Portraits
Chaque mois, partez Ă la rencontre de celles et ceux qui font briller le basket fĂ©minin charentais. Portraits, histoires et inspirations au fĂ©mininÂ
Chaque mois, partez Ă la rencontre de celles et ceux qui font briller le basket fĂ©minin charentais. Portraits, histoires et inspirations au fĂ©mininÂ
PORTRAIT DU MOIS MAI 2026Â
Chaque moi, l'équipe WCBB part à la rencontre de celles et ceux qui font briller le basketball féminin en Charente.
Ce mois-ci, StĂ©phane Rossignol â Coach des U15 FĂ©minines - du Basket Club Puymoyen a eu la gentillesse de rĂ©pondre Ă nos questions.
Professeur dâEPS et passionnĂ© de formation, StĂ©phane Rossignol sâinvestit depuis plusieurs annĂ©es dans le dĂ©veloppement du basket fĂ©minin local.
Un coach engagé, construit par le terrain, avec une vision claire : faire progresser par le collectif et le travail.
WCBB / Stéphane Rossignol (S.R)
WCBB :Â
Bonjour Stéphane,
Pouvez-vous vous prĂ©senter en quelques mots et nous raconter votre parcours dans le basketball, au sein du club de Puymoyen (bĂ©nĂ©vole, salariĂ© ?) et en tant quâentraineur (pourquoi ce choix dâentrainer une Ă©quipe fĂ©minine) ?
Stéphane Rossignol :
Je suis proche de la cinquantaine et professeur dâEPS en collĂšge depuis de nombreuses annĂ©es. PĂšre de trois enfants, tous passĂ©s par le basketball en Charente, notamment au club de Puymoyen et Ă Soyaux, je me suis progressivement investi dans ce sport.
Au fil du temps, jâai appris et me suis formĂ© grĂące aux nombreux entraĂźneurs du Grand AngoulĂȘme qui mâont beaucoup apportĂ©. Câest aussi le manque de coachs qui mâa naturellement poussĂ© Ă mâengager davantage.
Jâai dâabord encadrĂ© diffĂ©rentes Ă©quipes, des U7 aux U15, avant de proposer logiquement mon aide sur le groupe U15 fĂ©minin, que jâentraĂźne depuis maintenant quatre ans. Ce choix sâinscrit dans la continuitĂ© de mon engagement au sein du club et de ma volontĂ© de contribuer au dĂ©veloppement du basketball fĂ©minin
WCBB : PrĂ©sentez-vous Ă©galement briĂšvement le club de Puymoyen (nom du dirigeant, nombre dâĂ©quipes fĂ©minines, nombre de licenciĂ©sâŠ)
S.R : Le club de Puymoyen compte environ 150 licenciĂ©s. Câest un club familial et dynamique, qui propose Ă la fois des projets orientĂ©s vers le loisir et la compĂ©tition, au niveau dĂ©partemental.
Le bureau du BCP fait un remarquable travail depuis plusieurs années.
Toutes les catégories sont représentées, aussi bien chez les filles que chez les garçons, avec des équipes engagées en championnat départemental, notamment deux équipes seniors masculines.
Concernant le pĂŽle fĂ©minin, il comprend une Ă©quipe U15F Ă©voluant en rĂ©gion, une Ă©quipe U18F engagĂ©e en interdĂ©partemental, ainsi quâune Ă©quipe senior fĂ©minine en entente avec Dirac.
Focus U15F
. WCBB : Nous voulions tout dâabord revenir sur la saison exceptionnelle des U15 filles, championnes en rĂ©gionale 1 !! Bravo Ă vous et Ă elles ! Avant dâentamer les playoffs, comment avez-vous vĂ©cu cette saison ?
S.R : La saison a Ă©tĂ© longue et dense, avec une prĂ©paration dĂšs la deuxiĂšme quinzaine dâaoĂ»t. Nous avons ensuite enchaĂźnĂ© avec un premier championnat visant la qualification en rĂ©gion, puis le championnat rĂ©gional. Nous abordons maintenant les playoffs, qui viennent conclure ce parcours exigeant. L'aide du caoch adjoint, BRICE VISINE, a Ă©tĂ© plus que prĂ©cieuse cette annĂ©e, je le remercie fortement.
. WCBB : Et est-elle le fruit dâun travail au long cours ?
SR : Oui, tout Ă fait. Rien nâarrive par hasard : câest le fruit du travail fourni cette saison, mais aussi de celui des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Il faut Ă©galement souligner lâimplication de tous les entraĂźneurs qui ont contribuĂ© Ă la formation des joueuses, notamment dans le cadre de la CTC lors des saisons passĂ©es.
. WCBB : Comment définiriez-vous cette équipe U15F en trois mots ?
S.R : Rigueur, solidarité, combativité
. WCBB : Quâest-ce qui vous rend le plus fier chez vos joueuses ?
S.R : Ce qui me rend le plus fier, câest leur complĂ©mentaritĂ©. Chacune apporte ses qualitĂ©s au collectif, et câest cette capacitĂ© Ă jouer ensemble, Ă se complĂ©ter et Ă avancer dans la mĂȘme direction qui fait la force de lâĂ©quipe.
. WCBB : Quelle est la plus grande progression de cette équipe depuis deux ans et/ou depuis le début de saison ?
S.R : La plus grande progression de lâĂ©quipe se situe dans la fluiditĂ© du jeu et la mise en place des systĂšmes offensifs. Les joueuses ont particuliĂšrement progressĂ© dans le jeu rapide, avec une meilleure lecture des situations et une capacitĂ© Ă se projeter efficacement vers lâavant.
. WCBB : Quel style de jeu cherchez-vous à développer ?
S.R : Je cherche Ă dĂ©velopper un jeu rapide, basĂ© sur le collectif. Lâobjectif est de favoriser la circulation du ballon, les enchaĂźnements rapides et la participation de toutes les joueuses, afin de crĂ©er un jeu dynamique et efficace.
. WCBB : Quelle valeur est non négociable dans votre groupe ?
S.R : Le collectif passe avant tout : chacune doit jouer pour lâĂ©quipe, partager le ballon et sâinscrire dans un projet commun.
. WCBB : Quel est le frein le plus important Ă la progression Ă la confiance en soi chez une jeune joueuse ?
S.R : Le principal frein Ă la progression et Ă la confiance en soi chez une jeune joueuse rĂ©side dans le sentiment dâĂ©chec et la peur de ne pas ĂȘtre Ă la hauteur. La notion de performance peut parfois ĂȘtre perçue de maniĂšre limitante, notamment lorsquâelle devient source de pression plutĂŽt que de progression.
. WCBB : Quel rĂŽle joue le plaisir dans votre projet sportif ?
S.R : Le plaisir joue un rĂŽle essentiel dans le projet sportif. Il ne se limite pas uniquement aux terrains : il peut aussi se construire en dehors, dans une autre ambiance, au sein dâautres moments de vie du groupe ou dans une autre salle. Lâobjectif est de maintenir du plaisir dans la pratique pour favoriser lâengagement et la progression des joueuses.
. WCBB : Comment préparez-vous un match ?
S.R : Tout dĂ©pend du match. Avec le coach adjoint, nous pouvons mettre en place une prĂ©paration individuelle, Ă travers une fiche projet de match, ou une prĂ©paration collective, voire les deux selon les besoins de lâĂ©quipe et les objectifs fixĂ©s.
. WCBB : Ayant eu la chance de voir jouer cette équipe U15F à plusieurs reprises cette saison, il y a manifestement un écart trÚs important en termes de niveau de jeu avec les autres U15F de Charente. Comment expliquez-vous cette différence ?
S.R : Les diffĂ©rences de niveau sâexpliquent par plusieurs facteurs. Tout dâabord, il y a une trĂšs forte implication des parents, notamment dans le suivi et la prĂ©sence des filles aux entraĂźnements. Ensuite, les joueuses font preuve dâun engagement important et rĂ©gulier, y compris pendant les vacances scolaires, avec des sĂ©ances spĂ©cifiques (footing, travail physique, tours de piste, etc.).
Par ailleurs, certaines joueuses sont inscrites en section sportive, ce qui leur permet de bĂ©nĂ©ficier dâun volume dâentraĂźnement supplĂ©mentaire. LâaccĂšs Ă des crĂ©neaux complĂ©mentaires, comme le shooting ouvert au BCP (merci Ă Tiago BOREGA) , contribue Ă©galement Ă renforcer leur progression.
Enfin, certaines filles ont participĂ© Ă des tournois intercomitĂ©s, des tournois de fin de saison ainsi quâĂ des compĂ©titions de 3x3, ce qui leur permet dâacquĂ©rir davantage dâexpĂ©rience et de maturitĂ© dans le jeu.
. WCBB : Quel avenir sportif pour les joueuses de cette Ă©quipe ? Seront-elles toutes en U18 lâan prochain ?
S.R : Oui avec une projet individuel et collectif sur 3 ans afin de laisser du temps Ă chacune pour progresser.
. WCBB : Serez-vous à nouveau coach de cette belle génération pour garder cette dynamique la saison prochaine ?
S.R : Oui, je me proposerai.
Focus développement & basket féminin
. WCBB : Un rĂ©cent rapport (janvier 2026) de la MGEN, souligne le dĂ©crochage des filles dans la pratique du sport Ă partir de 15 ans (50% des filles arrĂȘtent le sport malgrĂ© elles).
A votre niveau (personnellement ou au sein du club), comment donnez-vous envie aux jeunes filles de faire/continuer le basket ?
S.R : Ă mon niveau, et au sein du club, il sâagit avant tout de proposer un projet basket adaptĂ© aux compĂ©tences des jeunes filles, avec un niveau de dĂ©calage optimal pour favoriser leur progression et leur plaisir de jeu.
En parallĂšle, nous cherchons Ă construire un projet plus global, qui ne se limite pas uniquement au basket, mais qui intĂšgre aussi dâautres pratiques sportives comme la boxe ou lâathlĂ©tisme. Cela permet Ă chacune de sây retrouver, de rester motivĂ©e et de dĂ©velopper un bagage sportif plus large et plus complet.
. WCBB : Quelles sont selon vous les difficultés spécifiques du basket féminin en milieu amateur ?
S.R : Les difficultĂ©s spĂ©cifiques du basket fĂ©minin en milieu amateur sont multiples. Tout dâabord, on retrouve parfois un manque de visibilitĂ© et de reconnaissance, ce qui peut freiner lâattractivitĂ© et la fidĂ©lisation des joueuses.
Il existe Ă©galement des contraintes liĂ©es Ă lâeffectif et Ă la disponibilitĂ© des joueuses, notamment en raison des Ă©tudes, des dĂ©placements ou des autres activitĂ©s sportives. Cela rend la continuitĂ© du travail plus complexe.
Enfin, lâaccĂšs aux ressources (crĂ©neaux dâentraĂźnement, encadrement qualifiĂ©, compĂ©titions adaptĂ©es) peut ĂȘtre plus limitĂ©, ce qui nĂ©cessite souvent beaucoup dâadaptation et dâinvestissement des clubs et des encadrants pour maintenir un niveau de pratique de qualitĂ©.
. WCBB : Le manque de visibilité impacte-t-il la motivation des joueuses ?
S.R : Oui, le manque de visibilitĂ© peut avoir un impact important sur la motivation des joueuses. Cependant, dans notre groupe, nous avons essayĂ© de limiter cet effet en mettant en place des outils de communication comme une chaĂźne YouTube pour diffuser les matchs, ainsi quâun compte Instagram dĂ©diĂ© aux highlights. Cela permet de valoriser les performances et de donner plus de visibilitĂ© au travail rĂ©alisĂ©.
. WCBB : Que manque-t-il aujourdâhui pour mieux valoriser ces Ă©quipes fĂ©minines en Charente et ĂȘtre ambitieux pour elles ?
S.R : Aujourdâhui, pour mieux valoriser les Ă©quipes fĂ©minines en Charente et leur permettre dâĂȘtre plus ambitieuses, il manque avant tout un vĂ©ritable projet structurĂ© dĂ©diĂ© au basket fĂ©minin. Un projet qui rassemble les meilleures joueuses, mais aussi les meilleurs encadrants, afin de crĂ©er un environnement plus exigeant et plus formateur.
Vie de coach
. WCBB : Quâest-ce qui vous donne encore envie dâaller sur le bord du terrain tous les we (tous les jours ?)
S.R : Le plaisir de voir les filles évoluer tous les we.
. WCBB : comment est-ce que lâon concilie cette passion, cet engagement au quotidien et sa vie de famille ?
S.R : Si ce n'est pas un projet de famille, c'est impossible !
. WCBB : Avez vous un mentor « entraineur / coach » qui vous inspire ? (Femme ou homme, dans le basket ou dans un autre sport)
S.R : Pas particuliÚrement mais je me suis beaucoup appuyé sur les SAVOIRS et les SAVOIRS FAIRE de Quentin Crespino (Coach Soyaux). J'en profite ici pour le remercier.
. WCBB : Pour terminer, si vous aviez une devise dans le sport ou dans la vie en générale à nous transmettre ?
S.R : "Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin"
WCBB : Rappelez-vous la date et le lieu du prochain match des U15F pour que nous venions les encourager !
Stéphane Rossignol : Le samedi 2 Mai 2026 à Puymoyen (1/4 de finale retour des play-offs Nouvelle Aquitaine contre BUGLOSE)
ââââââââââââââââââââââ
WCBB : Merci infiniment StĂ©phane de vous ĂȘtre prĂȘtĂ© au jeu de cette interview et bonne chance pour les playoffs.
Stéphane Rossignol : Merci à vous !
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L'équipe WCBB
#Basket #Basketball #BasketFĂ©minin #WomenBasketball #SportFĂ©minin #Charente #AngoulĂȘme #Puymoyen #NouvelleAquitaine #basketcharente
"PORTRAIT DU MOIS" MARS 2026đ
Interview de Brice BIMBO â Coach U11 FĂ©minines - Soyaux Basket
Chaque moi, l'équipe WCBB part à la rencontre de celles et ceux qui font briller le basketball féminin en Charente.
Ce mois-ci, Brice BIMBO, coach et entraineur des U11 filles au sein du club de l'ASBB Soyaux.
ArrivĂ© en Charente en 2021, ce passionnĂ© de basketball, formĂ© en Ăle-de-France, a su rapidement trouver sa place dans lâĂ©cosystĂšme local. Ă travers son engagement auprĂšs des jeunes joueuses, notamment chez les U11 fĂ©minines, il incarne une nouvelle gĂ©nĂ©ration dâentraĂźneurs : exigeants, pĂ©dagogues et profondĂ©ment attachĂ©s aux valeurs du sport.
à la croisée de la transmission, de la formation et du développement du basket féminin, Brice partage avec sincérité son expérience, sa vision du jeu et son regard sur les enjeux actuels, tant au niveau local que national.
Un Ă©change riche, au cĆur du terrain⊠et des valeurs qui font grandir les joueuses bien au-delĂ du basket.
WCBB / Brice BIMBO (B.B)
1.WCBB :
Bonjour,
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous raconter votre parcours dans le basketball ?
Brice BIMBO :
J'ai 38 ans, je suis arrivĂ© en Charente en 2021. Je suis originaire de l'Essonne, en banlieue parisienne, dĂ©partement oĂč j'ai commencĂ© le basket Ă l'Ăąge de 7 ans. Adulte, j'ai Ă©voluĂ© dans plusieurs clubs au niveau rĂ©gional en Ăle-de-France. AprĂšs une deuxiĂšme pĂ©riode d'interruption de quelques annĂ©es, j'ai repris la pratique du basketball en Charente ainsi que ma formation pour devenir entraĂźneur, d'abord au sein du club d'AngoulĂȘme, puis de Soyaux.
2. WCBB
PrĂ©sentez-nous Ă©galement briĂšvement le club de Soyaux (nom du dirigeant, nombre d'Ă©quipes fĂ©minines, nombre de licenciĂ©sâŠ)
B.B : Le club de l'ASBB Soyaux est dirigé par Cédric Dalla Valle. Il emploie deux salariés entraßneur, Romain Lhostis et Quentin Crespino, et s'appuie sur une dizaine de bénévoles engagés au quotidien. Le club compte 284 licenciés au total, dont 4 équipes féminines : les U11, les U15 qui évoluent en interdépartemental, les U18 en entente avec Puymoyen, et l'équipe sénior en RF3
C'est un club Ă taille humaine, dynamique et familial, oĂč l'on prend soin de crĂ©er du lien entre les gĂ©nĂ©rations. De nombreux Ă©vĂ©nements et stages de perfectionnement sont proposĂ©s tout au long de la saison, ce qui contribue Ă fidĂ©liser les licenciĂ©s et Ă entretenir une vraie culture club.
3. WCBB :
Depuis combien de temps exercez-vous les fonctions de coach/entraßneur ? Qu'est-ce qui vous a donné envie de coacher une équipe 100% féminine, notamment chez les U11 ?
B.B : Entraßneur depuis trois ans, mon chemin vers les U11 féminines s'est tracé naturellement. La saison derniÚre, je participais au coaching des U9 de Soyaux avec d'autres bénévoles lors des plateaux. L'équipe féminine U11 a commencé à se constituée en fin d'année. Le club a lancé un appel pour encadrer ce groupe, et c'est avec enthousiasme que j'ai répondu présent.
Le basket fĂ©minin m'est cher depuis que j'ai transmis cette passion Ă ma fille aĂźnĂ©e, qui a aujourd'hui 8 ans. Cet engagement s'est d'ailleurs Ă©largi depuis mon intĂ©gration au staff technique du comitĂ© de la Charente, oĂč j'interviens auprĂšs des Ă©quipes fĂ©minines dĂ©partementales U12 et U13.
4. WCBB :
Quelles différences observez-vous entre entraßner des filles et entraßner des garçons à cet ùge-là ?
B.B : La diffĂ©rence se situe principalement dans les capacitĂ©s physiques et l'intensitĂ© dans les duels. Mais mon positionnement reste le mĂȘme : je suis aussi exigeant et aussi soutenant, quel que soit le public que j'ai en face de moi.
5. WCBB :
Selon vous, quelles sont les principales qualités que développent les jeunes joueuses aujourd'hui ?
B.B : Je dirais le sérieux à l'entraßnement, l'application dans les exercices pour progresser, et le goût pour la compétition.
Ce que je vois surtout chez mes U11, c'est l'envie. L'envie de s'entraĂźner, de progresser, de jouer. Le temps de jeu sur un match ne leur suffit pas, elles pourraient en jouer un deuxiĂšme juste aprĂšs, ce qui fait vraiment plaisir Ă voir !
Et puis il y a cet esprit d'équipe qui s'est installé naturellement dans le groupe. Elles aiment se retrouver, jouer ensemble, et ça se ressent sur le terrain.
6. WCBB :
Sur quels aspects insistez vous le plus à cet ùge : technique, plaisir, confiance, collectif⊠? Pourquoi ?
B.B : Pour les U9 et les catĂ©gories infĂ©rieures, j'insiste davantage sur le plaisir de jouer et la confiance en soi. C'est un Ăąge oĂč l'envie de pratiquer, l'engagement et la passion doivent se construire en prioritĂ© sur des bases solides. Pour les U11, j'insiste davantage sur l'aspect technique et le collectif. La notion de performance, dans le sens oĂč la progression individuelle et collective doit s'inscrire dans la durĂ©e. Si la victoire est au rendez-vous, c'est un plus. En cas de dĂ©faite, je serai satisfait si j'ai pu observer des progrĂšs et des bonnes attitudes.
7. WCBB :
Comment travaillez-vous la confiance et l'expression individuelle chez des jeunes joueuses parfois plus réservées ?
B.B : Je prends le temps d'échanger avec les joueuses pour leur témoigner ma confiance, je suis attentif à leurs petits progrÚs et je leur apporte des feedbacks encourageants. Lors des rotations en match, je fais jouer par moments les plus réservées ensemble afin qu'elles prennent des initiatives et des responsabilités, à la place des joueuses plus confirmées. Je pense que c'est une bonne maniÚre de valoriser leurs compétences et qu'elles se rendent compte de leur propre capacités.
8. WCBB :
Comment voyez-vous évoluer le basket féminin dans les prochaines années, notamment au niveau local en Charente ?
B.B : Le développement du basket féminin dans les années à venir sera plus difficile du fait que d'autres sports attirent de plus en plus de filles (par exemple le football et le rugby ) ce qui est une excellente nouvelle pour la pratique sportive féminine en général, mais représente une concurrence réelle pour le basketball.
Localement en Charente, le vivier existe. Il y a des jeunes filles qui pourraient jouer au basket mais qui ne poussent pas encore la porte d'un gymnase, parfois parce qu'elles ne connaissent pas le club, parfois parce qu'elles ne se sentent pas lĂ©gitimes. Et ce qui est peut-ĂȘtre le plus difficile Ă surmonter, c'est quand ce frein vient des parents eux-mĂȘmes, qui ne projettent tout simplement pas leur fille dans ce sport.
Je reste optimiste. Les résultats de l'équipe de France féminine ces derniÚres années sur la scÚne mondiale sont trÚs bons, des leagues féminines se créent, les joueuses ont plus de visibilité (notamment grùce à des médias comme le vÎtre) et de reconnaissance tout cela contribue à changer l'image du basket féminin et à susciter des vocations. Si la Coupe du monde 2026 est une réussite pour les Bleues, cela pourrait, en plus, générer un vrai élan au niveau local. Les bonnes performances à haut niveau suscitent l'envie de s'inscrire dans un club.
9. WCBB :Â
Quelles seraient, selon vous, les priorités pour développer davantage le nombre de licenciées filles en Charente ? D'ailleurs, comment expliquez-vous qu'au sein du club de Soyaux, vous n'ayez pas eu de difficulté à constituer un groupe de 11 filles en U11 (chose rare en Charente) ?
B.B : Pour attirer davantage de licenciées, il faudrait poursuivre le développement des compétitions de basketball 3x3. Beaucoup de clubs n'ont pas suffisamment de joueuses pour constituer une équipe en 5x5. Des plateaux 3x3 seraient pertinents à mon sens. Il faudrait également que les clubs et le comité soient davantage présents dans les établissements scolaires, les centres sociaux et événements locaux pour détecter des jeunes joueuses.
Développer l'offre de basket loisir permettrait d'attirer celles qui sont moins attirées par la compétition.
Enfin, organiser plusieurs fois dans l'année des séances de découverte gratuites réservées aux filles serait un levier efficace.
En ce qui concerne Soyaux, constituer un groupe de 11 joueuses en U11 n'a pas été simple. La notoriété du club, la bonne ambiance qui y rÚgne, l'implication du président et le bouche-à -oreille y sont pour beaucoup. Mais il faut renouveler ces efforts chaque année.
10. WCBB :
ConcrÚtement, que mettez-vous en place pour valoriser et promouvoir le basket féminin au sein du club de Soyaux, et que pourrait-il encore améliorer pour mieux accompagner le développement des équipes filles ?
B.B : Une journée portes ouvertes aura lieu le 10 avril, de 10h à 12h au gymnase Pierre MendÚs France, dédiée aux équipes féminines U13, U15 et U18.
Par ailleurs, la place en finale de la Coupe de la Charente obtenue par l'équipe sénior est un excellent support de communication pour valoriser le basket féminin au sein du club et au-delà .
11. WCBB : Avez-vous une ambition particuliÚre pour votre équipe U11F cette saison (au-delà des résultats) ou pour les autres équipes féminines du club, notamment l'équipe sénior qui évolue cette saison en RF3 ?
B.B : Pour les U11F, l'objectif est qu'elles restent assidues à l'entraßnement pour acquérir des bases techniques solides. Certaines participent aux entraßnements de la sélection Charente ; j'espÚre qu'elles continueront à s'y investir avec autant d'engagement et de motivation.
Pour les U15F, qui évoluent en interdépartemental, la saison est compliquée. Elles ont débloqué leur compteur de victoires seulement le week-end dernier, j'espÚre qu'elles confirmeront ce week-end face à La Couronne.
Pour les U18F, j'espĂšre qu'elles conserveront leur deuxiĂšme place jusqu'Ă la fin de la saison.
Enfin, pour la RF3, je leur souhaite de remporter la Coupe de la Charente et de se maintenir en RF3.
12. WCBB :
Que diriez-vous à une jeune fille qui hésite encore à se lancer dans le basketball ?
B.B : Je lui dirais que le basket est fait pour toutes celles qui ont envie de pratiquer, peu importe leur taille, peu importe d'oĂč elles viennent.
Mais je lui dirais aussi que le basket est bien plus qu'un sport. C'est un espace oĂč l'on apprend Ă se faire confiance, Ă faire confiance aux autres, Ă relever la tĂȘte aprĂšs une erreur. C'est un sport d'Ă©quipe oĂč chacune a sa place, oĂč la petite ou la moins rapide peut faire la diffĂ©rence par son intelligence de jeu, oĂč la timide peut devenir leader par son sĂ©rieux. Le terrain est un endroit oĂč l'on grandit, pas seulement en tant que joueuse, mais en tant que personne.
13. WCBB :
Si vous deviez résumer votre rÎle en une phrase : que souhaitez-vous transmettre à ces jeunes joueuses, au-delà du basket ?
B.B : Mon rÎle est de faire progresser techniquement les joueurs et les joueuses, et de leur transmettre, comme valeurs individuelles, le dépassement de soi, la persévérance et la patience et comme valeurs collectives, la tolérance, la solidarité et la convivialité.
14. WCBB
Pour terminer, si vous aviez une devise dans le sport ou dans la vie en général à nous transmettre ?
B.B : Ce serait plutÎt une citation : "J'ai raté 9 000 tirs dans ma carriÚre. J'ai perdu presque 900 matchs. 26 fois, on m'a fait confiance pour prendre le tir de la victoire et j'ai raté. J'ai échoué encore et encore dans ma vie. Et c'est pourquoi j'ai réussi." Michael Jordan.
L'équipe WCBB
âš PORTRAIT DU MOISÂ / FEVRIER 2026 âš
Chaque mois, lâĂ©quipe WCBB part Ă la rencontre de celles et ceux qui font briller le basket fĂ©minin charentais. Portraits, histoires et inspirations au fĂ©minin.
Ce mois-ci, WCBB fait une petite exception à la rÚgle et s'exporte de l'autre coté de l'atlantique en mettant en avant Dawn Staley, une légende du basketball américain. Elle est connue pour ses exploits en tant que joueuse et entraßneuse. Née le 4 mai 1970 à Philadelphie, elle a marqué l'histoire du sport. Staley a joué pour l'équipe nationale américaine, remportant trois médailles d'or olympiques. En tant qu'entraßneuse, elle a conduit l'équipe féminine de l'Université de Caroline du Sud à plusieurs titres. Son parcours est inspirant, passant de joueuse talentueuse à mentor respecté. Elle est également une figure influente dans la promotion de l'égalité des sexes dans le sport. Dawn Staley continue d'inspirer les jeunes athlÚtes à travers ses actions et ses paroles.
L'équipe WCBB vous propose ici une retranscription du documentaire Netflix "The Playbook", consacré à Dawn Staley dans lequel elle partage sa vision du basket féminin, sa vision de la vie, ses combats, ses victoires, ses défaites à travers 4 leçons à retenir.
Référence de ce documentaire Netflix en bas de page.
A voir et Ă revoir par toutes les joueuses et coachs !! TrĂšs inspirant !
En attendant, bonne lecture !
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Leçon N°1 : VENIR AVEC SON PROPRE BALLONÂ
Dawn Staley : "Quand jâĂ©tais petite, les autres filles de mon quartier ne faisaient pas du tout de sport.
Donc quand jâĂ©tais plus jeune je jouais avec les garçons.
JâĂ©tais la cadette dâune fratrie de 5 enfants donc 7 avec les parents et Ă lâĂ©troit dans un 4 piĂšces. Une maison mitoyenne dans la citĂ©.
Mes grands frĂšres jouaient au basketball avec leurs potes et ne voulaient pas que leur petite sĆur traine avec des mecs.
Mais je mâen fichais et voulais jouer avec eux.
Les « grands » avaient pris possession du terrain de basketball oĂč tous les bons joueurs de basket se retrouvaient.
Donc quand jâĂ©tais petite, je me souviens que ma premiĂšre source de motivation câĂ©tait de pouvoir jouer un jour sur le terrain des « grands ».
On me rĂ©pĂ©tait souvent deux phrases quand jâĂ©tais jeune et que jâĂ©tais la seule fille sur le terrain :
La premiĂšre sâĂ©tait « retourne dans ta cuisine » et la deuxiĂšme scâĂ©tait "vas mettre un jupe » !
Ces mots me blessaient et les garçons refusaient de mâaffronter au basketball car jâĂ©tais une fille.
Donc je venais avec mon ballon et je me contentais de regarder les garçons jouer. Mais parfois jâĂ©tais la seule Ă avoir un ballon ! Donc jâai inventĂ© une rĂšgle !
Ils se servaient de mon ballon mais ils Ă©taient obligĂ©s dâaccepter que je joue avec eux !
Je ne comptais pas les laisser mâĂ©vincer juste parce que jâĂ©tais une fille.
Jâai fini par me faire respecter grĂące Ă ma persĂ©vĂ©rance. Et je nâavais plus besoin de venir avec mon ballon parce que je faisais partie des 10 joueurs qui entraient sur le terrain en premier.
JâĂ©tais attentive au jeu des autres et essayais de reproduire ce que je voyais.
Quand jâai commencĂ© Ă mettre mes adversaires en difficultĂ©, câest lĂ que jâai gagnĂ© leur respect.
Non seulement ils me respectaient mais ils musclaient encore plus leur jeu lorsque câest moi quâils sâaffrontaient. Ăa mâa endurci. Il faut savoir ĂȘtre forte parfois, prendre sur soi, persĂ©vĂ©rer.
Puis au lycĂ©e, jâai eu la chance de jouer dans une bonne Ă©quipe de filles et on attirait les foules.
Et pourtant Ă lâĂ©poque, ce nâĂ©tait pas comment commun de venir voir jouer une Ă©quipe de basketball fĂ©minine.
Jâai donc compris que je commençais Ă avoir un bon niveau.
Tout ce que jâai accompli aprĂšs ça, je lâai accompli parce que je dĂ©sirais par-dessus tout quâon respecte mon jeu, mes qualitĂ©s de joueuse de basket ! câĂ©tait mon moteur".
Leçon N°2 : POUR GRANDIR, IL FAUT SORTIR DE SA ZONE DE CONFORT
Dawn Staley : "Lors d'une arrivĂ©e dans un nouveau club, je ne parlais Ă personne, je nâĂ©tais pas bien, alors je me suis confiĂ© au coach aprĂšs une dĂ©faite en lui disant que je voulais marquer davantage mais que jâĂ©tais stressĂ©e, mal Ă l'aise. Ces propos, ce moment lĂ , ont profondĂ©ment changĂ© mon attitude avant les matchs : il mâa dit : « câest normal que tu stresses ! Mais moi je ne veux pas que tu sois Ă l'aise. Je veux que tu sortes de ta zone de confort ! tu dois te dĂ©passer. Si tu veux Ă©voluer, grandir dans le sport, dans les Ă©tudes, oĂč dans la vie en gĂ©nĂ©ral, sors de ta zone de confort !"
Il avait raison. Câest pour cela que câest difficile, quâon a tous du mal Ă Ă©voluer. Mais ce nâest pas parce que la vie nous met face Ă des situations pĂ©nibles quâil faut baisser les bras ou percevoir ces Ă©preuves comme des faiblesses. Il faut se servir de lâĂ©nergie et de la rigueur que vous puisez sur un terrain pour progresser au basketball, Ă lâĂ©cole ou dans la vie !
Oui, parfois il faut travailler dur, ĂȘtre dĂ©vouĂ© pour rĂ©ussir et quand on comprend cela, on obtient immĂ©diatement une meilleure estime de soi et de meilleurs rĂ©sultats !
Je lâai compris, et je suis devenu autant compĂ©titrice sur un terrain de basketball quâĂ lâĂ©cole pour tendre vers le meilleur de moi-mĂȘme dans nâimporte quel domaine de ma vie.
En match, je nâĂ©tais plus obnubilĂ©e par le nombre de panier que jâallais marquer mais par le fait de servir au mieux mon Ă©quipe, avoir du poids en respectant les consignes du coach.
En tant que coach, Ă mon tour aujourdâhui de dire Ă mes joueuses quâon est parfois obligĂ© dâavancer dans une direction dĂ©concertante pour comprendre oĂč on est et oĂč on veut aller !"
Leçon N° 3 : PRENDRE LâAVANTAGE A DOMICILE
Dawn Staley : "A ma prise de poste en tant que coach (Ă©quipe fĂ©minine 1) Ă lâuniversitĂ© de Caroline du Sud, jâavais un seul objectif : Je voulais gagner le championnat national (NCAA) pour que cette Ă©quipe devienne une rĂ©fĂ©rence dans le pays.
Mais Ă lâĂ©poque, je nâimaginais pas lâimpact quâauraient les supporters pour lâĂ©quipe sur notre Ă©volution !
Quand jâai commencĂ© Ă entrainer lâĂ©quipe fĂ©minine de lâUniversitĂ© de Caroline du Sud, au dĂ©but de tous nos matchs Ă domicile on pouvait compter le nombre de supporters prĂ©sents dans les gradins sur les doigts de la main.
On aurait voulu ĂȘtre vu par le plus grand nombre pour montrer que lâon dĂ©veloppait du beau jeu.
Sans supporters, câest impossible de se motiver, dâĂȘtre attractive et de recruter des joueuses capables de gagner un championnat.
Donc pour rĂ©ussir, je savais quâon avait besoin dâun public plus large.
Et on a complétement décoller aprÚs réussi çà !
Je voulais mener au sommet une équipe de basket féminine dans une ville qui ne jurait que pour le football.
Notre public est diffĂ©rent des autres Ă©quipes aujourd'hui ! Un nom du fan club identifiable, une mascotte, un accueil des supporters (famille, amis) digne de ce nom ! quand le public rentre dans le gymnase, il se sent en confiance et important, et quand on se sent important cela donne envie de sâimpliquer !
Câest rĂ©ellement grĂące aux supporters que nous sommes capables de nous surpasser sur un terrain et jouer les premiĂšres places au championnat chaque annĂ©e".
Leçon N°4 : LA REGLE DES 24 HEURES
Dawn Staley : "En 2O15, nous avions rĂ©ussi Ă nous hisser en demi-finale du championnat pour la premiĂšre fois de lâhistoire du club.
Mais nous lâavons perdu dâ1 seul petit pointâŠ
Ce fut comme un coup de massue. Certaines joueuses ont eu la force mentale dâavancer, dâautres non. Je comprends. Quand on a tout donnĂ© câest dur Ă accepter. En 1991, jâai dĂ©jĂ connu cette sensation, cette expĂ©rience en tant que joueuse en ratant le panier de la victoire en finale pour mon Ă©quipe. Jâai eu beaucoup de mal Ă me remettre de cette dĂ©faite, surement parce que jâavais touchĂ© mon rĂȘve du doigt. Et jâai regardĂ© en boucle ce match, ce panier manquĂ© des dizaines et des dizaines de fois. JâĂ©tais dĂ©primĂ©e. Jâavais mĂȘme perdu lâenvie de jouer au basket. Je ne trouvais plus la force de jouer.
Me servant de cette douloureuse expĂ©rience, quand je suis devenue coach jâai dĂ©cidĂ© dâimposer la rĂšgle dite des « 24H » !
On laisse passer 24h aprÚs une victoire ou une défaite et on tourne la page !
On avance ! il faut savoir avancer pas Ă pas quand on veut ĂȘtre une championne et il faut savoir perdre aussi !
Donc jâaccorde Ă mes joueuses seulement 24h pour savourer la victoire ou pour sâapitoyer sur leur sort. Et ensuite on met un pied devant lâautre et on repart.
Et on y est arrivĂ© !! on est arrivĂ© lĂ nous nous nâĂ©tions jamais encore allĂ©s, en remportant le championnat deux ans aprĂšs !
On obtient des résultats grùce au travail acharné, à la rigueur et à la préparation. Il ne faut pas se précipiter mais il ne faut pas y aller à reculons !
Ce nâĂ©tait pas mon destin de devenir championne en tant que joueuse mais bien en tant que coach !
Il faut toujours sâinvestir Ă fond mĂȘme si lâon ignore si nos efforts nous mĂšnerons jusquâĂ la victoire.
Et quand ça nous arrive. Quand ça nous arrive enfin, câest lâoccasion de repenser Ă tous ces gens, cette armĂ©e de personnes qui mâont permis dâen arriver lĂ oĂč jâen suis.
Toutes ces personnes sont des piĂšces du puzzle de ma vie.
Et je les ai croisĂ©es parce quâelles avaient un rĂŽle Ă jouer.
Ce fut difficile mais chacun de vous peut y arriver aussi, parce que je suis comme vous ! je suis comme vous ! jâai Ă©chouĂ©, jâai dĂ» surmonter plusieurs obstacles, sortir de ma zone de confort Ă plusieurs reprises, me remettre en cause et pourtant je suis encore lĂ !"
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Netflix / 2020 / Secrets de coach / Episode 5 "Les leçons de Dawn Staley"
Traduction et retranscription : L'équipe WCBB (Février 2026)
âšPORTRAIT DU MOIS DĂ©cembre 2025 âš
Chaque mois, lâĂ©quipe WCBB part Ă la rencontre de celles et ceux qui font briller le basket fĂ©minin charentais. Portraits, histoires et inspirations au fĂ©minin.
Ce mois-ci, DĂ©borah DAIGRE, joueuse expĂ©rimentĂ©e et emblĂ©matique du Jarnac Sport BasketBall, sâest confiĂ©e Ă lâĂ©quipe WCBB. Vous y dĂ©couvrirez son parcours, ses ambitions, sa vision du club, et son regard sur le basket fĂ©minin en Charente.
WCBB : Dans un premier temps, peux-tu nous parler de ton parcours de basketteuse (tes dĂ©buts, clubs, niveauâŠ) et pourquoi avoir choisi le basket.
DĂ©borah DAIGRE : Bonjour, j'ai commencĂ© le basket Ă l'Ăąge de 9 ans dans ce club du JSBB que je n'ai jamais quittĂ©. J'ai suivi le mouvement de ma sĆur Audrey qui avait commencĂ© avant moi. Le niveau le plus Ă©levĂ© que j'ai atteint c'est la prĂ© national pour une saison, sinon ces derniĂšres annĂ©es en RF2.
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WCBB : Peux-tu nous présenter briÚvement le club dans lequel tu joues, le JSBB ?
D.D : Le JSBB c'est un club familial et chaleureux qui existe depuis 83 ans.Â
10 membres au sein du bureau. Une coprĂ©sidence. 180 licenciĂ©s.Â
10 équipes de U7 à loisirs et des bénévoles sans qui le club ne fonctionnerait pas aussi bien.
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WCBB : Quelle personne tâa le plus inspirĂ©e en tant que basketteuse ? (Joueuse ou autreâŠ)
D.D : Je ne suis pas forcĂ©ment le basket pro mais j'aimais beaucoup le jeu de CĂ©line Dumercq. Et j'admire particuliĂšrement ma petite sĆur Doriane qui a jouĂ© Ă La couronne en National pendant quelques annĂ©es.
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WCBB : Quel est ton plus beau souvenir de basket et que reprĂ©sente encore pour toi le basket aujourdâhui ?
D.D : Mon plus beau souvenir dans le basket Ă Ă©tĂ© notre victoire en 2015 contre Saint Yrieix pour la coupe Charente. Mais il y en a eu bien d'autre comme l'annĂ©e oĂč nous sommes montĂ©es en prĂ© national.
Aujourd'hui le basket est toujours une passion, ce que je veux c'est me faire plaisir tant que je peux encore.
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WCBB : En tant que joueuse dâexpĂ©rience et souvent dĂ©cisive, peux-tu nous dĂ©crire ton rĂŽle au sein de cette Ă©quipe 1 fĂ©minine ?
D.D : J'essaie d'apporter des conseils si besoin, et juste d'encourager mes coéquipiÚres, de les soutenir dans les matchs difficiles pour qu'elles continuent à se battre et ne baissent pas les bras.
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WCBB : AprĂšs un dĂ©but de championnat compliquĂ© cette annĂ©e, lâĂ©quipe semble avoir engrangĂ© de la confiance depuis quelques matchs et notamment grĂące Ă votre belle victoire contre Montamise basket. De quoi vous rassurer et de quoi ĂȘtre ambitieuse non ?
D.D : Oui cette victoire nous a fait du bien au moral. Je pense que ça va nous donner un peu plus de confiance et nous permettre d'ĂȘtre plus combative pour les prochains matchs.
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WCBB : Quelle est la plus grande qualité de cette équipe JSBB selon toi ?
D.D : Nous avons un bon groupe. Une bonne bande de copine qui s'entend trÚs bien sur le terrain comme en dehors. Les mots qui me viennent quand je parle de l'équipe c'est solidarité et combativité.
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WCBB : Pour le moment, quel match, cette saison, tâa le plus marquĂ© et pourquoi ?
D.D : Le match qui m'a le plus marquĂ© c'est notre dĂ©faite contre Saujon au buzzer. La victoire Ă©tait presque lĂ . Ăa nous laisse des regrets forcĂ©ment.
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WCBB : Quelle Ă©quipe tâa le plus impressionnĂ© cette saison ?
D.D : L'Ă©quipe qui m'a le plus impressionnĂ© je dirais Pays Melusin. Ce nâest pas forcĂ©ment l'Ă©quipe, mais plutĂŽt une joueuse que j'ai trouvĂ© trĂšs forte et qui Ă une trĂšs bonne vision du jeu et une belle technique.
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WCBB : Quel est ton objectif personnel et collectif (du coach) pour la suite du championnat et pour le long terme ?
D.D : Mon objectif c'est de continuer Ă Ă©voluer sur le plan technique. D'amĂ©liorer ma vision du jeu pour arriver Ă faire un beau jeu collectif. Et bien sĂ»r pour la suite du championnat c'est d'essayer de finir 4Ăšme pour ĂȘtre dans la poule forte en 2Ăšme phase.
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WCBB : Quel conseil donnerais-tu Ă une jeune joueuse U13/U15 qui aspire Ă ĂȘtre une trĂšs bonne joueuse ?
D.D : Je lui conseillerais de s'entraĂźner Ă fond. De faire les sĂ©lections pour ĂȘtre repĂ©rer. D'aller au CREPS. Et de ne pas hĂ©siter Ă aller jouer dans des clubs diffĂ©rents et dans d'autres rĂ©gions pour apprendre et Ă©voluer.
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WCBB : DâaprĂšs toi, comment juges-tu lâĂ©tat du basketball fĂ©minin en Charente ? Et quelles amĂ©liorations pourrait-on y apporter pour donner envie aux jeunes filles de pratiquer le basketball et surtout le rendre plus attractif, « compĂ©titif » et plus ambitieux qui ne l'est aujourd'hui ?
D.D : Le basket féminin en Charente est en déclin. Les poules départementales sont trÚs réduites. Il faudrait que les clubs du département travail collectivement ensemble pour organiser et rassembler les jeunes filles, et ceux dÚs le plus jeune ùge, en allant dans les écoles, les centres de loisirs et voir à organiser des semaines sportives pour leur présenter le basket pendant les vacances scolaires.
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WCBB : 13.  Dâailleurs, faudrait-il fĂ©miniser davantage les instances locales (direction des clubs, entraineuses, comitĂ© de Charente âŠ) ?
D.D : Oui c'est une bonne chose que les femmes soient plus reprĂ©sentĂ©es dans les clubs. Ăa peut permettre aux jeunes filles de s'identifier oĂč de se projeter, de se dire qu'elles peuvent avoir un rĂŽle dans le club et donner envie Ă d'autre de faire la mĂȘme chose.
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WCBB : Pour autant, en ayant la chance dâassister Ă quelques-uns de vos matchs cette saison, nous avons pu constater un dynamisme et une ferveur incroyable des bĂ©nĂ©voles et des supporters derriĂšre votre Ă©quipe et un dirigeant/coach (Benjamin Chasseloup) trĂšs engagĂ©/investi dans la promotion du basketball fĂ©minin (câest dâailleurs le premier dirigeant qui a publiquement soutenu lâinitiative WCBB !) ! Comment expliquez-vous cet engouement pour le basket fĂ©minin Ă Jarnac ?
D.D : C'est vrai qu'on a de la chance d'avoir un public trĂšs prĂ©sent et nombreux Ă chaque match Ă domicile et des bĂ©nĂ©voles qui se donnent Ă fond tous les week-ends. Ăa nous motive sur le terrain d'ĂȘtre soutenu comme cela.
Ăa fait des annĂ©es que l'Ă©quipe fĂ©minine Ă©volue en rĂ©gion. C'est une fiertĂ© pour le club. Mais on voit tous les ans le nombre de filles diminuer. On est passĂ© de 2 Ă©quipes Ă une ces derniĂšres annĂ©es. Il n'y a presque plus d'Ă©quipes filles derriĂšre nous pour assurer la relĂšve. Ce serait vraiment dommage qu'elle disparaisse aussi et qu'on perde ce niveau, et c'est pour cela que Benjamin en tant que coach et prĂ©sident, ainsi que Freddy, sont trĂšs investi dans la promotion du basket fĂ©minin.
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WCBB : Justement, oĂč peut-on venir encourager lâĂ©quipe fĂ©minine senior du Jarnac Sport Basket-Ball (et toutes les autres Ă©quipes fĂ©minines du club) et comment une jeune fille (ou moins jeune) peut-elle vous contacter pour y venir jouer ?
D.D : C'est Ă la salle Robert Daugrois qu'il faut se rendre, au 87B rue du Faubourg Saint Pierre, 16200 Jarnac.
Pour contacter le club il y a les réseaux sociaux, Facebook et Instagram : JSBB - Jarnac sport basketball et cette adresse mail : jsbbsecretaire@gmail.com
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WCBB : Comment abordez-vous (toi, le groupe, le coach) cette rencontre dĂ©cisive contre la couronne basket aujourdâhui (samedi 06 dĂ©cembre Ă 20h) et quel est votre Ă©tat dâesprit avant ce match ?
D.D : C'est un match trĂšs important. Il va falloir qu'on soit concentrĂ© tout au long du match et qu'on est lĂ mĂȘme combativitĂ© que sur les derniers matchs. Et on espĂšre, bien sĂ»r, ramener la victoire !
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WCBB : Pour terminer, si tu avais une devise dans le sport ou dans la vie en générale à nous transmettre ?
D.D : Ma devise ce serait qu'on ne perd jamais. Soit on gagne, soit on apprend.Â
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âšPORTRAIT DU MOIS âš Novembre 2025Â
Chaque mois, lâĂ©quipe WCBB part Ă la rencontre de celles et ceux qui font briller le basket fĂ©minin charentais. Portraits, histoires et inspirations au fĂ©minin.
Ce mois-ci, Ambre Javelaud, joueuse emblĂ©matique du LCB, sâest confiĂ©e Ă lâĂ©quipe WCBB. Vous y dĂ©couvrirez ses ambitions, sa vision du club, et son regard sur le basket fĂ©minin en Charente
WCBB : Peux-tu nous parler de ton parcours de basketteuse (et pourquoi avoir choisi le basket-ball ?) et présenter briÚvement ton club actuel (LCB) et tes fonctions au sein du club ?
Ambre Javelaud : Jâai commencĂ© le basket vers lâĂąge de 9/10 ans au club de lâASPTT Dirac (ValĂ©chel
maintenant) aprĂšs avoir arrĂȘtĂ© lâathlĂ©tisme car je voulais faire un sport collectif.
 Ma mĂšre jouant au basket, jâai fait comme elle. Jâai intĂ©grĂ© la section sportive de Pierre Bodet en 6e tout en jouant au BAC (Basket Avenir Charente) en minimes France. Jâai fait le CREPS avec le pĂŽle espoir Ă mon entrĂ©e en 4e oĂč jây ai passĂ© la fin du collĂšge. Puis Ă lâĂąge de 15 ans, jâai intĂ©grĂ© lâĂ©quipe NF2 Ă La Couronne couplĂ© avec les cadettes France avec lâĂ©quipe du BAC. Jâai passĂ© plusieurs annĂ©es Ă La couronne (NF1/NF2/NF3) puis sur mes 2 dernieres annĂ©es dâĂ©tudes dâostĂ©opathie, jâai jouĂ© 2 ans sur MĂ©rignac.
En 2018, je suis revenue Ă La Couronne en NF3 et depuis je nâai plus jamais quittĂ© le club. Jâentame donc ma 14e annĂ©e en tant que joueuse au LCB et depuis 3 ans, je mâoccupe aussi de la commission technique au sein du bureau du club. Le club de La Couronne câest un club familial dont les Ă©quipes vont du microbasket (3 ans) aux sĂ©niors tout en passant par les Ă©quipes de loisirs jeune et sĂ©nior. Et aussi une Ă©quipe de bĂ©nĂ©voles importante pour que le club fonctionne.
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WCBB : Ton parcours montre une extrĂȘme loyautĂ© envers le club de La Couronne Basket (malgrĂ©
un rapide passage Ă MĂ©rignac). Quâest-ce que ça signifie pour toi de jouer Ă La Couronne Basket ?
A.J : Le club du LCB Ă©tait le club phare du basket fĂ©minin en Charente quand jâĂ©tais plus jeune, celui qui permettait dâoffrir le plus possibilitĂ© pour jouer au plus haut niveau. Puis finalement câest le club oĂč jâai passĂ© la moitiĂ© de ma vie de basketteuse et oĂč jâai pu vivre de trĂšs belles choses donc jâaurai toujours un attachement particulier Ă ce club-lĂ .
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WCBB : Que reprĂ©sente, aujourdâhui encore, le basket-ball pour toi ?
A.J : Le basketball câest une grande partie de ma vie mais surtout cela reste le sport qui mâa fait
vivre de belles émotions et rencontrer de trÚs belles personnes.
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WCBB : Qui tâa le plus inspirĂ©e dans ton parcours ? (Une joueuse/joueur ou autre ?)
A.J : Je pense que je ne me suis pas inspirĂ©e dâun ou dâune joueuse en particulier mais jâai eu la chance dâapprendre beaucoup de choses en jouant aux cĂŽtĂ©s de joueuses telles que Gaelle Rozmanovski, Marie Butard, Marie Julie Levant, Laure Dauvin et dâautres ...
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WCBB : Quel est ton plus beau souvenir de basket ?
A.J : Mon plus beau souvenir Ă©videmment câest la montĂ©e en NF1 en 2011 avec La Couronne. Mais surtout le match Ă domicile contre Roquebrune oĂč lâon gagne en play-offs, on sait donc quâon sera en NF1 lâannĂ©e dâaprĂšs. La salle Ă©tait vraiment remplie et lâambiance gĂ©niale.
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WCBB : Cette annĂ©e, lâĂ©quipe fĂ©minine sĂ©nior de La Couronne Basket dans laquelle tu joues (dans le cadre de la CTC), Ă©volue en RF2. AprĂšs un bon dĂ©but de saison et une logique troisiĂšme place pour le moment, quels sont les objectifs fixĂ©s pour cette saison par votre coach ou par le prĂ©sident du club ?
A.J : Lâobjectif de la saison câest vraiment le maintien, si possible dĂšs fĂ©vrier avec le nouveau format du championnat qui est plus compliquĂ© que les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes.
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WCBB : Quel rĂŽle souhaites-tu tenir au sein de ce groupe et quelles sont ses forces/atouts pour cette saison ?
A.J : JâespĂšre apporter Ă lâĂ©quipe mon expĂ©rience, ma vision du jeu et mon adresse. Mais ce que jâaime câest essayer de porter les plus jeunes vers le haut comme on a Ă©tĂ© avec moi Ă leur Ăąge, ce cĂŽtĂ© de transmission câest important. La force de notre groupe câest le collectif, chacune a ses qualitĂ©s ce qui fait quâon est complĂ©mentaire. Puis surtout on a un groupe qui vit bien, un vrai groupe de copines et ça dans les bons comme dans les mauvais moments, câest hyper important. On a un groupe mĂȘlant jeunesse et expĂ©rience donc il faut sâen servir pour atteindre notre objectif.
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WCBB : Tu as connu la N1F trĂšs jeune avec La Couronne Ă seulement 16 ans. Quâest-ce que cette pĂ©riode tâa appris sur le haut niveau et quâas-tu envie de transmettre aux jeunes basketteuses que tu cĂŽtoies au sein du club de La Couronne ?
A.J : Ce que je veux transmettre aux jeunes câest quâil faut se donner les moyens dây arriver, câest du travail et beaucoup dâinvestissement. Il y a des supers moments comme dâautres plus compliquĂ©s mais il ne faut rien lĂącher pour atteindre son objectif. Mais surtout peu importe Ă quel niveau vous jouerez plus tard, prenez du plaisir, crĂ©ez-vous de beaux souvenirs Ă votre Ă©quipe car au final câest ça dont on se souvient quelques annĂ©es aprĂšs. Puis lâavenir du club de La Couronne, câest cette jeunesse.
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WCBB : Vu des tribunes, ton positionnement et ton intelligence de/du jeu sont toujours aussi bluffants. Personnellement, comment juges-tu ton début de saison et quelles sont tes sensations lors des matchs ?
A.J : Je suis assez critique avec moi-mĂȘme car sur un match on peut toujours mieux faire. Mais honnĂȘtement, câest ma vraie 1e saison aprĂšs mon opĂ©ration des ligaments croisĂ©s lâannĂ©e derniĂšre donc je veux juste prendre du plaisir sur le terrain, tout donner et que lâĂ©quipe gagne Ă la fin du match, câest le plus important.
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WCBB : Quels conseils donnerais-tu aux jeunes basketteuses Charentaises qui veulent progresser et qui rĂȘvent de devenir une joueuse de haut niveau comme toi ?
A.J : Je leur dirais juste : travaillez, Ă©coutez les conseils de vos coachs, donnez-vous Ă fond et surtout nâayez pas peur de saisir les opportunitĂ©s quâon vous propose Ă des niveaux plus haut ou avec des Ă©quipes plus ĂągĂ©es que vous. Et surtout sachez que Ă©tudes et sport sont compatibles !
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WCBB : AprĂšs des annĂ©es fastes au dĂ©but des annĂ©es 2010, depuis quelques annĂ©es lâĂ©quipe fĂ©minine 1 semble en difficultĂ© sportivement. Le choix dâaligner une seule Ă©quipe fĂ©minine sĂ©nior cette saison au sein du club est-il le marqueur dâune nouvelle stratĂ©gie ?
A.J : Je dirais plutĂŽt quâon avait que ce choix-lĂ dâavoir une seule Ă©quipe fĂ©minine sĂ©nior car il nây a pas assez de filles pour en aligner une 2e ...
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WCBB : Ce dĂ©clin sportif dâun club phare du basket fĂ©minin en Charente, comme fut le LCB, est-il (ou pas) Ă lâimage de lâĂ©tat du basket fĂ©minin en Charente depuis quelques annĂ©es ?
Est-il surtout, le reflet du manque de moyens (humains, financiers) allouĂ©s au basket fĂ©minin en gĂ©nĂ©ral et en Charente en particulier ? dâun manque de fĂ©minisation au sein des instances locales ou au sein des directions des clubs ? Dâun manque dâentraineurs/coachs fĂ©minins ? dâun manque de sponsors de poids ? dâun manque dâambition ?... Quel est ton sentiment sur ce sujet et quelle est ta vision/ tes ambitions pour lâavenir du basket fĂ©minin en Charente ?
A.J : Evidemment que lâĂ©tat du basket fĂ©minin en Charente nâest pas le meilleur quâon est pu connaitre et câest dommage dâen ĂȘtre arrivĂ© lĂ . Je suis un peu les rĂ©sultats des sĂ©lections dĂ©partementales et des championnats fĂ©minins et je me dis quâil y a encore du boulot pour remettre la Charente au-devant de la scĂšne. On le sait le sport masculin est ce qui attire ou ce qui fait vendre le plus donc je pense que malheureusement on sâest plus focalisĂ© sur la formation masculine...
Il y a forcément du potentiel chez les jeunes basketteuses charentaises, donc je pense que cela serait un sujet vraiment intéressant à évoquer avec des personnes qui seraient intéressées pour essayer de remettre un élan sur la filiÚre féminine dans les clubs, à la section sportive, lors des sélections.
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WCBB : Nous connaissons tes qualitĂ©s de compĂ©titrice hors pair, alors quâelles sont tes ambitions personnelles dans le basketball, pour le (ton) club de La Couronne Basket et son Ă©quipe fĂ©minine senior Ă court et moyen terme ?
A.J : Mes ambitions personnelles vont rejoindre celle de mon Ă©quipe donc si je peux encore les aider quelques annĂ©es pour pourquoi pas dĂ©jĂ remonter en PNF, se stabiliser Ă ce niveau-lĂ et ensuite re-rĂȘver au niveau national pour le club dans des annĂ©es futures. Je pense que tout ça prendra du temps mais ça ne sert Ă rien de vouloir bruler les Ă©tapes. Pour le club sur du long terme, cela serait Ă©videmment de pouvoir re-cotoyer la nationale et surtout former, fidĂ©liser et accompagner les Ă©quipes jeunes sur au moins du niveau rĂ©gional afin de remettre le club de La Couronne en avant.
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WCBB : Merci Ă toi Ambre dâavoir bien voulu rĂ©pondre Ă nos questions.
OĂč peut-on venir encourager lâĂ©quipe fĂ©minine sĂ©nior de La Couronne Basket (adresse
du gymnase) et comment peut-on contacter votre club La Couronne Basket pour venir y
jouer ou vous suivre sur les réseaux sociaux ?
A.J : Pour venir nous encourager, cela se passe au gymnase : place du 14 juillet 16400 La couronne. NâhĂ©sitez pas Ă venir nous supporter, nous allons avoir des matchs vraiment importants pour la suite de la saison. Les prochains matchs Ă domicile sont ce dimanche 9 novembre Ă 15h contre La jarrie et le samedi 6 dĂ©cembre Ă 20h contre Jarnac. Pour contacter le club, il y a plein de moyens comme les rĂ©seaux sociaux (facebook, instagram), notre Ă©quipe communication sera ravie de vous rĂ©pondre ou alors nous avons le site internet du club : https://lacouronnebasket.fr/ oĂč vous pourrez trouver toutes sortes dâinformations.
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WCBB : Pour finir, si tu avais une devise dans le sport ou dans la vie en général à nous transmettre ?
A.J : Pour rester dans le basket et cela rĂ©sume quand mĂȘme ma façon de voir ce sport, je dirais
«Lâattaque fait lever les foules tandis que la dĂ©fense fait gagner les titres»
Babette et Ămilie (Joueuses et bĂ©nĂ©voles au sein du Club AngoulĂȘme BasketHandi đ
đGymnase AbbĂ© Rousselot / Rue Etienne Augier - 16000 AngoulĂȘme
đ Les vendredis Ă 20h30 et les dimanches Ă 11h00
đ Retrouvez nous sur Facebook, Instagram et TikTok sous AngoulĂȘme Basket Handi
https://angouleme-baskethandi.e-monsite.com
đ Le coach Olivier Javelaud : 06 72 33 26 11
âšPORTRAIT DU MOIS âš Octobre 2025
Chaque mois, lâĂ©quipe WCBB part Ă la rencontre de celles et ceux qui font briller le basket fĂ©minin charentais. Portraits, histoires et inspirations au fĂ©minin.
Nous avons le plaisir de commencer cette sĂ©rie de portraits avec Ămilie et Babette, joueuses/licenciĂ©es au sein de l'emblĂ©matique AngoulĂȘme BasketHandi (ABH), seul club de basket fauteuil en Charente !
WCBB : Pouvez-vous nous présenter briÚvement votre club et son histoire ?
ABH : Le club a vu le jour en 1976, fondé par Daniel Manzanas et Jean-Jacques Reignier. Il devient une référence nationale avec le passage de nombreux talents comme Michel Ledeose, Luc Ventose, Patrick Lodens ou encore Célestin Parsemain, tous internationaux français qui ont marqué son histoire.
Le palmarĂšs est riche :
âą 1979 : Champions de France National 2
âą 1983 : Nouveaux Champions de France National 2 â le club, alors aux couleurs du SCA, sâinstalle dans lâĂ©lite du handibasket français jusquâen 1997.
En 2006, aprĂšs la dissolution du SCA, une nouvelle association voit le jour : lâAngoulĂȘme BasketHandi. PortĂ© par dâanciens membres du SCA, le club poursuit sa mission : faire vivre et dĂ©velopper le handibasket en Charente.
Depuis 2015, le club sâassocie au CDH (ComitĂ© DĂ©partemental Handisport) pour aller Ă la rencontre des scolaires, entreprises et associations de Charente, afin de sensibiliser au handicap Ă travers des initiations et dĂ©monstrations de basket fauteuil.
LâAngoulĂȘme BasketHandi reste fidĂšle Ă son esprit : mĂȘler sport, convivialitĂ© et sensibilisation, avec la volontĂ© de faire dĂ©couvrir et partager le handibasket au plus grand nombre.
Aujourdâhui, le club a retrouvĂ© une nouvelle dynamique avec un bureau et une Ă©quipe renouvelĂ©s. Nous jouons en mode loisir, avec 4 matchs par an, mais nous gardons lâambition de reprendre la compĂ©tition.
WCBB : Et quel est votre rĂŽle respectif au sein du club ?
ABH :
Babette est Ă la fois trĂ©soriĂšre adjointe du club et joueuse au sein de lâĂ©quipe.
Emilie est la secrĂ©taire du club et sâoccupe Ă©galement de toute la partie communication.
WCBB : Existe-t-il dâautres club de basket fauteuil en Charente ?
ABH : Il nâexiste pas dâautres de basket fauteuil en Charente.
WCBB : Y a-t-il un championnat ?
ABH : Il existe bien un championnat de France de basket fauteuil, organisé par la Fédération Française Handisport.
Il est structurĂ© en plusieurs niveaux : la Nationale A, qui reprĂ©sente lâĂ©lite, puis les divisions B et C, ainsi que les Nationales 2 et 3 qui accueillent des clubs de plus petite taille.
En parallÚle, certains clubs évoluent en mode loisir, avec des matchs amicaux ou des tournois régionaux. Cela permet à chacun, selon son niveau et son projet, de trouver sa place dans la pratique du handibasket.
WCBB : Faut-il obligatoirement avoir un handicap pour pratiquer le basket fauteuil ?
ABH : Il nâest pas obligatoire dâavoir un handicap pour pratiquer le basket fauteuil. Câest un sport ouvert Ă tous, valides comme personnes en situation de handicap.
Lâobjectif est justement de crĂ©er un moment inclusif et convivial, oĂč chacun peut dĂ©couvrir une autre maniĂšre de jouer au basket et partager le mĂȘme terrain.
WCBB : ConcrĂštement, en quoi le basket fauteuil est-il diffĂ©rent du basket âdeboutâ ? Quelles rĂšgles diffĂšrent ?
ABH : Les rĂšgles sont les mĂȘmes que celui du basket, les joueurs sont au nombre de 5, et jouent sur le mĂȘme terrain avec une hauteur de panier identique.
Les reprises de dribble : Les joueurs doivent soit passer la balle, soit la faire rebondir par terre toutes les deux poussĂ©es de roues afin dâĂ©viter dâĂȘtre sanctionnĂ© pour « marchĂ© ».
Le fauteuil roulant fait partie intégrante des joueurs et du jeu.
Un systĂšme de points est appliquĂ© aux joueurs selon leur degrĂ© de handicap. Les points vont de 1 Ă 4.5 (1 Ă©tant le degrĂ© de handicap le plus bas). Le nombre de points pour lâensemble des 5 joueurs prĂ©sents sur le terrain ne doit pas excĂ©der 14,5.
WCBB : Ă lâune et Ă lâautre, Quâest-ce qui vous a motivĂ© Ă commencer le basket ?
Babette : Câest grĂące Ă Daniel Manzanas, que jâestimais Ă©normĂ©ment. Il a fondĂ© le club avec Luc Ventose et devait mĂȘme porter la flamme olympique. Un soir, alors que jâĂ©tais secrĂ©taire du club, je suis allĂ©e voir un entraĂźnement. Il mâa simplement dit : « Tu veux essayer ? » Jâai adorĂ© ! Ce sport mâa permis de ne plus avoir mal au dos et de me sentir plus forte.
Emilie : Je ne suis pas joueuse, mais jâai eu envie de mâimpliquer dans le club pour soutenir lâĂ©quipe suite Ă la rencontre avec Daniel Manzanas lors dâune sensibilisation au handisport, et faire vivre ce sport. Ce qui me motive, câest lâesprit dâinclusion et de convivialitĂ© quâapporte le basket fauteuil : tout le monde peut trouver sa place, sur ou en dehors du terrain.
WCBB : Quelle est la place dâune basketteuse qui pratique du handibasket dans un sport mixte ?
Babette : Une basketteuse fait pleinement partie de lâĂ©quipe. Chacun apprend Ă jouer avec le style de lâautre, en fonction de ses forces et de son handicap. Câest justement cette complĂ©mentaritĂ© qui fait la force dâun groupe et permet de rĂ©ussir ensemble sur le terrain.
Emilie : Le handibasket a toujours Ă©tĂ© un sport mixte, ce qui est une vraie richesse. Les femmes ont toute leur place dans les Ă©quipes, mĂȘme si elles restent encore trop peu nombreuses.
WCBB : Jâai souvenirs quâil y a quelques annĂ©es les femmes systĂ©matiquement recalĂ©es quant la possibilitĂ© de pouvoir intĂ©grer lâĂ©quipe de France espoir ? Les choses ont elles Ă©voluĂ©es ? Dâailleurs avez-vous le nom dâune ou deux joueuses qui selon vous reprĂ©sentent lâĂ©lite fĂ©minin du basket fauteuil en France ou Ă lâĂ©tranger ?
Babette : Oui, heureusement les choses Ă©voluent ! Aujourdâhui, homme ou femme, chacun peut briller. De belles joueuses incarnent cette progression comme Eva David (Nantes, Ă©quipe de France) ou Grace Wenbolua, que lâon a pu voir aux JO.
Emilie : MĂȘme si des inĂ©galitĂ©s ont existĂ©, aujourdâhui il y a une vraie volontĂ© de donner plus de visibilitĂ© et dâopportunitĂ©s aux basketteuses. Le chemin est encore en cours, mais les mentalitĂ©s Ă©voluent dans le bon sens.
Je découvre encore le monde du basket fauteuil, mais il existe des joueuses françaises et internationales de trÚs haut niveau.
WCBB : Ă titre personnel, jâai eu la chance dâassister Ă la phase finale du basket fauteuil fĂ©minin lors des J.O Ă Paris. La rapiditĂ©, les tactiques de jeu, lâadresse, et parfois la duretĂ© des chocs mâont extrĂȘmement impressionnĂ©s ! Y a t il eu lâeffet J.O sur le nombre de licenciĂ©s en handibasket en France et au sein de votre club en particulier ?
ABH : Les Jeux ont eu un effet positif en termes de visibilité pour le handibasket en France. On sent que les mentalités évoluent et que ce sport suscite davantage de curiosité.
Au sein de notre club, cela sâest traduit par des nouvelles demandes dâessais, avec lâarrivĂ©e de 4 joueurs depuis lâĂ©tĂ© dernier, et un intĂ©rĂȘt plus marquĂ© lors de nos actions de sensibilisation. Nous espĂ©rons que cet engouement va continuer pour attirer encore plus de licenciĂ©s.
WCBB : Voyez-vous une évolution positive du regard porté par le public et les institutions sur le handisport ?
Babette : Oui, mais il reste encore beaucoup Ă faire. Le handisport montre que chacun, avec ou sans handicap â visible ou non â a sa place. Personnellement, jâai dĂ» mâadapter Ă un environnement souvent peu accessible, mĂȘme si ça progresse. Dans les institutions aussi, lâaccessibilitĂ© sâamĂ©liore. Il faut maintenant aller plus vite : avec de la volontĂ©, un regard positif et de la dĂ©termination, on peut rattraper le retard de la France.
Emilie : Le regard sur le handisport progresse, mais il reste encore beaucoup à faire pour le handicap en général. Nous espérons que cette dynamique continuera pour donner plus de moyens et de visibilité aux clubs. Au-delà du sport, il faut aussi plus de moyens au quotidien pour les personnes à mobilité réduite, afin de rendre la société réellement inclusive.
WCBB : Quelles sont les principaux enjeux et/ou principales difficultĂ©s rencontrĂ©es par votre club (logistiques, financiĂšres, reconnaissanceâŠ) pour peut ĂȘtre promouvoir mieux et davantage le basket fauteuil ?
ABH : Comme beaucoup dâassociations sportives, notre club doit faire face Ă plusieurs dĂ©fis. Le premier est financier, car lâachat et lâentretien des fauteuils de sport reprĂ©sentent un coĂ»t important. Il y a aussi des enjeux logistiques, comme trouver des crĂ©neaux adaptĂ©s et des infrastructures accessibles. Enfin, nous faisons face Ă un dĂ©fi de visibilitĂ© : le basket fauteuil reste encore mĂ©connu du grand public. Mais nous voyons aussi lĂ de vraies opportunitĂ©s : en communiquant davantage, en participant Ă des Ă©vĂ©nements comme la FĂȘte du Sport ou le Forum des associations, et en sensibilisant dans les Ă©coles ou les entreprises, nous pouvons promouvoir ce sport inclusif et le faire rayonner en Charente.
WCBB : Quelles sont vos ambitions pour la saison Ă venir (compĂ©titions, dĂ©veloppement du club, partenariatsâŠ) ?
ABH : Notre objectif cette saison est clair : consolider lâĂ©quipe et prĂ©parer un retour en compĂ©tition. Nous voulons poser de bonnes bases, renforcer la cohĂ©sion et retrouver lâesprit de dĂ©fi qui fait la force du basket fauteuil.
Nous souhaitons également accueillir de nouveaux joueurs et faire découvrir le basket fauteuil au plus grand nombre grùce à des actions de sensibilisation. Enfin, nous aimerions tisser de nouveaux partenariats afin de soutenir le club et préparer, à terme, un retour vers plus de compétitions.
WCBB : Enfin, quel message aimeriez-vous adresser à celles et ceux qui hésitent encore à franchir le pas et venir essayer le basket fauteuil ?
ABH : Lâessayer câest lâadopter !
Le basket fauteuil est ouvert Ă tous : chez nous, lâĂ©quipe va de 13 Ă 65 ans, avec des joueurs valides et non valides. Peu importe lâĂąge ou le parcours, chacun trouve sa place sur le terrain. Le basket fauteuil aide Ă reprendre confiance en soi, Ă oser davantage au quotidien et permet de rencontrer des personnes formidables. Alors si vous hĂ©sitez, venez essayer : vous dĂ©couvrirez un sport Ă la fois convivial, dynamique et accessible Ă tous.
WCBB : Et oĂč peuvent-ils venir vous voir (adresse gymnase ; jours/horaires) et comment peuvent-ils vous contacter ou vous suivre sur les rĂ©seaux ?
ABH : Nos entraßnements ont lieu tous les vendredis soir et dimanche matin, offrant un moment convivial pour se dépenser et s'amuser. Que vous soyez débutant ou joueur expérimenté, invalide ou valide, notre équipe vous accueille à bras ouverts !
đGymnase AbbĂ© Rousselot
Rue Etienne Augier - 16000 AngoulĂȘme
đ Les vendredis Ă 20h30 et les dimanches Ă 11h00
đ Retrouvez nous sur Facebook, Instagram et TikTok sous AngoulĂȘme Basket Handi
https://angouleme-baskethandi.e-monsite.com
đ Le coach Olivier Javelaud : 06 72 33 26 11
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WCBB : Pour finir, si vous aviez une devise dans le sport ou dans la vie en général.
ABH : « Notre esprit nâa pour limite que celles que nous lui reconnaissons »
WCBB : Merci encore de vos rĂ©ponses trĂšs enrichissantes qui aident Ă mieux connaĂźtre la pratique du basket fauteuil et qui traduisent aussi votre passion pour ce sport, votre investissement pour le promouvoir et surtout le goĂ»t des autres !đ
AngoulĂȘme BasketHandi : Nous vous remercions pour lâintĂ©rĂȘt que vous portez au club et pour la proposition dâinterview !
Nous avons pris un réel plaisir de répondre à vos questions.
Nous serions Ă©galement ravies que notre club AngoulĂȘme Basket Handi soit Club Partenaires du Women Charente BasketBall !
Nous vous attendons avec grand plaisir pour une initiation au basket fauteuil, afin de partager ensemble un moment convivial autour de ce sport inclusif.
Un grand merci pour lâintĂ©rĂȘt que vous portez Ă notre club !
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P.S : LâĂ©quipe WCBB, reprĂ©sentĂ©e par MikaĂ«l, a pu honorer dimanche dernier lâinvitation dâAngoulĂȘme BasketHandi en participant Ă un entrainement de basket fauteuil.
Merci infiniment Ă Emilie pour lâaccueil et merci pour lâindulgence et la gĂ©nĂ©rositĂ© de lâĂ©quipe !Â
Valides ou non valides, jeunes ou moins jeunes, nâhĂ©sitez surtout pas Ă aller Ă la rencontre de ce club, de ses joueuses/joueurs et venez dĂ©couvrir et pratiquer le basket autrement !!