Le projet COEXIST, financé par l'Office français de la biodiversité, est mené en partenariat avec cinq unités de recherche sous tutelles principales du Museum national d'Histoire naturelle, du CNRS, de l'INRAE et de l'Université Grenoble Alpes. Le projet collabore également avec des équipes du CIRAD et du LEEISA (Laboratoire Ecologie, Ecosystèmes, Interactions des Systèmes Amazoniens) en Guyane française.
Les équipes de recherche du projet sont issues de différentes disciplines : écologie de la conservation, sociologie, sciences politiques, géographie, anthropologie et ethnologie.
Ce projet à démarré début d'année 2025 et se terminera à la fin de l'année 2028. Une phase de diffusion et de vulgarisation des résultats auprès de différents publics est prévu au terme du projet.
Depuis la deuxième partie du XXème siècle, que ce soit via une recolonisation naturelle ou des programmes de réintroduction, on observe un retour de plusieurs espèces emblématiques de grands carnivores dans des territoires où ils étaient absents depuis une longue période ou réduits à de petites populations.
Les programmes de conservation mis en place ont permis à leurs populations d'augmenter et à leurs aires de répartition de s'étendre. Cependant, cette présence nouvelle n'est pas sans conséquences pour les activités humaines des territoires concernés.
Ces espèces emblématiques ont en commun d'être prédatrices ou déprédatrices et leur retour a donc eu un impact sur certaines activités humaines. Les prédations sur le bétail domestique ou les déprédations sur les pêches font subir des pertes économiques aux secteurs concernés. Au-delà de ces impacts économiques ces prédations et déprédations exercent une pression d'adaptation pour les acteurs concernés et bouleversent leurs pratiques.
La présence renouvelée de ces espèces emblématiques dans certains territoires a fait émerger des contextes conflictuels complexes autour de leur gestion, reformulant la question de ce qui était appelé simplement les "conflits humains/faune sauvage".
Au-delà d'une opposition réductrice entre la faune sauvage et certaines activités humaines, ces contextes conflictuels impliquent un triptyque riche et complexe constitués de divers acteurs aux pratiques et aux représentations différentes, une faune sauvage en recomposition et des territoires qui ont chacun leurs spécificités.
Le projet COEXIST vise à mettre en lumière les nouvelles dynamiques et trajectoires de coexistence qui se constituent au sein de ce triptyque en prenant en compte des paramètres novateurs (tels que l'historicité et le type de bestiaire en jeu) tout en adoptant une approche multi-espèce et multi-territoriale.
Au sein du projet, la coexistence n'est ainsi pas conçue comme un objectif final où tout conflit serait absent mais plutôt comme une dynamique en évolution entre différents seuils de conflictualités et des conflits de diverses natures.