Pluie de lentilles pour les archers de la CAC
La feste des Roys, Reynes et Roytelets
C’est en nostre bonne cité de Chanac, qu’eu lieu la bonne festoyade du tir du Roy, célèbre joute d’archers, où l’on vient de moultes lieues alentours pour y faire bombance et ripaille tout en admirant, dans l’obscure salle d’armes, les gentils archers, s’eschiner à vouloir souffler cierges et candélabres, de leurs traits véloces et précis, et dont l’empenne vault à quelques volatiles du lieu, d’avoir le croupion à nu.
Saine et franche cohue que celle de cette populace braillante et bigarrée, où se côtoient ; gueux, vilains, barons et baillis, soudards et gentils hommes, bougresses, vilaines et dames de haut rang, damoiseaux, vas-nus-pieds, souillons et galopins, tous ensemble brassés, comme lard dans la potée, par notre bon mirliton: Lilian.
Les joutes se déroulèrent, malgré l’absence, remarquée, du chaumier Plumet et de votre narrateur, les deux ayant dû porter foin et secours à la chariote de ma mie, dont les frêles destriers refusaient d’avancer plus avant sans avoir reçu pitance et repos.
Les deux meilleurs étant absents, la victoire en revint aux présents, (ah, je ris !! de veau !), mais le couronnement fut mérité ; le prince d’Algarve ; Jorge Dos Santos Mayor do Ponto do Barca, levait haut son oriflamme, et fit sonner les olifants de la réussite, accompagné en cela de la dame Nadia de la Plumerie du Castel d’Onisoikimalipense, et de la damoiselle Julie de château Barbut.
La cérémonie d’adoubement, qui faisant suite aux épanchements oratoires de notre Maistre d’armes: Lilian le Bel, précédent lui-même le rappel historique de notre grand sage et néanmoins maître des grimoires, Sire Michel de Thuault, aux pieds duquel se répandit le prince d’Algarve, pour recevoir tunique et armoiries telles qu’il sied à son nouveau rang de Roy des candélabres, c’est ainsi que Dame Nadia et la gente Damoiselle Barbut, reçurent, elles aussi, les oripeaux de leur règne.
Et tous trois de se voir remettre en signe d’allégeance, le magnifique calice en pierre massive taillé de la veille par Sire Jorge, beau et si lourd qu’il fallait bien les douze bœufs de son attelage pour le tracter jusqu’à l’hôtel des trophées.
C’est alors qu’un mouvement de foule se faisait... agités et haletants, les archers venaient de percevoir le fumet délicat d’une géante galette, ouvrant aussitôt les gouffres béants de leurs appétits et de leur soif. Et c’est ainsi, sous le triple signe de Diane, Dionysos et Bacchus que devaient se terminer les joutes, mais non la journée….
Çisco le conteur