Le webzine de l'émission METAL
SPLEENBREAKER
Human Comedy
Hard-rock, Heavy, Speed, Thrash, Stoner, Doom...pour un non-initié, le lexique du Rock peut facilement avoir des airs de hiéroglyphe indéchiffrable.
Mais aujourd’hui, c’est généralement le terme "Metal" qui est appliqué (à tort) à toutes les ramifications. Bien sûr, on en trouvera toujours pour nous expliquer que Ghost et Linkin Park ne jouent pas dans la même catégorie (et on aura bien du mal à les contredire), mais d’une manière générale, c’est autour des riffs sauvages de guitares, d’une batterie qui cogne sec et de cordes vocales mises sous tension que se réunit cette grande famille, depuis sa naissance au début des années 70 (sous l’impulsion notamment de Black Sabbath).
Le paysage actuel est tellement embourbé dans un revival seventies que sortir du lot n’est pas chose aisée.
Reste qu’en recentrant le débat, SPLEENBREAKER, a de sérieux arguments à faire valoir. En canalisant ses influences, le quatuor réussit à extraire une substance heavy rock (teinté de blues, de grunge et de psyché) pleine d’énergie, d’enthousiasme et de plaisir, tout en gravant au final dix morceaux parfaitement écrits et composés. Ils possèdent un style tout en recouvrement, une façon de prendre en otage l’espace sonore, de manière à priver l’auditeur du moindre refuge de délicatesse.
Malgré tout, il est nul question ici d’imitation ou de pâle copie, et l’ensemble est enjoué et sauvage (On pense notamment aux Doors ou bien à Lynyrd Skynyrd). On sent chez eux une volonté manifeste d’émancipation, et ils se démarquent de leurs congénères de la plus belle façon qui soit; en traçant leur route personnelle sans jamais se retourner. De mémoire, cela faisait bien longtemps qu’un tel album n’avait pas passé l’épreuve du crash test auditif avec autant de brio.
En assumant complètement leur côté old-school, ils confirment d’une bien belle manière, après un EP qui avait déjà laissé présager de bonnes choses, qu’ils sont fin prêts à en découdre.
On ne peut donc que leur souhaiter de prendre l’air le plus souvent possible.
Arno Jaffré