Reveninta en Francujon post sia restado en Romo, kie liaj oficoj alvenigis lin vizitadi la kortegon de la Papo, Du Bellay daŭrigas sian priskribon de la flatemuloj.
Sinjoro, mi ne povus bonvole rigardi
Tiujn maljunajn kortegajn simiojn sciante nenion fari
Krom en ilia marŝmaniero la princojn imiti,
Kaj kiel ili, per pompa vestaĵo sin vesti.
Se ilia mastro ŝercas, ili faros same,
Se li mensogas, ne estas ili kiuj diros male,
Plue, por lia plezuro, ili vidos prefere
La lunon tagmeze, kaj la sunon noktomeze.
Se antaŭ ili, iu rideton ricevas
ili tuj flatas lin, kvankam pro furiozo ili krevas
Se malrideton li ricevas, ili lin per fingro montras.
Sed tiu kiu kelkafoje pri ili pleje ĉagrenas,
Estas kiam ili antaŭ la reĝo kun hipokrita visaĝo,
Ili ekridas kaj kial ne scias.
« La bedaŭroj » 1558
Joaquim Du Bellay
Soneto 150
De retour en France après son séjour à Rome où ses fonctions le conduisirent à fréquenter la cour du Pape, Du Bellay poursuit sa peinture des courtisans.
Seigneur, je ne saurais regarder d'un bon œil
Ces vieux singes de cour, qui ne savent rien faire,
Sinon en leur marcher les princes contrefaire,
Et se vêtir, comme eux, d'un pompeux appareil.
Si leur maître se moque, ils feront le pareil,
S'il ment, ce ne sont eux qui diront du contraire,
Plutôt auront-ils vu, afin de lui complaire,
La lune en plein midi, à minuit le soleil.
Si quelqu'un devant eux reçoit un bon visage,
Es le vont caresser, bien qu'ils crèvent de rage
S'il le reçoit mauvais, ils le montrent au doigt.
Mais ce qui plus contre eux quelquefois me dépite,
C'est quand devant le roi, d'un visage hypocrite,
Ils se prennent à rire, et ne savent pourquoi.
« Les Regrets », 1558
Joaquim Du Bellay
Sonet 150
En la ukrain' arbaro blanka,
Glitas sledego blanka,
Kiu silente promenigas,
Etan Boris kaj Nataŝa.
Rakontu al ni, panjo,
Kion ili vidis sur la vojeto.
Rakontu al ni, panjo,
Ĝis morgaŭ.
Ili renkontas zibelon,
Bluan vulpon kaj ankaŭ lupon,
Se vi iras ĉe la carinon,
Bonvolu kompreni nin ?
Rakontu al ni, panjo,
Kion ili vidis sur la vojeto.
Rakontu al ni, panjo,
Ĝis morgaŭ.
Ni ne iras ĉe la carinon,
Ni reiras al nia ĥato.
Lupo kaj vulpo kaj zibelino,
Enveturas en la sledegon.
Rakontu al ni, panjo,
Kion ili vidis sur la vojeto.
Rakontu al ni, panjo,
Ĝis morgaŭ.
Ĉiuj kunkune ili reiras
Kunpremitaj por ne malvarmi,
En la ukrain' arbaro blanka,
Kun eta Boris kaj Nataŝa.
Dans la forêt blanche d'Ukraine
Glisse une blanche troïka
Dans le silence elle promène
Petit Boris et Natacha
Raconte-nous, petite mère,
Ce qu'ils ont vu sur le chemin
Raconte-nous, petite mère
Jusqu'à demain
Ils rencontrent la zibeline,
Le renard bleu et puis le loup
Si vous allez chez la Tsarine
Voulez-vous nous prendre avec vous ?
Raconte-nous, petite mère,
Ce qu'ils ont vu sur le chemin
Raconte-nous, petite mère
Jusqu'à demain
Nous n'allons pas chez la Tsarine
Nous retournons à notre isba
Loup et renard et zibeline
Sont montés dans la troïka
Raconte-nous, petite mère,
Ce qu'ils ont vu sur le chemin
Raconte-nous, petite mère
Jusqu'à demain
Et tous ensemble, ils s'en reviennent
Serrés pour ne pas avoir froid
Dans la forêt blanche d'Ukraine
Avec Boris et Natacha