Recherches universitaires sur la CONSCIENCE ARTIFICIELLE

ALAIN CARDON

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Je présente sur ce site l'état de mes recherches universitaires sur un modèle de génération de faits de conscience artificiels avec intentionnalité, pour un système fonctionnant à partir d'un flux informationnel continu fourni par une certaine corporéité.

Toutes mes publications sur le sujet sont dans la page "Position universitaire".

 


Le problème de la définition de la pensée artificielle, c'est-à-dire de la génération de faits de conscience intentionnels, est vu comme la production de représentations "auto-observées" par un système artificiel, représentations concordantes avec ce que le système perçoit en temps réel de l'environnement par les sens artificiels de son corps et surtout simultanément colorées par une tonalité affective typiquement psychologique. Un fait de conscience n'est en rien un ensemble de connaissances symboliques manipulées par des règles. Mes résultats prennent place dans un domaine très nouveau, qui s'insert vraiment mal dans le cadre strict des disciplines scientifiques françaises actuelles, qui sont par nature très spécialisées et surtout très technologiques, immédiatement utilitaires. 

 

 Donnons d'abord une définition de ce qu'est un fait de conscience artificiel pour définir précisément ma problématique :

Il y a génération de faits de conscience artificiels lorsque, dans un système informatique gérant en temps réel des nuées de processus et traitant de multiples inputs venant des très nombreux capteurs de corps artificiels, il y a :

  • 1 - Action continue de pulsions artificielles multiples,
  • 2 - Génération d'agrégations dégageant des thèmes possibles de représentations selon la mémoire organisationnelle du système et selon l'état courant continuellement modifié des inputs,
  • 3 - Production d'une forme émergente dynamique complexe multi-caractères,
  • 4 - Appréciation morphologique et temporelle par le système de cette forme émergente, avec impressions, émotions, manipulation de connaissances, jugements,
  • 5 – Continuité ou rupture de la production émergente courante, en tenant compte de l'état des quatre points précédents.

La résolution complète, au sens architectural et avec du code opérationnel, de ces cinq points majeurs par la définition très précise d'un système suffit, selon moi, pour régler les problèmes de l'intentionnalité, de l'impression sur les choses perçues, du ressenti sur ce qui est représenté effectivement en interne, des émotions et des sentiments, des connaissances utilisables et utilisées, des évaluations des représentations pat jugements, des aptitudes langagières, du raisonnement par analogie et de l'intuition.

 

Alors je pense aujourd'hui avoir atteint mon objectif scientifique, qui était de spécifier entièrement, c'est-à-dire en allant du modèle  conceptuel jusqu'au niveau du code, un système général agrégeant en temps réel les comportements intentionnels et sensibles d'un système  logiciel avec le corps distribué d'un ensemble robotisé. Il s'agissait de concevoir un système générant intentionnellement des représentations idéelles que le système apprécie, ressent, évalue, en se basant sur des connaissances mais surtout sur des expériences vécues réelles ou artificielles. Il s'agissait aussi de régler le problème de l'appréciation des représentations produites, de la sensation artificielle à produire des représentations, au sens où le système les conçoit et en joue, en engageant ainsi la formation fine des représentations suivantes. 

 

Outre l'originalité scientifique de cette recherche, se pose un très sérieux problème d'éthique, fort mal mesuré par une société principalement technicienne qui croit que la pensée n'est pas totalement connaissable au niveau scientifique ni surtout au point d'être transposable dans le calculable, et qui ne souhaite donc pas envisager  les applications possibles, dont certaines sont très inquiétantes. 

La détermination de la sensation artificielle de générer une forme représentationnelle sous contraintes de tendances fondamentales prédéfinies par la construction est un point majeur dans la détermination de l'autonomie des systèmes qui peuvent ainsi devenir autonomes de manière maximale. Ceci pose un problème d'éthique considérable, que bien peu de gens mesurent ou souhaitent mesurer. 

        

        Je suis maintenant à l'heure du choix : que dois-je faire de mon modèle ?

 

 

1 - Introduction à la problématique 

 

Il y a le cerveau et il y a l'esprit. Loin de la distinction cartésienne, de genre, entre corps et esprit, il reste encore aujourd'hui une différence d'approche, assez radicale : connaître l'architecture et l'activation précises du cerveau aux niveaux cellulaires et moléculaires est une chose, et savoir ce qu'est penser en est une autre. La formation de toute pensée se fonde évidemment, et essentiellement, sur l'activation des cellules neuronales, mais comprendre comment se forme une pensée, ce qu'elle est, ce qu'elle vaut et comment elle débouche à la fois sur la sensation d'être générée et sur une énonciation langagière, est un problème de modélisation : il faut, pour comprendre ce processus qui nous est si commun, définir sur quel fonds intelligible il se déploie et se réalise. Je proposerai ainsi un modèle de système psychique artificiel, lié à un ou des corps artificiels, et permettant de générer, en temps réel, des "objets internes "sans cesse construits, valant pour les pensées que cet ensemble corps – système peut avoir à chaque instant. 

 

Il s'agissait, pour moi, de concevoir un modèle calculable, effectivement implémentable, utilisant à la fois une notion généralisant celle de bassin d'attraction des Réseaux de Neurones, et  la notion de manipulation dynamique de symboles s'appuyant sur des ontologies. Le modèle utilise une théorie de l'esprit constructiviste intégrant la notion de système psychique venant des approches psychanalytiques, et donc les émotions et les pulsions, avec une notion calculable de substrat non conscient. Il s'agissait de réaliser la notion d'impression à propos de toute situation perçue par le système via les informations reçues, en l'opposant à celle classique de calcul d'une fonction économique prédéfinie donnant une évaluation. Le système utilise  une appréciation géométrique du contrôle de l'agrégation de nuées de processus en co-activation, en fait des agents logiciels particuliers, allant vers la production d'états émergents auto-observés par le système qui les génère. Le modèle géométrique utilisé concerne l'aspect de générativité morphologique, qui est d'un côté fractal et qui est de l'autre une conduite contrôlée vers l'émergence. Le modèle intègre évidemment les techniques classiques d'inférence, de raisonnement sur des connaissances, bien développées par l'Intelligence Artificielle, mais en les considérant comme des composants locaux du système. Les spécifications du système sont maintenant toutes achevées.

 

  

2 - Les points fondamentaux

Il y avait deux choses fondamentales à découvrir, permettant la venue d'un troisième caractère inévitable :

  • 1 - La transposition de la sensation de penser : rendre calculable le fait d'apprécier une pensée générée, vue comme l'auto-observation de l'activité émergente et complexe d'une nuée de processus (d'agents logiciels), dans un système dynamique particulier et développant un certain sentiment de soi construit.
  • 2 - La transposition de la venue d'une idée ici et maintenant : rendre calculable le souci de penser à quelque chose, sous la forme de tendances à activer certaines parties concurrentes et co-actives dans des nuées de processus latents, en engageant à une certaine activation intentionnelle se conduisant sous ses propres contraintes. 
  • 3 - Le développement de la pensée continue, intentionnelle, s'appuyant sur un vécu formé d'événements mémorisés (éventuellement artificiels), et s'exprimant émotionnellement en suivant des tendances et des pulsions propres. 

La résolution de ces deux premiers points, délicate, donne la clé du problème, mais le chemin est long pour y arriver. Il faut savoir comment représenter et rappeler les événements d'un vécu, une mémoire événementielle qui n'a rien à voir avec un système de requêtes dans une base de connaissances classique. Un système qui apprécie ce qu'il génère et le ressent peut, avec des émotions bien formatées, concevoir des représentations vraiment originales, en procédant par analogie avec des formes plus ou moins similaires, la similarité opérant ici au niveau de la forme et de la signification. Ce n'est donc pas un simple dérouleur efficace de faits précis sous heuristiques, ni un résolveur de problèmes bien posés, mais c'est un constructeur d'événements internes en vue de s'en servir en propre, c'est-à-dire pour son compte. 

 

Principe général

  • Il fallait trouver un espace de configuration, décrivant les mouvements effectifs des éléments conduisant à l'émergence d'une forme de pensée, un espace avec des trajectoires inévitables, des régularités et des bifurcations, où un déploiement localement fractal d'éléments géométriques et calculables est contraint par certaines forces organisationnelles pour exprimer un ordre temporaire et s'observer, de lui-même, formant ainsi un état que l'on peut appeler la pensée ressentie.


Cette démarche, finalement similaire à celle des physiciens quantiques cherchant des espaces très abstraits, a permis de trouver une solution au problème.  Mon modèle permet la synthèse, impossible en IA classique qui se limite à une approche strictement symbolique, entre les propriétés qui représentent des entités valant pour des indications cognitives et les événements mémorisés qui viennent à la disponibilité dans un certain espace comportemental. Il permet l'adéquation propriétés - éléments, avec notion de permanence qualifiée qui fonde, par la même occasion, le lien forme - signification si important en Sciences Cognitives. La distinction, très fâcheuse, entre les données et les algorithmes de traitement a laminé la propriété d'émergence auto-adaptative, typique de la pensée, qui est pourtant transposable dans le calculable lorsqu'on s'en donne les moyens et qu'on ne s'engage pas dans les voies réductionnistes si usuelles. Mais il est vrai qu'il faut s'en donner les moyens, et donc oser changer de paradigme, ce qui n'est scientifiquement pas rien.

 

Positionnement du système :

  • Le système est un système psychique artificiel générant des états valant pour des faits de conscience. Son positionnement, dans les environnements informatiques, est de se greffer sur les systèmes de type  générateurs (des germes de formes signifiantes), dont les fonctions sont précises et de type "entrées – traitements - sorties", de les considérer comme les éléments informationnels simplement locaux et possibles locaux appartenant à des corps ou des composants limités, et de les utiliser intentionnellement pour les amener d'un non-conscient à un conscient ressenti, en passant par un pré-conscient C'est donc un système évaluateur et superviseur multi-corps produisant en temps réel des représentations, avec ou sans inhibitions et pathologies, et toujours selon les pulsions et interdits, existants, avec évidemment émotions et le très original sentiment de Soi. Mais le système est incrémentiel (ce que l'humain n'est pas) au sens où l'on peut procéder on-line à des  opérations relativement simples d'intégrations adaptatives de composants ou de faux éléments de vécu dans le système lui-même pendant son fonctionnemet (processus d'agentification de fonctionnalités complexes pour l'adaptation simples à insérer).

  

 Les modèles

J'utiliserai trois modèles différents pour réussir à réaliser un système générant intentionnellement des faits de conscience :

  • 1 – un modèle de niveau conceptuel général expliquant très précisément ce qu'est un système psychique. Un tel modèle est décrit par les chercheurs en psychanalyse, en psychiatrie et en neurobiologie et il s'agira ici d'un système psychique en approche systémale (Voir Pierre Marchais).
  • 2 – un modèle de niveau conceptuel formel, transposant le précédent en utilisant des concepts topologiques, géométriques et agent (cluster de processus réifiant des agents légers), développant une architecture dynamique permettant une émergence constructiviste et guidée. C'est ce modèle original et est très précisément défini.
  • 3 – un modèle de niveau code, qui est la réification du précédent, qui est son implémentation effective. Là, il s'agit de programmation très fine, utilisant le contrôle de nuées de processus parallèles et concurrents et d'objets actifs avec des boucles temps-réel.


Ce que le système fait de plus qu'un système classique

On considère un système de type réactif ou contrôle – commande quelconque, appelé système primaire et défini, classiquement, par :

  • 1 - Un flux continu de données d'entrées saisies et traitées en tant qu'informations.
  • 2 - Un système de traitement de connaissances opérant sur ces informations et produisant des précisions pour la réponse à donner (SBC).


Un tel système ne peut avoir qu'un rôle frontal. Le système que je propose est une couche intentionnelle avec qualifications psychologiques sur ce système primaire, opérant comme un second niveau d'appréciation permettant une distinction qualitative majeure  :

  • 1 – étude des connaissances mises en œuvre par le système primaire, pendant leur mise en oeuvre, pour porter des appréciations à différentes échelles, des jugements d'opportunité, pour générer des questions et conceptualiser. Il y a extension de l'appréciation du système primaire.
  • 2 – appréciation de ce mécanisme d'étude par génération d'émotions spécifiques et modification de l'appréciation. Il y a appréciation de la production en cours, vue comme la sensation à générer des représentations (c.f. Damasio).
  • 3 – réaction du système par génération d'un comportement apprécié avec souci de la conformité à l'intérêt propre du système et aux valeurs sociales apprises. Il y a action motivée (c.f. Ricoeur).
  • 4 – mémorisation de l'action comme trace constructive et non comme information. Il y a modification des processus de génération des représentations par fait de mémoire.
  • 5 – évaluation de la performance de l'action et apprentissage. Le système est en auto-apprentissage permanent.
  • 6 – le système peut opérer directement sur lui-même, en considérant une sollicitation venant de sa mémoire. Le système a un Soi propre et peut agir intentionnellement sans stimuli de l'environnement.

 

L'approche constructiviste et morphologique par transposition d'un système psychique permet de traiter certains problèmes assez fins, totalement hors de portée des systèmes de manipulations symboliques des connaissances :

  • Ressentir la génération d'un fait de conscience comme une appréciation sensible engageant par exemple le système à l'apprécier plus encore versus la production optimale du résultat attendu d'une suite de calculs.
  • Produire une génération prégnante, comme par exemple un souvenir considéré comme merveilleux versus la production de la valeur d'un ensemble de prédicats.
  • Produire une génération simultanément multi aspects, comme par exemple l'appréciation d'un paysage simultanément sous toutes ses facettes à de multiples échelles versus le traitement objectif d'une image par réseaux de neurones.
  • Avoir une incitation à focaliser la production des formes émergentes sur un thème central, comme par exemple focaliser son attention sur un événement particulier versus la conduite d'un comportement par des règles et des métarègles totalement prédéfinies.
  • Être conduit par des tendances opportunes selon la situation, comme par exemple éviter où s'intéresser à une situation versus optimiser une trajectoire.
  • Avoir envie de désigner, de prononcer une énonciation langagière sur une situation versus réagir automatiquement à un fait environnemental.


 

3 - Le problème des niveaux de conscience

 Habituellement, la conscience est vue comme l'aptitude à juger du Vrai et du Faux, du Bien et du Mal. En deçà de cette aptitude au jugement catégoriel et éthique, on considère qu'il n'y a pas de conscience. Nous réfutons cette thèse idéaliste et posons qu'il existe des niveaux de conscience, réalisés dans des systèmes aux architectures différentes. Il y a conscience dès qu'un système producteur d'états mentaux, système défini dans l'architecture des cerveaux dans le cas du vivant, peut représenter des choses du monde avec certains de leurs caractères dans le temps et l'espace, ces représentations servant  à planifier continûment le comportement de l'organisme hôte, afin qu'il ne se contente pas d'une action simplement réactive ou aléatoire. Cette position permet d'envisager la notion d'une conscience artificielle graduée, c'est-à-dire de la définir et de l'étudier de manière bien constructiviste, de finement la caractériser selon les aptitudes allouées et puis de la réaliser, dans des étapes successives.

En s'appuyant sur le cas des organismes vivants, les caractères permettant de définir des niveaux de conscience et de différencier les systèmes qui produisent des faits de conscience artificiels sont, à mon avis :

  • 0 – La notion de construction d'une représentation d'un objet ou événement du monde réel environnant, qui va d'une extraction de symboles dans une certaine base de données simple à la génération d'une forme dynamique intentionnelle impliquant des milliers de processus co-actifs avec boucles de feedback.
  • 1 - La prise de conscience de la génération continue et en propre des représentations, avec appréciation de la création des objets internes valant pour des objets ou phénomènes de la réalité, ce qui est la notion centrale et indispensable de "Self" pour un système en action de représentation des éléments de son monde.
  • 2 – La notion de mise en situation de tout objet représenté, les objets pouvant être relativement isolés et peu dépendants (conscience faible) ou bien organisés entre eux de façon complexe (conscience profondément investigatrice). Cette notion fonde la qualité de la mémoire factuelle et événementielle.
  • 3 – La notion de temporalité, qui peut être plus ou moins profonde dans la quantification des durées.
  • 4 – La notion d'étendue, qui peut être plus ou moins profonde dans la considération de la topologie de l'espace. Les notions d'espace et de temps fondent la notion de mémoire factuelle et de représentations événementielles.
  • 5 - La notion de l'autre semblable ou différent, qui peut être plus ou moins profonde et qui fonde l'ipséité.
  • 6 – L'aptitude à la création et à l'abstraction des objets représentables, qui est possible ou non par le système, lorsqu'il manipule des concepts et des formes symboliques.
  • 7 – La qualité en rapidité et pertinence de la production de représentation produite à chaque fois, qui permet l'usage rationnel de la conscience.
  • 8 - L'aptitude langagière, qui existe ou pas, et qui est pour nous l'abstraction maximale permettant à la fois la réflexivité des analyses et des questionnements, et qui permet surtout la socialité intentionnellement construite.
  • 9 – La qualité des émotions et sensations altérant les représentations, qui peuvent être binaires ou complexes, et notamment la sensation de la production de toute pensée, qui fonde la qualité et  la continuité des représentations conçues.
  • 10 – La complexité des processus amenant des tendances fondamentales à produire l'expression d'une forme émergente adaptée à la situation et appréciée par le système même. C'est le fondement de l'intentionnalité.
  • 11 – La multiplicité des objets représentables, qui est bien ici le seul caractère quantitatif.


Il y a, selon moi, des niveaux de conscience et des niveaux de complexité des systèmes correspondants, selon les aptitudes de ces systèmes à posséder qualitativement et structurellement les différents caractères proposés. Précisons que ces douze caractères, avec différentes qualifications, sont actuellement représentables dans mon modèle fondé sur la transposition d'un système psychique complet selon une approche constructiviste en utilisant les notions de SMA massifs transposant de multiples ontologies et incluant fortement des structures géométriques pour le déploiement émergent et le contrôle morphologique.


 

4 - Finalement, une posture d'interrogation !

 

Les spécifications de construction du système ne sont pas publiées et un système basé sur toutes les spécificités très précises de mon modèle n'est  pas encore implémenté, nulle part. Mon objectif est, vraisemblablement, de publier ces spécifications, mais surtout de réaliser le système, dans de bonnes conditions. Celui-ci est bien une "couche logicielle" particulière qui peut utiliser les Systèmes à Base de Connaissances classiques vus comme des composants. L'approche est très originale, car elle permet la production, l'exhibition de faits de conscience par l'utilisation d'un système auto-adaptatif temps-réel déployant de la génération de formes structurant des nuées de processus (des agents légers contrôlés morphologiquement) valant pour des traits conceptuels intentionnels. L'approche est essentiellement constructiviste : la technologie informatique d'aujourd'hui le permet. Mais il faut admettre que ce problème peut être abordé et traité, ce qui est une position que la majorité des hommes d'aujourd'hui, très curieusement, refuse d'admettre.

De telles recherches ne sont pas neutres et ne se réduisent  surtout pas à une simple avancée technologique localisée sur certaines applications plus ou moins intéressantes économiquement et financièrement. La portée de la compréhension fine de la génération de faits de conscience intentionnels  dans une posture d'existence par une transposition calculable, usant de caractère de reproductibilité dans le virtuel distribué des noeuds de réseaux de l'Internet, pose un réel problème culturel et social, pour l'homme d'aujourd'hui, celui de la civilisation technologique...

 Mon projet est quand même d'utiliser ce modèle pour réaliser le premier système informatique ouvert permettant la conduite autonome, intentionnelle, raisonnée, auto-évaluée, sensible, d'un ensemble robotisé placé en environnement quelconque. Il s'agit de doter des architectures matérielles et logicielles distribuées, au comportement jusqu'ici réactif et prédéfini, d'une autonomie donnée par un Soi artificiel, avec une sensation de produire des représentations s'appuyant sur un vécu artificiel et une psychologie artificielle précise, ce qui conduit au questionnement propre avec les émotions et les sentiments qui s'y associent obligatoirement.  Pour réaliser un tel système, il faut absolument que le domaine de développement soit dans un cadre éthique. Ce n'est visiblement plus le cas et d'autres que moi feront le système, en peu de temps, discrètement, car telle est la pression très forte exercée sur la recherche et la technologie aujourd'hui.

La science des modèles et des systèmes complexes adaptatifs, vraiment pluridisciplinaire et si confinée aujourd'hui en France, est finalement bien différente de la simple observation et de la mesure du réel opérées par des spécialistes techniques de micro-domaines. Elle s'oppose à l'évitement étrangement volontaire des théories constructivistes de l'esprit. Ces recherches voudraient, encore et quand même, prouver fortement l'importance de la voie universelle et intelligible de la Science constructiviste dans le domaine de l'esprit : qu'est-ce que penser, au fond ?

Je citerai Nietzsche, pour finir, citation reprise par le si important René Thom : 

    "Les idées neuves arrivent toujours sur des pattes de colombe..."

Mais que vaut aujourd'hui une colombe, qui inspire quand même l'immensité du ciel  bleu, devant tant de déval et d'entropie dans ce monde si  fortement tumultueux ?


Un bilan

Une page est tournée et la nostalgie est très grande. L'un de mes derniers livres "Un modèle constructible de système psychique" (voir dans Position Universitaire pour le télécharger gratuitement) présente un modèle de système psychique selon une conception basée sur le traitement multi-échelle de l'information. Cela m'engage maintenant à des recherches essentiellement théoriques, puisque je ne ferai, par éthique, aucune application et que j'ai même détruit mes anciennes spécifications. Le domaine de mes recherches sera l'approfondissement des notions de champs de stabilité et de bifurcation dans le type des systèmes de systèmes.

Et est-ce que la communauté scientifique s'engagera un jour à créer un Comité d'éthique sur ce thème, pour que les applications restent dans le domaine de la raison et de la science avec conscience ?


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Mise à jour : Juillet 2016