L'école se trouve sur deux sites :
Site Baigne Pied : 500 Chemin de Baigne Pieds
Site de Champfleury : 1 Avenue de la foire
Au programme à l'ESAA
Du lundi 28 mars au Samedi 02 avril
Exposition des étudiant.e.s, travaux liés à l’environnement, dans le hall de Baigne-Pieds
Ouverture de la bibliothèque au public et sélection spécifique d’ouvrages
Le lundi 28 mars
Le vendredi 1er avril
“The Earth is a harsh mistress, and there is no safe word*.”
Apprendre à désanesthésier les sensations au temps du Capitalocène
Quels rôles les arts peuvent-ils jouer au temps de la sixième extinction? L'Anthropocène ne consiste pas seulement dans la disparition d'espèces et de milieux de vie: c'est aussi la disparition de pratiques et de sentir-penser. Face à la prédation capitaliste sur la multiplicité des manières d'être vivant·es, certaines formes artistiques cherchent à inventer des antidotes à l'anesthésie qui nous sépare des créatures autres-qu'humaines : elles développent ainsi ce qu'Anna L. Tsing a appelé des "arts de l'attention", des arts qui déjouent la capture de nos perceptions, des arts qui nous apprennent à nouer des liens complexes avec les forces plus-qu'humaines qui nous entourent.
Au cours des deux heures que nous passerons ensemble, nous visiterons des pratiques de danse, des philosophies écoféministes, des anthropologies compost-humanistes et des activismes queer. La première heure, Emma Bigé causera danse, philosophie et écologie et la deuxième, Isabelle Carlier présentera son film Ecosex: A User's Manual, dédié aux activismes écosexuels d'Annie Sprinkle et Beth Stephens.
* “La Terre est une maîtresse exigeante et il n'y a pas de mot pour lui demander de bien vouloir arrêter.” Annie Sprinkle et Beth Stephens, Assuming the Ecosexual Position. The Earth As Lover, University of Minnesota Press, 2021
Emma Bigé enseigne, traduit, écrit et improvise avec des danses contemporaines expérimentales et des philosophies queer & trans*féministes. Ancienne étudiante de l’École Normale supérieure, agrégée et docteure en philosophie, elle est actuellement professeure d’épistémologie à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence. Commissaire d’exposition et danseuse, elle a notamment dirigé l'exposition itinérante Gestes du Contact Improvisation (Rennes, Musée de la danse, 2018). Son premier livre, Mouvementements. Écopolitique de la danse, paraîtra à La Découverte en 2023.
Isabelle Carlier est codirectrice d’Antre Peaux, précédemment de « Bandits-Mages », association consacrée aux arts visuels, du spectacle et de transmissions située à la Friche l’Antre-Peaux, à Bourges. Engagée comme technicienne et programmatrice dans ces champs d’activité, elle suggère et contribue à l’édification de plateaux expérimentaux, à la diffusion des pratiques de recherche de nouvelles formes de création et de vie autonomes (individuelles ou collectives), ainsi qu’à l’échange des idées dans ces domaines. Sa formation procède à la fois d’études artistiques à l’École nationale supérieure d’Art de Bourges, de rencontres avec le cinéma indépendant, notamment avec le cinéaste Boris Lehman, et de son post-diplôme, le Collège Invisible (2001) à Marseille.