Organisation dans le cadre du CRI&P - UCLouvain
Responsable: Pr Antoine Masson, en collaboration avec Dr Johan Kalonji, doctorant, Dr Amina El Nemr & Dr Aurore Mairy
« Terrible enfance » renvoie à champ d'équivoques :
« terrible » pouvant être entendu comme ce moment le plus grave, celui du pari, le plus grand danger sans y voir aucun déficit, la chance même, grâce aux interlocuteurs, d'un commencement (« terrible aurore » de Baudelaire)
« enfance » renvoie plusieurs dimensions :
événements traumatiques de la période d'enfance et la manière dont ils s’avèrent déterminants
& part réelle, hors discours, qui peut s'actualiser par le crime qui du même coup y porte atteinte
passage à l’acte de cette part qui n’a pas la parole
& atteinte à ce ou celui qui n’a pas la parole (un autre, ou une part de soi… crime-suicide
Organisation dans le cadre du CRI&P - UCLouvain
Responsable: Pr Antoine Masson, en collaboration avec Dr Johan Kalonji, doctorant.
Le séminaire « Actes & Intentionnalités », s'est attaché à préciser les dimensions de l'intentionnalité et ses rapports à la conscience, les conceptions de l'acte et ses traductions dans les agirs.
Comment l'expertise psychiatrique peut-elle prendre ces dimensions en compte? Comment s'en trouvent-elles éclairées?
Ces questions, et leur traitement conceptuel et pratique, sont largement tributaires de l'évolution des sciences et de la philosophie de l'époque.
10 octobre 2018 : « Bases de la "philosophie de l'action" et la manière dont elle permet d'éclairer les formes d'intentionnalité » (Dr Johan Kalonji, Psychiatre prison de Saint-Gilles, doctorant UCLouvain école de criminologie)
Afin de préparer ce séminaire, deux articles sont proposés à la lecture : « Comment savoir ce que je fais ? » par Vincent DESCOMBES & « Explication, description de l'action et rationalité pratique chez Anscombe » par Valérie AUCOUTURIER
7 novembre 2018 : « À partir de l'ouvrage "L'intention en action"» (Valérie Aucouturier, Philosophe, Université Saint-Louis), auteure de L'intention en action (Éditions VRIN)
9 janvier 2019 : « Conscience, responsabilité, intentions au prisme des neurosciences » (Pr Antoine Masson, psychiatre, professeur UCLouvain, école de criminologie)
Discussion critique, introduite par Antoine Masson, concernant le type d'apports des neurosciences pour la clinique de l'intentionnalité, de la conscience, de la responsabilité.
Pour les documents préparatoires, ont été proposés :
Peggy Larrieu « Neurosciences et évaluation de la dangerosité. Entre néo-déterminisme et libre-arbitre » Revue interdisciplinaire d'études juridiques 2014/1 (Volume 72) disponible sur le site CAIRN
Stanislas Dehaene, Le code de la conscience, Odile Jacob, 2014 (Introduction et Chap 7 l’avenir de la conscience, particulièrement les paragraphes « Les maladies de la conscience ? » et « des machines conscientes » qui traite du repérage du libre arbitre
Emilie A. Caspar « Coercition et perte d’agentivité », médecine/sciences 2017 ; 33 : 543-8, recherche dont vous trouverez une présentation résumée en pièce jointe
Résumé des résultats de rtecherche de Sarah Gregory, R James Blair, Dominic ffytche, Andrew Simmons, Veena Kumari, Sheilagh Hodgins, Nigel Blackwood « Punishment and psychopathy: a case-control functional MRI investigation of reinforcement learning in violent antisocial personality disordered men »
24 avril 2019 « Intentionnalité au regard des enseignement de la psychanalyse » (Pascal Nottet, Philosophe, psychanalyste, travail dans le secteur de la psychiatrie infantile-Parhélie)
Le problème de la connaissance est un problème vieux comme la philosophie et fait de multiples théories et propositions plus ou moins marquantes selon les époques. Celles découlant de la méthode et de la métaphysique cartésiennes telles qu’exposées dans Le discours de la méthode et les Méditations métaphysiques auront cependant plus que d’autres encore un effet radical sur la manière d’appréhender la question de la constitution du savoir, du sujet savant, de l’objet de connaissance et du rapport sujet-objet. En effet, par l’avènement de l’ego cogito comme seule vérité recevable et résistante au doute méthodique, Descartes introduit d’abord l’idée d’un « Je » désincarné puisque le corps même est mis en doute dans la seconde méditation. Ce Je qui pense performe sa propre existence en pensant de façon immédiate et transparente ouvre la voie à ce que l’on appelle de façon plus contemporaine la conscience de soi. Cette chose qui pense, que Descartes nomme Res cogitans, est pour ce dernier un esprit (mens), un entendement (intellectus), une intelligence (animus) ou encore une raison (ratio). Ce faisant, elle devient à la fois le moyen par lequel le sujet va pouvoir conquérir le monde des objets, mais également quelque chose à propos duquel le sujet va pouvoir se constituer un savoir. La conscience va pouvoir par un regard sur elle-même de type introspectif ou réflexif, devenir son propre objet d’observation. Selon le modèle cartésien, la connaissance est donc toute organisée autour d’un éclairage des objets du monde par l’esprit lucide, la pensée primant sur tout. L’extrait suivant issu des Principes de la philosophie (pp573-574) en est assez illustratif : « Il me semble aussi que ce biais [la pensée] est tout le meilleur que nous puissions choisir pour connaître la nature de l’âme, et qu’elle est une substance entièrement distincte du corps ; car, examinant ce que nous sommes, nous qui pensons maintenant qu’il n’y a rien hors de notre pensée qui soit véritablement ou qui existe, nous connaissons manifestement [...] que nous sommes par cela seul que nous pensons ; et par conséquent que la notion que nous avons de notre âme ou de notre pensée précède celle que nous avons du corps, et qu’elle est plus certaine ». L’expérience de la conscience de soi est première et sans médiation dans la constitution du savoir cartésien. Le monde et ses objets, soit l’étendue, la Res extensa , ne se conquièrent que par l’intermédiaire de mon esprit. Connaissance immédiate de transparente de moi, connaissance médiate possiblement opaque du Monde, soit de deux substances à la nature toute différente. Se pose à partir de là déjà quelques questions relatives au dualisme cartésien : Peut-on assimiler pensée et conscience de soi comme le fait Descartes à partir du Cogito, ce « je » pense qui prend conscience de lui-même comme pensée ? Plus largement, peut-on assimiler conscience et connaissance ? Mais si oui, alors qu’est-ce que la connaissance au-delà d’une simple capacité déclamative ? Par ailleurs, la transparence de la conscience pour elle-même assurant une connaissance introspective limpide et indubitable est-elle compatible avec la manière dont les intentions, les actes, les jugements peuvent être soumis au doute ? L’erreur de Descartes selon les épistémologues est d’avoir tenté de caractériser cette pensée qui pense comme une substance, une Res, que ses successeurs ont alors tenté de caractériser selon différents modèles dit mentalistes et traitant du caractère privé et inaccessible à autrui de l’intériorité (V. Aucouturier). D’où la questions portée vers la psychanalyse. En quoi apporte-t-elle un modèle de connaissance différent ? Comment s’approprie-t-elle le Cogito cartésien et ses conséquences ? En élaborant le concept d’inconscient, Freud, parvient-il à sortir de l’illusion de l’intériorité et du primat de la pensée par le concept de «cause mentale» (statut ontologique de l’inconscient et pouvoir causal)? Autrement dit, la psychanalyse parvient-elle à éviter de s’empêtrer dans ce que Wittgenstein appelait la grammaire des causes et qu’il voyait irréductible à la « grammaire des raisons » ? Voilà les questions qui interrogent la psychanalyse au regard de ce que Descartes fait.
Il y a cependant aussi ce que Descartes dit et qui nous amène à l’un de ses remarquables exégètes contemporains, Jean-Luc Marion. Dans ses Notes du les modalités de l’Ego, ce dernier rappelle ceci que l’ego cogito est capable de cogiter de plusieurs manières. Ainsi dans la méditation II : « Mais qu’est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. Qu’est-ce donc qu’une chose qui pense ? C’est-à-dire une chose qui pense, qui doute, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent ». Le cogito n’est donc qu’une définition fonctionnelle de l’ego. La Res est une chose jamais définie par Descartes et elle advient selon ses différents modes d’actualisation performative. Aucun de ces modes d’actualisation ne semble pour l’auteur avoir le primat sur tous les autres malgré la tendance des classiques à en mentionner l’intellectus. Du coup, un mode de cogitatio retient notre attention : l’ego senties qui ouvre à la question du corps. Chez Descartes, le concept de corps est double. On retrouve en effet les corps physiques habitant le monde qu’il renseigne par habeam corpus et mon corps auquel mon âme est reliée qu’il désigne par corpus meum, ma chair. Ce qui distingue effectivement les corps physiques de ma chair est que quand les premiers affectent ma chair, celle-ci le ressent. Et l’ego senties dans un mouvement réflexif corrélatif doit être considéré comme non pas sentant mais se sentant sentir les corps qui l’affectent. Le sentir du sentir étant toujours vrai, il actualise l’existence et s’inscrit comme un équivalent de pensée dans l’action performative cartésienne. Mais Michon le rappelle bien, penser le cogito n’est pas encore se le représenter. Et le sentir contrairement à la volonté n’est pas forcement précédé de l’intellectus. Mieux même, elle doit être le fait en première intention d’un sentir originel. Et au-delà même se pose la question de savoir si une pensée de n’importe quoi n’est pas d’abord un sentir de soi ? Partant de là, le Cogito s’extrait-il du monde de la représentation ? Et partant, cela signifie-t-il que le sentir puisse être un mode de connaissance et de constitution d’un savoir hors champs représentatif ? Qu’en serait-il alors de ses objets et de ses états mentaux ? Qu’aurait à nous dire la psychanalyse sur cette cogitatio qu’est l’Ego senties ? Et sur le savoir qu’elle pourrait constituer par « auto-affection » pour paraphraser Michel henry?
2 Octobre 2019 « "Deleuze, la pratique du droit" dans les pas de Laurent de Sutter » (Pascal Nottet, Philosophe, psychanalyste, travail dans le secteur de la psychiatrie infantile-Parhélie)
13 Novembre 2019 « Construction sociale de l'ennemi et du SSS (sujet supposé suspect) » (Professeure Andréa Máris CAMPOS GUERRA, Universidade Federal de Minas Gerais, domaine de recherche Psychanalyse et Criminologie)
Invitée dans le cadre du LGCL à l’école de criminologie du 12 au 19 novembre, donnera une conférence autour de la construction sociale de l'ennemi et du SSS (sujet supposé suspect)
2 Décembre 2019 « Actes immotivés ou radicaux » (Yohan Trichet, Université de Rennes 2)
Il s'est agi de préciser comment concevoir, à propos des meurtres immotivés, une forme d’intentionnalité ou de non-intentionnalité.
Séminaire dans le cadre d'un échange Érasmus durant lequel les collègues de l'Université de Rennes 2 ont assuré les prestations suivantes
- Cours LCRIM2306 Approches interdisciplinaires de la prévention et du traitement de la délinquance : « Clinique et pratique à plusieurs auprès d’adolescents en situation subjective d’exclusion sociale et de délinquance » Romuald Hamon (lundi 2 de 14h à 16h)
- Cours LCRIM2501 Perspectives psychanalytiques en criminologie « Denis Lortie, une destruction au nom de l'Un » Yohan Trichet & « Les dérives sectaires (en reprenant le cas Georges Roux) » Romuald Hamon (mardi 3 décembre matin et après-midi)
- Séminaire doctoral (mardi 3 décembre 16h30 -18h)
18 Décembre 2019 « Appréhension des intentionnalités par les neurosciences et/ou les actes de langage et aveux » (Peggy LARRIEU, Maître de conférences en droit privé et sciences criminelles, Aix-Marseille Université)
5 février 2020 et 11 mars 2020 « Élaboration des enjeux de l'expertise psychiatrique clinique » (séminaire introduit et animé par Dr Johan KALONJI et Pr Antoine MASSON - CRID&P, UCLouvain)
Il s'agira de rendre compte des méthodes par lesquelles l'expertise psychiatrique clinique peut dégager et transmettre un savoir sur l'ordre des raisons aussi bien que des causes, préserver et faire entendre la subjectivité et son intentionnalité
Organisation dans le cadre du CRI&P - UCLouvain
Responsable: Pr Antoine Masson, en collaboration avec Dr Johan Kalonji, doctorant.
Durant ce cycle 2016-2018, il s’est agi d’aborder la spécificité l’expertise psychiatrique : ses enjeux, ses fonctions, et surtout les attendus des magistrats de l’instruction, des juges du fonds, du tribunal d’application des peines et des nouvelles Chambres de Protection Sociale, et ce dans le cadre des réformes actuelles de la loi de défense sociale.
5 octobre 2016 : « L’expertise psychiatre pénale et la problématique de la responsabilité » (Antoine MASSON, psychiatre et professeur à l’école de criminologie)
9 novembre 2016 : « Autour de la pratique de psychiatre dans une annexe psychiatrique, usage des expertises » (Johan KALONJI, psychiatre à l’annexe psychiatrique de la prison)
7 décembre 2016 : « Enjeux spécifiques de l’expertise psychiatrique clinique » (Antoine MASSON, psychiatre et professeur à l’école de criminologie)
1ier février 2017 : « Spécificités du travail d’expertise psychiatrique dans le cadre du service psycho-social d’une prison » (Dr Denis Chaidron, psychiatre dans le cadre de la prison, au Centre Chapelle-aux-Champs à Bruxelles, à la clinique Sanatia, Bruxelles)
Depuis une dizaine d’années, les politiques européennes valorisent la gestion optimale de la détention afin de contrer la surpopulation carcérale. Rationalisation et uniformisation des prises en charge sont à l’avant-plan des réformes. Or, si la fonction de la prison s’apparente toujours à "une simple privation de liberté", force est de constater qu’un détenu n’est pas nécessairement évalué compte tenu des faits délictueux dont il est l’auteur mais en fonction de la durée de sa peine. Mon propos sera de vous transmettre comment le travail d’un psychiatre SPS peut tenter de s’intégrer à cette logique contemporaine.
3 mai 2017 : « L'expertise psychiatrique en question: le point de vue du Parquet » (Madame Marie-Noëlle Derèse et Monsieur Benoît Meire, Magistrats au parquet de Bruxelles section défense sociale)
20 septembre 2017 « La loi du 26 juin 90, une épistémologie ouverte entre droit et psychiatrie » (Dr Gérald DESCHIETERE, Responsable Unité de Crise, Cliniques Universitaires St-Luc, Bruxelles)
8 novembre 2017 : « À propos des transformations de l’expertise psychiatrique aujourd’hui » (Dr Jean-Paul BEINE, Psychiatre expert, Psychanalyse AFB)
6 décembre 2017 : « Les conditions de travail des gardiens dans les prisons brésiliennes et quelques fonctions des médicaments et de la psychiatrie » (Renato Sarieddine Araujo, Psychologue, chercheur UFMG (Université Fédérale de Minas Gerais).
Dans le cadre de sa présence à Louvain-la-Neuve dans le cadre du LGCL. En lien avec une exposition photographie et prison
10 Janvier 2018 : « À propos de la responsabilisation des malades mentaux » Caroline PROTAIS, Docteur en sociologie, chargée d'études à l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, et chercheuse associée au Cermes3)
Caroline Protais travaille en particulier sur les liens entre justice et psychiatrie. Elle est l'auteur de « Sous l'emprise de la folie ? : L'expertise judiciaire face à la maladie mentale (1950-2009)» Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, janvier 2017
7 février 2018 : « Place de l'expertise psychiatrique dans le cadre des CPS - Mons » (Patricia JASPIS, Présidente de la chambre de protection sociale, Tribunal de l’application des peines de Mons)
Madame la juge Patricia Jaspis partagera avec nous son expérience au sein de la CPS de Mons-Hainaut relativement à la manière dont les expertises psychiatriques sont lues, reçues, discutées, tenues en comptes, ainsi que la manière dont elles s'inscrivent dans le champ de la nouvelle loi sur l'internement.
7 mars 2018 : « Place de l'expertise psychiatrique dans le cadre des CPS - Bruxelles francophone » (Vinciane BOON, Présidente de la chambre de protection sociale (CPS) francophone de Bruxelles)
Madame la juge Vinciane Boon partagera avec nous ses réflexions sur le rapport de la CPS (Chambre de Protection Sociale) aux expertises psychiatriques, évaluations des SPS et maisons de Justice, rapports d'évolution rédigés par les psychiatres responsables des soins
28 mars 2018 : « Position et place de l'avocat au regard des expertises et rapports psychiatriques » (Jean-Christophe van den Steen, Avocat spécialisé dans les questions de Défense sociale, collaborateur scientifique à l'USL)
2 mai 2018 : « Place et regard du procureur sur l'évolution de l'expertise psychiatrique au sein de la nouvelle loi de Défense sociale » (Alain GEERINCKX, Procureur du Roi à Bruxelles)
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Responsable : Pr Antoine Masson, en collaboration avec Dr Johan Kalonji, doctorant.
7 octobre 2015 : « La prison, l’impensé de la justice pénale » (Bruno DAYEZ, Juriste et philosophe (FUSL – UCL), Avocat au barreau de Bruxelles, Chercheur associé aux Facultés Universitaires Saint-Louis, Professeur à ICHEC-cultures - voir http://www.dayez.be)
La prison est une case vide. La loi pénale a été édictée dans la perspective de son inapplication, comme si la menace de la sanction suffisait à dissuader quiconque de transgresser l'interdit. Dans ce cadre de pensée, la prison est apparue comme la peine-reine, car elle est aisément graduable d'une part et, de l'autre, suffisamment "infâmante et afflictive" pour jouer le rôle d'épouvantail. Hélas, le crime est une réalité et les prisons ont dû se construire ... Mais nul ne peut dire à quoi elles sont censées servir effectivement.
25 novembre 2015 : « Ciné/trau/ma carcéral » (Julien Piéret, Premier assistant à la faculté de droit et de criminologie de l’ULB, centre de droit public, et Dan Kaminski, Professeur à l’école de criminologie de l’UCL, CRID&P)
La réflexion proposée portera sur les représentations de l’expérience du détenu dans le cinéma carcéral. Ce dernier est un genre cinématographique trop vaste pour être exploré; nous nous pencherons donc sur quelques films « typiques » aux fins de tenter d’en isoler le ou les levier(s) traumatique(s) (si tant est qu’il soit traumatique) de l’expérience, et la traversée du traumatisme, entendue à la fois comme parcours (voyage au long cours) de l’expérience et à la fois comme son issue. Nous ne sommes pas cliniciens. Nous tenterons d’articuler les dimensions politique, clinique, narrative et esthétique des représentations cinématographiques sélectionnées.
16 décembre 2015 : « “traversée traumatique” catastrophique qu’est le jihadisme, et la manière dont la prison la précède et la suit. » (Fabienne BRION, Professeur à l’école de criminologie de l’UCL, CRID&P)
ll s’agira notamment de tenter de dégager les représentations de l’"être étranger (à ce monde)", de la migration, de la loi et de la prison dans la littérature qui appelle au jihâd armé.
17 février 2016 : « Qui vole un œuf… » (Philippe Lacroix, agrégé de l’enseignement secondaire supérieur et professeur d’anglais et de néerlandais dans l’enseignement de promotion sociale pour adultes. Son parcours est atypique. A 14 ans, alors que le noyau familial vit de nombreuses turbulences, il décroche du monde scolaire. Vers 17 ans il entame ce que l’on peut appeler une « carrière » de délinquant qui aboutit à sa condamnation à mort le 20 janvier 1994, à l’âge de 34 ans. C’est en prison qu’il met en place sa re-construction au travers des études. Il sortira au bout de presque 15 ans et obtiendra son diplôme lors de ses deux premières années de liberté.)
La prison ne consiste pas seulement à mettre un individu ‘à l’écart’ physiquement. Elle le place aussi dans une posture de repli psychique dans laquelle il va souvent se percevoir comme au travers d’un miroir déformant. L’auteur d’un acte délinquant ou criminel est aussi un homme ou une femme avec ses émotions, ses sentiments, son parcours de vie, une personne qui a une famille, des êtres chers, une vie professionnelle et sociale. Lors de l’incarcération, cette dimension tend à disparaître et cet auteur est réduit à l’acte qu’il a commis.
Le parcours de vie de Philippe Lacroix témoigne qu’en dépit de ces ‘représentations’, il est possible non seulement de survivre à l’enfermement, mais aussi d’évoluer et de se re-construire pendant et après l’incarcération.
Nous ne sommes jamais inscrits dans un destin figé, nos valeurs, notre relation au monde, nos modes de fonctionnement s’articulent parfois de façon bien différente et génèrent d’autres histoires dans notre propre histoire.
16 mars 2016 : « Les relations de pouvoir en prison : apports de la Stanford Prison Experiment (1971) et de la BBC Prison Study (2002).» (Benjamin THIRY, docteur en psychologie, psychologue clinicien à la prison de Forest, chargé de cours à l’Université de Mons et formateur à l’Institut Belge de Victimologie)
Les prisons sont des établissements clos et sécuritaires au sein desquels certaines dynamiques institutionnelles particulières s’installent. Tout un chacun qui évolue entre leurs murs participe d’une manière ou d’une autre à ces dynamiques. Quelques expériences en psychologie sociale se sont intéressées aux enjeux qui prennent place entre les différents groupes d’acteurs carcéraux et notamment aux enjeux de pouvoir qui les unissent. Il peut être intéressant de se pencher sur les apports théoriques de ces expériences. Nous nous arrêterons ainsi sur la Stanford Prison Experiment (1971) ainsi que sur la BBC Prison Study (2002) afin d’en dégager les apports et d’en débattre ensemble.
27 avril 2016 : « 32 ans de pratique du métier d’avocat pénaliste -18 Mois comme président de la commission de surveillance de la prison de Forest Berkendael : Passage d’un traumatisme à un autre. De la prison au parloir à la prison dans le cellulaire » (Denis BOSQUET, Avocat pénalise et Président de la Commission de surveillance de la prison de Forest Berkendael)
Organisation dans le cadre du CRI&P - UCLouvain
Responsable : Pr Antoine Masson, en collaboration avec Jean-Philippe de LIMBOURG et Dr Johan KALONJI, doctorants.
De diverses manières, le séminaire de cette année s’attachera à préciser les relations entre le contexte pénal et la psychopathologie, plus particulièrement les modes selon lesquels les symptômes s’y présentent et s’y actualisent. Nous déploierons ainsi une double question :
Comment la procédure pénale, l’incarcération ou autre mesure de peine alternative, ainsi que l’imposition de la Défense sociale, peuvent-elles favoriser une actualisation pathologique, sinon en provoquant la maladie, du moins en faisant décompenser une pathologie latente ?
Comment les symptômes psychopathologiques viennent-ils se mettre en scène dans le système pénal, et comment des constellations relationnelles pénibles ou traumatiques viennent-elles se répéter en s’accentuant et s’amplifiant ?
Programme :
20 octobre 2014 : « Peines en prison : L'addition cachée » (Philippe Landenne, Licencié en Droit, Chargé de recherche à l'ASBL Réseau Détention et Alternatives (REDA). Dans son livre « Peines en prison : L'addition cachée » (Larcier, coll. « Crimen », 2008), il s'exprime à partir de sa longue expérience d'aumônier de prison.)
Les blessures lancinantes de l’au-delà des murs entraînent inévitablement une « victimisation » du détenu qui se perçoit comme écrasé avec les siens par la froide mécanique pénitentiaire. Ces suppléments de tourments génèrent des sentiments d’injustice et de révolte parfois ingérables. Ils hypothèquent souvent tout espoir de donner la moindre orientation réparatrice à l’exécution de la peine pour celui qui la subit. Dans ce contexte, la « tarification pénale légale» appliquée par le tribunal est extrêmement difficile à accepter tant par l’auteur que par la victime. Derrière le « prix à payer » fixé par la décision souveraine du juge quantifiant dans les limites légales le temps de privation de liberté, il y a l’addition cachée dont le montant est incalculable, une dette qu’on ne finit jamais de payer. « Qui peut mesurer le poids réel de ma peine ?» dit le condamné. Et « qui peut me rejoindre dans l’abîme de ma peine ? » répond la victime. Qui croit vraiment qu’infliger de la peine à l’un soulage la peine de l’autre ? Qui croit vraiment que ces peines s’équilibrent dans les plateaux d’une balance ? C’est seulement dans le monde virtuel de certains écrits théoriques que les taux de la peine sont précisément cernés, que les objectifs de l’incarcération sont mesurés, ciblés et atteints. Personnellement, à force d’accompagner des personnes abîmées dans cette expérience carcérale qui « prend l’allure d’un temps vide », j’ai acquis la conviction que personne n’est capable de cerner les limites de la peine de prison !
17 novembre 2014 : « Comment une dynamique relationnelle installée depuis l’enfance trouve son lieu de répétition amplifiée dans le cadre du milieu carcéral » (Antoine Masson, Professeur à l’École de criminologie de l’Université catholique de Louvain et au département de philosophie de l’Université de Namur, Psychiatre au département Adolescents et Jeunes Adultes du centre Chapelle-aux-Champs, Psychanalyste inscrit à Espace analytique Belgique.)
Nous partirons d’une analyse expertale des difficultés survenant lors de la détention d’un sujet dont la dynamique relationnelle et affective a une telle puissance de répétition inconsciente qu’elle inclut, à leur corps défendant, ainsi bien les agents pénitentiaires, les autorités, l’opinion publique que le sujet lui-même chargé d’une histoire douloureuse qui l’habite et ne passe pas. L’hypothèse est qu’une telle constellation psychique a dès lors trouvé un lieu où se rejouer de manière décuplée.
19 janvier 2015 : « Espace, temps et psychopathologie en prison » (Jérôme Englebert, Docteur en psychologie et Maitre de conférences à l’Université de Liège, il est également psychologue clinicien à l’EDS de Paifve. Il a notamment publié Psychopathologie de l’homme en situation (2013, Hermann), dirigé la réédition augmentée d’Éthologie et psychiatrie d’Albert Demaret (2014, Mardaga) et édité les numéros 20-21 du Cercle Herméneutique consacrés au test de Rorschach dans une perspective phénoménologique. Ses travaux s’inscrivent dans le champ vaste de la « phénoménologie clinique ».
L’analyse du cas de Nathan, sorte d’épisode princeps de notre analyse de l’univers carcéral, nous permettra d’étudier les notions de temps et d’espace. Ces deux coordonnées sont fondamentales, tant pour la considération anthropologique de l’homme situation d’enfermement que pour la compréhension psychopathologique. À partir de cette analyse, dans laquelle nous évoquerons notamment un texte peu connu de Sartre sur les Visages ainsi que la philosophie des émotions de Scheler, c’est la problématique fondamentale du corps que nous évoquerons. L’épisode psychopathologique du Gate fever (la « fièvre de la porte ») vécu par Nathan nous permettra également d’évoquer le vécu émotionnel paradoxal de l’expérience psychotique.
23 février 2015 : « Ceci n’est pas un délinquant » (Xavier Canonge, Docteur en Psychologie Clinique et Psychopathologie, psychanalyste, expert auprès du tribunal pour enfants de Nîmes. Il intervient en institution à Aix-en-Provence pour des mesures d’investigation éducative. Il a publié, en collaboration avec Jean-Louis Pedinelli « Le regard de travers. Adolescence et délinquance » (Armand Colin, 2014) )
À partir d’une citation de Jean Genet (« Je sentais le besoin de devenir ce qu’on m’avait accusé d’être »), je montrerai comment les adolescents dits délinquants se piègent dans le regard de la justice et du social. Comment pouvons-nous les aider à résister à la tentation d’évacuer toute énigme sur leur être en devenant le « délinquant » conforme aux images visées par la justice et par les normes modernes de la reconnaissance ?......
16 mars 2015 : « Quelle définition du délire dans la psychose ? Pour une approche fonctionnelle du processus délirant » (Annales Me ́dico-Psychologiques 171 (2013) 595–602) (Simon Flémal, Psychologue clinicien, chargé de cours à l'Institut de psychologie de l'Université Lumière- Lyon 2, docteur en psychopathologie et psychologie clinique de l'Université Lumière-Lyon 2 et de l'Université Libre de Bruxelles.)
À partir de différentes théorisations issues de l’épistémologie psychanalytique, il s’agit de mettre en tension, d’une part, une conception du délire s’établissant à partir du rapport à la réalité ́ extérieure, et, d’autre part, une approche fonctionnelle de l’activité délirante qui tient compte des enjeux subjectifs du délire. Trois principales fonctions se dégagent ainsi dans son essai de résolution auto-thérapeutique : la « fonction contenante » (mise en forme et transformation signifiante de ce qui ne peut être symbolisé de l’expérience traumatique), la « fonction localisante » (situer en dehors du sujet le débordement pulsionnel inhérent au traumatisme primaire), la « fonction identifiante » (permet de s’attribuer un énoncé identificatoire qui, de manière auto-créée, supplée à l’énigme de son histoire insensée). Ces trois fonctions de l’activité délirante s’articulent selon une logique particulière, un « processus délirant » par lequel le sujet peut rendre pensable et supportable le vécu traumatique qu’il a éprouve ́ au cours de son histoire. Comment accompagner le sujet psychotique dans l’aménagement des potentialités résolutives que le processus délirant tend à produire ?
Lundi 30 mars 2015 : « De quelques difficultés de la prise en charge de la psychose en prison, réflexions à partir d’une pratique en la prison de Forest » (Johan Kalonji, Psychiatre, Annexe psychiatrique prison de Forest-Service soins de santé prison SPF justice, SSM Centre de guidance de Louvain-la-Neuve)
À partir de notre pratique psychiatrique en la prison de Forest, nous proposerons une réflexion quant à la manière dont les dispositions propres à l’institution carcérale peuvent rentrer en résonnance avec la manière dont la maladie psychotique se déploie dans le temps et dans l’espace. Nous essaierons donc de montrer comment la structuration et l’organisation particulière du lieu prison favorisent le rapport au Monde dit psychotique et comment au delà, le système pénal et le droit, à travers différentes dispositions, entretiennent ce rapport particulier.
Lundi 27 avril 2015 : « De la monstruosité du matricide à l’élaboration d’un altruisme délirant » (Titre de l’article en collaboration avec Élisabeth Marion — L’évolution psychiatrique 77 (2012) 279–290.) (Yohan Trichet, Maître de conférence à l'université Rennes 2, Psychologue clinicien en institution psychiatrique. Il a publié «L'entrée dans la psychose Approches psychopathologiques, clinique et (auto-) traitements » (Presses Universitaires de Rennes, 2011) ainsi que de nombreux articles)
« Les auteurs se proposent d’examiner deux cas de matricides: deux jeunes hommes psychotiques qui pour arrêter l’insupportable d’une jouissance indicible passent à l’acte et tuent leur mère. Ce crime comme solution qui se présentait sous un jour altruiste pour Pierre Rivière, en 1835, n’a pas produit l’apaisement escompté. Au contraire, il a brusquement surgi sur la scène du monde comme un monstre, et n’a eu de cesse ensuite de mourir, ne pouvant assumer cette identification. Pour Louis, c’est au contraire le travail psychanalytique sous transfert, qui lui permet d’élaborer l’altruisme comme interprétation, et ce faisant, lui permet d’assumer la responsabilité subjective du crime commis. Ainsi, nous questionnerons précisément quelle est la fonction de l’altruisme dans ces deux cas de délire, et si cette catégorie historique est valide ou non pour rendre compte de ce qui s’est produit pour ces deux sujets. » (Résumé de l’article)
Lundi 11 mai 2015 : « Embodying prison » (Comment l'expérience (pathologisante ou non) de la prison se manifeste dans et par le corps) (Manuela Ivone Cunha, Professeure à l'Université du Minho (UM) et chercheure sénior au Centre for Research in Anthropology (CRIA))
Drawing on fieldwork conducted in a Portuguese women’s prison in two different decades, I will focus on the experience of confinement as it inscribes itself on the body and the senses. More specifically, in the light of the coherence between the social, and the sensorial orders that emerged in both periods, I will examine the way this experience is mediated by social relations. Given that within that time frame the face of prison underwent a major sociological transformation due to recent phenomena of mass incarceration, this coherence also means that such bodily experience of confinement – or the way prisoners “embody” prison and make sense of it – is highly contextual and may vary not only according to prison-specific circumstances, but also to social-specific circumstances. Contrasting ideas of contagion, changing experiences of sounds and smells, and individual and para-collective expressions of distress ("nerves", "attacks"), will be some of the aspects approached.
Organisation dans le cadre du CRI&P - UCLouvain
Responsable : Pr Antoine Masson, en collaboration avec Jean-Philippe de LIMBOURG et Dr Johan KALONJI, doctorants.
Le passage à l’acte est en excès sur toute explicitation des motifs et des raisons, c’est sa définition même. Pourtant les dimensions de la subjectivité s’y trouvent impliquées, pourtant les dimensions psychopathologiques peuvent y être mises en scènes. S’il n’est aucun déterminisme qui puisse expliquer la rupture du passage à l’acte, il est cependant des déterminants qui peuvent rapprocher le sujet de ce point de rupture. Il est également possible de retrouver l’articulations de ces déterminants dans la lecture analytique de ce qui est venu s’actualiser aveuglément dans le passage à l’acte.
Telles sont les problématiques que nos différents invités croiseront chacun à leur manière, selon leur style, en déclinant selon leurs pratiques et leurs points d’appui conceptuels
Programme :
28 octobre 2013 : « Comment comprendre l’influence d’un phénomène élémentaire dans le déclenchement d’un passage à l’acte ? » (Jean-Philippe de LIMBOURG,Doctorant à la Faculté de psychologie et assistant à l’Ecole de criminologie de l’UCL)
Entre l’irruption d’un phénomène élémentaire et le déclenchement d’un passage à l’acte il y a souvent un temps plus ou moins long selon les personnes. Ce temps nous permet de distinguer ces deux productions psychotiques comme étant différentes, nous formulerons néanmoins des hypothèses sur leur imbrication à partir d’une méthode qui vous sera transmise lors de cet exposé.
25 novembre 2013 : « Sur la notion de “passage à l’acte” » (Pierre-Henri CASTEL, directeur de recherches au CERMES3 — Université Paris Descartes, CNRS, Inserm —, psychanalyste, membre de l'Association Lacanienne Internationale)
À partir de l’article “Passage à l’acte” du Dictionnaire de la violence, publié sous la direction de Marzano aux PUF. Il s’agira de critiquer l’idée que dans le passage à l’acte, il y a un acte. Le phénomène serait ainsi mal nommé, ce qui constitue un obstacle épistémologique qui retentit sur la clinique, en faisant ressembler tout à fait à tort ce dont on a peur dans la phobie d’impulsion, ce que le pervers met positivement en acte, et les conjonctures particulières où un psychotique se défait.
18 décembre 2013 : « Les violences de l'affect : entre criminogenèse et transmutation en entreprise éthico-morale. » (Jean KINABLE (Professeur émérite UCL, Faculté de psychologie et École de criminologie)
Les paroxysmes de l'affectation autant que de la désaffection sont passibles de devenir facteurs de criminalité. La dramatique de leurs enjeux pourrait-elle contribuer à l'engendrement d'œuvres de reconnaissance et de solidarité, de valorisation et de justice?"
20 janvier 2014 : « Le crime passionnel ou les déboires de la passion. » (Johan KALONJI (Psychiatre, annexe psychiatrique prison de Forest-Service soins de santé prison SPF justice, SSM Centre Chapelle aux champs de Bruxelles)
Le crime passionnel à proprement parlé, à savoir celui ne répondant pas de la motivation paranoïaque ou de celle du jaloux, consiste en le meurtre de l’être aimé par amour.
La psychiatrie a proposé diverses explications de ce passage à l’acte paradoxal tout au long de son histoire récente. A travers une étude de cas précis, nous nous proposons d’essayer de comprendre et dépasser ce qui apparait paradoxal à l’esprit afin de tenter d’en restituer au niveau psychopathologique la logique interne.
17 février 2014 : « De la quérulence processive, ou “manie des procès” : actualité du délire de revendication, entre monde juridique et sphère psychiatrique » (Benjamin LEVY, (Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure Paris, Master de Philosophie Contemporaine (Paris-1 Sorbonne), doctorant au Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société de l'Université (Paris-7 Diderot)
Évoquant l’histoire et l’actualité de la notion de « quérulence processive », il s’agira de décrire les questions que pose cette entité nosographique à la psychopathologie psychanalytique (quelle écoute pour le délire de revendication ?) comme aux institutions juridiques (tribunaux), pénitentiaires et psychiatriques.
24 mars 2014 : « Le concept de pathologie narcissique à l'épreuve de l'histoire de Patrick. » (Christophe ADAM, Chargé de cours à l'ULB et à l'UCL, psychologue au SSM de Dinant dans l'équipe spécialisée dans le traitement et la guidance des auteurs d'infractions à caractère sexuel)
A bien des égards, les infractions à caractère sexuel commises par Patrick peuvent sembler relever d'un accident de parcours. Pourtant, lorsqu'on se donne le temps d'écouter son histoire, l'accident prend un tout autre sens, celui d'un événement révélateur des structures fragiles de sa psyché et de son inscription sociale. Partant, il me sera donné de mettre en tension son histoire de vie avec le concept de pathologie narcissique qui me paraît ajusté aux problématiques que je rencontre fréquemment dans le cadre de ma consultation au SSM de Dinant, au sein de l'équipe spécialisée dans le traitement et la guidance des auteurs d'infraction(s) à caractère sexuel.
23 avril 2014 : « Autour de la mise en jeu du visuel dans le passage à l’acte criminel » (Magali RAVIT, Maitre de conférence en psychologie clinique à l’université LYON 2-CRPPC, en partenariat avec Lyon 1, co-responsable pédagogique du DU de criminologie clinique ; responsable pédagogique du DU d’expertises judiciaires)
19 mai 2014 : « Autour de la question des passages à l'acte chez les enfants et adolescents » (Anne-Christine FRANKARD, Professeur UCL, Faculté de psychologie, Psychologue au Centre Albert Frère)
Organisation dans le cadre du CRI&P - UCLouvain
Responsable : Pr Antoine Masson, en collaboration avec Jean-Philippe de LIMBOURG et Dr Johan KALONJI, doctorants.
La folie criminelle est une double brisure. Au-delà de la vie brisée, plus que tout autre crime, c’est la familiarité des motivations qui est détruite. Et c’est cette seconde dimension qui éveille la passion sociale, jusqu’à la déraison : une mère, un père, une femme ou un homme, un adolescent, voire un enfant, réalise un acte qui est à la fois le plus contraire et le plus inscrit dans sa nature.
L’enjeu du séminaire de cette année sera de parcourir les différents discours susceptibles de rendre compte de ces cas de folie criminelle : classifications des troubles mentaux, échelle de mesure des dimensions pathologiques ou déviantes, théories psychopathologiques du criminel, hypothèses historiques, développementales et psychodynamiques, hypothèses de structure de l’appareil psychique, théories du passage à l’acte, décryptages du crime pris comme rebus, herméneutique du crime et de la scène qu’il déploie, indentification du mal, du monstrueux ou du diabolique, …
Au delà de chacun de ces discours, il s’agit également d’envisager les diverses articulations entre les différentes formes de discours permettant de rendre compte du crime et du passage à l’acte, les apports de ces discours dans le champ pénal, leur branchement sur les discours de l’instruction, du procès et de la pénalité.
Quels types d’effets induisent ces différents discours sur notre pratique professionnelle tant au niveau de l’expertise que de la possibilité de traitement ? Comment l'articulation de ces discours et leur mise en tension selon leurs différents paradigmes permettent ou non une certaine représentation intellectuelle de l'acte criminel s'ouvrant dans une perspective de soin ?
24 septembre 2012 : « Quel discours sur le crime ? Possibilité de le décrypter comme une œuvre catastrophique ? Possibilité de réinscription ? » (Antoine MASSON (Professeur à l’UCL École de criminologie, CRID&P, Professeur aux FUNDP-Namur, Psychiatre au Centre Chapelle-aux-Champs, Psychanayste)
Discussion à partir du livre de Jean-Pierre Bigeault Le double crime de l’abbé Desnoyers, curé d’Uruffe (L’harmattan & Éditions Pepper, 2008)
22 octobre 2012 : « Du prescrit institutionnel au soin en milieu carcéral, une trajectoire possible? » (Johan KALONJI (Psychiatre, annexe psychiatrique prison de Forest-Service soins de santé prison SPF justice, SSM Centre Chapelle aux champs de Bruxelles)
19 novembre 2012 : « Ouvrez une aile psychiatrique, vous fermerez une prison » (Anne GRUWEZ, Juge d’instruction, Tribunal de première instance, Bruxelles)
Dans la plupart des cas de folie criminelle auxquels j'ai pensé, les auteurs ont montré des signes prémonitoires de leur folie, ce genre de chose qui fait dire au commun des mortels : il est fou ! Ne devrait-on pas y être plus attentif ? Et alors, qui doit agir et quelles mesures prendre ?
17 décembre 2012 : « La lecture d’un passage à l’acte avec ou sans l’hypothèse de l’inconscient ? Quelles conséquences l’absence ou la présence d’une telle hypothèse peut-elle avoir sur notre pratique? » (Jean-Philippe de LIMBOURG, Doctorant UCL, Assistant à l’école de criminologie, Psychologue au PTCA à la clinique Jean Titeca Bruxelles)
28 janvier 2013 : « Penser les enjeux du crime par la médiation du cinéma » (Joachim LAFOSSE, Cinéaste, réalisateur du film « À perdre la raison »)
25 février 2013 : « Autour de la folie passagère » (Bernard DAUCHOT, Avocat général)
25 mars 2013 : « Double expérience d’un expert judiciaire transculturel et d’un psychiatre en situation de Défense Sociale au CRP "Les Marronniers " à Tournai » (Philippe Woitchik, Psychiatre à l’Institut de Défense Sociale à Tournai)
22 avril 2013 : « Psychopathologie du passage à l'acte : quelques repères des processus engagés dans l'acte criminel » (Magali RAVIT, Maitre de conférence en psychologie clinique à l’université LYON 2-CRPPC, en partenariat avec Lyon 1, co-responsable pédagogique du DU de criminologie clinique ; responsable pédagogique du DU d’expertises judiciaires)
Précisions sur les notions de passage à l'acte, passage par l'acte, recours à l'acte, pour ouvrir sur des repères processuels : les accordages primaires avec l'objet (articulation perception/ hallucination), les problématiques de la honte primaire et les enjeux narcissiques sous-jacents… discussion des enjeux des méthodes projectives
27 mai 2013 : « Autour de Marguerite DURAS et les enjeux de l’écriture et du crime » (Christophe MEURÉE, chercheur Université catholique de Louvain)
Organisation dans le cadre du CRI&P - UCLouvain
Responsable : Pr Antoine Masson, en collaboration avec Jean-Philippe de LIMBOURG et Dr Johan KALONJI, doctorants.
Le séminaire vise à élaborer la place de la psychiatrie et la pensée psychopathologique dans leurs connexions avec le système pénal (les différents endroits où la psychiatrie est convoquée: expertises à différents moments de la procédure pénale, traitement sous contrainte, défense sociale, milieu carcéral…)
Les enjeux organisationnels et institutionnels ne seront cependant traités que dans la stricte nécessité de les convoquer pour penser les singularités de la mise en jeu de la pratique psychiatrique et de la pensée psychopathologique du passage à l’acte, de la folie, de la responsabilité, de la dangerosité, etc…
Au sein de l’alternative entre discours objectivant et simple opinion, il s’agirait de déployer un discours rigoureux sur l’implication subjective et ses accidents pathologiques.
27 sept. 2010 : présentation du séminaire et d’une hypothèse sur le crime comme catastrophe topologique de l’appareil psychique (par A. Masson)
25 oct. 2010 : la question de la restriction psychique (« includence » selon Tellenbach) et du passage à l’acte comme dégagement (par J-P de Limbourg)
22 nov. 2010 : autour des enjeux d’une expertise psychiatrique dans un procès pénal pour infanticide (par Pr. Philippe Meire)
24 janv. 2011 : revue de la littérature sur la pensée de la responsabilité, en outre suite à l’introduction de l’hypothèse de l’inconscient (par A. Masson)
28 févr. 2011 : proposer une approche psychiatrique après la critique de Michel Foucault (par P-H Castel, CNRS, Paris Descartes)
28 mars 2011 : la question du crime pervers à partir de Sade, Kant et Lacan (par P-H Castel, CNRS, Paris Descartes)
23 mai 2011 : la prise en charge au sein d’une Unité de Patients souffrants de Troubles du Comportement Agressif (PTCA) (par J.-Ph. de Limbourg et le Dr Fr. Georges)
26 septembre 2011 : Réflexions sur pratique d’expert psychiatre auprès des tribunaux (par Jean-Paul Beine, psychanalyste et psychiatre expert))
24 octobre 2011 : Réflexions sur l’usage de l’échelle PCL-R et la notion de “responsabilité sociale” (Benjamin Thiry)
28 novembre 2011 : Réflexions tirées de sa pratique comme psychiatre en charge des soins à l’annexe psychiatrique de la prison (par Johan Kalonji)
30 janvier 2012 : Enjeux de l’expertise psychiatre dans le cadre des mises en observation selon la loi de 1990 de protection du malade mental (Gerald Deschietere, Psychiatre, Unité de crise des Cliniques Universitaires Saint-Luc, Woluwe-Saint-Lambert)
27 février 2012 : Problématique de la comorbidité entre personnalité antisociale et psychose (perspective empirique et bio-psycho-sociale) (par A. Dailliet, SPS)
23 avril 2012 : Le double seuil du passage à l’acte (par J-Ph de Limbourg)