Jeanne-Marie Guyon (1648-1717) est une mystique française. Elle naît à Montargis dans une famille noble. Son enfance n’est pas heureuse. Trimbalée pour son éducation de couvent en couvent dès l’âge de deux ans, de santé fragile, elle est négligée par ses parents. À seize ans, la voilà mariée au très riche Jacques Guyon du Chesnoy, un homme bourru et avare, qu’elle ne connaît que depuis deux jours et qui a vingt-deux ans de plus qu’elle.
À 18 ans, elle est déjà mère de deux enfants, et sa vie conjugale est difficile. Elle confie à un franciscain son désir et ses difficultés à prier. Il lui répond : « C’est, Madame, que vous cherchez au-dehors ce que vous avez au-dedans. Accoutumez-vous à chercher Dieu dans votre cœur, c’est là que vous l’y trouverez. » Pour elle, c’est un déclic.
À 22 ans, elle contracte la variole. Son visage est ravagé. Elle perd sans regret la beauté qui la rattachait encore aux apparences. À 28 ans la voilà veuve et riche. Elle a trois enfants vivants, deux autres sont morts en bas âge et refuse catégoriquement de se remarier. Elle donne toute sa fortune et se réfugie à Thonon auprès du père La Combe avec qui elle fonde un hôpital. Elle y écrit le Moyen court de faire oraison, qui connaît une grande diffusion dès sa publication.
Jeanne-Marie Guyon devient un maître spirituel célèbre. Elle noue de grandes amitiés avec Madame de Maintenon (épouse de Louis XIV) et François de Fénelon notamment, et se fait aussi de puissants ennemis. Voilà une femme seule, mère, laïque, hors de toute congrégation religieuse, qui écrit des livres de spiritualité, harangue les foules, dirige des hommes d’Église !
Poursuivie par la jalousie et la calomnie que provoque le succès du Moyen court et d’autres écrits, elle voyage de ville en ville. Elle reçoit quantité de gens qui viennent lui demander conseil. Elle prêche une spiritualité de l’abandon à la vie (Providence) et de l’esprit d’enfance, qui, pour ses ennemi·es, sent à plein nez le Quiétisme de l’Espagnol Miguel de Molinos. Ce courant mystique, qui se joue de l’inquiétude d’assurer son salut en accumulant les dévotions et les bonnes actions, est suspecté d’hérésie.
Paradoxalement, c’est en exaltant l’oubli de soi, la dévotion à l’enfance ou même l’ignorance que Jeanne-Marie Guyon se libère du joug des hommes et des institutions religieuses, et prend l’ascendant jusque sur des prêtres influents.
Pour l’Église, c’est insupportable. Bossuet prend la direction des attaques. Il fait examiner tous ses écrits, y cherchant une preuve d’hérésie. En vain. Jeanne-Marie Guyon, tachée par de sordides campagnes de calomnie, finit par être arrêtée sur ordre du Roi à la fin de l’année 1696. Elle passera une dizaine d’années au total en prison, à Vincennes, à Vaugirard puis à la Bastille. Autorisée à en sortir, elle finit sa vie en 1717 à l’âge de 69 ans, en résidence surveillée à Blois, en paix, et entourée d’ami·es. Sans regrets ni ressentiments pour les persécutions terribles qu’on lui a fait subir.
La condamnation de Jeanne-Marie Guyon et la disgrâce de Fénelon, son grand disciple, vont exiler pour longtemps la mystique de la vie des catholiques français, sommés de s’en tenir au catéchisme, à la morale et à la voix de la raison sous la houlette des prêtres. (D'après l'article de Christel Juquois : Jeanne Guyon, une mystique de la confiance, La Croix, 11.01.21.)
Matthieu Langeard - Âgé de 56 ans, marié à une femme puissante et père de trois enfants merveilleux, je suis très tôt accompagné et conseillé par des thérapeutes, coachs et mentors. Des femmes notamment, bienveillantes et confrontantes, m'aident énormément : Joëlle, Nelly, Marie, Agnès, Dominique et Ève. La lecture méditative de textes de Jeanne-Marie Guyon me nourrit chaque matin, depuis des années, quand Paris et ma famille dorment encore.
Je grandis dans une famille catholique pratiquante. Ma grand-mère maternelle a la foi du cœur et me la transmet : la foi du charbonnier des gens simples. Mon grand-père paternel est un lecteur de Charles Péguy, L'autre est un protestant s'étant converti au catholicisme par choix personnel à 20 ans.
Toute leur vie, mes parents sont responsables bénévoles d’un mouvement jésuite dédié aux cadres chrétiens et d’un autre de solidarité avec les pauvres. Adolescent, je suis scout de France, puis membre actif de l’aumônerie de l'université. Ensuite, quand j'ai 24 ans, mes recherches et formations en psychothérapie et sciences humaines prennent largement le dessus.
Plus tard, le Mouvement Sève de Marguerite Hoppenot, m'initient pendant une douzaine d'années au Christianisme intérieur. Un jour, la présidente m'appelle à fonder la branche Entreprise, dédiée au professionnels. Après quelques années, je quitte le mouvement. Il est temps de prendre mon envol !
En parallèle, quand mes enfants vont au collège Fénelon-Sainte Marie à Paris, j’anime pendant plusieurs années un cours de Formation humaine et religieuse (catéchisme). Mon blog, Chrétiens en herbe, sur le site du magazine La Vie, me permet de partager mes joies et mes peines dans une institution catholique que je trouve dysfonctionnelle.
Ce blog connait une certaine renommé pour ses positions progressistes, notamment pendant les manifestations contre le mariage pour tous, et pour ses intuitions prémonitoires... Lors de mes voeux de janvier 2013, j'espère l'élection d'un nouveau pape, que j'appelle François. En février, le pape Benoît XVI démissionne. En mars, le pape François est élu !
Ma famille, mes expériences ainsi que des enseignements hébraïques, ésotériques et philosophiques sont formateurs d’une relation personnelle à Dieu⸱e, ancrée dans la vie quotidienne, nourricière de mes responsabilités d'adulte et de mon développement personnel.
Nourriciers aussi de mes activités professionnels, créateur de l'école de coachs Entreprenance Institut, conseiller éditorial chez Albin Michel - De Boeck Supérieur pour la collection happiness@work en psychologie de la santé et de la réussite, et auteur du livre, L'entreprenance, 12 ateliers pour oser entreprendre sa vie, publié aux éditions L'Harmattan en 2024 au sein de la collection, Développement personnel.