Nouvelles et annonces





SE LAISSER TROUVER (17e dimanche du temps ordinaire A)    

POUR JÉSUS, le royaume des Cieux, ce n’est pas quelque chose qui commercera à nous concerner lorsque nous serons rendus « de l’autre bord », comme on dit familièrement.  Il est déjà présent parmi nous.  C’est le monde où notre relation à Dieu s’approfondit.  Jésus le proclame souvent : le royaume des Cieux est là, au milieu de nous et en nous!  Le trésor merveilleux et la perle de grande valeur, qu’il évoque dans la lecture évangélique de ce jour, Dieu les a enfouis en nous, au plus intime de nos cœurs.  Il ne faut pas les chercher loin, c’est là qu’ils habitent.  Le vrai bonheur, la vraie richesse, c’est lui. 

Mais Jésus parle aussi d’un filet qui capture des poissons.  C’est dire que le royaume des Cieux est à la fois ce que nous cherchons, mais aussi celui qui nous cherche.  Il est ce « filet » qui va nous saisir sans que nous l’ayons prévu.  Il s’offre à nous, mais c’est lui aussi qui nous prend.

Quand nous cherchons le bonheur, n’est-ce pas le Royaume que nous cherchons, sans trop le savoir?  Ce désir enfoui au plus profond de nous, c’est Dieu qui l’a semé.  Laissons-le nous trouver.

                                              Yves Chamberland (Prions en Église – juillet 2026)

 

OSER DONNER NOS PAINS (18e dimanche du temps ordinaire A)

CE JOUR-LÀ, Jésus « se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart ».  Partait-il donc en vacances sur le bord d’un lac pour se reposer un peu?  Pas vraiment.  C’est plutôt l’annonce de la mort de Jean Baptiste qui l’a motivé à se retirer.  Devant cet événement tragique, il sent le besoin de faire le point sur sa propre mission.  Il trouvera réponse à ses questions en apercevant une grande foule qui le suit; elle suscite immédiatement sa compassion.

En tant qu’Église, nous sommes appelés à continuer la mission de Jésus.  Comme lui, nous pouvons être saisis aux entrailles devant les misères de notre monde.  Comme les disciples d’autrefois, nous constatons la faim et la soif de nos semblables.  Aujourd’hui, à nous qui croyons en lui, le Christ lance ce défi : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

Pour que toute la foule mange et soit rassasiée, les disciples ont fait confiance à Jésus et ont pris le risque de donner le peu dont ils disposaient : cinq pains et deux poissons.  Le Christ, en accomplissant des gestes qui annonçaient ceux de l’eucharistie, a procuré du pain à tout le monde, et il en est resté douze paniers pleins.  Quand nous célébrons le repas de l’Alliance nouvelle, osons donner ce que nous sommes et ce que nous avons pour former, avec nos frères et sœurs, le nouveau peuple de Dieu.

                                                    Yvan Mathieu (Prions en Église – août 2026)

 

UN REMÈDE AU STRESS

Jésus nous parle d’une réalité qui nous concerne tous : le stress, et pas n’importe lequel, celui qui nous vole la paix du cœur. Il connaît nos angoisses, nos nuits blanches, tout ce qui nous trouble et paralyse notre action. « Ne vous inquiétez pas… Ne vous faites pas tant de souci… », nous dit-il.  Mais attention, il n'invite ni à l’inaction ni au relativisme. Pour surmonter ce stress qui nous épuise, il ne suffit pas d’un simple effort : il faut une révolution intérieure.

« Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre… Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. » Ici, « l’Argent » ne désigne pas seulement la monnaie : c’est tout ce qui tyrannise nos vies. Cela peut être les notes, la quête de popularité, les likes, la peur de l’échec, ou même cette illusion que tout doit être sous contrôle. Jésus nous arrête net : « Assez. Vous valez bien plus que tout cela. »

Pour nous en convaincre, il nous offre deux images sublimes. Les oiseaux du ciel : ils ne s’inquiètent pas de leur nourriture, « et pourtant, dit-il, votre Père céleste les nourrit ». Les lis des champs : ils ne courent pas après les dernières tendances, « et pourtant, nous dit Jésus, Salomon lui-même n’était pas vêtu avec autant d’éclat ». Contemplez cette insouciance sereine de la nature, que Dieu a voulue magnifique dans sa simplicité et sa confiance en l’instant… Et imaginez qu’il prend soin de nous avec encore plus d’attention!

Jésus ne nous appelle pas à l’irresponsabilité, mais à la confiance. « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » En d’autres termes : « Placez Dieu au centre de votre vie, et le reste trouvera naturellement sa place. » Vivez autrement, puisque vous savez que vous n’êtes pas seuls. Cherchez l’essentiel, habitez le présent, lâchez prise. Suivez le Christ, et comme lui, aimez, pardonnez, priez, servez.

Comme le disait sainte Thérèse d’Avila : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie, tout passe, Dieu ne change pas. La patience obtient tout. Celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. »

                                            Frère Yves-Marie Lequin, d’après Matthieu 6, 24-34

 

OPHTALMOLOGIE SPIRITUELLE

Comment donc pourrions-nous avoir un œil mauvais ? Avoir un cœur mauvais, un cœur égoïste, fermé au pardon et replié sur lui-même, ça n'est pas trop difficile à imaginer, mais comment nos yeux peuvent-ils nous plonger tout entier dans les ténèbres ?

En réalité, deux pathologies affectent souvent les yeux du chrétien : l’infection et la cécité. La première maladie, l’infection spirituelle, vient de ce que regardent nos yeux. De même qu’une poussière peut abîmer notre œil, de même un mauvais spectacle peut nuire à notre âme. L’infection spirituelle des yeux désigne le fait que lorsque nous regardons certains spectacles, nous abîmons notre âme. Sans tomber dans un moralisme désuet, il était évident que la vue de certaines scènes de violence, de haine, de sexe, d’injustice salissent les yeux de notre âme. La thérapeutique est toute simple : il suffit de s'abstenir de ce genre de spectacle.

Mais une autre maladie plus insidieuse menace les yeux des chrétiens : c’est la cécité. La cécité spirituelle c'est notre incapacité à voir, à reconnaître, que Dieu est présent dans telle ou telle situation. Spontanément, nos yeux sont athées, ils sont comme aveugles à l’action divine. Devant les défauts de nos proches, devant les faiblesses de nos amis, voire devant les injustices commises par autrui…, nous regardons tout cela en oubliant que Dieu le voit aussi, en oubliant que le Christ a versé son sang pour chacun d'eux. Nous les regardons avec des yeux aveugles. Alors soyons vigilants et prions le Seigneur de garder nos yeux !

              Frère Clément Binachon, d’après Matthieu 6, 19-23

 

MAGNIFICAT HUMANITAS est la première lettre encyclique du Pape Léon XIV sur la protection de la personne à l’ère de l’Intelligence artificielle.  Ce texte est consacré à l’être humain et à sa dignité, confrontée à ce nouveau monde qu’est le monde numérique.

Le Pape Léon souhaite rappeler les grands principes de l’IA.  Il introduit le sujet en expliquant sa démarche : très éloigné d’une vision moralisatrice, il rappelle que l’Église s’est toujours faite présente dans les grands changements dans l’histoire des peuples.

Les deux premiers chapitres sont consacrés à nous faire réfléchir sur les changements apportés par cette nouvelle recherche, par des rappels sur la doctrine sociale de l’Église.  Les trois chapitres suivants étudient comment garder la priorité sur la personne, la fraternité, le respect des pauvres et le partage entre les mieux nantis et les plus démunies.

En introduction le Pape écrivait : « Nous devons faire mûrit l’histoire comme un lieu où la dignité de toute personne est préservée.  Nous sommes devant un choix : créer une nouvelle tour de Babel où chacun cherche à s’affirmer sans orientation précise et même sans se comprendre, ou encore, en bâtissant la société de Dieu en se mettant au service des plus fragiles, par un accueil inconditionnel de chacun », peu importe sa race ou son niveau social.

      Texte paraphrasé d’un document sur internet.

      Benoit Caron, ptre collaborateur

 

VIENNE TON RÈGNE !

Une multitude de personnes ont récité, chanté le Notre Père : que d’attention, que d’occasions de sentir le regard aimant de celui qui connaît tous nos besoins ! Dieu marche au pas de chacun et il reste attentif à tous. Il est Père ; Jésus nous donne accès à celui à qui il a parlé dans les grands moments de son existence. Devant la tombe de son ami Lazare, sur la croix, il dit « Père. » Aujourd’hui, nous entrons dans cette intimité de Jésus avec son Père.

Et il nous revient de préparer le grand chamboulement : le débarquement du Royaume de Dieu dans notre vie quotidienne. Car ce Père sait de quoi nous avons besoin, avant que nous ne lui demandions. Il nous écoute dans ce qui est caché, dans le secret. Alors doucement, le Règne s’avance, Dieu est un peu plus chez lui chez nous.

Que vienne ton Règne, que ta paix nous soit donnée. Ce sont nos aspirations les plus profondes en cette année jubilaire. Qu’au terme de ce pèlerinage d’espérance, nos dettes nous soient remises et que la vie soit légère, libérée des pesanteurs du Mauvais.

La marque de Dieu, c’est la capacité d’attention et une infinie miséricorde. Nous désirons que sa volonté soit faite, nous attendons de lui chaque jour le pain pour la route, une parole de réconfort. C’est à nous de jouer, de trouver les mots pour que vraiment, il soit Notre Père car nous sommes frères, nous sommes une famille et il est notre Père.

                                                   Frère Bernard Senelle, d’après Matthieu 6, 7-15

                      

OÙ EST DIEU ? (19e dimanche du temps ordinaire A)

EN PLEIN CŒUR de l’été, pourquoi ne pas sortir pour « aller prendre de l’air », comme on dit parfois ?  Il est, en effet, plaisant de ressentir la caresse d’une simple brise.  Ce vent léger fait du bien, il rafraîchit.  On ne le voit pas, mais on peut remarquer son action sur les feuilles qui bougent, sur le linge qui sèche, dans les voiles qui gonflent ou le cerf-volant qui s’élève dans le ciel.

De même, la grâce de Dieu dans le cheminement de quelqu’un se fait d’ordinaire plutôt discrète, intangible et, pour ainsi dire, invisible. Ses effets se révèlent néanmoins dans les fruits portés par la personne qui fait une place au Seigneur dans sa vie et se met à son écoute.

La foi et la prière ne provoquent pas vraiment d’orages ou de vagues en nous; elles apportent plutôt un courant bienfaisant de confiance et de paix, ainsi qu’une force extraordinaire, au cœur même du quotidien. Elles peuvent également susciter et fortifier notre engagement et notre persévérance pour affronter les vents contraires.

Dieu, lui, ne tempête pas. Il passe souvent inaperçu comme un souffle léger.  Il nous ouvre un espace et un temps pour le rencontrer. Au-delà de nos doutes et de nos peurs, il nous mène à bon port.  En Jésus, il nous tend la main et nous dit : « Confiance! »

                                                       Claude Ritchie (Prions en Église – août 2026)

 

DE BEAUX APPRENTISSAGES (20e dimanche du temps ordinaire A)

LE RÉCIT ÉVANGÉLIQUE de ce dimanche m’est bien familier.  Pourtant, c’est la première fois que je prends conscience des apprentissages que nous pouvons tirer d’un des personnages, la Cananéenne.  Elle nous offre d’abord un modèle de prière d’intercession. En effet, elle ne demande rien pour elle-même, mais tout pour sa fille malade.  Elle ne se laisse pas freiner par le silence de Jésus ou le malaise de ses disciples. Le malheur de son enfant est devenu sa propre douleur, alors elle insiste.

Cette femme aurait pu quitter les lieux, pleine d’amertume et de colère devant l’attitude de Jésus, mais elle croit fermement qu’il peut exaucer sa prière.

Alors elle persévère; et même plus, elle argumente avec une logique admirable, amenant le Christ à approfondir le sens de sa mission.  Comme elle, n’hésitons pas à l’interpeller sans relâche, avec amour, ténacité et confiance inébranlable.  Il n’y a pas lieu de désespérer, même si la réponse à nos demandes n’arrive pas tout de suite.  Nous aussi pouvons attirer la grâce souhaitée. 

De plus, la Cananéenne nous permet de constater que le salut de Dieu n’est pas réservé à un peuple ou à un groupe en particulier.  Qui que nous soyons, nous avons une place réservée dans le royaume de Dieu.

                    Josée Desmeules (Prions en Église – août 2026)

 

L’AMOUR DES ENNEMIS

L’amour des ennemis, ce n’est pas de la tarte à la crème. Avouons-le, c’est même difficile, voire impossible. Mais Jésus nous montre ce qu’il veut dire : pendant sa Passion, il laisse Judas l’embrasser et il prie le Père de pardonner à ceux qui le crucifient « car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Face à la haine, il offre l’amour. Beaucoup de saints l’ont imité. Un bel exemple, peu connu, est le bienheureux Dominique Barberi, missionnaire passioniste, qui a œuvré en Belgique et en Angleterre où il recevra le futur cardinal et saint John Newman dans l’Église. Dans un contexte marqué par un anticatholicisme virulent, il arriva qu’on lui jette des pierres lorsqu’il traversait un village. Alors, le bienheureux se baissait, ramassait les pierres qu’on lui avait jetées et les embrassait.

Ce genre de geste désarme. Quand on arrive à rendre le bien pour le mal, à imiter le Père qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, quel ennemi restera insensible ? Si on arrive à prier sincèrement pour nos persécuteurs, comme le fait le Christ, la grâce d’une conversion leur sera-t-elle refusée ?

Ce retournement du cœur peut prendre du temps et le temps qu’il prend peut coûter cher. Jésus le sait, lui qui l’a payé de sa vie. Mais, pour nous qui ne sommes pas sans péchés, et qui n’irons peut-être pas jusqu’à mourir pour ceux qui nous haïssent, ce temps de conversion que nous offrons aux autres nous aidera, nous aussi, si Dieu le veut, à nous convertir.

                                                 Frère Vincent Loning, d’après Matthieu 5, 43-48

 

VOS ACTIONS SONT-ELLES GUIDÉES PAR UNE GÉNÉROSITÉ BIENVEILLANTE ?

Si quelqu'un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeure-t-il en lui ? Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. (1 Jean 3:17-18) Jésus lui-même a enseigné que l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont les commandements les plus importants. Bien que nous soyons tous nés à l’image et à la ressemblance de Dieu et dotés de talents uniques, nous pouvons nous distinguer par notre situation économique ou sociale. Certains possèdent en abondance, d’autres ont juste de quoi vivre, tandis que d’autres encore, dans la société, ont peut-être besoin d’aide. C’est là que nous sommes appelés à servir avec amour et compassion envers l’autre.

Une autre parabole, celle de l’homme riche et de Lazare, nous rappelle que Jésus nous invite à ne pas être avares et égoïstes, mais à choisir plutôt de partager avec notre prochain. Tout comme saint Vincent de Paul l’a dit : « La charité est le ciment qui lie les communautés à Dieu et les personnes entre elles », nous sommes appelés à prêter attention aux besoins de nos voisins et à les soutenir de près, avec compassion et attention.

Questions de réflexion

1. Prenez-vous le temps d'avoir une conversation approfondie avec votre voisin afin de mieux comprendre sa situation ?

2. Écoutez-vous davantage que vous ne parlez lorsque vous rendez visite à des voisins dans le besoin ?

Prions… Seigneur, tu nous as révélé le véritable sens de l’amour par tes commandements ainsi que par ta passion, ta mort et ta résurrection. Puissions-nous écouter attentivement ta voix et venir en aide à nos voisins dans le besoin grâce à l’amour inconditionnel et à la paix que tu nous as transmis.Amen.

              Willis Langford, conseiller spirituel, Conférence St. Mary, Brampton, ON

                                                                                Société Saint-Vincent de Paul

 

L’AUTRE JOUE

Il faut avoir le courage de le dire : ces mots de Jésus sont un coup de poignard dans notre chair orgueilleuse. « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ». Voilà une parole qu’on préférerait rayer de l’Évangile. Car nous aimons la justice. Œil pour œil. Dent pour dent. Cette manière de faire a un parfum de réciprocité.

Mais Jésus dit : « Ne résistez pas au méchant. » Il ajoute qu’il faut tendre l’autre joue. Tendre l’autre joue ? Quelle folie ! Quelle lâcheté, dit le monde. Mais c’est que le monde n’a jamais compris la folie de l’Amour. Il ne s’agit pas d’aimer souffrir. Ni de fuir la justice. Il s’agit de casser la logique du coup rendu. Car la violence se nourrit d’elle-même. Elle exige toujours un retour sur investissement. Ce que Jésus nous demande, c’est de refuser au Mal le plaisir de nous enchaîner à son jeu. Tendre l’autre joue, c’est dire au bourreau : tu ne me possèdes pas. Celui qui frappe se retrouve désemparé. Il attendait un combat, il voulait un duel. Il découvre un homme libre.

Jésus n’abolit pas la justice. Il la dépasse. Il ouvre un autre ordre. Celui de la charité où la vraie victoire, c’est aussi de sauver l’adversaire de sa propre violence. Ce chemin est rude. Humainement impossible. Mais avec la grâce, tout est possible. Car l’autre joue n’est pas qu’une joue, c’est la face cachée de la victoire du Ressuscité.

                 Frère Emmanuel Pisani, d’après Matthieu 5, 38-42

 

« JE L’AIME BIEN »

C’était toujours la première réaction du Maître de l’Ordre des dominicains, frère Timothy Radcliffe, lorsque nous devions nous pencher sur un cas personnel difficile lors des visites des communautés. Au lieu de voir d’abord les problèmes que pose tel ou tel, son caractère difficile ou ses trahisons, commencer par voir le côté positif de la personne, car chacun a aussi ses dons, ses talents, sa forme de générosité. Dire d’emblée : « Je l’aime bien », c’est une façon d’essayer de découvrir ses qualités, qui sont cachées, obscurcies par un abord abrupt, une écorce rugueuse, une difficulté à faire confiance aux autres.

Que de fois, nous pouvons vérifier cette image de la paille et de la poutre dans l’œil d’autrui et dans le mien ! Une manière de s’en sortir ? Se demander d’abord quand nous sommes en présence d’un comportement qui nous choque si nous sommes nous-mêmes totalement exempts d’un tel travers. Les défauts d’autrui deviennent alors une bonne manière de regarder lucidement mes propres comportements, là où nous n’aimons pas être jugés par autrui.

Mais Jésus va plus loin : il ne s’agit pas seulement de ne pas juger, il s’agit d’aimer. Aimer l’autre comme il est, comme nous aimons être nous-mêmes aimés, avec nos qualités et nos défauts. À ce moment-là, quand nous décidons d’aimer, la grâce de Dieu ne nous fait pas défaut.

                   Frère Jean-Jacques Pérennès, d’après Matthieu 7, 1-5

 

MÉDITATION

(Matthieu 14, 22-36) « Confiance! c’est moi; n’ayez plus peur! »  Que ces mots de Jésus nous rassurent dans les épreuves que nous sommes appelés à traverser.  Répétons-les-nous quand les doutes nous envahissent et que nous sombrons dans la peur.  Et si cela ne nous suffit pas, osons, comme l’apôtre Pierre, demander au Christ de nous venir en aide 



UNE FOI QUI DÉLIE (21e dimanche du temps ordinaire A)

DANS LA LECTURE évangélique de ce dimanche, Jésus confie une grande responsabilité à l’apôtre Pierre : « Tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délie sur la terre sera délié dans les cieux. »  La notion de lier et délier était, à cette époque, associée aux spécialistes qui liaient le salut aux prescriptions de la Loi – ou plutôt à l’interprétation qu’ils en donnaient.  Jésus dira d’ailleurs d’eux qu’ils attachaient de pesants fardeaux aux épaules des gens et qu’eux-mêmes ne voulaient pas les remuer du doigt (cf. Matthieu 23, 24).  Avec Pierre, l’accès au Royaume ne dépendra plus du respect d’une loi, mais de la foi au Christ, Fils du Dieu vivant.

Cette foi nous délie d’un fardeau parfois énorme qu’encore aujourd’hui nous avons tendance à nous mettre sur les épaules.  Je connais bien des gens qui craignent de ne pas être sauvés s’ils n’accomplissent pas telle dévotion, n’assistent pas aux rencontres de tel groupe, n’adoptent pas tel comportement, etc.  Au contraire, la personne au cœur réellement lié au Christ est libre de ce genre de chaînes.  Elle adoptera peut-être les mêmes pratiques, mais ce sera par surcroit d’émerveillement et de gratitude.  Encore faut-il être lié à la bonne personne!  Pierre devra accepter d’être délié d’une vision triomphante du Messie avant de devenir celui dont la foi sera notre rocher.

                                           Marie-Pierre Delorme (Prions en Église – août 2026)

 

L’EXIGENCE DE LA RÉALITÉ (22e dimanche du temps ordinaire A)

ON ENTEND SOUVENT cette remarque : « Dieu n’existe pas, puisque le mal et les guerres persistent toujours. »  Comme il serait rassurant, en effet, de pouvoir compter sur un être suprême interventionniste qui, d’un simple claquement de doigts, nous épargnerait toute souffrance!  Depuis toujours, l’humanité en rêve.  Mais telle n’est pas la réalité.

Lorsque Jésus annonce à ses disciples qu’il devra souffrir et même être mis à mort, Pierre s’insurge : « Cela ne t’arrivera pas. »  Et pourtant, c’est bien ce chemin que le Christ a choisi d’emprunter.  Il est allé jusqu’au bout de l’amour; il ne s’est pas dérobé devant les exigences et les conséquences de son incarnation.  La souffrance et la mort ne lui ont pas été épargnées.  Pourquoi?  Parce qu’il est venu non pour nous soustraire aux épreuves, mais pour nous montrer comme les traverser.

Face à la dure réalité de la souffrance humaine, Jésus ne tente pas de nous illusionner en nous promettant une existence sans aucun obstacle.  Au contraire, pour affronter les défis, il nous appelle à marcher à sa suite.  Il nous invite à prendre notre croix en accueillant nos épreuves et nos limites, afin de regarder notre vie avec lucidité et vérité, et continuer d’avancer malgré tout.  Croire en Dieu, c’est reconnaître l’exigence de la réalité, non pour la subir seul, mais pour lui faire face avec lui.

                          Danielle Jodoin (Prions en Église – août 2026)

 

INGÉNIEUR EN BÂTIMENT

Quand on se lance dans un projet de construction, il nous faut choisir un bon architecte qui saura employer la bonne entreprise pour notre construction. Il en va de notre vie chrétienne comme d’une construction : on commence par les fondations. Les fondations de notre vie, quelles sont-elles ? Si c’est la réussite sociale, la gloire, l’argent, la renommée, le pouvoir, soyons sûrs que nous avons mis notre vie entre les mains d’architectes mercenaires. Tout cela sera détruit, nous dit saint Paul. Jésus, tout au long de son ministère, dresse le plan de la maison fondée sur le roc dont il parle dans cette parabole. Et qui sera l’ingénieur chargé de réaliser tout ce monument avec notre collaboration ? L’Esprit Saint ! Jésus conçoit avec nous les plans, adaptés à notre maison personnelle et l’Esprit met en œuvre le plan.

Bon, imaginons que les ouvriers arrivent pour construire et que nous refusions de leur ouvrir le chantier de notre maison… Nous passerions pour des insensés ! C’est exactement ce que dit Jésus : insensés ceux qui refusent d’accueillir l’Esprit Saint ! C’est l’Esprit Saint qui est l’artisan principal de notre vie dans le Christ. Où trouver les plans d’une vie chrétienne solide que l’Esprit pourra mettre en œuvre en nous ? Dans l’enseignement de l’Évangile, reçu, médité et vécu dans l’Église ; dans la vie des vertus, en collaborant à l’action de Dieu en nous. Tout cela nous est donné comme plan directeur de notre vie.

                 Frère Olivier-Marie Corre, d’après Matthieu 7, 21-29

 

PRIÈRE DE RÉPARATION

Une religieuse défunte apparut à sa supérieure qui priait pour elle et lui dit " Je suis allée au Ciel directement parce qu'ayant récité tous les soirs cette prière, j'ai payé toutes mes dettes et j'ai été libérée du Purgatoire." :

Père Éternel, par les mains de la Vierge des Douleurs, je Vous offre le Coeur Sacré de Jésus avec tout son amour, toutes ses souffrances et tous ses mérites :

● pour expier tous les péchés que j'ai commis aujourd'hui et pendant toute ma vie. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles.

● pour purifier le bien que j'ai mal fait aujourd'hui et pendant toute ma vie. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles.

● pour suppléer au bien que j'ai négligé de faire aujourd'hui et pendant toute ma vie. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles. Amen.

 

LE TEMPS QUI PASSE

Quand le mois d’août tricote ses derniers jours, nous nous apprêtons à accoster au port d’une nouvelle année. Les jeunes renouent avec leur sac d’école. Les grands redémarrent le train de la vie régulière avec ses bouchons de circulation au début de la journée et en fin d’après-midi. Même les désoeuvrés se permettent de changer quelques habitudes.

À la fin des vacances et à la reprise du travail, le temps attire notre attention. Il clignote pour annoncer un virage. Les enfants et les adolescents se préparent à plonger dans une autre année scolaire. Les adultes calculent les années qui restent avant la béatifique étape de la retraite.

Cet entre-deux a plus d’impact sur notre santé psychologique que nos premiers cheveux blancs. Une fois de plus, le temps nous rappelle qu’il coule comme l’eau de la rivière. Imperturbablement. Rapidement, les vagues glissent ailleurs. Le présent ne reste jamais longtemps. Il fuit rapidement au pays du passé. Il devient souvenir.

Heureusement, le temps ne se contente pas de s’en aller. Il s’en vient aussi. Il apporte de l’avenir. Il est créateur. En le voyant passer, nous rêvons à ce qu’il entraîne dans sa farandole. Nous espérons.

Que sera cette nouvelle étape qui commence avec septembre? On peut deviner quelque peu. On peut espérer beaucoup. Une grande partie du temps nous échappe cependant. Mais il en reste suffisamment que nous pouvons gérer nous-mêmes. Nous pouvons être les maîtres de notre temps, si nous le voulons bien. Cette partie du temps que nous pouvons maîtriser peut influencer celle qui nous échappe.

Le temps nous bouscule. Nous courons. Nous nous essoufflons à poursuivre le temps. Nous inventons des moyens de faire plus rapidement notre travail. Mais nous utilisons mal le temps gagné ainsi. Nous nous empressons de le remplir alors qu’il pourrait rester un espace vide, un désert qui nous invite à rentrer en nous-mêmes, comme l’horizon de l’océan qui nous invite à l’intériorité.

Pourquoi, cette année, ne pas nous offrir le doux plaisir de goûter le temps, une petite plage de rien du tout que nous meublerions à l’occasion de silence, d’attention au temps qui passe?…

 

TOI LE SOLEIL DE NOS VIES

Tu mets en relief la beauté de tout être vivant.

A ta lumière nous découvrons ce que nous sommes.

 

Avec toi, nous sommes enfants de Dieu, et tu nous donnes la certitude que même si nous ne sommes pas parfaits, nous sommes appelés par Toi à être comme Toi. 

 

A ta lumière, nous découvrons que tout homme est aimé et trouve son bonheur dans l’amour que tu nous donnes. 

 

A ta lumière, nos différences ne nous agressent plus mais nous réjouissent, car ensemble nous sommes appelés avec Toi à faire un monde tout en couleurs. 

 

A ta lumière nous découvrons la paix intérieure, et les autres comme un cadeau que tu nous fais. 

 

O Christ que ta lumière ne cesse de briller sur nous et sur tous les hommes.

Ne laisse pas les idées noires envahir nos existences.

Ne permets pas que nous nous replions sur nous-mêmes.

 

Donne-nous le courage de ne pas fuir devant les difficultés, mais, en toutes circonstances, donne-nous de rayonner la paix que tu nous donnes !

                                                    Père François Cristin