Projet

Conscience Artificielle - Alain Cardon

Projet de développement

 

1 - Présentation du projet

 

Je présente dans cette page mon ancien projet de réalisation d'un système producteur de faits de conscience artificiels à partir de la transposition d'un système psychique complet, avec des applications à différents domaines. J'ai aujourd'hui abandonné ce projet, par un choix éthique que je ne remettrai plus jamais en cause.

  

1.1 - Le système à réaliser

L'appréhension de la notion de système générant des faits de conscience ne semble pas être quelque chose de bien connu ni de bien apprécié dans une culture de la spécialisation technologique. En ayant longuement appris à ne plus penser ce qu'est le fait de penser, on ne peut guère s'en étonner et l'usage est de croire que la distance entre la connaissance de la pensée et celle du calculable et de la programmation des systèmes est infinie...


Je tente ici de formuler de manière simple ce qu'est un système qui utilise la génération de faits de conscience artificiels, qui produit des représentations éprouvées artificiellement comme des co-activations de formes multiples (forme étant entendue au sens aristotélicien ou au sens de René Thom) :

  •  Il s'agit de réaliser un système qui, en prenant en temps-réel les multiples informations des capteurs de sa corporéité et en utilisant les connaissances disponibles dans une organisation appropriée, du bon niveau de granularité,  génère de lui-même, intentionnellement, des points de vue sous forme de représentations, sur différentes choses qu'il appréhende dans son environnement, sur des souvenirs artificiels ou réels qu'il se remémore en les reconstruisant, tout cela lui permettant de générer des appréciations, des plans, des avis, des jugements, puis d'agir en conséquence, et tout cela en temps réel par rapport à sa mise en situation dans son environnement.

Le modèle que j'ai trouvé est indubitablement original. Il permet de faire émerger, dans l'espace des traitements informatiques, des constructions dynamiques, donc des nuées de processus, dont une évaluation géométrique basée sur une algèbre morphologique, dont je ne dirai ici rien du tout, produit localement un ordre partiel sous forme de treillis, c'est-à-dire produit une organisation émergente valant pour une représentation ayant de la signification. La dynamique du processus d'émergence sera un caractère de l'émotion artificielle, en l'associant à la topologie des formes émergentes. Ce type d'architecture très dynamique permet de réifier la notion délicate de "sensation artificielle de produire intentionnellement des représentations en les appréciant et en les évaluant", c'est-à-dire de réaliser artificiellement la sensation de penser à quelque chose, ce qui est le propre des systèmes psychiques.

Les questions qu'il fallait vraiment que je me pose, avec humilité, volonté et surtout opiniâtreté, étaient les suivantes, en considérant qu'il s'agissait bien pour moi de concevoir puis de construire, dans le domaine des systèmes informatiques fondés essentiellement sur le calculable, un véritable système psychique artificiel ayant une aptitude décisive de comportement intentionnel :

  1. Comment interpréter la notion de pulsions et comment les représenter dans un système artificiel architecturé pour les prendre en considération comme des tendances enveloppantes multi échelles et permanentes ?
  2. Comment interpréter la notion d'inconscient manipulable par des pulsions multiples et des inductions venant des appréhensions sensibles de l'extérieur pour les conduire vers de l'émergence compréhensible et connaissable ?
  3. Comment interpréter la notion de préconscient manipulé par des forces rationnelles et son rôle complexe par rapport au conscient ?
  4. Comment interpréter le conscient, la sensation artificielle de générer une représentation artificielle complexe, ou une suite de représentations, et comment interpréter l'action d'évaluation et de mémorisation qui est opérée sur cette génération par le système psychique artificiel ?
  5. Quelle est l'influence et le statut des émotions dans la production  de la suite continue ou discontinue des représentations ?
  6. Comment représenter la granularité de la continuité de la pensée permettant le souvenir éprouvé et l'analogie qui inspire ?
  7. Que peut-on raisonnablement en déduire sur la manière dont est représenté un vécu, qui permet, entre autres, de mémoriser des faits et des événements éprouvés qui viennent à la mémoire comme des expériences mentales ?
  8. Quel est le grain de conception de l'élément calculable de base pour toute représentation transposée, que sont et que valent les relations entre des agrégats calculables par rapport aux agrégations si plastiques réalisées dans les cerveaux, quel est le type d'architecture que l'on peut et doit  concevoir pour permettre ce formidable  déploiement quasi-fractal qui mène un système informatique au Logos ?
  9. Et puis, de manière raisonnable, quelle est la place laissée au raisonnement logique symbolique dans toute cette affaire ?
  10. Et, finalement, ce qui est le plus profond, quelle est la différence entre un système disponible, opérationnel, adéquat, réalisé selon un processus de conception spécifié de manière totalement fonctionnelle et un système qui n'est qu'un processus évolutif valant pour le vivant artificiel pur ?

 

Mon système vise à réaliser effectivement, en construisant des émergences qui s'apprécient géométriquement par elles-mêmes et surtout on-line, la production d'entités signifiantes, là où la théorie des catégories (voir Ehresmann), la théorie des types de Martin-Löf, la théorie des topoï (voir Robert Brandom), la théorie des Kinds de Macnamara et Reyes donnent seulement des traces symboliques en restant, par nature, au niveau structuraliste. En se centrant sur la notion de production d'entités signifiantes dans les représentations, on peut et l'on doit faire intervenir la notion de processus de production et donc de système psychique artificiel : le système n'est plus situé au seul niveau logique mais il devient qualitatif.

Un tel modèle, se plaçant strictement au niveau constructiviste, est une rupture radicale avec ce qui se fait en IA, et il est donc volontairement ou involontairement non admis par les spécialistes de la discipline, par le formatage culturel institutionnel. Mais la formation des scientifiques et leurs questionnements existentiels fondamentaux sur le monde ne sont plus mon fait, j'ai bien quitté l'université…

Mais il me reste l'approfondissement continu de mon modèle, sur tous les points spécifiques qui caractérisent la production de la pensée courante chez l'homme. Et là, l'aventure est pour moi fantastique, car il y a bien correspondance entre ce que mon modèle propose, à son niveau strictement informationnel et calculable, et ce que sont les caractères de la pensée, dans sa continuité, ses ruptures, ses inhibitions et engagements, son ouverture questionnante, ses pathologies multiples. Ici se situe bien pour moi le point central : cette transposition est-elle ou non une explication de la réalité de la pensée qui se manifeste sans cesse dans les cerveaux des hommes, ou bien est-ce une simple application?


 1.2 - Caractères du système à réaliser

Le modèle développé permet la réalisation d'un système que nous qualifions de multicorps. Il est fait pour réaliser la fusion de la commande temps-réel de multiples composants corporels et logiciels, c'est-à-dire la co-activations de formes internes dynamiques. Cette co-activation multiple réalise la compréhension continue d'une situation évolutive multi-échelle. La plus belle application à laquelle on peut penser est évidemment dans le domaine de la surveillance multi-échelle…

Il s'agit de réaliser et promouvoir un système de génération temps réel de connaissances intentionnelles et éprouvées de manière sensible, sous la forme de faits de conscience dans un système psychique artificiel contrôlant des corps artificiels. Tout fait de conscience généré est apprécié par des sensations propres (définition d'un formatage psychologique précis du système). Il peut se greffer sur tous les systèmes logiciels et matériels réactifs de type contrôle - commande qui existent aujourd'hui. Le système est l'analogue d'un cerveau évolué du vivant lié à un système mésolimbique, qui est, lui, un système naturel de génération de connaissances intentionnelles, s'appréciant pour elles-mêmes, utilisant le corps qui l'héberge pour percevoir et agir. Il en sera de même, à une autre échelle et dans le domaine du calculable, de ce système. 

Pour réaliser un tel système, il faut évidemment adopter une attitude radicalement différente de l'approche classique basée sur l'utilisation des ontologies  statiques, ce qui n'est pas évident dans le contexte actuel. Je propose une approche résolument constructiviste, géométrique, implémentable par la gestion morphologique de nuées de processus (ce qui reste toujours inconnu), permettant de générer et de gérer on-line l'émergence des connaissances adéquates à la situation traitée. Il s'agit d'une nouvelle approche de la théorie de l'émergence dans les systèmes complexes.

 

Il est nécessaire d'utiliser une nouvelle structure pour représenter  et utiliser la connaissance dans le système, qui ne peut être simplement symbolique :

  • Il y a usage de la notion de concept, de thème (kind et types), de caractère, de spécialité et de généralisation, mais sous forme dynamique et non pas seulement symbolique.
  • Il y a prise en compte, pour chaque élément de connaissance, des caractères de sa situation d'acquisition : une connaissance n'est pas un objet mais c'est un élément minimal relationnel dans un vécu.
  • Il y a prise en compte dans chaque élément de connaissance du contexte de son usage courant, donc l'histoire de ses activités, permettant de préciser ses liens contextuels créés par habitude et usage.

Un tel modèle est fondé sur la notion de vécu (au sens de Ricoeur), qui n'est ni un lexique ni une base de connaissances, et se distingue donc radicalement des modèles classiques utilisant des ontologies objectives, qui sont des structures formelles sans rapport direct avec la mémoire humaine.


2 - Equipe nécessaire pour la réalisation d'une première version démonstrative du système

  • Deux informaticiens cogniticiens (conception et entrée du vécu artificiel)
  • Six informaticiens spécialistes de la programmation par processus (développement du modèle événementiel sur l'architecture multiagent basée processus)
  • Deux spécialistes d'IHM (représentation du déploiement émergent et modifications on-line du système)
  • Deux spécialistes de robotique (lien système de génération de faits de conscience - capteurs et effecteurs)

Durée de la tâche pour disposer d'un premier système opérationnel : douze mois. Ceci est un temps très raisonnable, dont le coût est indubitablement très faible.



 3 - Construction du système : les caractères et les étapes

 

Le système utilise les points classiques suivants :

  • Il utilise les connaissances de l'IA et des systèmes d'aide à la décision, en les considérant éventuellement comme produites par des sous-systèmes spécialisés , dont les résultats seront  transposés à son format.
  • Il a les connaissances des domaines qu'on lui a données : il est donc spécifique de domaines.


Ses points caractéristiques sont :

  • Il agit en temps réel sur des flots de données interprétées.
  • Il manipule des informations abstraites à différents niveaux de granularité.
  • Il éprouve ce qu'il produit, il ressent chaque représentation courante qu'il génère pour en jouer et éventuellement la poursuivre.
  • Il produit des suites cohérentes de représentations, dans une continuité conduite par un "format psychologique".
  • Il éprouve des émotions complexes, qui altèrent ses représentations.
  • Il a des tendances, un profil psychologique, incitant la production de certaines représentations plutôt que d'autres.
  • Il mémorise ce qu'il se représente selon des critères d'intérêt et de performance, sous la forme d'événements réels ou virtuels vécus (ce n'est pas un dictionnaire de faits).


Ses points originaux sont :

  • Il communique avec des systèmes semblables par échange de formes représentationnelles dynamique : la communication est directe et n'est pas médiatisée par un langage véhicule.
  • Il est évolutif en sélectionnant ce qu'il doit mémoriser : il a une mémoire événementielle paramétrable selon son profil.

 

Puisque nous disposons d'une architecture computationnelle transposant un système psychique permettant de générer des pensées propres, il nous faut :

  • 1 Utiliser toutes les ontologies aujourd'hui disponibles en Intelligence Artificielle et les traduire dans les termes de la nouvelle architecture (transposition complète par agentification et structuration géométrique) :
    - niveau multiagent et géométrique générant les actions internes du système
    - niveau de l'architecture organisationnelle dégageant les formes au sens géométrique.
  • 2Utiliser surtout toutes les connaissances sur le psychisme des individus et transposer un bon modèle psychique pour intégrer les notions de pulsion, de non-conscient, de conscient, de désir, d'émotion, de rêve, d'inhibition et d'interdit donnant le cadre de la liberté à penser et à éprouver artificiellement.
     
  • 3Utiliser les bonnes approches en philosophie (monistes et fonctionnalistes) et en sciences cognitives pour permettre de représenter l'intentionnalité liant forme et signification.
     
  • 4- Utiliser les approches neurobiologiques récentes pour permettre de représenter finement la sensation de penser artificiellement comme un processus interne de ressenti et de contrôle dans une architecture très dynamique.  
  • 5 - Utiliser systématiquement les systèmes dynamiques constructibles  basés sur des nuées de processus, en utilisant le contrôle morphologique on-line (ma spécialité universitaire, étrangement peu partagée !).
     
  • 6Déployer les possibilités spécifiques du système pour générer et étudier les profils psychologiques artificiels, pour définir des systèmes formatés selon les objectifs d'utilisation.            
  • 7Déployer les possibilités spécifiques du système pour son extension éventuelle : communication directe entre entités, pensées multiples simultanées et unifiées...


     

 4 - Précisions sur les spécifications du système

 

  • Nous précisions ici les caractères du système générateur de faits de conscience, puis les conditions de sa cession éventuelle.


    1 - Le système est basé Système MultiAgent massif. Les éléments minimaux de connaissance, formant son substrat cognitif, sont des Agents Aspectuels (AC 2004) qui sont créés à partir de toutes les ontologies disponibles. Il y a donc transposition ontologies - SMA massif, ce qui est étrangement peu connu aujourd'hui. Ce niveau minimal est la transposition du niveau neuronal du vivant pour le système permettant la calculabilité.

    2 - La connaissance, considérée comme un ensemble d'événements artificiellement vécus, est entrée dans le système sous une forme originale, au-dessus du niveau agent qui est utilisé comme substrat, dans une architecture originale et ceci constitue un élément décisif de ma découverte. Cette partie localisant la connaissance opérationnelle se nomme mémoire organisationnelle. Elle est incrémentielle, sélective, elle permet de générer de multiples structures de préordre sur des événements et des classes cognitives. Elle permet un accès ultrarapide à des connaissances "fraîches" nécessaire à la génération des faits de conscience.

    3 - La psychologie et les émotions du système sont représentées par des sous-systèmes dynamiques  bien intégrés basés sur des architectures utilisant des nuées d'agents aspectuels avec contrôle morphologique et surtout géométrique du déploiement de toutes les nuées d'agents.

    4 - La partie production d'une pensée ou d'un raisonnement dans le système utilise une autre partie spécifique qui suscite la génération d'une intention, qui pose une visée (voir Paul Ricœur, de lecture très utile). La partie production de la pensée courante construit effectivement une forme émergente, en opérant un contrôle morphologique avec une géométrie particulière basée sur des espaces de formes géométriques. Ce point est central, décisif. C'est donc la partie centrale du système, qui fait émerger un moment une forme valant pour une pensée liée à des éléments de signification (via les agents aspectuels et les événements mémorisés).

    5 - Un mécanisme compliqué dans le système permet de saisir cette forme émergente et de la faire être éprouvée comme forme interne manipulable, selon des aspects cognitifs, psychologiques et émotionnels. Le fait d'éprouver cette forme l'altère et incite à l'émergence suivante, engageant ainsi à la continuité de la pensée.

    6 - La forme émergente passe ensuite en mémoire immédiate (une autre structure), puis passera quelques instants plus tard en mémoire organisationnelle, qui est alors altérée (modification multi-échelle des souvenirs).

    7 - Le système peut être paramétré dans tous les domaines. Il peut être accessible, et donc modifiable on-line, pendant son fonctionnement, si on le veut. Il peut échanger des formes émergentes avec d'autres systèmes, si on le permet. Il peut donner une synthèse de la génération de ses formes émergentes de manière langagière ou graphique si on le souhaite.

    8 - Il est nativement distribué et ne nécessite pas la localisation de ses processus sur un système informatique particulier. Il nécessite des ressources informatiques comme des machines multiprocesseurs, sans plus, car il est fondé niveau connaissance et expansion géométrique avec contrôle morphologique, ce qui est la clé de la transposition de la pensée dans le calculable..

    9 - Il peut être frontalisé par autant de composants matériels que l'on veut : il est naturellement multi-corps.

 

        Points spécifiques du système dans ses applications

  • Toute génération d'une représentation de la situation est sensible (émotions artificielles et sentiments, utilisant des pulsions artificielles), ce qui permet de dégager des points essentiels et se passer des analyses très lourdes et difficilement opérantes en temps réel de type logiques non standards.
     
  • Les générations de représentations sont continues et forment des appréciations dans la durée, ce que ne font pas les SBC classiques.
     
  • La génération d'une représentation est temps réel et peut être altérée on-line par une modification de l'environnement.
     
  • Le système peut être modifié on-line par parties (si cela est autorisé par le constructeur, car le système peut être protégé), sans détruire la production de la représentation courante : incrustation on-line de faux souvenirs, altération du format psychologique courant conduisant l'émergence de certaines représentations sensibles et inhibition de certaines autres.
     
  • Tout système opérationnel peut évidemment communiquer avec d'autres du même type, selon sa propre intention, en formant naturellement un réseau.

 

 

5 - Quelques exemples d'applications réalisables

 

Le procédé de génération intentionnelle et sensible de faits de conscience est applicable à de très nombreux domaines. Pour tous ces domaines, il doit exister une connaissance préalable bien définie (ontologies, nomenclatures et doctrines) et une prise d'informations temps réel de telle sorte que le flux d'informations soit considéré par le système comme un ensemble de stimuli touchant sa propre corporéité.
 

1 - Surveillance multi-échelles de domaines géographiques ou urbains : utilisation en système multi-corps distribué, appréciation des informations, échanges de points de vue au niveau morphologique (économie de bande passante considérable), agrégation de connaissances, appels implicite de faits mémoire et de cas, focalisation sur certaines prises d'informations pour approfondissement (conduite du flux d'entrée), génération d'une représentation sensible (avec émotions artificielles bien formatées), évaluation de la représentation générale par agrégation, prise de décision, évaluation on-line des effets, poursuite du processus d'observation – appréciation - décision. Le fonctionnement réalise de la synthèse de points de vue on-line, sur n noeuds de réseau où le système est distribué.

2 - Conduite de robot ludique ou de robot compagnon : appréciation des informations, prise en compte du ressenti, focalisation intentionnelle de l'attention sur certains éléments, génération d'une représentation sensible, action physique et langagière, évaluation, co-activation avec l'environnement.

3 - Contrôle d'une maison en domotique intégrée pour personnes âgées dépendantes : appréciation des informations, appréciation sensible générale de l'état environnemental, focalisation intentionnelle sur certains objets et certains faits, génération d'une représentation sensible multicaractères, action physique sur les automates, action de communication et action langagière, évaluation du résultat selon le ressenti des personnes âgées, posture de co-activité avec les personnes dépendantes (incrustation de jugements de valeur).

4 - Contrôle d'un groupe de robots en milieu hostile : co-activation des robots pour définir un corps distribué, appréciation de l'environnement multi-échelles, génération d'une représentation intentionnelle par multi-focalisations intentionnelles, action (traitement) et évaluation on-line du résultat de l'action (du traitement). Ceci est manifestement un système d'armes et pose un problème éthique.

5 - Développement en reconnaissance de formes 

 Nous travaillons actuellement sur l'utilisation en contrôle - commande d'une batterie de réseaux de neurones spécifiques reconnaissant des formes élémentaires de différents niveaux (réseaux de neurones disponibles sur le marché) pour la construction d'une représentation interne valant pour la perception on line d'un objet apprécié de manière sensible :

  • construit précis de l'objet situé, dans son contexte,
  • appel d'événements mémoriels liés à la connaissance de l'objet,
  • sensation habituelle et spécifique sur l'objet reconnu,
  • plan d'usage de l'objet,
  • mise en situation pour poursuite de la reconnaissance.

 

6 - Génération automatique d'énonciations en langue naturelle

 Il y a, dans l'approche constructiviste par morphologie que je poursuis, un formalisme particulier qui permet de trouver les causes et les raisons de la formation des énonciations langagières, dans ses multiples expressions sensibles et intentionnelles. De plus, cela permet de traiter vraiment le cas de l'apprentissage langagier artificiel, de la génération langagière. Et cela s'oppose, évidemment, à l'approche classique, à base statistique, où une énonciation langagière est un point dans un espace infini, l'espace des axes sémantiques, ce qui est une voie descriptive a posteriori ne révélant jamais les causes déterminantes à la fois de la raison à parler ici et maintenant et de la relation entre pensée et formulation langagière. Mais les scientifiques suivent leurs chemins en choisissant eux-mêmes et sans partage leurs paradigmes…

Le système doit pouvoir associer une phrase énoncée à une représentation interne émergente produite, et doit réciproquement produire des représentations internes à partir de la saisie d'une phrase entendue ou lue. Pour ces points, tout le travail fait par les spécialistes d'IA et de linguistique est indispensable et doit être pris en compte, mais doit être transposé dans l'architecture originale de mes modèles.

Et il y a en effet deux systèmes de génération de représentations. L'un, primaire, basé sur les pulsions et les émotions, qui produit des représentations sensibles à propos des événements perçus, et un autre, co-actif avec le précédent, qui produit des énoncés langagiers abstraits et très indicateurs de relations causales ou analogiques. Ne sachant pas distinguer structurellement l'un de l'autre ni en fait les concevoir l'un et l'autre comme des organisations complexes distinctes et bien précises, les scientifiques n'ont, semble-t-il, pas résolu la question de la relation entre langage et pensée.  Mon modèle permet de concevoir ces deux systèmes, de les distinguer et aussi de comprendre les spécificités de leur co-activité, qui est caractéristique de la production idéelle humaine. 

 Mais pourrait-il y avoir un troisième système dans l'artificiel, encore différent des deux précédents ? 

 

7- Système de surveillance

Surveillance multi-échelles d'une ville, en allant du niveau de la circulation sur les axes et voies des quartiers ainsi que les rassemblement de passants selon leur comportement, jet pour atteindre le niveau individuel des occupants des appartements. Etude des analogies comportementales. Typages fins des comportements déviants. Surveillance et manipulation des échanges sur Internet, détermination de groupes hostiles et isolement informationnel éventuel d'individus dangereux. Surveillance individuelle fine des habitants situés en domaines pervasifs. Gestion continue de cette surveillance avec classement, évaluations multi-échelles, définition des profils des groupes sociaux, manipulation de l'information échangée, décision d'intervention. Ce type d'application est absolument non éthique et pose problème.

 

8 – Système compagnon fortement co-actif 

Cette application utilise le modèle complet de système psychique que j'ai développé.La considération assez primaire d'un robot jouet mécaniste, localisé dans un corps qui se meut gauchement dans notre environnement familier, est aujourd'hui totalement à revoir avec des systèmes générant intentionnellement des faits de conscience référant à des comportements humains, que ces systèmes peuvent apprécier de manière très fine, et évolutive. Il est possible de construire des environnements pervasifs intégrant des corps de robots et surtout de multiples capteurs, appréciant émotionnellement, comme des compagnons, le comportements des humains qui s'y trouvent.

Je propose de construire un nouveau type de "système – jeu", valant pour un "jeu d'approfondissement de la co-activité avec un organisme artificiellement vivant", hyper-réceptif, multi-corps, très évolutif, ouvert sur Internet, comportant des robots autonomes et tous les effecteurs des environnements pervasifs connus, formant un environnement de jeu co-actif et valant pour le récepteur de la mémoire événementielle d'un compagnon humain. Il s'agirait, pour le joueur humain, de former son compagnon co-actif, en lui transmettrait ses souvenirs, son vécu, ses émotions, ses souhaits, ses désirs, sous forme multi-modale et qui, par cet enrichissement psychologique, en deviendrait le soutien indéfectible, presque absolu. Le compagnon humain devrait faire apprendre à ce système compagnon artificiel une forme langagière de transmission personnelle pour son vécu. Le but du jeu serait de conformer le système compagnon pour en faire un double, pour obtenir une communication sensible qui soit la plus profonde possible. 
 
Cette transmission psychologique, complexe au sens systémique car utilisant une transposition calculable très fine du psychisme humain, est délicate à concevoir et à réaliser mais c'est aussi une partie de ma découverte. Il s'agit de lier psychologiquement un humain à un système non humain, qui lui aussi pense et éprouve, pour les placer tous deux en situation de co-activité psychologique forte. Je crois que ceci serait intéressant dans le domaine des jeux actuels, anthropomorphiques et basés sur la manipulation non contrôlée des pulsions humaines via des stimuli visuels et auditifs grossiers. Il s'agirait donc de construire des "doubles virtuels", dépositaires chacun d'une certaine personnalité humaine par imprégnation.

 

6 - Document de présentation du projet industriel

 Ce document présente les grandes lignes de mon ancien projet de développement effectif d'un système générateur de faits de conscience artificiels, ainsi que ses principaux domaines d'application :

Présentation projet