Chacun veut survivre donc disposer d'autant de moyens (nourriture, objets, énergie...) que possible.
Les économies d'échelle servent parfaitement cette pulsion et mènent à mobiliser toutes les ressources (individus, matières, énergies, territoires...), donc au gigantisme.
Cela implique des efforts cohérents donc adoption par tous d'une doctrine déterminant l'organisation sociale, souvent idéalisée en «moyen de faire le plus grand bien du plus grand nombre». Ses principes deviennent mythes fondateurs. Elle est instillée par de la propagande (véhiculée par éducation, mass media, pensée de groupe renforcée par le gigantisme...), et de la contrainte (y compris répressive).
Ce gigantisme repose sur anonymat, spécialisation, dirigisme... dont l'augmentation cause désaccords, fractures puis sédition.
Plus la population augmente, plus opinions et attentes des citoyens tendent à diverger, plus suffisamment convaincre, contraindre ou tromper afin qu'ils appliquent la doctrine cimentant la société devient utopique et délétère.
Cessons de croire l'optimisation maximale souhaitable, de poursuivre l'impossible établissement d'une doctrine assurant la concorde au sein d'une société de plus en plus énorme.
Créons plutôt des groupes distincts, rassemblant chacun des individus partageant d'emblée valeurs et vision, libres de se démettre (quitter le groupe, en fonder un nouveau...).
La nécessité de faire respecter une doctrine aux masses laisse ainsi place à celle de la répartition, entre des groupes aux doctrines diverses, des territoires satisfaisant nos besoins primaires (se nourrir...).
Cette répartition resta jusqu'à peu trop conflictuelle, ce qui justifiait la quête de concorde, et ne l'est plus car le progrès a réduit les ressources (effort humain, matière, énergie...) nécessaires à la satisfaction de nos besoins, et dématérialisé le gros du reste.
Humains: instinct de survie (de l'individu comme de l'espèce) puissant, considérable chez la femme (forte pulsion de procréation et de protection de la descendance) => anxiété (comment survivre dans un futur incertain?) => volonté d'accumuler avant tout («au cas où») => productivisme mobilisant toutes les ressources (temps, matière, êtres, énergie...) => privilégier action et optimisation afin de profiter au maximum de ressources limitées: faire mieux, aussi vite et avec aussi peu de moyens (matière, énergie, temps) que possible -> concentrer les efforts sur le meilleur moyen d'optimiser: économies d'échelle (gigantisme) => la société enfle, excluant toute autre considération ou approche => anonymat, spécialisation et dirigisme augmentent => amplification des effets pervers jusqu'à rupture de continuité qualitative: la nature du système social change, entraînant divergence croissante des visions et valeurs de citoyens chacun persuadé de devoir convaincre ou contraindre tous les autres afin de ménager le gigantisme perçu comme nécessaire, jusqu'à menacer la survie.
La vision et les valeurs fondent les moyens du gigantisme (anonymat, spécialisation et dirigisme): culte du conceptuel et du logos ainsi que la forme d'élitisme correspondante («les Grandes Idées de nos élites nous guident») menant au jacobinisme (centralisation et bureaucratie) et à l'Homme Providentiel.
Le fond est un culte voué à la théorie laissant espérer suffisamment comprendre et prévoir par la seule réflexion, rapidement et à moindre frais (de façon optimisée!), compromettant empirisme (reconnaître que la théorie n'éclaire pas tout) et courage (accepter du risque).
La soupape aux frustrations est la capacité laissée à chacun de tout critiquer ouvertement (donc d'émettre ses propres Grandes Idées) et de dérivatifs (plaisirs, luxe, esthétisme...) soutenant volonté d'étouffer tout conflit, conservatisme (préservons les Grandes Idées des anciens!), conviction de l'optimalité perpétuelle et transversale de la République (universalisme, laïcité, surlégifération...).
Ce document traite de sociétés humaines, en particulier d'effets de l'anxiété éprouvée quant au risque de manquer.
Peu de traits de caractère, formant pulsion ou tropisme déterminant un comportement, sont uniformément répartis entre humains de tous les sexes (genres).
Chaque trait est plus souvent présent ou puissant chez l'un ou bien l'autre, sans toutefois être exclusivement associé à un sexe.
Pour la commodité de l'exposé appelons «femme» l'individu chez lequel le trait analysé est intense, et «hommes» les autres.
Cet essentialisme relevant de la psychologie évolutionniste semble éclairant si l'on admet que l'inné détermine le gros du caractère.
Il ne s'agit pas ici d'analyser les causes de certains comportements mais leurs seuls effets, donc elles sont ici des «traits de caractère», et leur taux de prévalence (proportion d'individus qui recèlent ce trait dans d'un genre sexuel donné ou dans la population) est négligé.
Des techniques nourrissent des améliorations de notre mode de vie... dont certaines causèrent les défis du moment (climat, biodiversité...).
La solution d'aujourd'hui peut devenir un problème. Les combustibles fossiles, par exemple, dynamisèrent la Révolution Industrielle et sont à présent moins enthousiasmants.
Rares sont les innovations adoptées dépourvues d'effet indésirable, et le gros des exceptions pourrait ne pas le rester.
Dans cette veine on prête à Lao-Tseu «Celui qui a inventé le bateau a aussi inventé le naufrage».
Tout tient au bilan des effets du technosolutionisme, meilleur moyen d'en déterminer la «dose» nécessaire, d'appréciation pour bonne part subjective donc sur lequel on peine à trouver un consensus.
Aucun scientifique n'en appelle à un pur technosolutionisme impliquant parfaites connaissances et complet déterminisme, et moins encore au retour à l'«âge des cavernes».
Il s'agit de trouver un équilibre: ni trop (quantité, vitesse...), ni trop peu.
Instinctivement surtout soucieux de survivre et de perpétuer l'espèce, mais fragiles, nous tendons vers le confort. Intelligents, nous améliorons le système technique qui nous le procure au moindre effort et au plus vite.
Cela pousse à optimiser.
L'étymologie est éclairante: optimiser, optimisme. Selon des penseurs de l'Antiquité tout ce qui existe est au mieux, et nous agissons comme si cela signifiait plus de choses existent mieux c'est.
Par cette perception de l'optimisation nous concentrons nos efforts afin de produire davantage, de façon certaine et le plus vite possible car le temps est la plus précieuse ressource (un laps de temps mis à profit est perdu), ce qui mène à considérer surtout le court terme, et plus généralement à miser sur les économies d'échelle donc à augmenter la taille de chaque moyen (groupe humain, machine, organisation...).
Ce gigantisme impose et se nourrit de la spécialisation, de l'anonymat, du dirigisme... qui augmentent fréquence et intensité des interactions entre humains.
Grossir et tout accélérer (dès que possible donc par à-coups) établit de nombreuses caractéristiques de notre société (densité de population, taille des villes...) de plus en plus hors de leurs intervalles adéquats.
Par crainte du trop peu, on donne sans limite dans le trop.
Nous sommes conscients que manquer («pas assez») est dangereux, c'est un facteur de motivation déterminant. Sur l'autre versant «trop, c'est trop» reflète mal que pléthore conduit à débordement en changeant la nature du système considéré donc les actions adéquates, et nous le négligeons. L'abondance de biens ne nuit pas, et l'excès d'abondance (abondance d'abondance?) nuit.
Cela devient de plus en plus patent mais perdure car inertie et sentiment d'impuissance de chacun augmentent avec la taille du groupe.
Améliorer un système est de plus en plus difficile, coûte et perturbe d'autant le reste. C'est universel: doubler la vitesse maximale d'un véhicule est difficile, puis la doubler de nouveau est beaucoup plus difficile...
Même sur le seul plan de la physique «le facteur d’échelle ne jouant pas uniformément, on peut avoir des surprises», et des effets sur les humains impliqués sont plus surprenants encore.
L'augmentation du rendement atteint un maximum puis diminue jusqu'à devenir négative. C'était perceptible dès formulation de la loi des rendements décroissants, puis a été éclairé entre autres par Joseph Tainter (Collapse of complex societies) et V. Illitch (seuil de contre-productivité).
Renforcer l'emprise d'un système technique le transforme discrètement en Système Technicien. D'esclave docile il devient maître, et sa course folle vers la seule performance (quantité, qualité) nous lamine, par exemple en menaçant la robustesse.
L. Kohr traita bien d'effets du gigantisme.
Ceux de la précipitation perçue comme si elle était une bénéfique hâte (son sens 1 masquant son sens 2) sont négligés même si depuis longtemps connus: il convient de «prendre le temps de bien faire»... mais bien a de nombreux sens (dont «beaucoup»!). En anglais "take your time in a hurry", "slow is smooth, smooth is fast" sont eux aussi trop vagues.
Le TPS illustre une bonne part de ces constats: ménager la capacité d'adaptation, le consensus, l'apprentissage donc l'autonomie de chaque entité... en ne visant pas la seule accumulation de produits (plutôt que de biens, car créer un produit supplémentaire n'est pas toujours bien faire).
Une société de plus en plus énorme donc hétérogène, dense et active rend de plus en plus impossible d'obtenir suffisamment d'informations précises à jour donc de connaître contexte, attentes et besoins, et par conséquent de bien prévoir pour bien gouverner. Les éléments et interactions à considérer sont trop nombreux et interdépendants, même un exécutant ne peut plus comprendre suffisamment grâce à une approche holistique a priori réaliste car circonscrite à son environnement. Cela rend les bonnes volontés impuissantes et leur motivation s'étiole tandis que malfaisants et incompétents fleurissent.
L'un des effets pervers de la sur-optimisation (procéder le plus vite possible avec un minimum de ressources toutes spécialisées et peu ménagées) est la pernicieuse imitation du travail.
Juger le gigantisme meilleur garant d'efficacité invite alors à grossir, nourrissant la cause du problème.
La gestation et/donc la relation mère-enfant façonnant l'existence des femmes est une spécialisation intangible déterminante pour notre société car la plus solide forme de solidarité, et n'a pas de substitut.
La cohésion de notre société ne doit guère à la solidarité entre tous les citoyens qui, dans les grandes masses, sont dissemblables et se connaissent peu.
Nous avons besoin des autres pour survivre, et la solidarité organique correspondante est, plutôt qu'un attachement à autrui intrinsèque (mère-enfant, famille) ou choisi par les seuls impliqués, une dépendance imposée donnée pour optimale donc nécessaire.
Cette complémentarité doit tout à la spécialisation professionnelle, elle-même poursuivie afin d'augmenter le rendement, lui-même privilégié via notre faculté à raisonner donc à tenter de prévoir secrétant anxiété quant à notre futur et celui de notre descendance.
La quête de rendement via des économies d'échelle est aussi principale justification d'autres spécialisations et monopoles, par lesquels d'une bureaucratie centrale (l'État, la Commission Européenne...) devient peu à peu l'unique pourvoyeur d'information et donneur d'ordres. Comme montré par F. Hayek cela limite la société aux capacités cognitives de ses chefs.
Dans nombre de communautés anciennes qui tue/mutile/viole/vole/manque de respect/... fait de son groupe la cible de représailles (la faide est une forme connue).
C'est pourquoi l'incivilité de l'un y est endiguée par surveillance et modération de ses proches, solidaires car en contact quasi permanent et soucieux de s'épargner toute querelle, de prévenir plutôt que de guérir.
Des tiers s'emploient d'autant plus à éteindre une vendetta qu'ils la jugent soldée, sont attachés à au moins l'un des groupes impliqués, et que son intensité les importune. Un groupe trop agressif insuffisamment ainsi modéré et épaulé par des tiers capables de le réformer se forge tant d'ennemis qu'il disparaît.
La coopération de groupes est d'autant plus lente et difficile que leurs pratiques diffèrent, ce qui la rend risquée car l'éloignement physique donc culturel augmente la probabilité de mauvaise compréhension donc d'incident déclenchant représailles.
Les membres d'une société contemporaine sont statistiquement étrangers les uns aux autres, en une sorte d'anonymat réduisant la solidarité réelle donc la capacité à spontanément coopérer d'emblée de façon fluide, faute de compréhension et acceptation donc contacts fréquents. Rester en contact quasi permanent avec de nombreux inconnus ou s'en juger proche est impossible et cela limite la poursuite du bénéfice d'économies d'échelle induit par une grande population où la plupart des interactions impliquent des inconnus n'établissant entre eux guère de relations solides et pérennes, entre autres par manque de temps consacré à chacune d'elles.
Cet anonymat brise le mécanisme de régulation des comportement issu d'anciennes communautés. L'État devient seul gardien des moyens d'interactions sociales (conventions, surveillance, répression) et pèse sur leurs contextes (éducation, information). Le tissu social en résultant est surtout fait de dépendances, directives, contraintes et propagande.
La formule usuelle décrivant l'absence de gouvernement central par «la guerre de tous contre tous» présuppose un humain-type désireux d'agresser ses concitoyens, justifiant un monopole de la violence exercé par l'État afin de préserver l'ordre, et voile que cet humain-type est d'autant plus prévalent que le groupe contraint ses membres à fréquenter inconnus ou hostiles.
L'apparente incompatibilité des locutions «l’homme est une chose sacrée pour l’homme» et «l'homme est un loup pour l'homme» repose elle aussi sur une distorsion, révélée par d'H. Bergson: Quand on formule la première on pense à quelque compatriote. L’autre concerne les étrangers. Il en va de même pour la solidarité: si ma propriété aide mon ami il est pour moi un assisté (et je pourrais l'être un jour), si un inconnu parvient à en bénéficier il est un profiteur (détestable).
Le gigantisme nourrit aussi une forme pernicieuse d'anonymat diluant la responsabilité. Moins un dirigeant est proche, moins il connaît ses administrés donc se soucie (par réelle solidarité) de leur sort à long terme, et plus il favorise toute action, même dangereuse à long terme, produisant rapidement un apparent progrès. L'exécutant est invité à se contenter d'obéir donc déresponsabilisé, nul ne peut déterminer la cause première de ses maux et s'ils sont ou non justifiables par un bénéfice constaté ailleurs...
À mesure que le groupe grossit la proportion d'interactions fréquentes impliquant les mêmes personnes diminue, érodant l'altruisme réciproque. Le versant commercial de tout échange l'emporte sur la volonté voire possibilité de coopérer à long terme, le paiement remplace la gratitude tissant la solidarité, chacun tend à privilégier son profit au plus court terme (à optimiser!), et tromper autrui est moins risqué car entache moins la réputation du coupable (elle-même globalement moins déterminante). Faute d'empathie l'intelligence (le calcul) ou la crainte (de manquer, d'être puni, d'être agressé par ceux qui jugent devoir être assistés...) seuls fédèrent.
Un jeune gagne en autonomie en étant progressivement exposé à des situations la rendant nécessaire. La volonté d'aller toujours plus vite donc d'utiliser souvent et quasi partout des véhicules ainsi que l'anonymat rendent de plus en plus risqué de le laisser s'aventurer seul, donc ralentissent ce processus d'acquisition. L'augmentation de la durée des études, effet de la spécialisation, le maintient dans cette dépendance jusqu'à la vingtaine, âge où apprendre quoi que ce soit de radicalement nouveau (par exemple ce qui rend indépendant et autonome) devient rapidement de plus en plus difficile. L'État se substitue aux parents en une éducation pour bonne part destinée à tenter de rendre tolérables des effets du gigantisme.
Le jeune dépend de plus en plus, malgré lui, d'une société qu'il ne peut réformer et au rendement décroissant, tandis que contraintes et effets pervers augmentent.
La volonté de produire donc d'optimiser domine mais ne suffit pas à accorder quant à la façon de le faire. Un degré suffisant d'uniformité est pour cela obtenu par éducation ad hoc, fabrication du consentement/propagande, pensée de groupe... Cela fait de la grande taille du groupe (gigantisme) un avantage, alors qu'elle serait inconvénient rédhibitoire si les opinions y étaient hétérogènes.
Un grand groupe nourrit la spécialisation, et vive-versa. Ceci vaut pour l'exercice de la violence, que l'État se réserve en réformant d'anciens mécanismes pour devenir seul arbitre des querelles, via un système légal sans cesse plus étoffé. L'un des signes révélateurs en est qu'il devient dangereux pour le citoyen de tenter de s'occuper lui-même d'un problème: mieux vaut «faire appel aux autorités».
L'autorité juge améliorer son efficacité en fournissant un cadre légal façonnant les interactions, constamment étoffé par des spécialistes qui, même bien intentionnés, restent loin de l'activité réelle et (comme tous les spécialistes naturellement enclins à juger toujours et partout nécessaires les fruits de leur travail) détaillent donc compliquent la Loi, diminuant sa cohérence donc utilité, et sa concision donc la capacité de la population à la connaître. L'anomie redoutée par É. Durkheim croît.
L'autorité, pour tenter de compenser, endoctrine afin d'instiller de l'auto-discipline, surveille sans cesse davantage, et rend difficile de se démettre afin de rejoindre une société radicalement différente, offrant ainsi un bel instrument de manipulation et de contrainte à l'agent de l'État malintentionné, rendant douteuse la conception selon laquelle dans un petit groupe l'individu est moins libre.
Les règles établies afin d'optimiser en rationalisant à outrance, afin de tenter de tout prévoir, distordent la coopération, comme illustré par une étape de l'histoire de la filière du nucléaire en France.
L'État assujettit: surveillance et répression en un lieu donné par des hommes (provenant d'ailleurs donc a priori peu solidaires des locaux) attirés par une promesse de promotion sociale et protégés parce que les institutions correspondantes amalgament maintien de l'ordre et répression, accords tissés avec d'autres États faisant des uns les auxiliaires des autres face aux dissidents, interdiction de détenir une arme...
Une autorité centrale ne connaît pas la plupart des citoyens donc, hors désintéressement peu compatible avec ce qu'exige d'accéder au pouvoir, ne lui est liée que par «solidarité» organique.
Ces citoyens anonymes seraient plus obéissants (donc du point de vue d'un dirigeant efficaces) s'ils avaient tous le même caractère, donc les mêmes préférences, écartant tout désaccord causé par de l'appréciation subjective. Cela invite à user de ce que révèle le modèle de propagande ainsi que de l'hypernormalisation, en un dangereux constructivisme.
Ces distorsions ont aussi cours au sein même du gouvernement, façon villages Potemkine, ajoutant aux facteurs rendant les décisions inadéquates puisqu'elle reposent sur des informations trompeuses.
Façonner les caractères donc les choix des citoyens est dangereux car une raison pour laquelle les traits de personnalité sont innés et difficiles à modifier est que si l'acquis était sur ce plan déterminant les caractères pourraient être accordés, réduisant la diversité préservant la robustesse de l'espèce, qui doit beaucoup à la capacité d'individus à s'adapter rapidement à un changement de son environnement. Des individus trop similaires réagissent tous à peu près de la même manière à une situation donnée, ce qui est catastrophique si cette réaction est inadéquate au point de tous les condamner.
Un groupe aux membres trop semblables est trop fragile.
Le fond de ce qui forme un groupe harmonieux a été posé par Aristote: la communauté politique suppose l'amitié, car on ne veut pas faire de chemin en commun avec ses ennemis.
Un groupe aux membres insuffisamment semblables est trop fragile.
En matière de politique (gestion de la cité), l'unanimité est optimale car correspond à la plus forte motivation. Elle est d'autant plus difficile à atteindre que la population augmente. Ceci vaut quant aux moyens car en un groupe trop étoffé toute querelle devient rapidement dangereuse (une bagarre dans une communauté est une chose, une guerre civile dans une nation une tout autre), et les stratégies d'évitement de toute potentielle cause de conflit (trouvant leur paroxysme dans la cancel culture) ainsi qu'étouffement rapide de tout ce qui pourrait mener à de la violence y distordent la confrontation des opinions, étouffant le débat public lui-même d'autant plus clivant que le socle culturel commun aux citoyens est façonné par les autorités.
Maintenir la cohésion nécessaire au gigantisme pousse notre société à éteindre toute potentielle cause de discorde. Jalousie, envie, égoïsme... sont ainsi systématiquement combattus or, à dose adéquate, ces moteurs de l'ambition, donc de compétition, motivent les efforts productifs. Dans une société surpeuplée ces sentiments deviennent attrait pour la célébrité.
C'est pour partie compensé par la source d'ambition déterminante pour l'homme qu'est le besoin de complaire à au moins une femme, souvent sa mère.
Il en va de tout cela comme de vertus cardinales s'inter-équilibrant, par exemple le courage nécessaire à l'action doit être tempéré par la prudence qui, sans le courage, invite à ne rien tenter. En matière d'économie, par exemple, des dirigeants avisés ne sont pas autoritaires, car cherchent un équilibre.
Un groupe étoffé ne peut qu'obtenir un consensus, version dégradée de la motivante unanimité. Durant des élections un candidat doit, pour l'emporter, forger des propositions acceptables pour autant d'électeurs que possible donc utopiques parce qu'elles relèvent du sophisme du juste milieu, en un dévoiement de la quête d'équilibre. Cela éteint satisfaction donc motivation.
La spécialisation rend la démocratie plus compatible avec le gigantisme: de très nombreux citoyens confient la gestion de la Cité à des spécialistes, les élus. Cela amortit temporairement une part des causes de dissension.
Durant les élections chaque candidat, afin d'être élu, favorise toute proposition visant à taxer une minorité au bénéfice des autres. La prétendue solidarité alors invoquée n'est est pas puisque la taxe résulte d'une contrainte exercée par la majorité sur les autres, donc voile mal une dangereuse extorsion («préservant la paix sociale») et dresse les contributeurs nets, se jugeant corvéables voire spoliés et de moins en moins désireux d'aider des «profiteurs», contre les autres, se jugeant laissés-pour-compte et sans cesse plus exigeants, critiquant les «nantis égoïstes, s'enrichissant en exploitant le peuple».
La paix sociale est elle-même un équilibre entre la volonté, prêtée à tous, de s'enrichir efficacement donc au moindre effort et au plus vite, et celle attribuée à des assistés de voler tout riche mais aussi de continuer à bénéficier de la redistribution donc de le préserver la poule aux oeufs d'or.
Pour un contributeur le déterminant est la disproportion perçue entre l'adéquation des services publics et la part de son revenu captée par les contributions obligatoires. Des contributeurs réduisent délibérément leurs gains donc contribuent moins, en une optimisation de leur rendement (gain/effort) qui ébranle le système car diminue les recettes et augmente parfois les coûts.
Chaque représentant élu, persuadé de sa propre opinion, tend à vouloir l'emporter, à être le maître. Le législateur-type, donné pour exprimer la volonté générale, défend ses seules propres conceptions, s'abîme en perfectionnisme législatif (ici encore «plus c'est mieux!») et perd en efficacité comme légitimité.
Des aptitudes nécessaires pour être élu deviennent au mieux différentes et au pis antagonistes de celles grâce auxquelles on comprend le système technique que les gouvernants embrassent de moins en moins, de façon de plus en plus patente.
Pour des citoyens la nature et les ressorts de l'autorité centrale semblent de plus en plus mystérieux, et de dangereuses conjectures («État profond», «grand complot»...) émergent. Seule la démocratie directe éteint ce dangereux foyer.
Une proportion croissante des plus jeunes (génération Z) résiste à la spécialisation (ils veulent explorer, découvrir) , à l'anonymat (ils cultivent des relations privilégiées, souvent en-ligne) et au dirigisme (ils sont plus rétifs à l'autorité).
Spécialisation et gigantisme augmentent le rendement mais interdisent de plus en plus à chacun de contempler son oeuvre, de constater son utilité. Cela démotive donc réduit le rendement.
Le professionnel contraint de tolérer cela, par exemple faute de pouvoir renoncer à son niveau de revenu ou à son statut, en conçoit une amertume (menant à dépression) perceptible n'incitant guère les autres, surtout jeunes, à suivre sa voie. Même une culture d'ambition et un régime dirigiste n'endiguent pas cela, et une récession aiguisant de la concurrence vaine menace les fondamentaux de la quête de rendement: beaucoup renoncent à des efforts jugés au mieux démesurés.
Le moyen de convaincre (surtout un jeune) de l'intérêt de nos thèses est d'être heureux en les appliquant. Nous ne le sommes plus, donc le mimétisme ne joue guère.
Spécialisation et dirigisme ne peuvent simultanément augmenter qu'au prix d'un contexte (éducation, media...) de plus en plus teinté de propagande. Cette dernière, de surcroît, ajoute à l'inertie et à l'uniformité réduisant la faculté d'adaption de façon dangereuse face aux défis majeurs et urgents régulièrement causés par le technosolutionnisme. Le productivisme mène au gigantisme donc à contrainte ou tromperie par lesquelles un grand groupe humain hétérogène reste cohérent, qui réduisent la probabilité de prendre conscience d'un problème, ainsi que de découvrir ou de mettre en oeuvre une solution.
La prééminence accordée au rendement donc au gigantisme réduit le nombre de groupes donc d'approches distinctes simultanément explorées par le genre humain, l'émulation entre eux, l'exposition de chacun aux résultats obtenus par d'autres (source d'inspiration), l'altérité non conflictuelle renforçant la cohésion... Elle rend la guerre apparemment rentable puisque toute conquête sert la quête de ressources et d'économies d'échelle, et augmente la portée (personnes et territoires exposés) d'effets de mauvaise décision.
La spécialisation repose sur des enseignements (sciences, techniques...) qui rendent leur bénéficiaire plus autonome et aiguisent parfois son appétit de liberté: dans une société technologique l'ignorant-type se juge moins autonome, donc tolère mieux un système dirigiste, ne serait-ce que par l'adéquation a priori prêtée aux décisions d'experts.
Spécialisation et dirigisme invitent le citoyen à déléguer le pouvoir de décider. Il lui semble manquer de temps ou de compétence, et l'approche a priori saine par laquelle il appartient aux spécialistes d'éclairer le citoyen, présumé désireux de ne pas se contenter de critères d'ordre technique, devient un gouvernement des experts (le planisme mène au scientisme). D'autant que l'électeur manque de poids: que vaut ma voix dans la multitude?
Optimisation, dépendance, dirigisme, délégation... ont des effets inquiétants.
L'amélioration des machines rend impossible de confier un travail utile à une part grossissante des citoyens adultes, parce qu'elles les remplacent ou que, faute de compétence, ils ne peuvent les améliorer. L'impératif d'optimisation secrète dans la société un culte du travail contraignant à occuper chacun, et maintenir la paix sociale invite à le faire afin de les rémunérer plutôt que de constamment les assister. La bureaucratie nécessaire au dirigisme forge constamment d'inutiles procédures requérant des «professionnels du formulaire et du coup de tampon», le drame de l'institution joue à plein. De surcroît le clientélisme a besoin de sinécures.
C'est pourquoi les bullshit jobs abondent.
Ce gâchis patent démotive, y compris certains des plus actifs, ébranlés par la capacité des bénéficiaires de ces jobs à s'en tirer sans effort ni risque (donc à excellemment optimiser!).
Les rangs des assistés discrets occupant ces bullshit jobs grossissent, chacun d'eux à la fois rassuré quant à son sort et affranchi de tout scrupule par l'apparente abondance («ce dont j'ai besoin n'est qu'une infime fraction des richesses»), les plus réalistes s'agitant en menaçantes revendications renforçant la nécessité apparente de maintenir l'assistanat confortant la «paix sociale».
L'homme (humain aux traits de caractère masculins nombreux et marqués) est le fruit de centaines de milliers d'années de préhistoire durant lesquelles il protégeait les siens et chassait. Il réagit d'instinct, sur le seul plan tactique, dans un monde pour lui abscons et volatil au point de rendre peu justifié (donc suboptimal...) de tenter d'en comprendre le détail afin de façonner l'avenir. Il est simple mais primitif, impulsif.
La femme planifie sur le «temps long» dans un univers considéré suffisamment connaissable et déterministe, de façon éminemment stratégique, afin de servir son instinct de procréation. Elle est civilisée donc retenue mais compliquée.
Toute société harmonise ces attitudes: trop ou trop peu de chacune d'elles la condamne.
Durant la préhistoire les moyens disponibles favorisent l'attitude tactique donc les conditions de vie des personnes de sexe féminin sont difficiles.
Nomadisme et dépouillement donc confort précaire leur rendent quasi tout pénible: être enceinte, accoucher, s'occuper des enfants, menstrues... sont autant de calvaires.
Afin d'améliorer leur condition elles coopèrent et innovent. Pour cela elles communiquent entre elles, au calme (durant travaux ménagers, éducation des enfants, cueillette...), en considérant le long terme. Elles expérimentent donc innovent, inventent des outils et des armes (poterie, tissage, vannerie... leur sont attribués). Les nombreux très anciens mythes traitant d'Amazones pourraient en découler.
Les hommes, eux, n'y sont guère poussés car s'occupent surtout de chasse ou de défense/guerre (surtout des escarmouches), activités saturées d'incertitudes rendant difficile d'anticiper donc pour lesquelles la capacité à vite réagir adéquatement est plus pertinente que l'aptitude à forger des stratégies.
L'inclination de la femme au travail industrieux est forte de par le trait la menant à vouloir un descendant puis à tout lui sacrifier durant sa longue enfance, qui renforce l'angoisse quant au lendemain conduisant à échafauder des stratégies afin de réduire l'incertitude. Cela aiguise sa faculté à se projeter dans un avenir lointain.
Chaque petit groupe nomade entrait rarement en contact avec des tiers et les hommes (ce qui désigne ici les porteurs d'un trait de caractère masculin donné) étaient sa première ligne de défense. Ils étaient d'emblée méfiants voire agressifs envers tout non-membre du clan, donc des traits masculins rendirent de plus en plus difficiles les rencontres avec des inconnus.
Un trait de caractère féminin interdit cela car cette prédisposition menacerait l'exogamie préférable au plan génétique (consanguinité). La complète et définitive uxorilocalité est rarissime.
Le confort matériel augmente la probabilité de survie d'une nombreuse descendance, ce qui mène à l'avènement de l'agriculture.
Sédentarisation et technicisation de la société s'ensuivent, démultipliant l'efficience de l'extractivisme induit par le souci d'accumuler, lui-même nourri par l'inquiétude quant au lendemain.
Les surplus augmentent. Ils alimentent une proportion croissante de non-producteurs (dirigeants, clergé...), structurant la société.
Les groupes s'étoffent, augmentant fréquence et intensité des contacts de chacun avec des inconnus, donc le mauvais stress imposée aux hommes.
Des chasseurs-cueilleurs consommaient parfois de l'alcool car trouvaient des fruits tombés, exposés au soleil, et fermentés. Agriculture et sédentarité le rendent meilleur et plus disponible. Il (ou un équivalent: cannabis, khat... voire, au pis, le seul sucre) constitue pour les hommes une compensation aux tensions, un moyen d'évasion et de réduction de la méfiance a priori ressentie envers autrui. C'est ritualisé et construit des habitudes, de l'inertie rassurante.
Les hommes exacerbent des conflits nés de tensions créées par le souci de se réserver des ressources limitées, laissant perdurer des comportements de chasseurs et guerriers confortant leurs rôles de pourvoyeurs (guerrier conquérant) ou de protecteurs (défense opposée aux tiers conquérants). Les hommes d'un groupe y justifient leur rôle guerrier par l'existence de guerriers dans d'autres groupes (il faut s'en défendre ou les vaincre pour s'emparer de leurs ressources), et vice-versa, en une étrange coopération (justificatrice) inter-groupes.
Durant les conflits le camp le plus peuplé tend à l'emporter, favorisant les grands groupes.
Les femmes, elles, se soucient avant tout de leur progéniture donc planifient, optimisent et s'installent dans la sédentarité propice aux grands groupes.
Le gène égoïste est depuis longtemps à l'oeuvre.
Les fils diffusent mieux les gènes (égoïstes...) que les filles donc leur sont préférés, leurs préoccupation s'imposent, rendant la société plus patriarcale.
Le principe de Bateman conduit les hommes à être volages et un trait masculin confère cette pulsion, reconnue dans de nombreuses cultures.
Un seul homme sature les capacités reproductrices de plusieurs femmes, donc la polyandrie est rare car sert mal la volonté de grande descendance.
Une société patriarcale correspond à ces constats. Chaque homme peut y épouser plusieurs femmes, s'il dispose de ressources suffisantes.
Le comportement reproductif théorique de l'homme correspond à un modèle évolutif r tandis que celui de la femme est de type K. Le gène égoïste pousse l'homme à ne pas vouloir élever l'enfant d'un autre. La forte asymétrie de l'investissement reproductif incite la femme à se réserver le fruit des efforts d'un homme afin de mieux assurer la destinée de sa descendance.
Le patriarcat le lui refuse, et en contrepartie la confine à demeure afin de la préserver de la concupiscence d'hommes tiers qu'elle redoute car un nouveau partenaire menace (ne serait-ce que par négligence) tout enfant conçu avec le précédent, et préserve la veuve et sa progéniture en contraignant un parent du défunt à l'épouser. La femme est contrainte à une obéissance pour part faite de raisons savamment entretenues de craindre les hommes tiers (donc lieux publics, travail...), et d'autodiscipline guidée par une doctrine (religion) qui assure sa propre perpétuation par l'éducation (la bonne épouse transmet les bonnes valeurs, et est partout un modèle). Tout cela maximise la certitude de paternité, rassurante pour l'époux désireux de n'élever que ses propre enfants.
Le patriarcat, par voie de mariage arrangé et de polygamie, suscite aussi une concurrence entre épouses, chacune gagnant à devenir favorite, leur interdisant de fédérer leurs efforts afin de s'émanciper.
Le mariage favorise a priori le gène égoïste de la femme dont la capacité reproductrice diminue tandis que celle de l'homme reste longtemps élevée, ce qu'un trait masculin favorisant le tactique (court-terme) tend à lui faire négliger tandis que la femme, plus stratégique, y accorde davantage d'importance. Le patriarcat restaure un avantage au mari en facilitant à l'extrême la répudiation.
La technicisation condamne les dispositions patriarcales en rendant la femme plus autonome et indépendante.
Par conséquent le patriarcat combat activement la technique.
Plus il recule plus l'homme doit parader afin de séduire, en adoptant des comportements satisfaisant des traits féminins: prévoir, accumuler, optimiser... plutôt qu'en laissant libre cours à des inclinations induites par des traits masculins tels que chasser ou combattre (dans nombre de types d'activités professionnelles ils sont depuis détournés en comportements et langues de spécialité relevant de la chasse ou de la guerre: commerce, ménagement, banque d'affaire...).
Dans la France contemporaine le sur-virilisme dans certains quartiers vient surtout du sentiment de déclassement des hommes par rapport aux femmes qui s'occidentalisent pour échapper au patriarcat. De jeunes hommes adoptent un comportement tendant vers l'image moderne du guerrier-chasseur (prédateur) de culture patriarcale, peu compatible avec l'universalisme républicain.
Dès l'Antiquité «Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez...» (Bible, Genèse, 1:28) est représentatif: l'objectif principal est d'augmenter au plus vite la population et sa capacité d'action.
Il est pour cela bon de connaître le fonctionnement de l'univers, le «comment» des choses, donc d'étoffer les connaissances.
Le Moyen Âge poursuit sans cesse davantage la productivité. Les monastères se multiplient sur le continent européen et deviennent des manufactures où l'on espère consacrer davantage de temps à la prière grâce à de l'optimisation assise sur des connaissances anciennes progressivement améliorées et diffusées, ce que l'imprimerie dynamise considérablement.
L'appétit de connaissances est de plus en plus vif car elles améliorent capacité à prévoir, et secrètent des techniques livrant moyens d'action.
Durant la Renaissance la science devient rapidement de plus en plus centrale.
Cette quête de rationalité et la diffusion de thèses hérétiques imprimées estompent le sentiment religieux, et rehausse le travail ingénieux créant des biens: l'industrie est en gestation.
Les objectifs principaux (voire seuls) aujourd'hui poursuivis s'imposent: sciences dures accumulant connaissances menant à innovations augmentant la productivité. La primauté accordée à cette dernière, aujourd'hui transversale, augmente rapidement. L'État en optimise des moyens (gigantisme, dirigisme...).
La propension à l'optimisation augmente sans limite, et son principal moyen est l'amélioration des rendements d'échelle donc le gigantisme.
L'optimisation incite à industrialiser. L'industrie lourde progresse, créant dépendance vitale à l'État du citoyen ainsi que des grands conglomérats (en un capitalisme de connivence) donc stabilisant l'organisation politique.
La production en grandes séries rend l'usine nécessaire, ce qui change profondément la société.
La guerre est elle aussi optimisée, elle mobilise toutes les ressources car est de plus en plus totale (gigantesque), les hommes sont au front et des femmes les remplacent, elles travaillent de moins en moins à demeure. C'est perceptible dès la Guerre de Sécession puis d'importance majeure durant la Première Guerre Mondiale, et accélère l'émancipation (autonomie financière, éclairages et revendications d'autres femmes...).
De nouvelles techniques libèrent la femme: machines la soulageant (en particulier véhicules et électroménager), planification familiale (éducation sexuelle, contraception fiable, avortement maîtrisé, obstétrique et pédiatrie améliorées...) réduisant le nombre d'enfants non souhaités et même souhaités (il est de moins en moins nécessaire de compenser une forte mortalité en bas âge) ainsi que le volume d'efforts et de temps nécessaires. Sa capacité à décider ce qu'elle doit ou non faire augmente, la nécessité et l'intérêt de rester au domicile diminuent tandis que ceux de travailler à l'extérieur augmentent.
Elle dépend de moins en moins de son compagnon et de plus en plus du système technique.
L'objectif poursuivi par une part croissante des actifs échappe aux enfants. Papa et maman sont très ambitieux, ils travaillent au loin, de façon mystérieuse, avec et pour des inconnus. Leur enfant n'en perçoit pas les effets directs et interagit peu avec eux. Jusqu'à peu l'enfant-type assistait à une part de l'activité professionnelle de ses parents (agriculture, artisanat, commerce...) associés face à l'adversité, en constatait le produit (un problème résolu ou une nouvelle ressource) et était peu à peu impliqué. Il éprouvait et assimilait ainsi peu à peu des conventions fondamentales (propriété, activité utile, coopération, production, échanges commerciaux...), donnant sens au groupe comme à chacun de ses membres, tous percevant directement l'utilité de leurs efforts. Le mimétisme et l'exemplarité jouaient.
Le féminicène commence, il rend de plus en plus patent que notre société correspond surtout à des traits féminins, piliers de notre civilisation. Un groupe isolé et laissé à lui-même d'hommes ressemblera après quelques mois moins à notre société que s'il accueille aussi (ou exclusivement) des femmes.
Témoignage d'une journaliste ayant vécu avec une famille talibane, dans la campagne Afghane.
La liberté, surtout de la femme, n'a jamais été aussi grande: elle décide de l'utilisation de son temps et de son corps (libre circulation et capacité de procréation comprise), peut se rendre autonome et indépendante y compris financièrement... avec abondance de choix comme d'options, capacité à changer d'avis en échappant à certaines des conséquences d'un choix ou de son absence...
Cela rend plus souvent indécis, ce qui est plus frustrant qu'une limitation causée par une décision antérieure.
Ne pas disposer de (ou lutter contre) ce qui émancipe la femme tend à confiner son activité à la procréation et préserve le groupe, d'autant qu'une femme libérée peut percevoir en l'enfant son propre assujettissement.
Sur le plan de la capacité à augmenter la taille de la population c'est l'une des forces de certaines doctrines (Islam, Amish, communautés «arriérées/primitives/à faible intensité technologique»...).
Des fondamentaux sont d'ordre métaphysique: une idéologie liant statut social ou bonheur au nombre d'enfants édicte pour mission suprême de croître et multiplier. Une autre préconisant de produire, y compris des enfants afin qu'ils produisent à leur tour et pour cela d'optimiser la quête de confort... ne conduit pas au réconfort, et peu ne perçoivent ou tolèrent durablement l'absurdité naissant de l'absence de sens, d'explication, de mission absolue.
Sur le plan professionnel afin d'optimiser son gain (donc son autonomie) et l'intérêt de son activité la femme poursuit une «meilleure» formation, donc une spécialisation, et concurrence l'homme. Dans une société patriarcale elle s'attache davantage à sciences dures et techniques afin que les progrès correspondants contrebalancent progressivement les structures de pouvoir en place, rendant la femme plus autonome donc indépendante. Dans la civilisation occidentale elle les néglige davantage car les laisser aux hommes équilibre l'ensemble: les buts (planifier, optimiser...) correspondent à des traits féminins et leurs principaux moyens (sciences, techniques) sont surtout poursuivis par des hommes (en général soucieux de complaire à mère ou épouse). La femme l'emportant sur tous les fronts serait manifestement très dominante, en un dangereux déséquilibre.
Plus le niveau d'études moyen de la femme augmente, plus il lui est difficile de trouver un compagnon car elle souhaite épouser un homme au moins aussi instruit qu'elle.
L'optimisation incite à privilégier quantitatif, court terme et moindre risque, cela ne favorise pas la procréation et fournit des moyens techniques rendant suboptimal pour l'adulte d'avoir des enfants puisqu'ils dissipent beaucoup de ressources (temps, argent...), réduisent ses options (sa «liberté») et ne subviendront guère à ses besoin de vieillard. Un seul rejeton satisfaisant la pulsion de reproduction suffit, surtout dans une ville où l'excès d'humains (surpeuplement et surdensité) induit du mauvais stress (par coudoiement d'inconnus et concurrence exacerbées au point de doper criminalité, propagation de pathologies, surveillance, contraintes, pollution...).
Augmenter la proportion de membres d'un groupe qui sont parents entre eux y renforce le tissu social, et nombre de cultures aux taux de natalité diminuant moins qu'ailleurs favorisent les mariages entre cousins, ce qui pourrait correspondre au niveau de consanguinité optimal pour la pérennité d'un groupe, tous critères considérés (d'ordre génétique, sociétaux...).
Seuls quelques sujets (handicapés, atteints de maladies rares...) en paient le prix et, si l'honneur du clan ne dépend de sa capacité à prendre soin de tous ses membres, peuvent être relégués voire tôt disparaître par négligence ou acte violent.
Aujourd'hui des communautés (ethniques, religieuses, certaines catégories sociales...) améliorent leurs cohésions respectives en favorisant les mariages entre leurs membres.
La doctrine régnante invite à nier percevoir l'incompatibilité croissante entre les valeurs et visions de concitoyens, de l'hostilité croissante les opposant. Le problème n'est pas l'ampleur du défi affronté par tous mais son absence.
Éducation et media rendent difficile (sauf pour certains des plus jeunes) de faire état de la perte de sens, de la pseudo-solidarité.
Le culte voué à la rationalité et à l'optimisme soutenant l'optimisation est incompatible avec l'expression d'un doute légitime quant à l'avenir radieux promis par le système technique.
Un QI élevé est associé à l'intégration sociale (l'élite est réputée intelligente), et vice-versa (les plus asociaux sont des crétins), donc ne pas mettre en cause l'organisation sociale est considéré intelligent, et vice-versa.
L'autocensure en résultant conduit à prétendre que seule une analyse rationnelle éteint la volonté de procréer (résumé: «notre revenu disponible est insuffisant»), prétexte étayé par divers facteurs économiques tels que forte proportion des revenus d'actifs payant le coût total des assistés et retraités, crises...
L'autocensure invite aussi à feindre de croire à une entente unissant les concitoyens, à se rassurer en niant dépendre d'hostiles, à taire que ce qui peut être transmis à une descendance n'intéresse plus.
Ce qui rend cette dissimulation possible est ce qui sous-tend le reste: notre mode de raisonnement réductionniste, effet de la spécialisation et réduisant le processus de décision à des sous-problèmes de calcul chacun confié à un mode de résolution pertinent, façon computationnalisme. À trop vouloir prévoir donc réfléchir on n'agit plus.
Sous le couvert du déni l’anxiété civilisationnelle augmente silencieusement.
Il ne s'agit pas ici de condamner la rationalité et en particulier la capacité à se projeter dans l'avenir, d'importance vitale, mais de rappeler qu'une «abondance suffisante» d'objectifs s'inter-équilibrant (optimiser, rendre robuste et résilient...) est préférable.
La présence de trop nombreux inconnus-anonymes pèse car érode l'espoir d'influer donc démobilise. Beaucoup se jugent trop souvent floués par lois et dispositions prises, le consensus devient l'exception, chaque élu représente une fraction de plus en plus faible des citoyens et la défiance envers les institutions croît.
Un État de plus en plus omniprésent capte sans cesse davantage de ressources et augmente son emprise. Son efficacité ainsi que la capacité de chacun à se démettre diminuent (loi des rendements décroissants, démotivation...). C'est amplifié par toute crise économique: des électeurs exigent davantage sans renoncer aux acquis, les promesses formulées durant les élections sont de moins en moins tenues, le dirigisme se transmute en autoritarisme...
Pour les humains porteurs de traits masculins (soucieux de se défendre donc a priori défiants face à l'inconnu) tout est, au quotidien, trop gros et va trop vite. Le mauvais stress naturellement secrété par les inconnus coudoyés tout le jour n'est plus dissipable via de l'activité physique mobilisatrice et utile, réservée aux machines. Des moyens techniques ont démultiplié les impacts des conflits, interdisant les fréquentes escarmouches servant d’exutoires auxquels la pratique sportive, même forcenée, se substitue mal, et hors du champ intellectuel peu de territoires restent à explorer ou conquérir. Leur frustration s'intensifie.
Pour la femme des occupations de plus en plus semblables à celles des hommes causent le même genre de mauvais stress menant aux mêmes dérivatifs (alcool, drogues...), d'autant que ses nouveaux objectifs (produire, donc réussir professionnellement) ne se substituent pas à sa pulsion procréatrice et rendent plus difficile de la satisfaire.
Les «fractures françaises» reflètent le souci dominant: chacun veut augmenter son patrimoine (maximiser son pouvoir d'achat dans un contexte sans déclin car porté par un homme fort et omniscient contraignant tous à tomber d'accord et à coopérer) donc optimiser, ainsi que la défiance a priori vouée à ce qui est distant, différent.
En Chine, à Shenzhen (trente mille habitants en 1980, 7 millions en 2000, 17,5 millions en 2020, densité de population 8800 hab/km² donc 2,3 fois supérieure à celle de Paris), notre potentiel avenir est perceptible. Dans cette ville où l'âge moyen est d'environ 30 ans et où 70% de la population a moins de 40 ans le taux de natalité s'effondre.
Le mode de reproduction des humains rend les sujets masculins moins déterminants pour l'avenir du groupe donc leurs missions sont plus risquées (les environnements hostiles et peu prédictibles leur sont réservés), favorisant leurs aptitudes tactiques. L'optimisation améliore des techniques offrant moyen de prévoir, prévenir, déléguer à une machine, soigner... donc réduit le risque, laminant le patriarcat (qui regimbe).
La proportion d'humains perturbés augmente, le taux de natalité s'effondre, le cloaque comportemental point. Au mieux la société en gestation sera surtout faite de vieux déments.
Une part non négligeable des humains (environ 1/3 en France) est au moins partiellement préservée d'effets pervers décrits car vit dans de petites communes rurales, moins denses et actives. Elle décline avec l'urbanisation.
L'optimisation est souhaitable voire nécessaire mais ne doit pas être poursuivie au point de nous fragiliser.
Espérer optimiser au plus vite sans limite est vain.
La taille maximale d'un groupe où des humains vivent harmonieusement est limitée. Elle est peut-être proportionnelle au nombre de Dunbar et change vraisemblablement avec le temps. Cette limite n'est ni avantageuse ni fâcheuse, mais n'en pas tenir compte est dangereux.
Dans une bonne mesure les défis du moment tiennent à la volonté d'imposer à tous quelques objectifs définis et le système correspondant, devant beaucoup à celle d'optimiser donc d'être nombreux et de mobiliser toutes les ressources, et pour cela d'établir par une doctrine la concorde des membres du groupe au lieu de le fonder sur cette dernière.
Optimiser ainsi est le principal objet de l'État-Nation contemporain, où l'uniformisation des comportements repose sur valeurs et vision communes ou bien, chez ceux qui n'y adhèrent pas, sur contrainte et tromperie, renforçant défiance et démotivation.
Optimiser au mieux impliquerait de tout planifier donc d'excessivement conformer à un trait de caractère féminin, et de surcroît est pour de nombreuses raisons impossible, pour commencer parce que cela présuppose objectivité de l'évaluation effectuée par planificateurs comme usagers.
Le gigantisme atteint un paroxysme changeant la nature du défi (le réductionnisme et la survenance sont éclairants), la spécialisation sera de plus en plus réservée à du logiciel (IA), l'anonymat et la centralisation sont endigués par les réseaux brisant l'unité de temps et de lieu jusqu'à peu nécessaires à l'amitié, ébranlant aussi le dirigisme qui, de plus, perd de son aura après les coups de boutoir portés durant le vingtième siècle.
Du néo-tribalisme correspond à cette lecture et se développe, empruntant semble-t-il souvent à de l'écologie sociale sans couleur politique et parfois condamné en le réduisant à sa version nativiste correspondant à un schéma classique.
L'appareil de surveillance et de répression d'un petit groupe lui rend plus difficile qu'à nos États d'interdire à un membre mécontent de se démettre (le quitter afin de rejoindre un autre groupe). Une communauté où certains (puissants ou non) abusent durablement sera, elle, rapidement désertée.
Des communautés même voisines peuvent connaître des organisations sociales fort différentes, étoffant les options offertes aux individus ce qui rend utile de se démettre, tandis qu'objectifs et méthodes des nations les rendent de plus en plus semblables et à même de s'entendre afin d'y contraindre les individus, rendant peu utile voire risqué de voter avec ses pieds.
Les mœurs font toujours de meilleurs citoyens que les lois (Montesquieu). Elles procèdent de l'honnêteté commune (common decency) de G. Orwell, menacée non par le capitalisme mais par des moyens d'optimiser. L'un de ces moyens est le dirigisme (donc au pis le totalitarisme), que G. Orwell détestait et est désiré par des citoyens se défiant les uns des autres car se jugeant menacés par la liberté d'autrui, qui est dans notre société un anonyme aux valeurs absurdes, au mieux dépourvu de scrupule et au pis agressif.
La doctrine fédératrice est universaliste donc condamne arbitrairement le relativisme moral. Une longue coexistence contrainte de valeurs contraires exacerbe les clivages. Cela mène certains à vouloir censurer des concitoyens, puis à s'en débarrasser.
Des conceptions incompatibles interdisent le pluralisme.
Laissons plutôt chaque groupe où valeurs et visions des membres sont compatibles vivre comme bon lui semble tant qu'il ne pèse pas sur un autre.
Tensions et gâchis induits par les luttes de conquête du pouvoir au sein de notre énorme société hétérogène sur de nombreux plans (y compris intrinsèques) sont ainsi transmutables en saine émulation entre groupes distincts, chacun homogène et soucieux de rendre éclatante la justesse de ses conceptions.
Le meilleur argument contre la démocratie est une conversation de cinq minutes avec l'électeur moyen (attribué à W. Churchill) n'est pas sans solution. Choisir ses concitoyens (donc participer à la sélection des arrivants et pouvoir partir) offre moyen d'établir la démocratie directe donc de ne pas devoir déléguer la souveraineté en élisant un représentant, se perdre en Commissions détachées du réel... Tous les critères de sélection d'un membre (même les plus discutables: ethnie, lieu de naissance ou de résidence, culture donc langue ou religion...) sont possibles, aucun n'est imposé.
Les membres de chaque communauté librement formée selon leurs critères y cultivent des projets personnels ou communs, aux moyens et effets acceptés par tous, et chacun d'eux reste libre de la quitter s'il n'est plus satisfait, si la confiance s'émousse. Tout cela forge une expérience grâce à laquelle tous peuvent apprendre.
Ce sera difficile en France parce qu'on y adore les belles constructions théoriques préalables à l'action (on constitue un grand groupe et chacun expose ses vues quant à ce que nous pourrions faire et comment, et aux formalismes associés) et déteste l'empirisme de l'organisation ad hoc à laquelle le genre humain est depuis longtemps rompu par lequel les membres d'un petit groupe homogène partageant un objectif à enjeu pratique, changent le Monde Réel en y construisant ou améliorant quelque chose tout en se concertant à mesure.
La liberté d'un individu ou d'une communauté ne constitue pas intrinsèquement un danger. Contraindre ou tromper en secrète.
C'est pourquoi une petite communauté distincte des autres offre à chacun un contexte plus adéquat que notre (trop grande) société, car améliore la capacité de ses membres à poursuivre leur objectif commun tout en réduisant les contraintes induites par celles de tiers.
Une communauté de ce genre sera ce que pourrait aujourd'hui être un parti politique au pouvoir disposant de moyens et ne mobilisant que des convaincus donc ne devant contraindre.
Dans The Human Zoo, paru en 1969, D. Morris écrit: «Même si des progrès fulgurants et inimaginables à l'heure actuelle se produisent dans les techniques de communication de masse au cours des prochaines années, ils resteront entravés par les limites biosociales de notre espèce. Nous ne sommes pas faits, comme les termites, pour devenir des membres volontaires d'une vaste communauté. Nous sommes, et serons probablement toujours, au fond, de simples animaux tribaux.»
L'humain tend à à négliger ce qui le favorise (jusqu'à considérer toute faveur comme acquise) et à s'opposer fermement et durablement à ce qui l'a lésé. C'est peut-être cause ou effet de mécanisme régulateurs de comportements ci-devant évoqués. Le père de D. Morris a été tué durant la première guerre mondiale et il en a conçu haine tenace envers l'establishment. L'industrialisation de la guerre a pu ainsi accentuer, surtout dans les nations les plus touchées (dont la France), une durable défiance envers des institutions.
Vivre en communauté n'implique pas de restaurer un mode de vie du passé ni de renoncer aux acquis, y compris d'ordre scientifique et technique.
Chaque communauté peut se déterminer, par exemple en choisissant (ou rejetant) de se fonder sur la propriété privée, de nommer un Guide Suprème, de tendre vers l'harmonie en cessant excès de tous ordres (y compris d'optimisation) négligeant le nécessaire (robustesse, bonheur...)...
L'équilibre (harmonie) a priori pertinent est celui des valeurs de caractéristiques mesurables (taille, densité, vitesse...) du système, non un mélange de méthodes, d'approches, de façons de procéder.
Des principes issus de l'oeuvre de L. Kohr sont utiles.
Juger un grand groupe dirigé par un gouvernement central particulièrement apte à se défendre, en particulier à se préserver d'une occupation, est discutable car l'Histoire montre que c'est surtout affaire de résolution et de capacités, de qualité.
Afghans et Vietnamiens, entre autres, montrèrent que mêmes des appétits aiguisés de superpuissance ne peuvent imposer à un groupe plus faible sachant rendre leur satisfaction trop coûteuse.
D'autre part une petite proie ne rapporte guère, surtout si de nombreux voisins souhaitant maintenir la paix s'opposent à toute agression en établissant des pactes de défense.
Il faut pour cela y rester prêt, donc s'entraîner, ce qui justifierait des combats ritualisés (intra- et inter-groupes) aussi réalistes que possible par ailleurs rendus nécessaires par des traits de caractère masculins. Des «manœuvres» révéleraient des aménagements gênants pour un agresseur.
On peut juger le bruit de fond de fréquents conflits entre quelques groupes, que nombre d'autres tentent d'éteindre, préférable aux cataclysmes même relativement rares des guerres mondiales.
Une intelligence artificielle mise au service de l'optimisation et décidant de tout (donc éduquant, poliçant, jugeant...) réduirait la maîtrise des humains de leur environnement et la diversité de leurs conceptions, donc la robustesse du groupe, sa capacité à survivre à tout effet d'une panne ou mauvaise décision.
Même en y lisant un moindre mal elle est l'oeuvre d'humains donc il est difficile d'en garantir neutralité et objectivité.
On peut y préférer cesser de sacrifier au gigantisme.
Le premier obstacle à la création de communautés chacune homogène sur le plan des valeurs et de la vision est la volonté de ne pas oublier des tensions passées (guerres, massacres, colonisation, esclavage...), comme résumé durant la conférence «Qu'est-ce qu'une nation?» d'E. Renan.
L'oubli est réaliste car l'écheveau des responsabilités indémêlable et les coupables depuis longtemps morts. Cultiver ces souvenirs (quasi tous parcellaires ou distordus) ne nourrit qu'une vendetta, certes historiquement utile car alors régulatrice mais rendue obsolète par l'adoption du principe de non-agression.
Le deuxième obstacle est la résistance d'un État-Nation à toute réduction de ses prérogatives ou moyens.
Des dirigeants attribuent la volonté de réformer les institutions à l'arbitraire, alors qu'il naît souvent d'une hostilité à des effets de l'optimisation excessive. Ils posent abusivement l'État-Nation en tant que seule fin acceptable, ou seul moyen pertinent.
Le facteur de tension majeur oppose, d'une part, le droit des peuples (ici un groupe de personnes souhaitant vivre ensemble) à disposer d'eux mêmes à, d'autre part, l’intégrité territoriale des États souverains, en une double contrainte. La volonté d'optimiser de tous (privilégiant mobilisation de vastes ressources donc territoires et populations) conjuguée à l'appétit de pouvoir de certains conforte un dirigisme centralisé jaloux de cette intégrité.
En démocratie convaincre la majorité de nos concitoyens de laisser ceux qui le souhaitent créer ces communautés lèverait cette contrainte d'intégrité territoriale puisque l'État sert les citoyens donc qu'ils définissent son territoire et que par conséquent ce respect n'est opposable qu'à des tiers. C'est n'est pas aussi utopique que chanté par des media.
Pour cela prêcher d'exemple donc constituer une première communauté est pertinent.
Le cas-type est celui du Free State Project, aux États-Unis, rassemblant des libertariens afin d'atteindre une masse critique suffisante pour influencer les lois, réduire les dépenses publiques et créer une société fondée sur le volontariat.
C'est difficile car mène à un fait accompli menaçant l'intégrité évoquée, bien perçu comme tel par le gouvernement.
En France forger une nouvelle Constitution préservant l'État ainsi que le statut de nation tout en établissant absolu et strict respect du principe de subsidiarité pourrait suffire.
Des communautés pourront décider de coopérer, par exemple en projets d'infrastructure proposés par l'État, toutefois (contrairement à l'Union Européenne en place) aucune convention n'en contraindra, par exemple à obéir à une disposition même adoptée par une majorité d'autres.
Puis définir une première version de règles, que les communautés s'engageront à respecter et à faire respecter, épargnera féodalisme ou impérialisme. Elles édicteraient par exemple que chaque communauté est organisée comme ses membres le définissent, accorde à chacun d'eux droit et possibilité de se démettre, et interagit avec toute autre communauté en respectant le PNA.
La répartition des ressources existantes (territoires, infrastructures...) entre communautés est l'obstacle suivant. Cela définirait une première version des dispositions visant à prévenir ou à résoudre les conflits inter-communautaires, et à coopérer avec la zone non communautaire donc gérée comme aujourd'hui par l'État.
K. Marx négligea que, hors fous ou sages donc minorité, l'humain est inquiet du lendemain donc veut disposer de ressources et par conséquent soutiendra le système productiviste lui semblant le plus optimisé. Historiquement la concurrence régnant sur un marché l'emporte à ce titre sur la planification, et les grands groupes humains sur les petites communautés.
D'autre part K. Marx croyait les tensions (lutte des classes) secrétées par le capitalisme alors qu'elles doivent tout aux principaux moyens servant le souci d'augmenter la productivité: gigantisme, spécialisation, anonymat, dirigisme, centralisation...
Le système soviétique, très productiviste, connaissait selon M. Djilas les mêmes tensions, opposant en particulier la Nomenklatura aux autres. Elles sourdent de ces moyens d'optimiser, chers aux doctrines aujourd'hui dominantes (capitalisme, communisme...).
Plus fondamentalement menacer le droit de propriété ne convainc pas durablement l'humain-type qui souhaite améliorer son patrimoine. Menacer ainsi est difficile à concilier avec le productivisme.
De surcroît le gros des travailleurs comprend que l'entrepreneur et ses acolytes (investisseurs...) prennent des risques durant création et fonctionnement d'une entreprise (même dans le cas d'une société coopérative et participative), et nul humain n'aime menacer son rassurant patrimoine donc son confort voire sa survie.
Selon la perspective marxiste «seul le travail crée la richesse, le capital ne fait que multiplier la productivité du travail».
Le terme travail connaît de nombreux sens, seul certains présupposent/impliquent que sont produit est utile. K. Marx utilisait sauf erreur les termes Arbeitskraft ou Arbeitsvermögen, qui signifient force de travail et capacité de travail, donc capacité à travailler que le travailleur vend à son patron (le grand patron étant choisi par les actionnaires, ils déterminent les axes des actions dans l'entreprise). L'utilité provient de l'utilisation de cette force/capacité par les patrons (actionnaires et dirigeants), donc de leurs conceptions et directives.
Les mécanismes d'allocation du capital («décider où investir les ressources pour qu'elles produisent le maximum») reposent sur de l'optimisation, et la transposition est claire: le capital est, surtout via le machinisme, fournit un type de force de travail dont l'entrepreneur optimise l'efficacité.
Sur ce plan le mode d'évaluation marxiste des apports respectifs du travailleur et de son patron est similaire à celui qui, aujourd'hui, mène le monde de l'entreprise à constater que «L'idée ne vaut rien, seule l'exécution compte» ("Execution is everything", "Ideas are easy, execution is hard"...), et la primauté (dangereusement) de plus en plus accordée à l'optimisation donc à l'efficacité productive accélère cette convergence car une idée, seule, ne produira rien tandis qu'une force de travail appliquée livrera tôt ou tard quelque chose d'utile (même dans le pire cas, donc sans aucune considération pour objectifs ou moyens, de par le paradoxe du singe savant).
Toutefois l'importance du capital diminue vite avec la technicisation car augmente le rendement de ces moyens, c'est l'effet «coup de génie», un bidouillage réalisable sans effort ni coût et à fort effet de levier, tel que celui d'Humphrey Potter et la machine de Newcomen.
La technicisation a conduit à la «dématérialisation» qui augmente l'effet des compétences et réduit celui les moyens physiques (donc le capital) nécessaires à la création de valeur, laissant jusqu'à l'isolé endossant tous les rôles (actionnaire, patron, travailleur) et investissant peu (un ordinateur et une connexion à l'Internet) obtenir une compétence voire un produit (un logiciel) de grande valeur.
Même le génie prêté à l'origine d'un progrès, enflant l'importance relative de l'apport de l'innovateur, est discutable car beaucoup de découvertes doivent tout au hasard, que l'optimisation tente d'écarter de façon dangereuse si excessive.
Certains préconisent de gérer les domaines stratégiques (ou vitaux, indispensables, relèvent d'un bien commun) par la planification centralisée et le dirigisme.
Les raisons de préférer cela aux mécanismes d'un marché sont mal définies et peu consensuelles.
Les interdépendances interdisent de déterminer ce qui est ou non stratégique. Si la défense est d'ordre stratégique, par exemple, alors tout ce dont dépend l'armée l'est, donc quasiment tout l'est.
Les critères parfois proposés («est d'ordre stratégique ce qui relève d'un horizon long, d'externalités majeures, de dépendances critiques, d'un risque systémique») ne font que déplacer le défi vers la nécessité de définir «long, majeur, critique...», et leur mode de composition: lesquels sont joints par l'opérateur OU, par OU BIEN, par ET?
Donc rien n'est d'ordre stratégique ou bien tout l'est et par conséquent l'économie doit être complètement ou bien pas du tout planifiée.
Juger préférable de chercher un «équilibre de systèmes» relève du sophisme du juste milieu. Même dans le cas contemporain semblant en relever, la Chine, le gouvernement fédère et épaule (plutôt que dirige) le privé.
Distinguer une connaissance totalement nouvelle d'une autre qui est une combinaison de connaissances pré-existantes est difficile parce que le seul moyen connu en est exploration exhaustive des combinaisons possibles de connaissances existantes, livrant parfaite connaissance des connaissances, et par conséquent de toute «métaconnaissance» possible.
Le préfixe méta est commun aux tenants et aboutissants: un métamodèle éclaire les métaconnaissances, et la métaprogrammation opérée par un logiciel développant du logiciel nous semble moyen de «découvrir du nouveau».
Nous savons décrire un objectif connu, les moyens de l'atteindre et les contraintes, puis mettre en oeuvre une machinerie combinant les connaissances. La recherche opérationnelle donne forme à tout cela, LLM et ordinateurs contemporains fournissant la plus puissante machinerie disponible.
Une combinaison de moyens ainsi produite semble neuve mais existait auparavant, latente.
Espérer créer du radicalement neuf en créant un nouveau moyen semble vain car quelle sorte de matière, d'énergie ou de temps dont les composantes n'existent pas déjà pouvons-nous créer?
En obtenir passe plus sûrement par un but complètement nouveau, ce que ne garantit qu'une exploration dépourvue d'objectif appliqué (circonscrit), et par conséquent par une action menée sans effet escompté.
C'est étouffé par notre volonté même d'optimiser donc d'obtenir un résultat prédéfini et mesurable ainsi que de ne pas dissiper de ressource sans objectif.
C'est étrange car le gros de nos progrès naît des sciences fondamentales, dépourvues d'objectif appliqué et dont le moteur principal est la curiosité.
Une part des découvertes correspondantes ou de leur mode d'utilisation est le fruit du hasard, ce qui illustre l'inanité de la croyance selon laquelle l'utilité naît toujours d'une intention, d'un objectif prédéfini.
Notre facteur de motivation déterminant, optimiser, réduit notre capacité à créer.
Le GNU superoptimizer illustre certains aspects de la quête d'optimisation.
Il donna satisfaction en optimisant, puis la dilatation des objectifs (longueur de la séquence à optimiser) et moyens: jeux d'instructions, modes d'adressage, archis multi-pipelines et superscalaires précalculant... a rendu le calcul du coût d'optimisation d'une séquence d'instructions trop... coûteux!
Son évolution repose sur du SMT (Satisfiability Modulo Theories) qui orchestre l'exploration donc... optimise l'optimisation.
Lui-même est optimisé grâce à OMT (Optimization Modulo Theories), et ainsi de suite...
La métaprogrammation est ici confinée au strictement quantitatif, et la démarche, au lieu d'ouvrir le champ, simplifie en négligeant ou ôtant des pans de l'objectif ou des moyens disponibles. Espérer créer du résolument neuf grâce à ce genre d'approche semble ambitieux.
La volonté d'optimiser (vitesse, rentabilité...) domine le secteur de l'édition, et des effets d'ordre quantitatif distordent ceux de de critères qualitatifs.
Les critères de choix des prospects varient, toutefois le gros d'entre eux adopte les habituels «peu cher» et «récent».
Un ouvrage de qualité exige beaucoup de travail (auteur, éditeur compétent donc bien payé...) et ce d'autant plus qu'il est de qualité donc précis, univoque, complet et concis.
Le livre en résultant ne semble guère épais, rapporté au sujet et périmètre, donc semble cher: son ratio (nombre de pages / €) est très inférieur à celui des autres produits équivalents.
Si c'est un ouvrage de divertissement il ne distraira pas longtemps et si ce n'est pas cas, longuement mis au point, il ne peut coller à l'actualité donc traite vraisemblablement d'un sujet jugé rebattu, est obsolète, ou au mieux paraîtra après des titres concurrents, ce qui est catastrophique car les libraires l'exposeront moins.
Le total des postes de coût les plus déterminants d'un exemplaire (mise au point du manuscrit, impression et promotion) est inversement proportionnel au nombre de pages et aussi d'exemplaires (rendement d'échelle...).
C'est d'autant plus vrai que stocker quelques mois puis détruire (pilonnage) les invendus coûte peu tandis que conserver un stock durant des années afin de vendre peu d'exemplaires chaque mois est coûteux.
Le détail est bien exposé dans l'article WP «Longue traîne».
Les attentes du public sont difficiles à prévoir et volatiles donc pour être rentable mieux vaut toujours proposer autant de titres que possible. De surcroît explorer un thème ou un mode d'expression radicalement nouveau est coûteux, interdit d'espérer voir constamment de nombreux manuscrits soumis, et rarement d'emblée apprécié par le public donc commercialement dangereux. Mieux vaut «ronronner» en «ratissant large».
C'est pourquoi il est extrêmement difficile de rentabiliser la qualité ou la nouveauté, donc nombre de maisons se contentent de la sélection de manuscrits assurée par un comité de lecture peu coûteux, puis d'une édition minimale: syntaxe et orthographe, à présent pour le plus gros assurée par du logiciel. Chacun recèle de nombreuses pages dont elles impriment beaucoup plus d'exemplaires que de ventes vraisemblables.
La conjugaison de l'industrialisation résultant de la volonté d'optimiser et d'incertitudes (réels besoins et attentes du public) érode la qualité car dégrade la nature du «projet» sous-jacent (diffuser de l'information, de la connaissance).
Cela conduit à des arbitrages solides sur le plan économique (bâcler et gâcher est plus rentable) mais pernicieux et démotivants.
Chaque mois: 10 titres publiés, chacun comptant 500 pages et dont 50000 exemplaires sont imprimés. L'impression de chacun coûte environ 1,5€ et il est proposé au prix de 20€. Même dans le pire des cas (s'il faut tous les détruire), les transporter et pilonner coûte environ 5000€. Dans le meilleur le chiffre d'affaires est de 10 million d'€ donc 9,25 restent après impression. Si seulement 10% des exemplaires sont vendus 2 millions d'€ sont encaissés et 1,9 restent après impression.
Chaque mois: 1 titres publié, peaufiné donc à coût en amont équivalent à celui exigé par l'approche Cataracte, comptant 150 pages et dont 5000 exemplaires sont imprimés, l'impression de chacun coûte environ 1,5€ et il est proposé au prix de 15€. Même dans le meilleur des cas le chiffre d'affaires est de 75000 € après quelques années dont 65000€ restent après impression et stockage, le seul gain d'importance potentiel reposant sur le déclenchement, face à un succès commercial (de moins en moins probable), de l'impression d'un grand nombre d'exemplaires et leur vente.
(Merci à X. Cazin, qui a voici longtemps clairement exposé le gros de tout cela)
Que serait aujourd'hui une Afrique aux dirigeants jamais corrompus par un industriel?
Récapitulons, en analysant objectivement, de rendre compte ce qui est plutôt que de ce qui pourrait ou devrait être, sans tenter de justifier ou de condamner.
Des industriels occidentaux exploitent des ressources afin d'optimiser leurs gains, ce qui est aussi l'objectif du potentat.
Les industriels sont jugés nécessaires parce qu'ils disposent des moyens techniques optimisant l'exploitation.
Créer un site minier coûte, et les capacités pertinentes du potentat ne valent pas celles des industriels. La confiance nécessaire, pour commencer afin d'obtenir un prêt, n'est pas établie. Des industriels peuvent discrètement mettre des bâtons dans les roues du projet d'un potentat entreprenant: aucune banque ne prêtera, aucun spécialiste n'acceptera de travailler... Au pis (des sommes d'argent colossales et des ressources stratégiques sont en jeu) «un accident (ou un opposant politique bien armé et conseillé) est si vite arrivé...».
Pour le potentat concéder des droits d'exploitation offre le rendement optimal: aucun effort, risque, ou investissement nécessaire pour lui, ressources au mieux rapidement exploitées, des millions de dollars en banque, et pas d'ennemi mais bien des protecteurs puissants. Peut-il espérer mieux?
Cette optimisation selon tous objectifs et contraintes est aussi le but des industriels qui, s'ils ne s'en souciaient pas, obtiendraient du minerai en grattant leurs jardins eux-mêmes avec leurs seuls ongles.
Industriels et potentat poursuivent le même objectif. Chacun veut s'enrichir à titre personnel. Pourquoi prêter au potentat un objectif différent tel qu'«enrichir tous ses sujets»? Les industriels ne tentent pas de payer autant d'impôts que possible(!).
Certes, des potentats semblent plus dirigistes mais le sont en pratique moins, ils veulent l'être (afin de maximiser leurs gains et sécurité) mais ne parviennent pas à s'imposer sans une violence moins nécessaire en Occident car les masses y obéissent mieux grâce à une doctrine rendant à chacun possible d'interagir constamment avec des inconnus, d'être un rouage dans une énorme machine, de ne pas se reconnaître dans ce que le travail produit ni se soucier de métaphysique, de se juger solidaire non seulement de ses proches (famille, voisins, ethnie, coreligionnaires...) mais de millions de concitoyens, de ne pas contester le pouvoir central donné pour assurant le plus grand bien du plus grand nombre, l'intérêt général...
Ces dispositions rendent l'industrie donc le gigantisme possible.
La doctrine les prescrivant est adoptée parce qu'elle est condition de l'approche techno-industrielle, laquelle optimise la production donc modère l'angoisse quant au lendemain (selon l'approche «accumuler rend plus certain de survivre, de parer à toute éventualité». Elle est condition nécessaire aux efforts de masse visant à accumuler en façonnant l'environnement («en mode proactif»).
Une autre doctrine, relevant d'une attitude différente, permet d'ajuster en permanence des comportements, de préférer éviter le gigantisme (y compris de la population, en déterminant le groupe par l'ethnie et la zone géographique habitée) afin de rester capable de réagir au plus vite (en hâte mais sans précipitation) plutôt que de tenter de tout façonner donc prévoir.
Ce n'est comme toujours pas tranché car des individus adoptent parfois tout ou partie d'une doctrine étrangère, et les traits de caractère influent.
Ce qui distingue le potentat des industriels est avant tout le degré de son adhésion à leur doctrine, qui circonscrit le groupe des bénéficiaires: l'Occident juge «corrompu» qui privilégie, outre lui-même, son groupe (famille, éthnie...) plutôt que l'ensemble de ses concitoyens/sujets.
Ce degré d'adhésion est aussi cause de menus embarras rencontrés par les industriels lorsqu'ils mobilisent des autochtones aux valeurs et vision difficilement compatibles avec l'industrie («paresseux», «sans motivation», «peu compétents», «imprévoyants»...).
La doctrine dominante détermine à quel point chaque individu peut se contenter d'adopter apparemment ses conventions tout en disposant d'un espace privé de liberté, échapper à certaines contraintes, peser sur la direction générale de son groupe... Celle du techno-industrialisme est très contraignante.
Cette doctrine est récente, contingente, et semble-t-il atteint ses limites (rendement décroissant, gigantisme amplifiant des tensions...) donc les Occidentaux pourraient l'abandonner avant que des tiers l'adoptent pleinement.