SIDILARSEN
Pour cette journée promo au Hard Rock Café de Paris, le rendez-vous est pris avec SIDILARSEN qui sort son nouvel album, intitulé « Que la lumière soit ». Tout un programme, que je vais développer avec David (chant) et Sylvain (basse).
Comment on appréhende une journée promo quand c’est le huitième album ?
David : Je ne sais pas ! [RIRES]
Ça commence mal !
David : On l’appréhende dans la joie. Finalement, c’est un beau métier tout ça, avec des belles passions, avec des registres différents. La session promo, ça fait partie d’un groupe, et là, le groupe est en pleine forme. Humainement, on est parti la tête en skaï, à cause du réveil très tôt. Donc on a la tête dans le cul, mais on est très content… content de partir avec les copain(g)s (avec l’accent svp !).
Sylvain : Ça fait un an qu’on travaille dans notre grotte pour faire l’album, donc on est très content d’en parler aujourd’hui.
Donc nouvel album « Que la lumière soit » dans les bacs le 19 avril. Est-ce que c’est un nouveau départ pour SIDILARSEN ?
David : C’est toujours un nouveau départ avec un nouvel album. C’est comme un nouveau bébé, il y a une sorte d’accouchement, et après, on va défendre notre bébé. En plus, il y a un nouveau membre dans le groupe, Marvyn, et il y a un nouveau décor de scène. On a remis en question notre scénographie. On va proposer un nouveau show, lumineux, qui va coller à l’album. Des nouvelles aventures !
Cinq ans après « On va tous crever », on est encore là ! Est-ce que c’est toujours les mêmes thèmes qui animent vos chansons ? Ou est-ce que ces dernières années ont été bien plus néfastes pour notre monde, pour que vous écriviez dessus ?
David : Je pense que c’est les deux. Je crois qu’il y a des thèmes, malgré nous, qu’on veut évoquer avec Viper quand on écrit… mais il faut savoir que tous les membres de SIDILARSEN s’investissent dans les textes, dans le sens où chacun a un regard dessus et fait des retours. S’il y a quelque chose qui ne convient pas au reste du groupe, on change. Et, au contraire, s’il y a quelque chose qui pousse le groupe et qu’on a envie d’accentuer, on le fait. L’histoire de l’humanité a toujours été entravée, il y a toujours eu du chaos. Finalement, ce n’est pas nouveau. En ce moment, on est dans une période assez difficile, donc ça se reflète forcément dans l’écriture. J’ai l’impression qu’on a un peu renforcé le trait de ce qu’on avait déjà posé sur « On va tous crever ». Dans le sens qu’on a poussé les curseurs. Après, le titre « Que la lumière soit » est un peu provocateur et ironique, le contre-pied de « On va tous crever ». Il y a du sombre, du lumineux, la fascination, le fascisme, les dérives complotistes, les religions qu’on ne porte pas dans notre cœur. Il y a beaucoup de choses dans ces titres.
« On revient sur Terre » est votre premier single. Naturellement, j’ai envie de vous demander où vous étiez partis ?
Sylvain : On était chez Plume. [RIRES]
David : Plume, c’est le gars chez qui on a produit l’album. Et il vit dans une grotte… il habite dans une ferme, sur une colline aux abords de Toulouse, en allant vers le sud. Et son studio n’a pas de nom. Et quand on lui dit : « Mais il s’appelle comment ton studio ? » Il répond…
Sylvain : « C’est comme vous voulez ! ». Ça peut changer à chaque fois.
David : En fait, il s’en fout. Donc on était parti loin, et maintenant on est de retour sur terre. C’est le titre le plus léger en terme d’écriture. C’est une envie d’écrire la folie des réseaux sociaux, quand ça part dans la confrontation, la violence, la haine, les débats binaires. Nous, quand on prend l’humain, on croit au réel. C’est vrai ! En plus, sur les réseaux sociaux, internet, il y a de la violence parce que les gens sont anonymes, cachés derrière leur clavier. Et nous, on avait envie de rappeler à tous, l’écoute, qu’on est fait de chair et d’os, qu’on est des êtres humains. Et en ça, on a beaucoup de points communs. Voilà, ouvrons les barrières, redevenons solidaires, retrouvons-nous dans le réel. Franchement, sur terre, ça fera du bien.
Sylvain : Ce morceau, on l’a choisi aussi en clip, parce que c’était le morceau qui représentait le plus l’album. On s’est rendu compte que, musicalement, il avait tout ce que comportait l’album. Il y a vraiment des refrains aérés, posés, des voix, et il y a aussi un pont qui blast (j’espère que j’ai bien compris !). Ce morceau arrive à résumer l’album, et on ne pensait pas qu’on allait trouver le morceau qui allait le représenter. Mais avant même de rentrer en studio, on savait déjà que c’était lui. Cela semblait évident de partir dans cette direction.
Après les singles, on prête toujours une attention particulière aux morceaux d’ouverture et de clôture. En l’occurrence, « Adelphité » et « Inanité ». Vous parlez de quoi exactement ?
David : Adelphité, c’est une invitation au rassemblement. Une invitation à la solidarité, et notamment à l’égalité, l’équité, quels que soient le sexe, le genre, l’identité de la personne. « Adelphité », c’est un voyage dans des couplets très sombres, qui tentent de décrire des moments difficiles qu’on peut rencontrer dans un parcours personnel, ou qu’un pays peut traverser quand le chaos arrive, un attentat ou une guerre. Ce sont des couplets très sombres et des refrains qui relèvent le coté humain. On est sur des thématiques où on s’intéresse beaucoup à la cause des femmes. Depuis de nombreuses années, grâce à nos compagnes, nos vécus personnels, on s’y intéresse et on travaille sur nous-mêmes… en toute modestie. On apprend tous les jours. On se rend compte que le patriarcat est tellement présent dans notre société. Il se cache dans le moindre détail. « Adelphité » est une façon de rassembler. Ce n’est pas juste entre frères, ce n’est pas la fraternité. « Adelphité », ce sont des hommes, des femmes, quels que soient les identités de genre, les identités de chacun, et les origines. C’est donc le titre qui ouvre l’album, parce que le thème était intéressant pour le coté rassembleur, mais aussi, tout simplement, au niveau du choix des beats qui ne sont pas faciles à placer au début d’un album. C’est un tempo très lent, très massif, lourd et puissant, et finalement on le trouvait intéressant car ça faisait comme une intro d’album. Et comme il n’y a pas d’intro… c’est la première fois qu’on ne fait pas d’intro, et quelque part, « Adelphité » sert d’intro. Il rentre cash, direct ! « Inanité », je pense que ce n’est pas pour rien qu’on l’a mis en dernier. Il a été composé parmi les premiers, mais en terme d’écriture, c’est le dernier. On était arrivé au bout de notre écriture, avec l’angoisse de la page blanche. C’était à Viper d’écrire ce morceau-là, car moi j’avais déjà beaucoup écrit [RIRES]. Je commençais à être rincé. Et là, il n’y avait plus rien qui sortait. Plus de jus, plus rien ! Et il en a fait une thématique. « Inanité », c’est le vide, la solitude. Et finalement, on en a fait un thème en repensant à ce qu’ont vécu les adolescents pendant la période Covid. Ce sentiment de se retrouver seul dans sa chambre, avec internet… les ados en ont beaucoup souffert. Donc Viper a voulu parler de ça aussi. Techniquement, ça matchait bien à la fin de l’album.
Avec l’arrivée de Marvyn à la batterie, est-ce que vous avez changé quelque chose dans votre mode de fonctionnement ? Au niveau de la création de ce nouvel album ?
Sylvain : Quand Marvyn est arrivé, on finissait la tournée « On va tous crever ». Et on a commencé à composer avec lui directement. On avait quelques ébauches… on a fait des ateliers comme avec « On va tous crever », paroles et instrumental, et on a tout de suite intégré Marvyn au processus de composition. Il était intéressé par ça, et nous, on était en demande. On était aussi excité d’avoir un œil nouveau sur ce qu’on allait proposer, par ce qu’il allait proposer. Il a amené de très bonnes idées, que ce soit en live ou pour la composition de l’album.
Votre nouvelle tournée commence à la fin du mois, si je ne me trompe pas ?
Sylvain : Oui, dimanche 31 mars, avec le festival « On n’a plus 20 ans » de Tagada Jones. C’est un peu le coup d’envoi d’un concert ou deux, tous les weekends, jusqu’en juin. C’est un début de tournée, et il y a d’autres choses qui vont être annoncées pour la fin de l’année.
L’Olympia de Paris vient juste de se rajouter. C’est un peu une consécration, non ?
David : C’est vrai que c’est un symbole très fort. Là où on s’en rend compte vraiment, c’est quand on en parle à nos parents, nos familles… tout d’un coup, il y a une réaction inhabituelle de leur part. C’est vrai que c’est très chargé de symboles, c’est magnifique, mais nous, on aime bien dire que ce n’est pas forcément une consécration dans le sens, où le but est d’être sur la route et de rencontrer le public. Même si on va dans une autre salle, une autre ville, ça sera aussi beau. Ce sera juste différent. L’Olympia, c’est quelque chose de puissant car on sait que beaucoup de fans vont faire la route. Il y aura un coté famille, rassemblé à Paris. Ça va être beau ! Mais j’en profite aussi pour dire, qu’il y a une autre date très importante pour nous cette année, c’est au Bikini à Toulouse. A la maison. C’est le SidiFest, avec Tagada Jones et Madam, et ce sera le 19 octobre 2024. Donc j’invite tout le monde à venir au Bikini. Nous on fait de la route toute l’année, donc là c’est à eux de venir [RIRES). Et après on verra en 2025, au vu de l’ambiance de fou à l’Olympia le 11 octobre… mais il y aura d’autres surprises.
D’ailleurs en parlant du SidiFest, vous pouvez nous parler du festival en quelques mots ?
David : C’est un festival qui est né pour les 20 ans de Sidi, en 2017. Donc pour célébrer les 20 ans, on avait envie de notre propre festival. On avait envie d’un esprit festif autour de Sidi, avec des gens qui aiment le groupe et qui ont envie de se retrouver. D’ailleurs, il y a des amitiés qui se sont faites autour du SidiFest et de Sidilarsen, c’est beau à voir. On a envie de le perpétuer dorénavant. Donc là, on arrive à la troisième édition, et on a envie d’enfoncer le clou avec le SidiFest.
Sylvain : Au début, c’était pour les 20 ans. Après pour les 25 ans. En fait on s’est dit que finalement, ce n’était pas forcément pour fêter l’anniversaire de Sidilarsen. Ça doit être le SidiFest, et on a envie de faire ça un peu plus souvent. Pas seulement tous les cinq ans.
David : On va le faire plus souvent. Et ce sera aussi l’occasion de mettre en lumière des groupes qui nous tiennent à cœur, de partager la scène avec des groupes qui nous sont chers. C’est super intéressant !
La plupart des morceaux de « Que la lumière soit » sont taillés pour la scène. Avec autant d’albums, de succès live, comment vous allez construire la setlist de vos concerts ?
David : Ah ! C’est un chantier, ouais.
Sylvain : A chaque fois, c’est très difficile parce qu’on a envie de tout jouer. Par contre, il y en a qui sont là car ils sont emblématiques. On a quand même réussi à faire notre setlist de sortie d’album. On s’est mis d’accord. Sur les six premiers mois quand on sort un album, c’est un peu un essai. En répèt, on se dit c’est ce morceau qui marche très bien avec celui-ci, et s’enchaine très bien avec celui-là. Le mieux quand même, c’est quand on est en live, et qu’on joue le morceau. C’est plus figé et définitif, sur ce qui fonctionne, ce qu’on a envie de faire. Souvent on fait des théories pendant un mois en répèt, et quand on se retrouve en live, on sait si on a eu raison ou pas.
David : La sensation en live, les retours du public évidemment. Et après, on a envie de faire la part belle au nouvel album. Mais on n’est pas figé, on va faire des rotations, on est parti pour trois ans avec cet album. On aura l’occasion de modifier le set, c’est sûr.
Merci pour le temps que vous m’avez accordé. On se voit très vite, ici ou ailleurs, quelque part en France.
David/Sylvain : Merci à toi ! On a hâte de se retrouver sur la route. Et regardez bien les internet, car il y aura encore beaucoup d’annonces, beaucoup de choses, avec ce nouvel album.
Le site : https://sidilarsen.fr/
Aidan N. LeFloch