A la fin du XIXe siècle, l'électricité n'était pas encore arrivée à Sablonnières. L'outillage des agriculteurs et des artisans était exclusivement mécanique et les particuliers s'éclairaient depuis de nombreuses générations à la bougie, avec des lampes à huile ou des lampes à pétrole. Les bâtiments communaux n’étaient pas mieux équipés et les rues n'étaient pas éclairées avant 1901 (1). Vers 1905, quelques commerces ou ateliers avaient adopté les lampes à acétylène.
C'est en mars 1909 que l'électrification fut envisagée dans la vallée et pour la première fois en 1912, il est question de l'éclairage électrique des rues et des bâtiments communaux (2). Puis en 1913, la municipalité accorda une concession pour l’éclairage public et privé, pour une durée de quarante ans, à René Nannon, exploitant du Secteur électrique de la Forge qui comprenait les usines hydroélectriques du moulin de la Forge et du moulin de Coton situés à La Trétoire (3). Le bourg se trouvant sur le passage de la ligne de distribution d’Orly-sur-Morin à Villeneuve-sur-Bellot qui arrivait à Sablonnières le long de la route départementale n° 31, passait devant l’église et poursuivait vers Bellot via Les Brodards, M. Nannon proposa d'établir, à l’emplacement de l’ancienne sacristie qui tombait en ruine, un transformateur permettant de convertir le courant haute tension acheminé depuis les unités de production en courant basse tension utilisable par les habitants.
En 1914, le conseil municipal donna un avis favorable à l’enquête publique demandée par le sous-préfet sur ce projet (4) et, le 5 juillet 1916, le maire rendit l’avis suivant : « Considérant qu’il y a intérêt pour la commune à l’installation de l’éclairage électrique et à la distribution d’énergie électrique aux particuliers, est d’avis que les travaux nécessaires soient exécutés dans les plus brefs délais possible ». Toutefois, la guerre empêcha l'électrification du bourg et, en 1919, seules la scierie Hochet (route d'Avaleau) et l'usine Mireaux (lieu-dit Le Moulin) étaient alimentées.
En 1922, la municipalité décida de reprendre le projet (5) et lorsque le Secteur électrique de la Forge fut repris par la compagnie L’Energie Industrielle quelques mois plus tard, la commune lui accorda une nouvelle concession. Toutefois, ce projet n'était toujours pas réalisé en 1924, faute de ressources suffisantes, le coût total des travaux s'élevant à cent-quarante-mille francs. La question financière fut partiellement résolue en 1925, au moyen d'un emprunt public lancé à l'initiative de quelques habitants souhaitant avancer les frais d'installation, remboursable sur plusieurs années sans intérêt mais moyennant ristourne sur le prix du kilowatt. L'opération permit de collecter seize-mille-six-cents francs auprès d'une quarantaine d'habitants du bourg, de La Chenée et de la gare et de raccorder la même année la quasi-totalité de leurs maisons tandis que la commune engageait de son côté une dépense de trois-mille-cinq-cents francs pour le raccordement des locaux communaux et l'éclairage public. Le 13 septembre 1925, un contrat fut signé avec L'Energie Industrielle pour l'installation des lignes et la fourniture du courant.
En 1926, cette compagnie refit le réseau aérien de distribution d'électricité pour alimenter la commune et les particuliers « en éclairage et tous usages » (6). En 1927, outre l'éclairage municipal, l'école et la mairie étaient raccordées (7). L’année suivante, le bâtiment de la pompe fut équipé d’une lampe électrique (8) et il fut question en 1929 d’installer un éclairage électrique dans la rue derrière d’église, devant la mairie et devant la gare.
Si le bourg était desservi au début des années 1930, l'électrification des écarts, décidée deux ans plus tôt (9), était restée à l'état d'ébauche (la souscription de 1924 n'ayant pas rapporté les fonds nécessaires) et était encore discutée. Pas même le hameau des Brodards, pourtant traversé par la ligne à haute tension, ne bénéficiait de l'électricité. Face aux demandes réitérées des habitants (10), la municipalité renouvela son intention de faire effectuer les travaux nécessaires et affirma que les ces derniers seraient achevés avant l'hiver. Il fallut cependant attendre encore puisque la signature des avenants pour l’électrification des hameaux fut subordonnée en 1931 à certaines rectifications du projet concernant Le Plessier, Les Brodards et Les Pleux. (11)
En 1932, la compagnie Est-Lumière (compagnie d'électricité de l'est parisien) se substitua à L'Energie Industrielle. Cette société établit une ligne de dix-mille volts de Coton à Villeneuve, qui allait de La Forge au Pont-Bleu en passant par Bois-Frémy d’où une dérivation partait à Marlande. Du carrefour du Pont-Bleu, elle poursuivait d’un côté vers le bourg Sablonnières et d’un autre côté vers Le Vautron, La Noue et Les Brodards (12). Ces travaux permirent l'électrification effective de ces hameaux. Le 30 septembre 1932, le conseil municipal autorisait le maire à signer les avenants pour l’électrification de Bois-Frémy et de Maison-Neuve ; il décidait aussi d’étendre le réseau de La Noue. Ces travaux furent bien entendu réalisés par Est-Lumière qui assurait à la fois la distribution d'électricité et l'entretien du réseau. (13)
L'électrification connut un vif succès et de plus en plus d'habitants s'abonnèrent. Le progrès technologique introduisit aussi l'électricité dans le milieu professionnel et notamment dans l'agriculture avec l'apparition de batteuses électriques que l'on branchait directement au réseau. Les besoins en force électrique augmentèrent donc, si bien qu'au lendemain de la deuxième guerre mondiale, la distribution était devenue insuffisante. La commune demanda alors le renforcement des transformateurs (14) mais essuya un refus de la part d’Est-Lumière. (15)
Peu de temps après, pourtant, l'éclairage public, qui avait été restreint durant la guerre pour des raisons de sécurité, était rétabli. (16)
L'approvisionnement en électricité était devenu inadapté aux besoins lorsqu'en 1946, Electricité De France succéda à Est-Lumière en application de la loi de nationalisation des entreprises de production, de transport et de distribution d’électricité.
Après la reprise de la distribution par EDF, il fallut encore attendre pour que toutes les habitations de la commune puissent bénéficier de l'électricité : en 1953, la municipalité refusa l’extension du réseau en raison de ressources insuffisantes (17) et n'autorisa qu'à la fin de l'année 1959 l’électrification sur la route de la Noue (18) ; en 1956, elle prohiba les branchements collectifs et demanda à tout particulier d’avoir son propre branchement, imposant ainsi des travaux supplémentaires (19). Le 20 janvier de la même année, la commune adhéra au Syndicat Départemental d'Electrification de Seine-et-Marne.
Pour les abonnés, les péripéties de la Fée Électricité n'étaient pas complètement terminées. D'abord, ils connurent le passage au 220 volts (le courant était auparavant fourni en 110 volts) en 1961. Ensuite, la puissance du réseau s'avéra rapidement trop faible. Vers 1960, plusieurs abonnés présentèrent des réclamations et le maire demanda la construction de deux nouveaux transformateurs (20). En mai 1969, on en installa un derrière l'église pour alimenter le bourg, alors qu'un plus ancien situé à la scierie Hochet fut conservé pour desservir cette dernière ainsi que le moulin, Château-Morin, la route de la gare, la gare et La Chenée. La tour en béton armé de 8 mètres de hauteur fort disgracieuse dans l'environnement de la vieille église a fonctionné jusqu'en 2014 où elle a été remplacé par une installation plus discrète, conformément à un vote de la municipalité de 2013.
En dehors du bourg, l'électrification était loin d'être complète dans les années 1960. Il fallait encore amener l'électricité vers plusieurs habitations et vers des lieux non encore desservis (21). A cette fin, le service du Génie Rural fut chargé d'étudier le projet et de diriger les travaux. En 1964, un poste électrique fut installé au Plessier et la ferme Devisch fut alimentée. L'année suivante, le conseil municipal décida d'étendre le réseau aux hameaux non encore desservis.
Le 29 octobre 1970, il accepta encore un projet de ligne aérienne à haute tension entre Verdelot et Sablonnières. Le 22 févier 1971, il donna son accord au renforcement électrique des hameaux de Maison-Neuve, Bois-Frémy, La Chenée, Marlande, Le Jariel et Coupigny. Par la suite, le réseau dut encore être étendu au gré des nouvelles constructions.
Les compétences communales en matière de renforcements et d'extensions du réseau ont été transférées à un syndicat d'électrification : Syndicat Intercommunal d’Électrification Rurale (SIER) de Coulommiers, Syndicat Intercommunal des Énergies de Seine-et-Marne (SIESM) en 2007, Syndicat Départemental des Énergies de Seine-et-Marne (SDESM) en 2012. Le SDESM joue aujourd'hui un rôle de premier plan dans les travaux d'électrification, organise la distribution d'électricité (confiée à ERDF) et contrôle la perception de la taxe sur la consommation finale d'électricité qui est ainsi affectée aux travaux d'électrification et à l'éclairage public.
L'évolution de l'éclairage des rues et des bâtiments communaux se calque naturellement sur celle de l'électrification en général.
Avant l'arrivée de l'électricité, quelques lanternes avaient été installées vers le milieu du XIXe siècle (22). Le dispositif fut renforcé peu après 1900 par l’installation de becs à gaz - on en posa un en 1910 au Pont-Bleu pour éclairer le carrefour - et de réverbères à pétrole dans le bourg (dans les années 1920, les dépenses communales comprenaient toujours l'achat de pétrole pour l'éclairage des rues et de la mairie). Un préposé de la commune, M. Santiagi, était chargé de les allumer chaque soir d'hiver.
Lors de l'électrification du bourg en 1925, les principales rues furent éclairées au moyen de 11 lampes. Parallèlement aux installations électriques réalisées pendant toute la première moitié du XXe siècle, l’éclairage public a été étendu. En 1951, il comprenait notamment une lampe sur un poteau près de la mairie, une autre à la mairie, une sur la place de l’Église, deux sur la route des Brodards, une à la boulangerie, une autre près de la scierie, une à la gare, une au grand pont et une au Pont-Bleu. Vingt ans après, en février 1970, la commune fit procéder à la réfection du réseau d'éclairage (23) et chargea le service du Génie rural d'établir un projet d’éclairage public dans les hameaux (24), qui fut accepté en 1973.
Au début du XXe siècle, la commune était encore alimentée en eau de manière très sommaire. En 1917, les autorités militaires cantonnées dans le village faisaient état d’une pompe communale délivrant une eau de qualité médiocre, de la fontaine Georget (située à l'entrée sud du bourg, le long de la route de la Vallée), de la fontaine du Dauphin dont les eaux étaient de mauvaise qualité et d’une source située dans la cave Janvier (sous-sol d'une maison du bourg située le long de la route de la Vallée) dont l’eau était également mauvaise (28). C'est sans doute cette dernière qui était visée près de vingt ans auparavant à la suite d'une épidémie de diphtérie par un rapport sanitaire signalant la présence, sous une maison habitée, d’un réservoir d’eau constitué par une ancienne cave et mal protégé contre les infiltrations des eaux superficielles et demandant au préfet d’inviter la municipalité à prendre les mesures nécessaires pour éviter que ce réservoir devienne une cause de danger pour la santé publique. (29)
En 1930, la desserte était toujours très insuffisante : au bourg, existaient deux pompes municipales dont une délivrait une eau boueuse après les fortes pluies, l’autre étant devenue inutilisable à la suite d’infiltrations (30) ; l'est du village disposait du puits communal de la Fontaine du Pressoir ; le reste du territoire était alimenté par des puits privatifs plus ou moins pollués et par des sources sommairement captées. (31)
Des travaux de distribution d’eau étaient devenus urgents et le conseil municipal décida de faire élaborer par l’administration des Ponts-et-Chaussées un projet d’adduction d’eau sous pression permettant d’alimenter les trois-cents habitants du bourg et la gare à partir de sources captées vers un réservoir. Ce projet fut adopté et la commune reçut les autorisations nécessaires pour installer un réseau de canalisations (32) et acquérir les terrains nécessaires (33). Les travaux purent commencer par la recherche et le captage, au moyen de puits, de deux sources éloignées l'une de l'autre de soixante-dix mètres : d'une part, la source Dunot située en bordure de la rue du Not, celle-là même qui alimentait jadis les bassins des jardins du château ; d'autre part une source située au Vignoble du Vautron. Les eaux de ces puits étaient ensuite acheminées vers une chambre de réunion alimentant un réservoir en béton armé de cent mètres cubes, semi-enterré (34). D'après les notes laissées par Maurice Couteau, le réservoir présentait un diamètre de 6,45 mètres.
A partir du réservoir, des canalisations en fonte enterrées le long de la route départementale n° 22, devaient alimenter La Chenée, la Gare, le bourg et Le Montcel. Plusieurs bornes-fontaines avec bouches d’incendie furent installées sur leur parcours, notamment à La Chenée, au Moulin et près de la mairie. Le réseau fut établi à partir de 1932 et les habitations purent être raccordées au moyen de branchements individuels en plomb moyennant le paiement d’une redevance de trois-cent-cinquante francs à la commune. Celle-ci assurait elle-même la distribution et avait nommé dès 1932 un préposé à la recette du Service municipal des eaux, chargé d’encaisser cette redevance. C’est la municipalité qui accordait les concessions aux habitants désirant se raccorder et qui en fixait le prix annuel. Au 31 décembre 1932, trente-sept concessions (dont deux encore hors-service) avaient été accordées. La consommation n'était pas limitée (il n'existait pas de compteurs), chaque concessionnaire payant annuellement une somme forfaitaire de quarante francs. Le réservoir alimentait en outre sept bornes-fontaines dans le bourg, une huitième à La Chenée, une autre sur la route de la gare et un robinet au cimetière. Maurice Couteau indique le 21 août 1944, lors d'un nettoyage du réservoir, la hauteur d'eau était de trois mètres, soit un volume de 97,87 mètres cubes. Le débit de la source était de 20 à 22 litres à la minute au lieu d'une normale de 60 à 70 litres. Une jauge fut mise en place pour surveiller le niveau d'eau.
Malgré ces installations, la question de l’eau potable se posa à nouveau après-guerre, la source Dunot étant devenue insuffisante pour un nombre de concessions qui avait augmenté : son débit, qui était de soixante litres à la minute en 1934, avait chuté à treize litres durant l’été 1946 à cause de la sécheresse. Pour y remédier, la municipalité décida la fermeture nocturne du réservoir communal et de nouveaux puits de captage furent créés. Après travaux (35), le débit des trois sources était remonté à cinquante-cinq litres à la minute mais retomba à vingt-cinq litres lors de la grande sécheresse de 1947 (26 litres le 10 octobre 1947), alors que le nombre d'abonnés continuait d'augmenter : en 1948, on en comptait soixante-huit dont la scierie Hochet qui venait de demander une concession pour son chantier situé au Moulin ; il y en avait vingt de plus en 1953 lorsque la commune se dota d’un règlement de la distribution d’eau.
Du point de vue de la qualité de l'eau, aucun traitement n'était effectué et les analyses bactériologiques pratiquées révélèrent une dégradation importante à partir des années trente. Une contamination ininterrompue fut constatée de 1949 à 1952 dans les échantillons prélevés à la borne-fontaine de la mairie. Le verdict était tombé : « eau considérablement contaminée, impropre à toute consommation avant stérilisation ». Le préfet demanda alors au maire de faire procéder à la stérilisation de l’eau avant sa distribution (36). En 1953, la municipalité décida la réfection des bornes-fontaines et exigea une redevance de leurs utilisateurs habituels.
Ceci étant, la distribution d'eau courante était loin d'être complète. Si le bourg et La Chenée étaient correctement approvisionnés, les hameaux ne disposaient encore que de puits (on en dénombrait 30 en 1941) et de sources.
Plusieurs propriétés disposaient (et disposent parfois encore) de puits privatifs, mais certains sont communs à l'instar de celui qui, au Vautron, inséré dans un mur de clôture, dispose d'une ouverture coté propriété et d'une autre côté rue.
Le 24 septembre 1954, elle projeta des travaux d’adduction d’eau dans les hameaux à partir de la Fontaine-aux-Dames située sur le territoire de la commune d'Hondevilliers et appartenant à la ville de Paris. Afin d'étudier, de financer et de réaliser le projet, furent successivement créés un Syndicat Intercommunal d'Etudes d'Adduction d'eau potable de la Vallée du Petit-Morin auquel la commune adhéra le 22 février 1955, puis un Syndicat Intercommunal de distribution d'eau potable de la Vallée du Petit-Morin (SIA ou Syndicat du Petit-Morin ayant son siège à la mairie) auquel elle adhéra le 23 avril 1956. Le service des Ponts-et-Chaussées fut chargé d'exécuter les travaux en régie le 8 novembre. La source des Dames, dont le débit était de 120 mètres cubes heure, fut captée en 1959 pour alimenter un réservoir de sept-cents mètres cubes sur tour de quinze mètres de hauteur construite à la Butte Rouge. Toutes les maisons des hameaux purent se raccorder au réseau de distribution sans taxe de raccordement et moyennant un abonnement annuel comprenant la location d'un compteur.
Au Vautron, les sources furent déviées du réservoir qui, désormais, était alimenté par la canalisation provenant d'Hondevilliers.
Lors de la création du syndicat des eaux auquel la commune a transféré la gestion de la distribution, toutes les habitations ont été dotées d'un compteur.
Aujourd'hui, il n'y a plus de captage d'eau potable sur le territoire communal, en raison de la pollution chimique. La distribution de l'eau, qui provient principalement d'Hondevilliers, est assurée depuis 2011 par le Syndicat Intercommunal d'Alimentation en Eau Potable de la région Nord-Est Seine-et-Marne (SNE) qui a repris les compétences de son prédécesseur le Syndicat mixte Intercommunal de la distribution d'Eau Potable de la Vallée du Petit Morin (SMIDEP) et a fusionné en 2019 avec son homologue provinois pour former le Syndicat des eaux de l'Est de la Seine-et-Marne (S2E77). En 2015, le réseau a été réhabilité du Jariel au réservoir du Vautron et aux Brodards. Depuis ces travaux, le réservoir du Vautron ne dessert plus que Le Vautron et Les Mirats (La Chenée ayant été détachée). La réfection complète du réseau d’alimentation en eau potable, dont la municipalité avait demandé la programmation 10 ans plus tôt au syndicat des eaux, a commencé début 2018 au Jariel et au Vautron, puis au nord du bourg et au Plessier. Les travaux ont été poursuivis à l’automne dans le centre du bourg (route de la Vallée, place de l’église, rue Mesle, route des Brodards).
L'assainissement collectif est lui aussi une préoccupation relativement récente. La première trace remonte à 1871 avec le creusement d'un fossé d'assainissement reliant la route de Sablonnières à Bellot (lieu-dit Les Journieux) au Petit Morin. En 1879 on construisit, pour évacuer les eaux de la place publique, un aqueduc passant sous la remise de la maison d'école (le pavillon d'entrée de l'ancien château) et se déversant dans le canal situé dans son jardin.
L'acte de naissance du réseau d'eaux usées date toutefois du 16 juin 1936, lorsque fut prise par le conseil municipal la décision de construire un égout dans la rue principale du bourg. Cette résolution faisait suite à une pétition des habitants protestant contre la stagnation des eaux usées dans les caniveaux. La municipalité envisagea un réseau qui pouvait aboutir dans le Morin ou dans le ru d'Avaleau mais les deux projets qu'elle fit réaliser en 1937 ne furent pas retenus. Il fallut attendre quinze ans pour que la question de l'assainissement revienne sur le tapis : le 27 août 1951, le conseil municipal vota à nouveau un projet de tout-à-l’égout à réaliser en plusieurs tranches dans le bourg, pour éviter les inondations occasionnées en cas d’orage par le refoulement de l’aqueduc de la route de la Noue à celle des Brodards. Quelques mois plus tard, il chargea le maire de faire faire une étude sur la route montant à la Noue (37). L'année suivante, il confia aux Ponts-et-Chaussées l’étude relative à l’installation du tout-à-l’égout dans le bourg. (38)
Le projet présenté fut approuvé en 1954 avec la volonté de le concrétiser le plus rapidement possible (39). Le 27 août 1955, le Conseil municipal donna son accord à l'exécution de la première tranche de travaux, qui fut reconnue d'utilité publique en dépit de l'opposition d'une vingtaine d'habitants et exécutée en régie par les Ponts-et-Chaussées à défaut d’offre acceptable de la part d’entrepreneurs privés (40). Il fut décidé de confier l’exécution des travaux en régie aux Ponts-et-Chaussées et de passer des marchés pour la pose de canalisations et la fourniture, notamment, de bouches et de grilles en fonte. Cette première phase fut achevée en 1956 : une station d'épuration était établie et les eaux traitées se déversaient dans le Petit-Morin. Un garde-corps en fer fut posé autour. La même année, des devis furent demandés aux Ponts-et-Chaussées pour les trois autres tranches de travaux.
Les trois tranches suivantes furent réalisées à partir de 1957. En 1959, un emprunt de 4 960 000 fr sur 20 ans fut souscrit et un marché de 5 180 015 francs fut passé avec une société parisienne. La même année, des travaux de raccordement étaient en cours.
En 1963, un égout fut installé au Vautron avec interdiction d'y raccorder les fosses septiques.
A compter du 1er janvier 1968, une taxe d'assainissement proportionnelle à la consommation d'eau fut instaurée à la charge des habitations raccordées ou raccordables. La même année, la municipalité décida que les maisons pouvant être raccordées au réseau d’égout devraient l’être avant le 1er janvier 1969, à peine de majoration de la redevance (41). Dans le même temps, des travaux étaient entrepris à La Noue (42). En 1973, un devis pour La Chenée était demandé...
Le réseau d'assainissement collectif est toutefois resté très localisé, la plupart des hameaux étant dépourvus de collecteur ou partiellement équipés. Ainsi de très nombreuses habitations se sont dotées de fosses septiques, certaines avec épandage, d'autres se déversant dans les cours d'eau, souvent mêlant eaux usées et eaux pluviales.
Au début des années 2010, alors que les analyses de l'eau du Petit-Morin révélaient un taux de pollution trop élevé, la situation n'avait pas évolué : on constata l'absence de système collectif d'assainissement des eaux usées, qui devaient toujours être traitées individuellement puis différemment selon les lieux : au bourg, par un réseau unitaire débouchant sur un collecteur équipé d'un dessableur ; à La Chenée, à La Noue et au Vautron, par un réseau unitaire débouchant sur un collecteur sans dessableur ; par des systèmes individuels autonomes (épandages) pour le reste des habitations. (43)
Des préoccupations écologiques bien légitimes ayant conduit les pouvoirs publics à imposer une mise aux normes des installations d'assainissement, la commune de Sablonnières s'est alors lancée dans la construction d'un nouveau réseau d'assainissement collectif concernant le bourg, La Chenée et Le Vautron. Les travaux ont été organisés en plusieurs phases. La première a commencé au bourg le 5 juin 2013 et a concerné la route des Brodards, la place de l'église, la rue Maurice Mesle et la route de la vallée. La deuxième s'est déroulée de la mairie au stade, sur la D 222, les rues du Montcel et d'Hondevilliers et le début du chemin de Villeneuve. La troisième a touché la rue des Hacots, la route de La Noue et la fin du chemin de Villeneuve. La dernière phase concerne La Chenée, Le Vautron (2014) et, sous conditions, la route d'Hondevilliers et le chemin des Aulnettes.
Le programme comprenait aussi la construction d'une station d'épuration moderne constituée de quatre bassins avec filtre planté de roseaux, sur un emplacement situé en contrebas du chemin de l'ancienne gare et en surplomb du champ du Gain-de-la-Baillie qui longe le Morin. Commencée en juillet 2013, elle a été achevée début 2014, sauf la plantation des roseaux devant se faire au fur et à mesure des raccordements. En juin 2015, les maisons du Vautron (dernière tranche) ont été déclarées raccordables, après celles de La Chenée et celle du Bourg.
Ces travaux dont le coût avoisine les deux millions d'euros, ont été financés par un emprunt de près d'un million d'euros ainsi que des subventions attribuées par l’Agence de l’eau Seine Normandie, le Conseil Général et la Région.
Une fois la station achevée et mise en service, les particuliers ont pu commencer à se connecter au réseau en prenant à leur charge les travaux de raccordement de leur habitation à la boîte de branchement située en limite de propriété, mais en bénéficiant d'une subvention de l'agence de l'eau (maximum de trois-mille-cinq-cents euros) et plafonnée à 40 % des frais. Les prévisions ont porté sur cent-quatre-vingt-cinq maisons situées dans le bourg, au chemin des Aulnettes, dans la rue d'Avaleau et la route de Rebais, à La Chenée jusqu'à la rue du Not et dans la plus grande partie du Vautron (plus de deux-dents-trente autres habitations continuant de disposer d'un assainissement individuel dans la commune). Les raccordements ont pu être réalisés en quatre tranches : de juillet 2014 à juillet 2016 pour les premières habitations éligibles (celles de la route de la Vallée, de la rue Mesle, de la rue des Brodards, de la rue du Montcel, du chemin des Aulnettes, du bas de la rue des Hacots, du bas du chemin de Villeneuve, de la route de Rebais et du bout de la rue d'Hondevilliers à partir des numéros 6 et 9) ; de janvier 2015 à janvier 2017 pour le reste du bourg (route de La Noue, le haut des Hacots et du chemin de Villeneuve des numéros 5 à 19 et 6bis à 14, le bas de la rue d'Hondevilliers jusqu'aux numéros 2 et 7) ; de mai 2015 à mai 2017 pour les maisons de La Chenée ; d'octobre 2015 à octobre 2017 pour celles du Vautron. Une taxe de raccordement a été mise à la charge du propriétaire de toute maison branchée au réseau et une redevance d'assainissement, composée d'une part fixe (cent-cinquante euros) et d'une part proportionnelle à la consommation d'eau courante, doit permettre de financer le remboursement des travaux et l'entretien du réseau.
Outre les études qui l’ont précédée et les importants travaux qui furent réalisés, la réalisation du réseau d’assainissement collectif n’a pas été sans susciter des incompréhensions voire des réticences de la part de plusieurs habitants. Un des points les plus épineux a sans doute été l’instauration de la nouvelle taxe d’assainissement. La délibération du conseil municipal du 7 avril 2010, dont elle fut l"objet, ne tarda pas à être contestée. Notamment, une instance fut introduite devant le tribunal d’instance de Meaux par des administrés demandant l’annulation des titres exécutoires émis à leur encontre par la commune au titre des redevances de 2010 et de 2011. La juridiction civile se déclara incompétente et sursit à statuer jusqu’à ce que la juridiction administrative se prononce sur la légalité de la délibération. Une requête fut alors présentée en ce sens au tribunal administratif de Melun qui, par jugement du 5 octobre 2016, donna gain de cause aux requérants. Toutefois, la commune se pourvut en cassation devant le Conseil d’État qui, le 12 janvier 2018, annula à la fois le jugement du tribunal administratif pour vice de forme et la délibération litigieuse au motif que l’instauration de la redevance impliquait la présence d’un véritable réseau d’assainissement collectif et qu’au cas particulier, seul un réseau de collecte d’eau pluviales existait dans la commune à la date de la décision municipale qui, d’ailleurs, décidait de lancer un appel d’offre en vue de la construction d’un véritable réseau d’assainissement.
La propreté des espaces publics est un problème ancien. Constatant la saleté des rues et des places publiques « encombrées par des bois, des fumiers, des terreaux et autres choses embarrassantes qui empêchent la libre circulation et qui peuvent procurer de l'insalubrité », un arrêté municipal du 10 février 1843 enjoignit à toutes personnes de désencombrer la voie publique sous huitaine et sous menace de poursuites judiciaires. Cette mesure fut réitérée les 20 décembre 1844, 15 décembre 1845, 15 décembre 1855, 9 juillet 1974 et 9 juillet 1894.
A cette époque, les ordures étaient fréquemment déposées devant les maisons pour être ensuite évacuées vers les champs mais il s'agissait, dirait-on aujourd'hui, de déchets biodégradables.
Les choses ont changé au XXe siècle et en 1933, la municipalité chargea le maire de rechercher un terrain à acquérir pour établir un dépôt d'immondices (44) devenu nécessaire. L'année suivante, la commune se porta acquéreur d'une parcelle de 22 ares et 94 centiares au lieu-dit La Fosse Roche, le long de la route n° 31 entre Sablonnières et le Fourcheret.
L'acheminement des ordures vers cette décharge communale était semble-t-il l'affaire de chacun, puisqu'en 1966, la municipalité refusa la mise en place d'une collecte hebdomadaire (45). Trois ans plus tard, le dépôt d'ordures fut interdit à peine d'amende à toute personne ne résidant pas dans la commune (46). Le ramassage des ordures ménagères devant les habitations ne fut envisagé par le conseil municipal que le 4 septembre 1970 et les démarches de la municipalité aboutirent à l'adhésion de la commune au Syndicat Intercommunal pour le Traitement et la Collecte des Ordures Ménagères (SITCOM) de la région de Coulommiers le 20 du même mois. C'est ainsi qu'à partir du 1er janvier 1971, les habitants bénéficièrent d'une collecte hebdomadaire qui, à l'époque, avait lieu le mardi. Il leur appartenait de fournir leur poubelle et, s'il n'était pas encore question de tri sélectif, un règlement leur imposait le respect de certaines prescriptions concernant l'étanchéité des contenants et la nature des déchets susceptibles d'être collectés. Les déchets des jardins étaient acceptés à condition d’être « proprement liés » et d’une grosseur permettant un transbordement normal. Les objets volumineux étaient quant à eux ramassés trimestriellement. En contrepartie, de ce nouveau service, les habitants furent assujettis, à compter du 1er janvier 1972, à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. (47)
Des urinoirs publics existaient dans la commune au début du XXe siècle, puisque des travaux (charpente, toiture, porte et ventilation) firent l'objet d'un devis de l'entreprise Couteau au mois d'octobre 1919. On sait qu'ils étaient situés derrière l'église, accolés à l'édifice.
A la fin de l'année 1938, constatant qu'ils s'étaient détériorés, la commune envisagea de les transformer (48). A cette occasion, l'abbé Gaillot, du séminaire de Notre-Dame de Lourdes et de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (à Saint-Jean-les-deux-Jumeaux), demanda au maire de les déplacer plutôt que de les remettre en état, jugeant cette édicule « fort désagréable et peu esthétique à la place qu'il occupe actuellement » (49). Cependant l'opération de rénovation était trop coûteuse pour être entreprise et le déplacement ne fut pas retenu, seules quelques réparations étant effectuées. (50)
Trente ans plus tard, il était à nouveau question des toilettes publiques, avec un projet - à l'étude de 1966 à 1968 - d'implantation dans le bâtiment de la mairie, dans l'ancien logement du presbytère. Les travaux furent acceptés en 1968 et réalisés l'année suivante. (51)
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(1) Cf. le paragraphe consacré à l'éclairage public.(2) Le 9 avril 1912, le conseil municipal donna un avis favorable au projet.(3) Délibération du conseil municipal du 23 novembre (Archives communales).(4) Délibération du conseil municipal du 3 mai (Archives communales).(5) Délibération du conseil municipal du 16 novembre 1922 (Archives communales).(6) Le projet fut accepté par le préfet le 6 janvier 1926 et les travaux débutèrent en février, pour une mise en service en mars. Un état de renseignements du 19 janvier 1926 indique que l’électricité était produite par l’usine de la Société des Usines à Gaz du Nord et de l’Est d’Epernay ou toute autre et précise que le courant de 1000 volts était ensuite transformé en 115/200 volts (Archives communales).(7) L’électrification du logement de l’instituteur avait été acceptée par le conseil municipal le 11 février 1926 (Archives communales).(8) Délibération du conseil municipal du 18 février 1928 (Archives communales).(9) Délibérations du conseil municipal des 28 juin 1928 (demande de devis à L’Energie Industrielle), 8 août 1928, 18 septembre 1928 (demande du concours du ministère de l’Agriculture) et 21 février 1929 (demande d’un projet au Génie rural). Seule l'électrification de La Chenée et de la gare avait été envisagée quelques années auparavant (Archives communales).(10) Lettre d'un propriétaire au maire du 9 avril 1930 (Archives communales).(11) Délibération du conseil municipal du 19 janvier 1931 réaffirmée le 28 mai (Archives communales).(12) La Revue générale de l'électricité précisait que « La société L'Energie Industrielle a obtenu l'autorisation d'établir cinq lignes à haute tension pour alimenter les postes : des Hacots, Vautron et Champ‑Oui... » (vol. 31, Paris, Comité électrotechnique français, 1932, p. clxxi).(13) En 1934, alors que la ligne était alimentée par l’usine d’Epernay ou celle de Montereau, Est-Lumière procéda à sa réfection sur supports en béton armé. En 1939, la compagnie accepta de déplacer un support basse tension proche de l'emplacement de l'ancienne sacristie à l'occasion de travaux de réfection du réseau (Lettre du 22 mai 1939, Archives communales).(14) Délibération du conseil municipal du 26 juin 1945 (Archives communales).(15) Délibération du conseil municipal du 11 décembre 1945 (Archives communales).(16) Délibération du 14 décembre 1946 prise à la demande du Comité Local de Libération (Archives communales).(17) Délibération du conseil municipal du 17 décembre 1953 (Archives communales).(18) Délibération du 18 décembre 1959 (Archives communales).(19) Délibération du conseil municipal du 6 février 1956 (Archives communales). A noter aussi que l'installation sur la place de l'Eglise d'un compteur réservé aux forains avait été décidée le 17 août 1953 (Archives communales).(20) Lettre à l'Ingénieur du Génie rural du 20 mai 1964 (Archives communales).(21) Délibération du conseil municipal du 16 décembre 1964 (Archives communales).(22) Par délibération du 18 novembre 1853 (Archives communales), le conseil municipal décida l’installation d’une lampe à La Chenée. (23) Le conseil municipal accepta le devis le 24 février 1970 et régla le 14 avril les modalités de l'emprunt de 10 000 francs nécessaire (Archives communales).(24) Délibération du conseil municipal du 26 juin 1972. Le 13 décembre de la même année, le conseil municipal prenait connaissance du devis de la société Bornhauser et Molinari. Le 3 avril 1973, il acceptait le projet et autorisait le maire à négocier un emprunt pour financer l'opération (Archives communales).(28) Rapports d’analyses effectuées par le Laboratoire de bactériologie et chimie d’armée, les 15 juin et 17 juin 1917 (Archives communales).(29) JO 16 mai 1899, p. 3241.(30) Le 9 décembre 1929, le conseil municipal avait pourtant décidé de demander au génie rural un projet de captation et de distribution d’eau potable (Archives communales). (31) Lettre du maire du 16 mai 1930 (Archives communales). (32) Arrêté préfectoral du 3 novembre 1932 (Archives communales).(33) Délibération du conseil municipal du 9 mai 1932 acceptant le marché de construction du réservoir passé avec l’entreprise Benzimra ; arrêté préfectoral du 29 mars 1933 (Archives communales).(34) La capacité de ce réservoir, fixée à 100 m3 par le projet, ne semble avoir été initialement que de 60 m3.(35) Délibération du conseil municipal du 13 décembre 1946 acceptant un projet de captage élaboré par l’administration des Ponts-et-chaussées (Archives communales).(36) Lettre du 22 juillet 1952 (Archives communales).(37) Délibération du 19 octobre 1951 (Archives communales).(38) Délibération du 13 juin 1952 (Archives communales).(39) Délibération du 11 octobre 1954 (Archives communales).(40) Délibération du 8 novembre 1955 (Archives communales).(41) Délibération du conseil municipal du 11 mai (Archives communales).(42) Délibération du conseil municipal du 1er mars 1968 acceptant le marché pour la pose de canalisations à La Noue (Archives communales).(43) Rapport de présentation du Plan Local d'Urbanisme, en date du 2 juillet 2012.(44) Délibération du conseil municipal du 8 septembre 1933 (Archives communales).(45) Délibération du conseil municipal du 17 mars 1966, rendue à la suite d'une demande du receveur des PTT (Archives communales).(46) Délibération du conseil municipal du 10 avril 1969 (Archives communales).(47) Délibération du conseil municipal du 22 février 1971 (Archives communales).(48) Délibération du conseil municipal du 26 septembre 1938 (Archives communales).(49) Lettre du 7 novembre 1938 (Archives communales).(50) Délibération du conseil municipal du 24 avril 1939 (Archives communales).(51) Le conseil municipal donna son accord le 1er mars 1968 (Archives communales). Il décida ensuite l'exécution des travaux (2 août) et l'emprunt nécessaire en choisissant les entreprises susceptibles d'intervenir (17 septembre).