Pour réconcilier souveraineté alimentaire, santé des consommateurs et respect des écosystèmes
L’ITK TEK est un itinéraire technique complet pensé pour les climats secs tunisiens.
Son objectif : passer d’une agriculture qui épuise les sols, consomme beaucoup d’eau et dépend d’intrants importés, à des systèmes agroécologiques régénératifs capables de :
restaurer rapidement la fertilité des sols et les cycles de l’eau verte ;
sécuriser les revenus des fermes en réduisant fortement les charges ;
nourrir des filières courtes locales, de la ferme à l’assiette.
En quelques décennies, la céréaliculture et les systèmes irrigués ont fait perdre 50 à 75 % du carbone des sols tunisiens. Les terres sont souvent nues 7 à 9 mois par an, labourées et exposées à l’érosion ; la productivité baisse, alors même que la dépendance au blé importé et aux intrants chimiques augmente.
Parallèlement :
le Semis Direct (SD) « classique » a en partie échoué : peu de couverts permanents, matériel cher et/ou nécessitant trop puissance, herbicides indispensables, accompagnement insuffisant, surfaces en SD limitées ;
l’irrigation goutte-à-goutte a d'abord semblé un progrès tout comme les produits chimiques, mais finalement, elle salinise les sols et vide les nappes sans rétablir les cycles de l’eau.
Les expériences d’agroécologie « standard » sont utiles, mais restent trop lentes pour nous mettre à l’abri du risque de famine en contexte de crise climatique et géopolitique. L’ITK TEK a été conçu pour changer d’échelle et de vitesse.
En Tunisie, la photosynthèse active ne dure souvent que 4 mois par an. Or la photosynthèse est la pompe à carbone, à fertilité et à valeur ajoutée : les exsudats racinaires peuvent transformer jusqu’à 46 % du carbone capté en matière organique stable, bien plus efficacement qu’un simple mulch ou compost de surface.
L’ITK TEK vise donc :
des couverts végétaux 365 j/an :
couverts d’été sans irrigation (plantes sauvages adaptées),
couverts d’automne/printemps semés en opportunité,
cultures associées en hiver (pas de monoculture) ;
une verticalisation de la végétation : herbacées + arbustes + arbres (systèmes multi-strates) pour transformer au maximum le soleil méditerranéen en photosynthèse.
L’ITK TEK considère les arbres comme des ingénieurs du cycle de l’eau :
ils évapo-transpirent, émettent spores et composés volatils qui aident à former nuages et pluie ;
des systèmes agroforestiers multi-étagés bien conçus peuvent capter jusqu’à 2 à 4 mm d’eau atmosphérique par jour en période chaude, et recycle une partie de l’eau déjà évapo-transpirée.
Restauration de l’eau verte = combiner :
agroforesterie syntropique (lignes d’arbres semés, multi-strates, tailles fréquentes),
couverts vivaces C4 résistants à la sécheresse,
sol vivant : toujours couvert et le moins perturbé possible.
Les leviers principaux :
semis direct sur couverts permanents (SDCV) sans chimie destructrice ;
bio-intrants de ferme pour stimuler la vie du sol ;
pâturage tournant dynamique et rôle clé des animaux dans le réensemencement microbien ;
tailles syntropiques des arbres qui déclenchent un « cry for help » : augmentation des exsudats racinaires, de la disponibilité de l’azote et de la résilience.
Objectif assumé : régénérer les sols 5 à 30 fois plus vite que les approches agroécologiques classiques.
Le SDCV remplace la jachère par un ou plusieurs couverts végétaux par an, annuels ou vivaces, adaptés au climat semi-aride :
couverts d’été sans irrigation : Heliotropium europaeum et H. supinum, Chrozophora tinctoria, Kickxia lanigera, Dittchiria viscosa, caprier…
couverts d’opportunité de mi-saison (sorgho, panic érigé…) dès qu’une pluie tardive ou précoce le permet ;
cultures associées d’hiver (blé + lentilles, céréales + légumineuses, méteils fourragers…).
Couvert permanent = :
sol toujours protégé,
exsudats racinaires en continu,
gestion des adventices par la concurrence et la biomasse, complétée par un désherbage mécanique (scalpage des faux-semis, herse roto-étrille, bineuse d’inter-rang, écimeuse) pour sortir des herbicides.
L’agroforesterie syntropique introduit dans les parcelles :
des lignes d’arbres et d’arbustes semés (et non plantés), avec 10 à 20 espèces par ligne ;
« usine à biomasse » pour produire BRF et mulch pour les grandes cultures,
« banque fourragère arborée » pour les troupeaux ;
une canopée en relief « type Romanesco » qui capte la rosée et crée des microclimats ;
un ratio typique 70–80 % espèces de service (biomasse, ombre, azote) / 20–30 % espèces de production (fruits, bois, fourrages).
Un semoir agroforestier innovant permet de semer les arbres en bandes : coûts divisés par ~20 et vitesse d’implantation multipliée par ~20 par rapport à la plantation classique, avec des arbres plus résistants au stress hydrique.
Les biofabriques sont des unités à la ferme qui permettent de produire la majorité des intrants biologiques nécessaires :
intrants liquides aérobies (thés de compost oxygéné, mycorhizes, Azotobacter) ;
intrants liquides anaérobies lactiques (LiFoFer, Bokashi liquide, EM®, extraits fermentés de plantes) ;
intrants « à cycles » avec aération intermittente ;
intrants solides (Bokashi / mères solides), compost Johnson-Su, lombricompost…
Résultat :
réduction/suppression des fongicides et insecticides de synthèse ;
meilleure santé des plantes, des sols et des travailleurs ;
internalisation des profits : moins d’achats d’intrants, plus de valeur ajoutée sur la ferme.
Pour que l’ITK TEK soit accessible aux petits tracteurs tunisiens, il s’appuie sur une gamme d’équipements conçus ou adaptés localement :
semoir de semis direct strip-till rotatif (75 ch) capable de semer dans un mulch épais sans bourrage, avec option micro-irrigation dans la dent pour simuler la « première pluie » ;
solution complète de désherbage mécanique : scalpeur de faux-semis, herse roto-étrille, bineuse, écimeuse ;
semoir agroforestier pour les lignes d’arbres ;
équipements de biofabrique (cuves, aérateurs, pompes, capteurs pH/RedOx/EC, nettoyeur haute pression, lampe UV).
L’ITK TEK ne s’arrête pas à l’agronomie. L’objectif est aussi de ramener la valeur ajoutée sur les fermes et dans les territoires ruraux :
transformation de céréales en produits traditionnels (couscous, bsissa, mhamsa, nwasser, etc.) ;
transformation laitière simple (lben, raieb, beurre, fromages frais…) ;
valorisation des coproduits pour l’alimentation animale ou les bio-intrants.
Cette transformation de proximité :
sécurise mieux les débouchés des fermes ;
crée des emplois, notamment pour les femmes et les jeunes ;
renforce l’ancrage culturel des produits.
L’ITK TEK encourage :
les marchés de producteurs et circuits courts : du producteur au consommateur, sans intermédiaires inutiles ;
la mise en place de paniers complets construits par des groupes de producteurs (céréales, huile, produits laitiers, légumes, produits de la mer) ;
une communication « Farm ↔ Fork » qui relie pratiques régénératives à la santé des consommateurs.