Photothèque du caporal Pietrelli Romain
De la 2e section de la 2e compagnie du 1/4e RT
Fréjus (Var) au Camp "Galliéni" et au Camp "Robert"
de Mai à novembre 1957
1- Incendie de forêt près de notre casernement - 2 et 3 C'est au camp Galliéni qu'on nous fagota de la sorte, on nous jeta dans les bras l'ensemble des effets sans même tenir compte de la taille de chacun, il fallait s'arranger entre nous pour des échanges compatibles, ce fut fait sans trop de problèmes sauf pour les chaussures, en effet, je chaussais du 42 et perçu une paire de 44 et une autre de 40. Les 40 n'ont jamais trouvé d'acquéreur - 4 et 5 devant le cimetière indochinois.
L'Instruction de base se fit au camp "Robert". Les instructeurs, des coloniaux fatigués par leur séjour en Indochine ne furent pas commodes. On nous laissait entendre que l'on servirait en Algérie chez les "Marsouins", alors il fallait faire l'honneur de la coloniale.
Stage de caporal. Je ne saurais donner une date exacte à ma nomination au grade de caporal. Cela devait être dans le courant de l'été 1958 à Mareth. C'est une histoire qui mérite d'être contée. C'est à Fréjus, dans la coloniale qu'elle débuta. On demandait des volontaires pour suivre le peloton d'élèves gradés. Malgré le handicap d'une surdité installée (60 d'une oreille et 40 de l'autre), je m'y inscrivis. Le stage se déroula normalement et sans rechigner, je suivis les cours avec sérieux. Vers la fin du stage, un lieutenant me désigna avec un camarade pour aller nettoyer sa chambre et y remettre un peu d'ordre. Je constatai sur son bureau un dossier marqué "peloton d'élèves gradés et la date". Une folle envie me prit d'y jeter un œil, mais vu la réticence de mon compagnon je le rassurai de la discrétion. Avec, enfin, son accord, je pris le premier tour de garde dehors en fumant une cigarette et en observant les environs. Puis vint son tour de surveillance. C'est alors que fébrilement j'ouvris mon dossier et le lus attentivement. Les appréciations étaient bonnes, il y avait un MAIS, une phrase comme : " Ne peut pas faire un gradé à cause de sa surdité...". J'ai sursauté et une rage me prit. Pourquoi m'avoir fait poursuivre le stage alors que cet officier avait pris cette décision irrévocable ? Je fomentai une vengeance. J'avais transpiré sang et eau pour rien pendant près de deux semaines. Le jour de l'examen, à l'épreuve du lancer de grenades offensives qui consistait à les lancer le plus loin que possible, à l'abri du muret protecteur, je ratai volontairement mon coup et la grenade vint exploser par très loin de l'officier surpris par ce geste inattendu. Il rétorqua : “que faîtes-vous Pierelli ? - " Ben, mon lieutenant, je n'entends pas bien!" Je vis sur son visage que ses méninges tournaient à plein régime et il devina sans aucun doute la lecture de mes notes lors de ma corvée de chambre. C'en était fini du stage et de la coloniale, ma mutation fut vite prononcée pour un séjour en AFN.
Embarquement à Marseille pour la Tunisie sur le "Rance". 48 heures de mauvaise mer.
Affecté en Tunisie au 4e RTT à Mareth
de novembre 1957 à septembre 1958
À Mareth, le manque récurrent de petits gradés permit d'ouvrir un stage de trois semaines à l'intention des petits nouveaux. Fort de ma précédente déconvenue, je ne me portai pas volontaire à la surprise des autres camarades. Étant donné que j'avais acquis une solide connaissance à l'ancien peloton, par bravache, je me présentai comme candidat libre à la dernière semaine, cela fut accepté et j'obtins l'examen sans trop de difficultés malgré la nouvelle méthode de guérilla dont j'avais discrètement assimilé les bases. Dans la section de combat au 4e RT en Algérie, je pense avoir assumé ma fonction honorablement puisque j'obtins la Croix de la valeur militaire.
Affecté en Algérie au 4e RT qui reprend les traditions du 4e RTT
à Djelfa de septembre à octobre 1958
Nous étions stationnés à proximité du port de Sfax pendant environ un mois pour effectuer le chargement du matériel militaire vu que la Tunisie avait obtenu son indépendance et que nous devions nous retirer de son sol. Notre mission était de surveiller le dépôt sur le port, et de faire embaucher chaque jour des Tunisiens qui se présentaient pour un emploi de manœuvre-docker consistant à charger le matériel dans la coque du bateau. Des chefs d'équipe de chez nous avaient parfois des problèmes pour les faire travailler.
Quant à moi, je ne rencontrais pas ces mêmes difficultés. Pour éviter leur propension à ne pas se fatiguer, j'usais de l'astuce de respecter leurs us et coutumes. Quand vint le tour de ma désignation, je comptai le nombre de manœuvres nécessaires à ce travail, une vingtaine environ. Parmi les sélectionnés j'invitai les deux plus âgés à former un groupe de travailleurs que je plaçai sous leurs ordres. Mon travail ne consistait plus qu'à surveiller d'un œil la bonne exécution. Ainsi pris en charge par un des leurs, ils travaillaient sans relâche avec entrain et fierté. J'en ai gardé un bon souvenir surtout quand ils me gratifiaient d'un large sourire.
Son unité embarque à Sfax pour Alger - 2 vues du port de Bougie lors d'une escale.
Djelfa : Dans l'attente d'une affectation dans l'une des compagnies de combat
De garde au dépôt de munitions de Djelfa
Lors du référendum de septembre 1958, protection des bureaux de vote.
Rejoint les Ruines romaines à la 2e Cie du 1/4e RT (Compagnie de combat)
d'octobre 1958 à octobre 1959
Au cours d'une opération
1- Lavoir. -2- Les deux gardiens. -3- réalisation d'un muret de protection. -4- Contrôle d'identité. -5- En attendant les camions.
1- Essai du FM 24/29. 2- Partie de pèche dans l'oued Mellah. 3- Observation depuis le Kef. 4- Entrainement avec le nouveau fusil Mas 56. 5- Le petit matin d'une opé.
Contrôle de la voie ferrée
Quand nous n'étions pas en opération, nous assurions la protection de la voie ferrée et de la Nationale 1 pour une semaine, soulageant d'autant la Compagnie d'appui. C'était un travail délicat à fort risque d'embuscade à cause des reliefs masquant les vues. J'envoyais mes voltigeurs pour visiter les alentours à gauche et à droite de la voie afin de consacrer tous nos efforts à inspecter les voies avec le reste du personnel, en prenant soin de laisser derrière nous deux gars en protection. Ce travail ingrat nous mangeait beaucoup de temps et de peines surtout par les fortes chaleurs. De plus ce n'était pas gratifiant pour une section de combat.
Garde au Kef
Ce n'était pas la seule corvée au camp des Ruines. Nous avions à assurer la garde sur le piton qui nous surplombait. Je n'aimais pas cette corvée pourtant nécessaire. Après avoir franchi le réseau de barbelés, nous entamions directement la pente abrupte de ce piton rocheux pour rejoindre une tour de pierre et un abri du même genre plus que précaire, domaine du vent et du froid. De là on dominait le poste, la nationale 1 qui la traversait et une partie de la voie ferrée en élévation par rapport à l'oued. Mais là n'était pas le problème, c'est l'arête rocheuse qui se poursuivait à l'opposé et dont nous n'avions pas une vue à longue distance tant elle était chaotique. C'est par là que venait le danger d'être assailli. Je prenais les précautions d'usage en les accentuant tant je n'aimais pas cette mission, surtout la nuit. La nuit, je conseillais à mes hommes de garde de ne pas se déplacer mais de se coucher sur le sol pour mieux voir l'éventuel intrus qui se découperait sur le ciel, donc visible. Et de renifler l'air, tel un chien, pour détecter une odeur humaine; car l'ennemi qui s'approche du danger, la peur le fait transpirer, il dégage alors une odeur particulière accentuée par son équipement et ses vêtements plus ou moins soignés. Ces musulmans, couchant parfois avec les bêtes domestiques portaient aussi leur odeur reconnaissable entre toutes.
Opération Amirouche et la précédente
Fin mars 1959, quelques jours avant cette opération de grande envergure nous avions crapahuté avec les bérets rouges et la Légion. La Légion avec ses blindés nous avait pris pour cible, ses mitrailleuses crachaient de tous leurs feux. Notre sergent-chef, un gars de Nancy, vieux baroudeur d'Indochine, nous intima l'ordre de rester allongés sur place et de se faire le plus petits possible. Un piper nous survola, sans doute alerté par notre sergent-chef, fonça droit sur les AM de la Légion en faisant ronfler son moteur pour faire cesser le tir. J'ai réellement cru ma dernière heure arrivée par cette magistrale démonstration de feu. Les balles crépitaient sur nos têtes à cadence rapide. Une fois l'ordre rétabli, nous avions les joues bien rouges et le corps recouvert par les branches et feuillages hachés menus. Le cœur cognait à rompre. Nous avions eu ce jour-là énormément de chance. Cet événement malheureux fut terriblement impressionnant; rétrospectivement, je me suis mis à la place des fells que nous combattions, ils devaient être extrêmement courageux pour subir une telle puissance de feu. J'ai encore en vision, l'un de mes hommes, un grand type, qui après la cessation des tirs, se donnait des claques sur la figure et criait à qui voulait l'entendre : "Je suis vivant, je suis vivant !". L'opération se poursuivait dans la continuité avec cette fois la Légion en bouclage.
Cet épisode regrettable, ne fut pas le seul, car la Légion fut responsable de notre premier mort en opération dans l'Atrech en février 1959. Nous progressions en tête du dispositif, avec sur le dos des panneaux blancs d'identification parfaitement visibles. Les AM de la Légion étaient en appui derrière nous. Soudain les fells se sont dévoilés, tirant de toutes leurs armes. Notre réaction fut immédiate et les mitrailleuses de l'AM des légionnaires crachèrent également, sans doute trop bas car une rafale atteignit le dos d'un de nos camarades. Il s'est retourné brusquement, a jeté un regard perdu vers l'AM fautive, a imploré sa mère puis s'est écroulé. Le sergent s'est précipité pour lui mettre un pansement, le trou dans la poitrine était tellement béant que cela ne suffisait pas à le combler. Il mourut pratiquement instantanément. Les légionnaires fautifs ont déclaré qu'ils ne savaient pas que nous étions devant, qu'on ne les avait pas prévenus. Pourtant cela se voyait avec évidence. Choqués, ils ont cessé de participer à la poursuite de l'opération.
Opération, du gros...
Quelques jours avant l'opération "Amirouche" nous avions eu un accrochage sérieux avec une importante bande rebelle qui nous avait pris à partie. Notre chef de section, le sergent-chef Malpièce, ancien d'Indochine, s'est tout de suite mis au fusil-mitrailleur. Il jubilait quand cela chauffait. Pour tromper l'ennemi il usait de toutes sortes d'astuces dont il avait le secret, un vrai chef de guerre.
Pour ma part, je me trouvais pas très bien placé sur le versant de la montagne. Collé au sol, j'ai rassemblé quelques pierres devant moi pour me protéger des vues et des tirs tendus. Cela sans doute ne suffisait pas, car au bout d'un certain temps j'ai perçu un claquement sec qui m'était destiné. Puis un second. J'ai réalisé que j'étais la cible d'un tireur isolé parfaitement bien posté. Alors j'ai fait le mort pendant de longues minutes pour qu'il change de cible. Ce qu'il fit car les tirs cessèrent, du moins sur moi. Pendant tout ce temps j'ai échafaudé un plan pour quitter ce lieu malsain. Doucement j'ai replié la jambe pour effectuer un bond et me mettre à l'abri d'une automitrailleuse de La Légion qui venait de se positionner un peu plus haut. A l'abri de l'AM, je signalai au chef de char l'emplacement hypothétique de ce tireur acharné. Lui aussi l'avait vu et c'est pour cela qu'il s'était installé à proximité afin de le neutraliser et me protéger. Quelques instants après, je vis débouler près de moi un soldat inconnu qui se mit aussi à l'abri du blindé. Il portait trois fusils, et dans un souffle court m'annonça que les servants d'une pièce FM venaient de se faire tuer successivement en prenant le relai du mort. Me vint alors à l'esprit l'avertissement de mon père, ancien de 1940 : Ne jamais prendre la place du mort, et qu'un mitrailleur FM, après avoir lâché quelques salves, doit de suite changer d'emplacement, car il peut être repéré et neutralisé".
Les rebelles étaient en nombre une ou deux compagnies, bien organisés, ils décrochaient sans cesse par groupe de cinq, protégés par l'appui feu des autres. Le contact a duré toute la journée sans grand résultat à cause du terrain qui leur était favorable. Alors ce fut le tour de l'aviation qui dans un ballet infernal ne les lâcha pas et utilisa tous ses moyens de feu. La nuit leur a été favorable, et comme d'habitude, ils se sont évanouis profitant de leur connaissance des lieux.
Le lendemain matin, ratissage de leur ancien emplacement, les chars et les avions ont laissé des traces de boucherie, des arbres pulvérisés, où certains avaient pris position, ce qui prouvait qu'ils y avaient laissé des plumes. Pas beau à voir, en tout cas, je n'aurais pas voulu être à leur place et j'estime que c’étaient des guerriers hors pairs qui méritaient notre admiration.
Opérations non datées et lieux inconnus
Il est difficile pour un caporal de situer les lieux des opérations programmées par le commandement car nous n'étions pas associés aux décisions. Les ordres se réduisaient à des préparations pour aller sur le terrain et à un embarquement dans les camions qui nous attendaient le long du mur protégeant le PC et la CA. N'ayant pas pris des notes lors de mon séjour, ce sont des flashes qui me reviennent. Ils sont donc sélectifs en fonction de l'événement plus ou moins marquant et ne me permettent pas de les dater.
Ce sont des actes accumulés qui m'ont permis d'obtenir une citation à l'ordre du régiment. L'action qui suit le démontre et a été l'élément déclencheur de la proposition.
Un jour, les camions nous débarquent au pied d'un djebel et s'éloignent rapidement. Après les dispositions de combat et la direction à prendre nous entamons la progression du mouvement de terrain jusqu'à son sommet. La section s'arrête pour l'observation de la vaste plaine qui se dévoile encadrée de part et d'autres par le flanc de montagnes peu engageantes.
J'aperçois un court instant un individu qui courait en s'éloignant de nous. Pas de quoi en faire un plat, je reste stoïque à l'événement à l'image du groupe. Quand survient le lieutenant Ducrettet, notre commandant de compagnie qui ne manque jamais une seule opération, il me regarde d'un air étonné et me lance : " Que faites-vous Pietrelli ? Mettez votre FM en batterie et ordonnez à vos hommes de prendre les dispositions de tir." Il pointe le doigt en direction de l'homme qui courait. "Mais il est loin, mon lieutenant, on a peu de chance de l'avoir". Alors l'officier prend le bigot et alerte le piper en lui fournissant les coordonnées. Le piper aussitôt poursuit l'individu qui s'arrête et ne bouge plus de sa position. L'ordre m'est donné de me rendre sur place pour le faire prisonnier, lui confisquer son fusil. Ramené près des autorités, il est interrogé et les renseignements fournis ont été essentiels pour modifier l'opération en cours.
Autre Opé
Comme à l'habitude, nous sommes transportés sans savoir où nous allons être débarqués. À peine pied à terre que les ordres pleuvent sur chacun des groupes pour entamer le dispositif de l'opération. Devant nous un djebel imposant qu'il faut ratisser jusqu'au sommet. A quelques mètres du sommet nous découvrons des feux éteints négligemment, encore tièdes. Cela prouve que les fells ne sont pas loin et ont dû s'éclipser promptement. Une fouille minutieuse du terrain est entreprise avec les précautions d'usage pour éviter la surprise. Nous tombons sur un fusil mitrailleur tout neuf, il n'a peut-être jamais servi, abandonné là à même le sol. Comme la pioche est fructueuse on reçoit l'ordre d'étendre nos recherches en cercles de plus en plus larges.
Soudain un coup de feu éclate touchant l'un de mes hommes de la pièce FM. "Je suis touché!" me dit-il. C'est alors que l'on se précipite sur lui pour lui enlever son sac et prendre ses chargeurs de la pièce FM. Comme il est encore debout, nous lui demandons s’il peut marcher jusqu'aux camions qui stationnent plus bas. À son approbation, il part seul vers les véhicules protégé par nos armes en cas d'une nouvelle attaque.
Cela devait être un tireur isolé qui avait pour mission de ralentir notre progression afin de permettre à ses amis de prendre une distance suffisante pour ne pas tomber dans la souricière. Le tireur ne voulait pas réitérer son coup afin de ne pas se dévoiler. Comme c'est souvent le cas, il creuse un trou près des rochers, suffisamment grand pour s'y loger et camoufler sa présence en la recouvrant par une pierre d'un bon gabarit. Dans ce secteur nous y avons passé la nuit.
Quant au blessé, de son nom Petit, c'était un homme de petite taille, plutôt trapu, il possédait une force herculéenne. Quand il vous serrait la main pour vous dire bonjour, vos doigts restaient collés à moitié écrasés, il fallait un temps pour que la circulation sanguine reprenne. Nous eûmes de ses nouvelles assez rapidement, c'était rassurant, car pour un veinard, c'était un veinard. La balle lui a transpercé le flanc s'orientant vers la colonne vertébrale, heureusement déviée par la lame d'acier du sac à dos et a continué son chemin vers le flanc opposé. Un vrai miracle car aucun organe vital n'a été atteint. J'ai encore une pensée pour lui, mais malheureusement on s'est perdu de vue.
Logement
Je partageais avec 3 autres compagnons. C'était une petite maison de pierre de deux chambres. La première contenait 6 lits et la seconde, la nôtre, seulement 4. Un lavoir occupait l'arrière. Chacun des occupants souhaitait un certain confort et aménageait en conséquence en fonction de son goût et de son aptitude son espace privé. Dans un coin, j'avais confectionné une sorte de studio avec des planches récupérées sur des caisses à munitions. Le tout travaillé au couteau et au papier de verre pour arrondir les angles en m'écorchant souvent les mains. Des étagères avaient la forme de palette de peintre. Sur l'une d’elles j'avais dressé des bougies. Cela ne manquait pas de charme et apaisait l'âme du soldat après de rudes journées...
Un jour de retour d'opération, on me fit savoir qu'une inspection d'un commandant avait pour but d'uniformiser les chambres sans fioriture ni touche personnelle. Des ordres avaient été donnés pour se débarrasser des encombrants. J'avais sué sang et eau pendant le peu de mes temps libres pour créer un petit havre de paix. Humilié et à contre-cœur je dus me résoudre à m'en séparer. J'appris plus tard qu'un sergent en avait hérité.
Prise d'armes des libérables
Le commandant de la compagnie avait prévu de rassembler les libérables sous la forme d'une prise d'armes. A la 2e section les libérables concernés voulaient marquer le coup en ne s'y présentant pas car de nombreuses déconvenues s'étaient accumulées. Je n'étais pas d'accord avec l'ensemble, mais me soumis en engageant ma parole. Peu à peu des changements d'attitude se firent jour et je me trouvai isolé par respect de la parole donnée.
Finalement et sans scrupule, ils assistèrent tous à la cérémonie. J'avais trouvé un prétexte pour excuser mon absence.
A l'issue de la manifestation, mes compagnons quelque peu en joie et pour certains arborant la Croix de la Valeur militaire hautement méritée, m'ont tout bonnement ignoré. Je n'ai pas su de suite que moi aussi j'avais obtenu la Croix. Elle me fut remise le jour de la libération de la main à la main sans autre forme de cérémonie. Quelle frustration d'être ainsi traité par l'encadrement et par mes compagnons de misère! Mais enfin, on a reconnu mes mérites.
La 2e Section de la 2e Compagnie du 1er Bataillon du 4e RT
( La 2e Cie à Faïd el Botna )