Fragiles, nous avons besoin de confort.
Intelligents, nous tentons d'optimiser le Système Technique qui nous le procure.
Les effets sur nous des moyens nécessaires (économie d'échelle donc spécialisation, gigantisme, jacobinisme/anonymat/, extractivisme...) sont bénéfiques tant qu'ils sont mesurés cat leur rendement diminue jusqu'à devenir négatif.
En résumé trop, c'est trop.
Sur de nombreux plans (densité de population, taille des villes...) nous sommes de plus en plus hors de l'intervalle adéquat (ni trop peu, ni trop) et cela devient de plus en plus patent mais inertie et sentiment d'impuissance augmentent avec la taille du groupe.
Un Système Technique trop puissant nous dépasse en se transmutant discrètement en Système Technicien dont la course folle nous lamine, par exemple en menaçant la robustesse de ses réalisations.
L'effet pervers de l'excès était perceptible dès formulation de la loi des rendements décroissants, puis éclairé entre autres par Joseph Tainter (Collapse of complex societies) et V. Illitch (seuil de contre-productivité).
L. Kohr traita bien du plus pertinent.
L'anonymat brisant la solidarité réelle donc spontanée rend nécessaire de contraindre à la solidarité, en une extorsion mal dissimulée («préservons la paix sociale»).
Laisser tout cela perdurer mène au cloaque comportemental, donc à un «reset» laissant la place à d'autres.
La condition de femme est horrible. Nomadisme, dépouillement... Être enceinte, accoucher, s'occuper des enfants... un calvaire.
Avènement de l'agriculture, sédentarisation et 'technicisation' doivent quasi tout aux individus chez lesquels dominent des traits beaucoup plus souvent et puissants chez la plupart des femmes: pour la commodité de l'exposé appelons-les «femmes», même si seule la majorité en est du genre féminin.
Le gros des porteurs de traits masculins (les «hommes») déteste tout cela car, épargnés par les pulsions menant à vouloir puis tout sacrifier à un enfant, donc à angoisse extrême quant au lendemain. Ils préfèrent s'amuser.
Chaque petit groupe nomade entrait rarement en contact avec des tiers et des hommes étaient sa première ligne de défense. Ils étaient d'emblée méfiants voire agressifs envers tout non-membre du clan, donc des traits masculins sont incompatibles avec le fait de fréquemment côtoyer des inconnus. Un trait féminin épargne cela à l'individu car cette attitude menacerait la nécessaire (au plan de la génétique) exogamie (la complète et définitive uxorilocalité est rarissime).
Les hommes exacerbent des conflits nés des tensions (ressources limitées), se recréant ainsi un rôle déterminant de protecteur et laissant perdurer des comportements de chasseurs.
Les groupes humains grossissent, augmentant fréquence et intensité des contacts de chacun avec des inconnus, donc la dose de mauvais stress imposée aux hommes.
Des chasseurs-cueilleurs consommaient de l'alcool car trouvaient des fruits tombés, exposés au soleil, et fermentés. Agriculture et sédentarité le rendent meilleur et plus disponible. Il constitue (ou un équivalent: cannabis, khat...) une compensation aux tensions ainsi imposées aux hommes, un moyen d'évasion et de réduire les tensions entre eux.
La sédentarisation démultiplie l'efficience de l'extractivisme induit par le souci d'accumuler, lui-même nourri par l'inquiétude quant au lendemain.
Les étapes précédentes furent pénibles et longues, ce n'est plus le cas.
La propension à l'optimisation a augmenté sans limite, et son principal moyen est l'amélioration des rendements d'échelle donc le gigantisme.
La libération de la femme (temps libre, capacité à décider...) est surtout le fait de nouvelles techniques: machines les assistant, contraception...
Le féminicène commence.
La liberté, surtout de la femme, n'a jamais été aussi grande: abondance de choix comme d'options, capacité à changer d'avis en échappant à certaines des conséquences d'un choix ou d'un non-choix...
La machinerie sous-jacente doit dissiper de l'énergie donc cherche des cibles (autodestruction en vue).
Pour les hommes tout est trop gros et va trop vite. Le mauvais stress naturellement suscité par les inconnus coudoyés tout le jour grossit.
Ne pas disposer (ou lutter contre) ce qui émancipe les femmes tend à confiner leur activité à la procréation. C'est l'une des grandes forces de certaines doctrines (de l'Islam aux Amish) et des sociétés «arriérées/primitives/à faible intensité technologique».
Sans rendre la quête de liberté et de capacité à décider compatibles avec un taux de natalité suffisant notre forme de société disparaîtra rapidement.