De Villeneuve-sur-Bellot ce 22 germinal an 13
Pour vous seule
Madame,
Deux voyages que M. Dubarrant vient de faire à Sablonnières depuis
très peu de temps dans les propriétés que lui a vendes M. de Maupeou de
Parisis-Fontaine, nous avons eu ensemble plusieurs conférences et dans lesquelles
encore bien que votre grande dissension avec votre beau-fils ne le regarde
aucunement, nous en avons eu une aujourd'hui assez étendue, le principal grief
que je lui ai exposé comme d'autres fois, relativement à l'objet de
votre surenchère, n'avait été occasionné de votre part que parce que comme
créancière de M. de Maupeou d'une somme quelconque, vous aviez été
surprise de ne pas vous avoir vue comprise en délégation comme créancière de la succession de
feu M. votre mari, dans son contrat d'acquisition, encore bien que quand il est venu
chez moi et avant de conclure, je lui ai fait part de l'objet de vos créances. A ce
sujet aujourd'hui comme d'autres fois, toujours en conversant avec lui, il 'a dit
que si vous n'avez pas été comprise dans son contrat d'acquisition, que l'intention
de Mme de Maupeou de Beauvais n'en était pas moins que vous en toucheriez le
surplus, ce que vous et moi étions dans le cas d'ignorer puisqu'on en avait
disposé autrement. Aujourd'hui c'est tout différent, et d'après tout ce que j'ai réfléchi et
d'après les résolutions de M. Dubarrant dont il m'a fait part, il est tout disposé,
sauf ses arrangements particuliers avec M. de Maupeou de Beauvais, à vous
payer une somme de 12 000 livres à valoir sur l'objet de vos créances, et à ce
moyen il espère comme je n'y rencontre aucune difficulté à lui donner main
levée de votre surenchère, par ce moyen il sera donc libre de disposer de son
objet comme il le jugera à propos, autrement il serait retardé de beaucoup
s'il fallait qu'il attende que vos grandes dissensions soient finies. A mon avis
Madame je vous conseillerais très fort de recevoir cette somme par acompte de M.
Dubarrant puisqu'il se trouve dans la volonté de les donner et que c'est par
une avance qu'il fait pour son vendeur et dans laquelle vous n'y risquez
rien. Toutefois en expliquant dans la quittance que vous donnerez, que c'est
toutefois sans préjudicier aux inscriptions que vous avez prises sur les biens
de M. de Maupeou, mais levant aussi votre surenchère, c'est l'avis que j'ai
à vous donner et qui en quelque sorte pourra déranger le gros procès ; au
surplus vous avez à Paris vos conseils, référez leur en.
Jusqu'à présent aucune citation n'a été donnée.
J'ai l'honneur d'être avec la plus parfaite considération,
Madame, votre très humble et très obéissant serviteur
Debourges
(PS) M. Dubarrant devait être le porteur de ma présente pour vous la
remettre et à qui je l'ai envoyé à Sablonnières par un exprès, laquelle était
bien conforme aux dispositions qu'il m'avait manifesté dans notre
il changea tout à coup les marm(...) et le jour de Pâques il me la
rapporta en me disant que sûrement nous nous étions pas bien entendus
que ce n'était pas cela qu'il avait entendu dire, que sa disposition en
vous avançant cette somme, n'était qu'à titre d'avance ou de prêt
que dans le reçu que vous lui en donneriez, il serait expliqué que c'est à
la charge de lui payer l'intérêt à raison de 5 pourcents, que dans le cas
où vous gagneriez votre procès contre M. de Maupeou de Beauvais que les
fonds vous resteraient à valoir sur vos créances sans être tenue de
payer aucun intérêt puisqu'il se trouvait le débiteur de cette somme
envers son vendeur au terme de son acquisition; mais que
dans celui où vous le perdriez, vous vous obligeriez de lui rendre
cette somme avec les intérêts ; en conséquence je n'ai pas pu m'empêcher de lui
dire que cette nouvelle proposition qu'il me faisait était des plus absurdes
et que de vous les proposer je passerais vis-à-vis de vous pour un imbécile,
ou que vous en passeriez pour une si vous acceptiez de sa part
une pareille proposition, et en lui objectant que si vous étiez dans le cas
d'avoir besoin de fonds, que vous aviez sûrement d'autres ressources que la
sienne. Il part mercredi prochain pour Paris et à son retour, il
compte bien avoir l'honneur de vous aller voir, et vous faire ses propositions. Laissez-
lui ignorer que vous avez reçu la présente et en arrivant demandez-lui la lettre
qui est celle-ci, dont je l'avais rendu porteur, au surplus nous nous en divertirons à
votre retour. »