Article réalisé par http://www.passeralinux.fr
Le libre
J'invente de nouveaux mots, expressions, analogies, toutes sortes de choses amusantes dans le langage anglais, et des gens paraphrasent ce que j'ai à dire, et gagnent de l'argent en parlant des mêmes choses que moi.
Si j'essaie de receler ce dont je parle et ce que j'écris, tout comme une entreprise le fait avec du logiciel propriétaire, alors c'est toute l'industrie du langage, de l'écriture, des médias, qui devient entièrement litigieuse, et les coûts de transaction qui deviennent prohibitifs.Don Marti, interview (2005)
Il y a bien plus à un logiciel qu'être digne de confiance (être "Open-Source") : ce qui compte vraiment, ce sont les libertés que l'on obtient sur lui. Pouvons-nous l'étudier et s'en instruire ? Pouvons-nous construire d'autres logiciels avec ? Pouvons-nous le redistribuer ? C'est ce que nous appelons "logiciel libre".
Pour beaucoup, l'idée qu'un logiciel doive rester libre semble vraiment étrange, puisqu'aucun des produits Microsoft ne l'est. Pourtant, notre société fonctionne avec beaucoup d'éléments libres. Par exemple :
Bien que personne n'ait de recel propriétaire sur le yoga, c'est un business éclatant de 30 millions de dollars aux États-Unis.
Venkatesh Hariharan
Aucun chef ne vous interdirait de modifier sa recette et d'en faire des dérivés. L'industrie alimentaire se porte très bien, bien qu'il soit obligatoire d'indiquer les ingrédients sur chaque aliment vendu.
Un système de Justice transparent permet à chacun d'assister à tous les débats et auditions. Ce n'est pas seulement le verdict final, mais aussi l'entièreté du processus de justice, qui est consultable.
La liberté informatique compte autant que la liberté d'expression ou la liberté de commerce : toutes sont nécessaires à une société libre. Sceptique ? Regardons le logiciel propriétaire de plus près.
Les limites du logiciel propriétaire dépassent le problème de la sécurité (lire notre article sur le code source) : Aujourd'hui le logiciel propriétaire freine le développement de la culture et de l'information. Deux technologies sont à montrer du doigt :
Le DRM (Gestion Numérique des Restrictions)
L'idée principale du DRM est de pouvoir restreindre l'accès à des fichiers. C'est par exemple ce qu'encontrent les utilisateurs qui achètent de la musique par iTunes, et qui ne peuvent écouter leur musique qu'avec un lecteur audio, lui-même d'une seule marque. Avec cette technologie, les entreprises combattent le non-respect du droit d'auteur, mais restreignent aussi gravement l'accès par les utilisateurs à leurs fichiers.
Le DRM, c'est le contrôle du contenu
A ceci près, que le contrôle n'est pas dans vos mains. Le DRM paraît raisonnable au premier abord, mais ses implications sur l'échange culturel et d'information dans une société sont effrayantes.
Imaginez un livre qui reste collé, définitivement fermé, après que vous l'ayez lu une fois.
Imaginez des documents qui s'auto-détruiraient si vous quittiez la pièce avec.
Imaginez des téléphones qui ne fonctionneraient que si votre interlocuteur louait le même modèle de la même marque.
Cela vous paraît farfelu ? C'est ici qu'intervient "l'Informatique de Confiance".
L'Informatique Déloyale ("Informatique de Confiance")
L'Informatique Déloyale (parfois appellée à tort "Informatique de Confiance") veut dire que seuls des programmes validés peuvent fonctionner sur votre ordinateur. Le système est conçu pour éviter les logiciels malfaisants (comme les virus et logiciels espions), et les violations de droit d'auteur (comme la copie de logiciels propriétaires).
L'informatique déloyale, c'est le contrôle sur l'ordinateur
Le point clé de l'Informatique de confiance, c'est que ce n'est pas vous qui décidez de ce qui est validé ou pas. Par exemple, votre ordinateur pourrait refuser de faire fonctionner des programmes non validés par le revendeur –des programmes qui pourraient vous permettre d'emporter des documents de travail, ou de regarder le DVD de votre voisin, ou bien d'envoyer votre article à quelqu'un qui n'utilise pas le même programme.
Toute une gamme de possibilités apparaît pour les entreprises qui tireront profit de telles restrictions. Il devient soudain possible de louer des DVD qui ne sont visualisables que deux fois, de la musique que l'on ne peut écouter qu'en septembre, ou bien encore de l'information que l'on peut lire, mais ni enregistrer, ni copier. Le DRM et l'informatique de confiance permettent alors un contrôle à distance sur le contenu.
Ils permettent à l'éditeur d'écrire ses propres lois de droit d'auteur.
Bien des produits culturels émergent aujourd'hui "triplement protégés" ; non seulement par le copyright et l'encodage, mais aussi par des contrats ou licences, pour lesquels les utilisateurs abandonnent tous leurs droits restants.
Le copyright est de plus en plus remplacé par des licences d'utilisateur final, qui utilisent le droit contractuel pour établir des droits de propriété absolus, que les lois de droit d'auteur refusaient aux éditeurs.Rosemary Bechler, Unbounded Freedom
L'informatique n'est plus seulement utilisée pour des calculs. Nous utilisons des logiciels pour communiquer : pour partager de l'information, des idées et notre culture. Il y a du logiciel dans nos téléphones, voitures, lecteurs multimédia, télévisions ; chaque nouvel appareil a aujourd'hui sa part de logiciel.
Randall Munroe, xkcd
Le logiciel est utilisé pour appliquer des règles. Ces règles peuvent être ou ne pas être la loi. Elles peuvent être ou ne pas être justes. Si le logiciel n'est pas libre, alors il ne reste plus de place pour le jugement des utilisateurs.
L'informatique déloyale et le DRM construisent une société dans laquelle culture et information ne sont pas simplement des produits (c'est déjà le cas, et c'est bien ainsi), mais des produits consommables.
Le code est une forme de pouvoir. La majorité des documents de travail aujourd'hui sont encodés par des algorithmes secrets, par des logiciels propriétaires. Demain, qu'en sera-t-il de nos livres, photos, films, essais, animations, musiques, informations ? Les logiciels propriétaires, tels que Windows, n'ont aucune transparence. Une culture et une société libres ne peuvent pas y prospérer.
Pouvons-nous vous suggérer de passer à Linux ?
Notez que le DRM est souvent appelé "Digital Rights Management", soit Gestion Numérique des Droits. Mais parce que le système n'a presque rien à voir avec vos droits, le nom "Gestion Numérique des Restrictions" est plus exact.
À quoi ressemblerait un monde avec l'informatique déloyale ? C'est ce que décrit Richard Stallman avec cette courte histoire.
Lisez en plus à propos des restrictions numériques sur l'encyclopédie libre.
Traduction d'un article engagé d'un co-fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, et qui démontre la relation entre logiciel et connaissance. (voir milieu de page)
Une courte animation vidéo par Benjamin Stephan et Lutz Vogel (en anglais). Un argument clair, concis très bien articulé.
Un texte pivot pour le mouvement du logiciel libre, par Richard Stallman. Il clarifie de nombeux points à propos du logiciel et de son économie.
Un article sur le présent site à propos du logiciel libre.
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