REDSTONE
Après une prestation plus que convaincante au Westill fest à Vallet (44), nous avons eu envie d’en savoir un peu plus sur cette formation angevine. Rencontre avec Nicolas (chant) et Martin (guitare).
Pouvez-vous nous expliquer, en quelques mots, la genèse de votre projet musical qu’est Redstone ?
Nico : On a tous eu des expériences de groupe évoluant dans l’univers Metal par le passé. A l’origine du groupe, Antoine et Franck (les guitaristes) faisaient du son ensemble pour le fun. Ils ont demandé à Maël (guitariste aussi) de s’essayer à la batterie. Martin les a rejoints à la basse et, pour finir, je suis venu compléter le line-up au chant. On a joué quelques temps sans réelle direction, le but étant de se faire plaisir en remettant en route un projet créatif. On a d’ailleurs autoproduit un premier EP «the one» en mode « Do It Yourself ». Néanmoins, on manquait d’assiduité (covid, périodes sans répétitions pour cause de longs séjours à l’étranger pour plusieurs membres). On s’est donc réunis pour décider de l’avenir car, malgré des compositions qui nous plaisaient et une bonne dynamique créative, il fallait faire le choix de passer à la vitesse supérieure ou tout simplement mettre fin au projet. On s’est donc mis un coup de pied au cul en re-composant et en s’inscrivant au tremplin Angers Likes Metal que nous avons remporté en 2023 (finale au Chabada avec, en tête d’affiche, Loudblast et Bukowski). Cette victoire nous a permis d’enregistrer dans des conditions pro chez David Potvin (Dôme Studio) et d’ouvrir pour le festival Omega Sound Fest à Angers. En parallèle, Mael (batteur) est guitariste. Il conçoit et réalise des têtes d’ampli sous sa marque NURIEC AMP (www.nuriec.com) et a notamment développé un ampli signature avec Fred Duquesne pour Mass Hysteria. Redstone sert aussi de labo à Nuriec Amp. Les prototypes ont été testés/modifiés quasiment à chaque répète. Aujourd’hui les guitaristes de Redstone jouent en full amplis Nuriec, ce qui contribue au gros son que l’on propose.
On peut vous classer (sans forcément se tromper), dans la catégorie Stoner Metal. Mais, en écoutant attentivement vos morceaux, on distingue d’autres influences. C’est une évolution de vos goûts respectifs ou une envie de votre part d’explorer d’autres sonorités ?
Nico : On a tous écouté du Metal (sous toutes ses formes) depuis longtemps (même plusieurs décennies !). Nos goûts personnels oscillent donc entre différents styles (post metal, hardcore, néo metal, thrash metal, djent…) mais ce qui nous réunit et nous met tous d’accord, ce sont les gros riffs stoner. Donc oui, Redstone est un groupe de stoner, mais pas que ! C’est pourquoi d’autres styles peuvent s’entendre dans nos compos, mais ce n’est pas calculé.
La scène Metal en France est très riche, mais dans certaines régions, c’est le néant total. Un avis sur ce constat ?
Martin : Je t’avoue ne pas faire vraiment attention aux provenances des différents groupes. Dans l’Ouest , on est bien servis. Il y a clairement un regain d’entrain pour les musiques «énervées» bien plus qu’il y a 15 ans. Il y a beaucoup de petits festivals, d’assos qui font énormément de bien pour la scène underground et qui trouvent leur public. Malgré tout, c’est un style toujours boudé par une bonne partie de la France (et les médias mainstream) qui préfère le vocodeur à la distorsion.
Quels sont les groupes, toutes catégories confondues, avec qui vous avez le plus d’affinités ?
Martin : C’est une question difficile, puisque puiser dans des influences diverses et variées est l’essence de Redstone. La réponse pourrait être très différente pour chacun d’entre nous….
Voici quelques noms pour lesquels nous sommes tous d’accord : Gojira, Tool, Planet Of Zeus, Deftones, Amenra.
Vous avez remporté un tremplin cette année qui vous a permis de vous produire au Westill Fest (avec Orange Goblin, Elder...). Comment avez-vous vécu cette opportunité ?
Nico : On avait forcément une grosse pression (positive) qui s’est transformée en gros shoot d’adrénaline dès notre entrée sur scène ! On était évidemment très excités de partager l’affiche et cette programmation au top avec des groupes qu’on admire et qu’on kiffe.
Martin : C’est clairement pour vivre ce genre de moments qu’on investit autant d'énergie dans un projet «non professionnel ». Et quand toutes les conditions sont réunies, comme au Westill, on ne peut que savourer,
Un nouvel EP est en préparation pour 2026. Il est trop tôt pour en parler ou vous pouvez nous en dire un peu plus ?
Nico : On a interprété trois nouveaux titres qui devraient être présents sur le prochain EP. Il devrait être dans la même veine que le précédent «Immortal» pour lequel on a eu d’excellents retours. On souhaite d’ailleurs retourner au Dôme studio chez David Potvin, il faut juste qu’on le prévienne et qu’on fixe le planning, courant 2026.
Quelles sont les questions que vous voudriez qu’on vous pose en interview, mais que l’on vous pose jamais ?
Martin : Quelles sont vos influences hors Metal – Stoner ?
Voici quelques noms : EZ3kiel, Idem, Chinese man, Cypress Hill, Svinkels, Ratatat, Gorillaz, Alt-J, Arcade Fire….
Avez-vous eu des coups de cœur récemment ?
Nico : Tar Pond ainsi que les derniers albums de Coroner et Paradise Lost.
Martin : Le dernier Landmvrks, 1000 Mods et même le dernier Lorna Shore, dans un autre style.
Arno JAFFRE