Le chiffre le plus ancien que l'on possède sur l'importance de la population est de 189 feux en 1689. Au début du XVIIe siècle, le nombre de feux a sensiblement diminué mais s'est globalement stabilisé : 121 en 1701, 134 en 1706, 142 en 1708, 125 en 1709, 112 en 1711 et en 1713, 121 en 1715, 128 en 1720, 125 en 1726 et 134 en 1769.
Ces chiffres qui correspondent à un nombre de foyers comptabilisés dans des rôles dressés pour la perception de la taille et de la gabelle - et qui ne comprenaient donc ni les nobles ni les ecclésiastiques - peuvent être multipliés par cinq pour approcher le nombre d'habitants. On arrive ainsi, moyennant cette approximation, à 945 habitants en 1659, 605 en 1701, 670 en 1706, 710 en 1708, 625 en 1709, 560 en 1711 et en 1713, 605 en 1715, 640 en 1720, 625 en 1726 et 670 en 1769.
D'après L'Etat ecclésiastique et civil du diocèse de Soissons (1), la paroisse comptait 130 feux et 400 communiants, soit près de 600 habitants à la fin de l’Ancien Régime. Les dénombrements ultérieurs (2), en nombre d'habitants désormais, font état de 676 âmes en 1790, 662 en l'an II de la République, 676 en l'an VIII, 698 en 1806, 744 en 1814, 706 en 1820, 737 en 1826, 699 en 1836, 709 en 1841, 719 en 1846, 742 en 1851, 684 en 1856, 768 en 1861, 733 en 1866, 712 en 1872, 696 en 1876, 642 en 1881, 648 en 1888, 610 en 1891, 600 en 1896 (dont 272 environ dans les hameaux), 607 en 1901, 596 en 1906, 565 en 1911, 508 en 1921, 545 en 1926, 510 en 1931, 482 en 1936, 483 en 1946, 482 en 1947 (dont 197 dans le bourg), 479 en 1952, 411 en 1962, 445 en 1968, 443 en 1975, 524 en 1982, 595 en 1990, 628 en 1999.
Population de la commune :
Ces statistiques rendent compte de l'évolution de la population au fil des années. On observe, à partir de 1865, une diminution due à l'exode rural et aux guerres : de 768 âmes en 1861, on passe à 417 en 1962.
Inversement, on constate que la population n'a cessé d'augmenter depuis 1975, en raison notamment d'une migration de population en provenance des villes. Elle a connu une forte croissance dans les années 1980 (+2,4% en 1982) avec l'arrivée de nouveaux habitants (443 en 1975 ; 524 en 1982), puis une croissance plus faible (+1,6% en 1990 ; +0,6% en 1999 ; +0,9% en 2008).
Depuis 1999, la population s’est accrue de 88 habitants, soit une progression de 14 %. Depuis 2010, le taux annuel moyen d'évolution est de +0,35 % avec un maximum en 2012 (+1,29 %) et un minimum en 2018 (-0,14 %).
On peut aussi, à partir des registres paroissiaux puis des registres de l'état civil, quantifier les naissances, les mariages et les décès depuis 1543. Les courbes qui peuvent être tracés à partir des données chiffrées montrent que Sablonnières a connu des années difficiles comme 1650 avec très peu de naissances et de nombreux décès, ainsi qu'un autre pic de mortalité en 1832 qui correspond à une épidémie de choléra.
De nombreuses familles présentes dans la commune à la moitié du XXe siècle y sont implantées ou issues des communes voisines depuis de nombreuses générations comme en attestent les relevés d'actes paroissiaux et d'état civil depuis 1541. Quelques unes ont toutefois pour souche des migrants en provenance d'autres départements à partir du XVIIIe siècle et, à la fin du XIXe siècle et au début du suivant, de plusieurs pays étrangers : pâtres, vachers et cultivateurs suisses, ouvriers agricoles, bûcherons et vanniers belges, ouvriers agricoles italiens, espagnols, russes, allemands et polonais, maçons et terrassiers italiens, carriers espagnols…
Globalement, la population se renouvelle actuellement avec l'augmentation des tranches d'âge des 15-29 ans et des 30-44 ans.
Aux termes de l'enquête annuelle de recensement de 2007, les 677 habitants dénombrés (3) comprennent 339 hommes et 338 femmes. Par rapport aux chiffres de 1999, cette composition est restée relativement stable.
La population de Sablonnières a une structure essentiellement familiale.
Depuis 1975, on observe un taux de cohabitation globalement stable de 2,6 personnes par foyer. On note aussi une forte stabilité résidentielle : les deux tiers de la population vivent dans leur logement depuis au moins 5 ans. En 2019, 22,6% des ménages sont installés depuis au moins 30 ans et 12,6 % depuis 20 à 29 ans.
Les 677 habitants recensés en 2007 composent 263 ménages.
52,90 % des plus de 15 ans sont mariés ; 34,30 % sont célibataires ; 7,50 % sont divorcés ; 5,30 % sont veufs.
La densité est de 48,5 habitants par km2.
En 2019, les 717 habitants composent 303 ménages.
La densité est de 51,3 habitants par km².
49,9 % des plus de 15 ans sont mariés ; 5,8 % sont pacsés ; 14,2 % vivent en concubinage ; 19,8 % sont célibataires ; 5,1 % sont divorcés ; 6,2 % sont veufs.
La population de Sablonnières comprenait 341 actifs en 2019 (pour 338 en 2007 et 285 en 1999), dont 300 occupés (303 en 2007 et 245 en 1999) et 41 chômeurs (32 en 2007 et 40 en 1999). Il en résulte que le taux d’activité est passé entre 1999 et 2019 de 70 à 77,2 % de personnes ayant un emploi ou au chômage, avec une hausse sensible de la population active occupée.
L’évolution récente montre aussi que le taux de chômage est en hausse, même s'il reste inférieur à celui de 1999 (14 % en 1999 ; 9,6 % en 2007 ; 9,9 % en 2013 11,9 % en 2019).
Parmi les inactifs, le nombre de retraités ou pré-retraités (17,4 % en 1999 ; 20,2 % en 2007 ; 9,7% en 2019) et le nombre d’élèves et étudiants (7,5 % en 1999 ; 7,2 % en 2007 ; 5,7 % en 2019) sont en baisse.
On ne dispose d'aucune statistique ancienne sur le sujet. Sous l'Ancien Régime, la profession n'a été indiquée que tardivement dans les actes paroissiaux et l'état civil ne fournirait dans tous les cas qu'un aperçu partiel de la population. Ces actes et les recensements du XIXe siècle lorsque la profession des habitants a été indiquée montrent cependant que la population active était composée essentiellement de paysans propriétaires ou non (cultivateurs, laboureurs, vignerons, fermiers), d'ouvriers (manouvriers, journaliers), d'artisans ruraux et de quelques commerçants dont le nombre s'est singulièrement accru après l'établissement du chemin de fer (cf. le chapitre consacré à l'économie locale) et que le paysage socio-professionnel a peu évolué dans une commune rurale comme la nôtre. (4)
Seuls les recensements modernes permettent de connaître avec exactitude la répartition de la population active dans les différents secteurs d'activité. Depuis plusieurs décennies, elle est essentiellement ouvrière et tertiaire comme le montrent les chiffres de 1999 :
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(1) Compiègne, Bertrand et Mérigot, 1783, p. 349.(2) cliquer ici pour voir la population des hameaux.(3) En 2008, la population municipale (résidents habituels de la commune) comprenait 682 personnes et au 1er janvier 2009, le chiffre serait de 685 habitants (v. Sablonnières et ses hameaux, n° 11, p. 1). A ce décompte s'ajoute celui de la population comptée à part (personnes qui ne logent pas dans la commune mais qui y conservent leur résidence familiale), soit 14 personnes en 2008.(4) Pour la période antérieure à 1789, il n'est pas inutile de rappeler qu'ici comme ailleurs, la condition sociale était intimement liée au métier exercé, lequel présentait d'ailleurs une continuité plurigénérationnelle. Le phénomène est flagrant pour les fonctions judiciaires et financières dont les titulaires constituaient la bourgeoisie locale et s'unissaient avec les filles ou les soeurs de praticiens du même secteur. Ainsi, au XVIIe siècle, le prévôt Denis Rayer était fils du procureur fiscal Nicolas Rayer, le greffier Robert Dechambly fils du procureur fiscal Enoch Dechambly épousa Claude Troche dont la famille comptait plusieurs praticiens du droit dont une autre membre, Marie Troche, épousa Pierre Camus également procureur fiscal. La transmission des offices représentatifs de ces fonctions justifiait ce phénomène qui se constate aujourd'hui encore dans certaines professions réglementées (chez les notaires notamment).