'activité de l'entreprise, au moment de son départ à la retraite.

Informations sur les modalités d’entrée

Les archives de l'imprimerie Firmin ont été données au Département de la Vienne le 2 mars 2004 par son dernier propriétaire, Michel Firmin. Ce don a eu lieu au moment de la cessation définitive de l'activité de l'imprimerie.

Présentation du contenu

Le fonds est constitué quasi exclusivement (15 J 1-209) des épreuves des travaux d'impression dits 'à façon', à savoir les commandes faites auprès de l'imprimerie par des clients extérieurs. Il ne comporte aucun document relatif à l'impression du Journal de l'arrondissement de Loudun ou du Journal de Loudun . Cet ensemble couvre pour l'essentiel le 20e siècle jusqu'en 1998 inclus. Le premier des deux siècles d'activité de l'imprimerie n'est représenté que par les dernières années du 19e siècle : les documents les plus anciens datent de 1887. Le fonds ne doit d'ailleurs être considéré comme raisonnablement exhaustif qu'à partir de 1919 environ : les années antérieures sont soit inexistantes, soit manifestement lacunaires.

Les derniers articles (15 J 210-215) sont composés d'un ensemble de registres liés à la comptabilité de l'imprimerie, pour les années 1890 (15 J 215) et surtout pour les années 1950 à 1970 incluses (15 J 210-214). Ces registres contribuent à donner une vision plus large de l'activité de l'imprimerie, au-delà des épreuves elles-mêmes. On y trouve notamment les seules traces conservées du commerce de papeterie qui constituait une part de l'activité de l'imprimerie.

L'ensemble donne un aperçu très vivant de toute la vie publique locale pendant plus d'un siècle. Tout le Loudunais est concerné, avec ponctuellement des documents réalisés pour des clients situés dans les zones les plus proches des départements limitrophes, en particulier l'Indre-et-Loire autour de Richelieu et les Deux-Sèvres autour de Thouars.

Informations sur l’évaluation

Il a été décidé de conserver uniquement les épreuves, dans la mesure où les copies sont souvent informes et donc difficilement exploitables. De plus, les informations qu'elles contiennent sont en partie reprises, bien souvent, sur l'épreuve elle-même (on y trouve par exemple assez souvent le nombre d'exemplaires griffonné dans un coin). Seules certaines copies de la période de l'Occupation (1940-1944) ont été conservées avec l'épreuve correspondante : c'est sur ces copies qu'on trouve parfois mention de la censure a priori exercée à cette période par les autorités allemandes.

Parmi les épreuves, la quasi-totalité des documents a été conservé. Les exceptions sont les suivantes :

1. Les enveloppes à en-tête ont été éliminées : elles sont souvent associées à un papier à en-tête au nom du même client, en général beaucoup plus détaillé que l'enveloppe.

2. Les bulletins de vote ont été éliminés : d'un contenu très réglementé, ils ne contiennent pas beaucoup d'autres informations que le nom du candidat ; tout le reste de la propagande électorale (les affiches en particulier) a été en revanche conservé et apporte beaucoup plus d'éléments relatifs à l'étude de la vie politique locale.

3. Les cartes de visite ont été éliminées : là encore, elles contiennent peu d'informations en dehors d'un nom et d'une adresse, qu'on retrouve généralement dans les listes de recensement de la population, par exemple. Seules les cartes de visites de commerçants, du fait de leur caractère publicitaire, ont été conservées.

4. Les affiches de ventes publiques ont été échantillonnées, à raison d'une affiche sur cinq : leur contenu est très répétitif et, jusqu'au milieu du 20e siècle environ, elles occupaient un volume disproportionné à l'intérieur du fonds. L'échantillonnage permet cependant de garder la trace des variations au fil du temps du nombre d'affiches de ce type : on note ainsi une inflation des ventes publiques, et donc des affiches afférentes, dans les années qui suivent la fin de la Première Guerre mondiale, conséquence directe des très nombreux décès dus à la guerre.

5. Les menus ont été conservés sous forme de spécimen : là encore, leur contenu est très répétitif ; il a été décidé de n'en conserver que quatre par an au maximum, à raison d'un par saison dans la mesure du possible, ce qui permet d'avoir une idée des variations saisonnières de l'alimentation, du moins dans un cadre festif. Lorsqu'il y en avait moins de quatre pour une année donnée, ils ont tous été conservés.

Classement

Michel Firmin, comme ses prédécesseurs, avait pris le parti de rassembler chaque mois les documents relatifs aux travaux d'impression réalisés durant le mois en question. Etaient ainsi rassemblées chaque mois :

- d'une part les 'copies' (d'après la terminologie utilisée par l'imprimeur lui-même), à savoir la commande remise par le client, généralement constituée d'un brouillon manuscrit du texte à imprimer, avec quelques précisions annexes (format, quantité, etc.) ;

- d'autre part les épreuves, à savoir le document imprimé soumis au client pour validation avant tirage du nombre d'exemplaires demandé.

Chacun de ces deux paquets se trouvait ensuite emballé, ficelé, puis le mois et l'année concernés étaient reportés sur l'emballage. C'est ce mode de classement et la régularité avec laquelle il a été utilisé pendant au moins plus d'un siècle qui confère au fonds une bonne part de son intérêt. En effet, le propre des travaux d'impression est d'être en général peu ou partiellement daté : même l'affiche annonçant un bal ou un match ne mentionne souvent que le jour et le mois ; l'année n'est généralement pas indiquée. Le mode de classement utilisé est donc le seul moyen de dater à coup sûr, au mois près, chacune des épreuves composant le fonds.

Ce mode de classement a donc été précieusement préservé lors de l'établissement du présent instrument de recherche : le classement adopté est avant tout chronologique.

A l'intérieur de chaque mois en revanche, les documents se présentaient sans ordre particulier. Faute d'autre critère, un classement thématique a été mis au point. Pour chaque mois, on peut donc trouver des documents relatifs aux catégories suivantes, et toujours dans le même ordre :

1. Fêtes et cérémonies publiques : tous documents relatifs à des inaugurations, commémorations, meetings politiques, bals, comices, kermesses, concours de jeux de cartes, lotos, brocantes, etc.

2. Ventes publiques : tous documents relatifs à des ventes aux enchères ou à l'amiable de biens mobiliers ou immobiliers, mais aussi baux de location, baux à ferme, etc.

3. Compétitions sportives.

4. Spectacles, à entendre au sens large : cinéma, théâtre, concert, cabaret, cirque, conférences, expositions, etc.

5. Avis officiels : tout avis émanant des autorités publiques (communes, tribunaux, établissements d'enseignements) ; par commodité, y ont été intégrés aussi les avis émanant d'autres autorités telles que la chambre des notaires, des établissements scolaires privés ou les paroisses.

6. Propagande électorale, qu'il s'agisse de tracts ou d'affiches.

7. Papiers à en-tête et formulaires : tout document pré-imprimé et destiné à être complété à la main (papier à lettre, facture, quittance, formulaire administratif, etc.).

8. Sociétés, à entendre au sens large : tout document provenant d'une association, d'une entreprise privée ou d'un syndicat politique, dès lors du moins que ces documents n'entrent pas dans une autre catégorie (exemple : l'affiche d'une kermesse organisée par une association se trouvera dans les fêtes publiques ; on trouvera ici en revanche les circulaires convoquant ses membres aux assemblées générales).

9. Commerce et publicité : tout document à visée promotionnelle (carte de visite, dépliant, brochure, affiche, etc.).

10. Emballages : tout document destiné à constituer tout ou partie de l'emballage ou de l'étiquetage d'un produit en vue de sa vente en boutique (en particulier : étiquettes de sacs d'engrais, étiquettes de bouteilles de vin).

11. Pancartes (exemples : 'Magasin fermé de 12h à 14h', 'Maison à vendre', etc.).

12. Dévotion : images pieuses, prières, denier du culte, etc.

13. Chansons : tout texte ou partition de chanson ne pouvant pas être rattaché à une autre catégorie (exemple : le texte d'un chant religieux se retrouve dans la catégorie Dévotion).

14. Périodiques et monographies : le Journal de Loudun est absent du fonds, mais l'imprimerie Firmin a pu imprimer ponctuellement d'autres publications, dont certaines épreuves se retrouvent donc dans cette catégorie.

15. Menus.

Pour chaque mois, on a précisé quels étaient les thèmes représentés parmi les épreuves conservées.

Conditions d’accès

Conformément aux dispositions prises par Michel Firmin le 2 mars 2004, l'ensemble des documents est librement communicable.

Conditions d’utilisation

Conformément aux dispositions prises par Michel Firmin le 2 mars 2004, et compte tenu de son décès intervenu en février 2007, l'ensemble des documents peut être reproduit et publié librement.

Sources complémentaires

Les Archives départementales conservent dans leur bibliothèque une collection de chacun des deux journaux édités successivement par Bruneau-Rossignol puis ses successeurs :

- 375 JX 1. Journal de l'arrondissement de Loudun , 1839-1858.

- 54 JX 1-13. Journal de Loudun , 1866-1937.

On se reportera à l'instrument de recherche des journaux locaux pour une description détaillée de ces deux collections et de leurs lacunes : Lien vers l'inventaire

Bibliographie

Le service régional de l'inventaire Poitou-Charentes a établi en 1991 un dossier relatif à l'imprimerie Firmin. Ce dossier comporte des plans et des photographies des locaux et du matériel de l'imprimerie, telle qu'elle se présentait alors. Il est consultable ici

On trouve, également en ligne, des informations complémentaires relatives à la succession des différents imprimeurs : elles sont consultables ici

Informations de publication

Titre : Imprimerie Firmin 
Sous-titre : 15 J 
Auteur(s) :
Création : Cet instrument de recherche a été réalisé en 2015 et 2016 par Sébastien JEAUD et Dominique FAUQUET, relu puis encodé en 2016 par Pierre CAROUGE sous la direction de Benoît JULLIEN 

Publié par les Archives départementales de la Vienne à Poitiers en 2016

Langue utilisée

Instrument de recherche rédigé en français
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