Le morceau est conçu comme une introduction. Il commence par des bruitages évoquant le premier éclairage public de Châteaulin (histoire vraie) et la fête qui fut organisée à cette occasion. Dans l'histoire, c'est lors de cette soirée que se rencontrent Charles Gauthier et Louise Loti. Je les ai imaginé à la nuit, en haut d'une bute surplombant le village, regardant le feu d'artifice de fin de soirée. Neuf mois après naîtra un enfant, Marcelin.
La première partie a des changement de mesures; cela commence en 4/4 puis du 3/4 et une mesure de 5/4 de temps en temps. Tonalité Fa Majeur.
La partie parlée annonce la seconde partie en Fa mineur imaginée comme un flashback. J'avais enregistré une voix parlé classique mais cela ne me plaisait pas sans savoir pourquoi. J'ai essayé en chuchotant et cela s'est avéré plus judicieux. J'ai gardé la première prise parlée (en la dupliquant et en mettant les deux au fond du mix, séparées dans la stéréo et décalées temporellement).
Le clip montre une fête bretonne de 1929, donc bien plus tard que la naissance de Marcelin mais les traditions bretonnes n'avaient sans doute pas beaucoup évoluées en "seulement" 42 ans... J'ai beaucoup aimé ces images dont l'homme qui regarde la caméra que j'ai placé à la fin. Que pouvait-il penser de cet objet??
La vie de Marcelin Gauthier de 13 à 20 ans: Marcelin est allé quelques temps à l’école; il aide maintenant ses parents à la ferme qui deviendra un jour la sienne. Bien qu'il soit travailleur et opiniâtre, il commence à ressentir l'appel de l'horizon.
Ses copains le surnomment d'ailleurs le "Vol-au-vent"; pour son regard (trop) souvent au loin et aussi pour ce plat que l'on peut déguster en ville. La fille du fermier voisin, Zélie, est amoureuse de lui et c'est parfois réciproque.
Marcelin ne le sait pas encore mais un évènement familial va bientôt le pousser à changer de vie et à découvrir le monde. Ce monde qui bouillonne, cherche à dompter les lois de la nature et se jette à corps perdu dans la recherche du confort...
La vie de Marcelin Gauthier de 20 à 22 ans
Les parents de Marcelin ont disparu dans un tragique mais banal accident agricole. Ils ont néanmoins eu le temps de prouver à ceux qui pensaient que leur rencontre avait été trop rapide (tout comme la naissance de leur fils) que leur amour était véritable.
Dés lors, plus rien ne retient Marcelin qui rêve de partir et voyager; pas même Zélie qui espére pourtant une union rapide. Marcelin part donc à Paris pour devenir livreur de charbon avec un lointain cousin «Bougnat»
(Les Bougnats -mot provenant de l’association charbonnier + Auvergnat- étaient des immigrants originaire du massif central faisant à cette époque du commerce de charbon et de bois dans la capitale).
Là bas, la vie sera difficile mais peu importe, l’essentiel est de ne pas rester en place, de dépasser ce que l’on connaît pour voir la vie autrement, comme ses parents l’avaient fait avant lui.
Marcelin a donc quitté Paris (et Zélie), pris le train puis le premier cargo avec la volonté de trouver une terre aussi sauvage que lui.
Une fois son sac posé au détour d'une escale et un choc culturel inévitable, Marcelin va s'habituer lentement à ce nouveau pays et cette nouvelle langue.
A force de se repeter que c'est ici chez lui, les habitudes vont s'installer et il sera bientôt prêt à se laisser rattraper par son histoire.
La Musique Elle commence par une surprise qui symbolise le choc que peut avoir Marcelin en découvrant ce nouveau pays. S'en suit une longue plage où les choses se mettent en place, les habitudes se forgent. Au vocoder (effet synthé+voix), il y est répété le titre du morceau.
La deuxième partie, avec l'arrivée du Sax, symbolise la routine qui s'installe avec un ostinato rythmique rassurant. Le tout se termine par un son de sonar (Marcelin "scanne" encore son environnement...) introduit plus tôt dans la musique.
Marcelin s'acclimate à ce nouveau pays. Il devient "par hasard" installateur de poteaux électriques et creuse des trous au bord des chemins pour transporter la fée électricité.
Jusqu'à rencontrer la sienne au bout d'un long chemin qui mène à un grand domaine... Elle s'appelle Chloé.
Le "CLIP" Pas forcément à l'aise pour me mettre en scène, j'avais néanmoins envie de mettre en pratique un effet visuel et j'étais le moins cher sur le marché... J'ai ralenti à 50% la musique, filmé des images dessus en faisant un play-bach au ralenti puis monté les images en les accélérant à 200%.
J'ai collé la vraie musique sur ces images et le tout donne cet aspect speed dans les mouvements. Après comme c'est fait en à peu prés 30mn, il manque un vrai décor, un vrai scénario, etc... (qui a dit un vrai chanteur?).
Marcelin s’est marié rapidement avec Chloé, la fille d’un expatrié français, comme lui. Grâce ou à cause d’elle, puis de leurs deux filles, il n’aura plus jamais envie de repartir. La vie suivra son cours, et en un clin d’oeil ou tout comme, il sera bientôt grand-père cinq fois. Ainsi court la vie.
La vie qui l’abandonne maintenant... C’est l’heure de prendre son papier à lettre et de dire aurevoir. Itinéraire des souvenirs.
Arbre généalogique imaginé de Marcelin