Dora Providence // Zaz Zetoun Mind - Partage des cimetières
Partage des cimetières
Ciel très seul. Peur de nuire. Étoile alertée. Trois veines de la mort suintent en gouttelettes de sang. Relient les métastases stellaires du cosmos enflé aux gorges de la peur molle. Une forme de larmoiement stérile issu du goitre de la terreur. La nuit sans tain divinise le cul taré de sévices. Un cœur de poumons chante des louanges au regard perdu dans la turgescence du corps épris de son propre enfer. L’élu des chevauchées spasmodiques dans l’infinie contorsion nocturne de ses pupilles. Les visages tordus des ombres de cette chevelure de pierres changée en destin montent la garde jusqu’au dernier soupir, se régalent de la suppuration des plaies qui plaident coupables au tribunal du rire. Les forces s’amenuisent au son du rognement de l’os, par les cavités offertes au délire de l’instant saisi par l’amputation des trompes du temps. Partage des cimetières.Dora Providence // Zaz Zetoun Mind - Childhood Aorta
Il n’y a rien de plus vaste en ce monde que l’intérieur d’un crâne. C’est merveilleux ! Tout est là, intact dans le mouvement perpétuel, miroitements de couleurs, de sons d’où sourdent des images d’oiseaux perdus, de poissons morts, de forêts renaissantes, de l’odeur des murs en argile qui s’effritent déposant au sol une poussière jaunâtre qui avec le temps forme un monticule. Quel bonheur de pisser là-dessus et de s’emplir les narines de tous ces aromates que l’urine mêlée à l’argile dégagent ! L’éternité… Comme aorte de l’enfance où braillent martinets, frères oiseaux,au cœur de la rue des Cinq Lunes, la vieille folle retrousse son tablier, découvre des chaussettes noires mi-mollets sur de longues jambes blanches, varicées, desséchées et tordues par tant de nuits noires passées à tenter d’essorer le cauchemar dans les entrailles de l’insomnie., sous le regard moqueur de la tourmente qui de son œil oblique révulse les images en vrac que dégueule la mémoire biliaire. Hallucinations, sang d’encre et de caillots roulés par le débit. C’est la fonte des rêves ou quoi là-haut ? Dès l’aube, offre son cul aux hirondelles, gazouillis à tous les étages ! Nos regards perdus cherchent un raccourci pour l’après, peine perdue, nous y sommes. Ni boussole,ni roses,ni vents,quant à la mousse des arbres, elle a perdu le nord, elle aussi. Par dépit, vraiment ? S’immergent dans la démence de cette fontaine qui n’en finit plus de noyer les fourmis ovipares. Nous avions tellement soif...Dora Providence // Zaz Zetoun Mind - Psalmodia
Psalmodia
La dissection du rêve de bête noire enkystéedévoile les décombres d'un festin guerrier.Fangeuse avalaison, le régime anthropophage des morts-vivants.File d'attente de la station prophylactique, le temps se solidifie dans la sueur, histoire nyctalope du repli d'un cauchemar entre murmures et grésillements de la catastrophe.L'élimination inodore de l'ennemi pixélisé et malgré tout l'aube revient en odeur de thanatopraxie.L'amen tendu vers l'arborescence des plaies palpébrales sous les oculaires globes du soleil intérieur.Arbre mort devenu les larves de Cerbère dévorent l'invisible.Sombres échos sous les crânes essayant de louer le monde mutilé.Je veux être un animal cette nuit, disséquer la cognition de la louve afin de rougir le ru de ses horizons liquides jusqu'au fer.Aigreur des boussoles pointant le nord au duel des tertres laiteux dans la constellation des carillons oléagineux de la corne au sourire d'arbre.