QAMELTO
A l’occasion de la sortie de leur premier album « Scotoma », QAMELTO est en promo au Doctor Feelgood Rocket à Paris, une journée organisée par Where The Promo Is. Pour l’occasion, Thomas (guitare) et Alex (bassiste) ont bien voulu répondre à mes questions.
Bonjour les gars, comment allez-vous ?
Très bien, c’est la première fois que l’on fait une journée comme ça, aussi intense. J’ai l’impression qu’on est un peu des sportifs. [RIRES]
Donc cette journée promo se passe bien ?
C’est organisé par Roger, donc ça ne peut que bien se passer.
[Raphael (chant) passe nous faire un petit coucou. C’est gentil de sa part. Il est sur une autre interview avec Jeremy (batterie)]
Avec cinq années d’existence, on peut encore dire que QAMELTO est un jeune groupe ?
On peut encore dire ça ! Cinq ans d’existence, moins deux ans de Covid, c’est peu.
Alors pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, vous pouvez vous présenter ?
Je suis Thomas, le guitariste de QAMELTO.
Moi c’est Alex, le bassiste.
On fait du rock en français, du rock un peu passif, on est de Clermont-Ferrand dans le Massif Central, et on vient de sortir notre premier album « Scotoma » le 15 mars.
Vous pouvez nous en dire un peu plus au sujet de « Scotoma » ?
C’est dix chansons qui racontent des histoires un peu énervées sur la situation du monde actuel, ou des histoires de personnages qu’on a pu rencontrer. Dix titres en français, pour que tout le monde comprenne bien. Un peu d’humour, un peu de punchline, et beaucoup de sarcasme.
Finalement ça veut dire quoi « Scotoma » ?
Scotoma, c’est un mot latin, qui est la racine de deux mots français, qui ont un sens un peu différent. Le premier, scotom, c’est une tache que certaines personnes peuvent avoir parfois sur l’œil et qui rend la vue floue. Le deuxième, c’est le mot scotomisation, une petite maladie mentale. Et les gens qui souffrent de ça ont un déni total de la réalité. On a choisi ce titre-là parce qu’on a des chansons dans l’album qui parlent de personnes qui ont du mal avec ça. On a sorti aussi un concept de pochette qui est une peinture et, sur cette peinture, il y a une tache de Rorschach. Chaque personne, qui la regarde peut avoir sa propre définition psychologique. Donc c’était une bonne illustration à notre musique.
Vous avez fait un Crowdfunding pour le financement du projet et ça a été un grand succès. J’ai vraiment adoré le CD dans le tableau à accrocher au mur. Mais comment est née cette idée ?
Après la sortie avortée du premier EP et avec l’argent, en 2021, on a commencé réellement à faire des concerts. On a vu énormément de gens qui nous disaient : « On veut vous soutenir et vous prendre le CD [via les plateformes numériques]. Mais après on n’a plus rien à regarder en l’écoutant ». Donc quitte à faire quelque chose, faisons un CD qui aura une utilité autre que de se retrouver sous un verre de bière comme bock, ou perdu sur une vieille étagère. Après des heures de discussion en voiture tous les quatre, et comme on n’avait pas l’intention de sortir un vinyle, on s’est dit : « faisons quelque chose de la taille d’un vinyle, comme une pochette agréable à regarder, et qui serait un objet de déco ». Après réflexion, on a décidé de faire une peinture [on a deux chansons qui parlent d’un peintre] et ce sera la pochette. Donc quand le CD ne sera pas dans le mange-disque, il sera sur la toile. Et tu n’as jamais vu ça !
Il y a pas mal de featuring sur cet album. Vous pouvez nous raconter l’histoire derrière chacune de ces collaborations ?
La musique, c’est un partage. On le voit bien pendant les concerts, on envoie beaucoup d’énergie et les gens sont très réceptifs. On a beaucoup de discussions avec les gens derrière. Et comment on fait pour que la musique soit aussi un partage sur quelque chose d’abstrait comme un CD ? On avait besoin aussi de certains instruments dont on ne sait pas jouer, comme la vielle à roue et la cornemuse… on ne sait pas faire ça. On voulait aussi une voix féminine. Donc le premier featuring, c’est avec Gilles Chabenat, le joueur de vielle à roue le plus connu du pays, qui a joué avec Goldman et I Muvrini. On l’a appelé : « Bonjour, on aurait besoin de quelqu’un pour jouer de la vielle à roue ». On lui a expliqué le projet brièvement et on lui a envoyé la démo. Il nous a répondu : « Les gars, il faut passer à la maison ». [RIRES] On est passé chez lui, il est à deux ou trois heures de chez nous, et on a fait ça sans problème. On a aussi un featuring cornemuse avec Fred, qu’on avait vu sur les concerts. On a fait ce que beaucoup n’osent pas faire : prendre notre téléphone et contacter les gens. A chaque fois, que ce soit avec Neogeo pour un solo sur « Le M.A.L.E. », ou Superflame pour l’imitation de Jean-Pierre Pernaud sur « La plus grosse », tous les gens ont été super sympas. On a eu la chance d’avoir toujours des réponses positives.
Alors que certains bannissent les téléphones lors de leurs prestations, vous, vous encouragez le public à vous filmer. Vous pouvez nous parler du clip participatif du deuxième singe « Légion » ?
« Légion » est une chanson qui est sur le rassemblement des gens. Elle est relativement sociale et un peu revendicatrice. Pour qu’elle ait une valeur en tant que clip, on savait qu’on allait le faire car on adore cette chanson, mais on ne pouvait pas le faire qu’avec nous, ça va à l’encontre du sens de la chanson. On a réfléchi à plusieurs scénarios et, en revenant d’un concert, on s’est dit : « On va prendre une salle, on va dire aux gens de venir, mais on ne va pas leur dire avant qu’ils arrivent que c’est eux qui vont filmer avec leur téléphone ». C’est un peu un coup de poker. On a fait une annonce et 150 personnes sont venues. On leur a fait écouter la chanson, tout était prêt, et Raph leur a dit : « Bon, tous les gens qui ont un iPhone, levez la main ? [Il y avait une vingtaine de personnes]. Eh bien, c’est vous qui allez filmer, en fait ». Du coup tout le monde a joué le jeu à fond et on se retrouve à avoir un film un peu original, avec une version live qui colle bien à l’ambiance de la chanson.
J’aime beaucoup votre côté créatif, il y a toujours une belle énergie qui s’en dégage. Comme pour la reprise de ‘Livin’ On a Prayer » de Bon Jovi que vous avez faite. Je crois que vous êtes très fans. Ça fait partie de vos influences ?
Pour un quart du groupe, oui, à savoir Raph. Lui, c’est son groupe préféré. Tu peux prendre n’importe quelle chanson de Bon Jovi, dans n’importe quelle langue, il la connait par cœur. Pour les trois autres, on aime bien notre chanteur et on est des gars sympas [RIRES]. C’est parti du fait qu’on avait un set de concert qui était un peu limité en temps. On avait genre six titres. Donc il a fallu rapidement qu’on en trouve un de plus. Raph avait fait une traduction qui collait parfaitement [« Vis au son des prières »]. Evidemment ce n’est pas littéral, car si tu traduis, c’est nul. Là j’ai trouvé que ça se rapprochait énormément de l’original. Et au bout d’un moment, comme tout le monde la chantait en live, on s’est dit : « Et si on faisait un petit clip ? » On a fait avec nos maigres moyens, parce qu’on est quand même pas Bon Jovi. Quand ils ont sorti le single en 1986, c’était le clip le plus cher de l’histoire du rock à ce moment-là. Donc nous, on a repris tout le style du clip original, et on l’a re-tourné avec nos têtes et d’autres moyens, mais en respectant au maximum tous les plans originaux. Si tu regardes les deux l’un à côté de l’autre, le timing est le même.
Ça a dû être génial de tourner ce clip?
Ça a été un casse-tête surtout. On a compté avec les mecs, il y avait 768 plans. Donc il y a eu un travail en amont qui a été titanesque et, en aval, évidemment, pour tout monter. Donc nous, on est musiciens, on a des potes caméramans et monteurs, mais là, on a fait l’installation par nous-mêmes, et ça nous a pris un temps très long. Mais en fait, on est contents.
Sinon comment s’est passé la release de « Scotoma » ? C’était à domicile je crois, au début du mois ?
Totalement ! Ça s’est passé extrêmement bien. C’est ce qui me mettait un peu plus de pression, parce que ça faisait partie intégrante, pour beaucoup de nos Ululeurs, de ce qu’ils avaient acheté. Donc la présentation de l’album, pour les gens qui ont pu le faire, s’est passée à la hauteur de ce qu’on espérait. Et franchement, salle comble ! La majorité des invités de l’album ont pu venir. On a pu faire des featurings, un morceau sur trois. La réaction du public, qui pour la moitié découvrait l’album, a été super bonne. Ça s’est passé exactement comme on espérait que ça se passe. C’est relativement rare. Donc très heureux, une réussite totale.
Je suis très contente pour vous ! De plus c’était le coup d’envoi de votre tournée 2024. Vous êtes prêts ?
[…] Oui on est prêts ! Maintenant on a hâte d’en découdre. Là on a déjà fait trois concerts et on sait qu’on va bientôt atteindre notre vitesse de croisière. Ce weekend, on joue à Marcoussis (91) et après, on enchaine 35 dates jusqu’à novembre. C’est cool, on est très heureux. Raph, qui gère ça, fait un travail titanesque chaque jour, et on le remercie. Comme quoi, un chanteur, ça ne fait pas que chanter [RIRES].
Juste pour la petite histoire, je vous ai vus au Queyrock Festival il y a plus de deux ans, et j’avais beaucoup aimé votre prestation.
Wow dingue !
Pendant votre dernière tournée, vous avez fait crier « Ferme ta gueule » à plus de 25000 personnes simultanément. Un sacré record !
On a eu la chance de faire la première partie de Kungs au pied des volcans d’Auvergne. C’est un DJ français… on a gagné un tremplin. Mais on ne savait pas qu’on allait jouer devant autant de personnes. Donc on a ce concours de « Ferme ta gueule » auquel tu as pu participer au Queyrock, comme à chaque fin de concert. Donc on est allé le faire ! Raph est descendu dans la foule et je crois qu’on a fait un score qui est l’équivalent du Starship [la fusée d’Elon Musk] quand il décolle. Quand 25000 personnes crient « Ferme ta gueule » trois fois, ça fait du bruit. D’ailleurs, on l’a capté en vidéo, et tu peux la trouver sur notre chaine YouTube. Ça fait des souvenirs incroyables.
Vous avez déjà pensé à un nouveau cri de ralliement pour la nouvelle tournée ?
Ben il faut venir nous voir jouer. Si je t’en dis trop, c’est pas drôle, les gens ne viendront pas [RIRES].
C’est vrai, on va garder un peu le secret. Sinon, pas de nouveau message caché derrière ta guitare, Thom ?
Non, je ne le refais pas là. Par contre, j’aurai peut-être une nouvelle guitare. Je t’avoue que je n’y ai pas encore réfléchi. Mais il y aura toujours « Ferme ta gueule », donc pour le coup, ça ne va pas se retrouver devant rien quand je vais retourner ma guitare.
Merci beaucoup pour ce temps d’échange, c’était vraiment cool. Bonne continuation pour votre journée promo.
Ça va très bien se terminer, vu que ça a très bien commencé. Merci à toi, et au plaisir de te recroiser.
Le site : https://www.facebook.com/qamelto/
Aidan N. LeFloch