Les études en musique en voie d'obsolescence
Les études en musique en voie d'obsolescence
L’enseignement de la musique, dans les écoles canadiennes, fait son apparition au milieu du XIXe siècle. L’importance de l’éducation musicale, sous ses diverses formes, prend une place mineure dans le système d’éducation. C’est seulement après la Deuxième Guerre mondiale que nous voyons de considérables avancées se réaliser. Tout le domaine des arts dans le parcours scolaire d’un étudiant se voit amélioré d’un seul coup, grâce à l’optimisme du Canada suite à la guerre (Green, Vogan, & Bray, 2006).
L’école de musique Vincent-d’Indy vient de sœur Marie-Stéphane depuis 1920. Cette dernière dirigeait les études musicales dans les écoles de la congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. En 1930, sœur Marie-Stéphane instaure l’École supérieure de musique d’Outremont, qui est une filiation des Facultés des arts de l’Université de Montréal. C’est jusqu’en 1978 que cette école offrait un programme universitaire d’enseignement musical. L’école actuelle prendra le nom de Vincent-d’Indy en référence au musicien et pédagogue français du même nom, et ce, pour fêter le centenaire de sa naissance (Wikipédia, 2022).
Gardez à l'esprit que les réponses suivantes ne sont que des observations. Aucunes données scientifiques n'ont été utilisées.
Quelle image avez-vous de la musique
dans le milieu professionnel ?
Pour commencer, il est important de connaître qu’elle est la vision des personnes qui côtoient le milieu musical. Selon eux, le monde professionnel de la musique a comme image d’être assez fermé, d’être compétitif et d’être réservé pour les meilleurs d’entre nous ou pour ceux qui travaillent de manière acharnée. Cette image n’est pourtant pas fausse. Nous avons été mis au courant que dans ce secteur, nous ne pouvons pas nous permettre de faire seulement une tâche pour gagner sa vie. Il faut être multitâche. Les personnes qui se dirigent dans la direction de la musique ne sont pas sûres d’avoir un emploi stable. C’est justement cette incertitude qui se reflète dans les inscriptions en musique pour un diplôme d’étude collégiale (DEC). « Il faut que tu te démarques pour qu’on te remarque » est une phrase, tirée d’une entrevue, qui représente bien cet état d’esprit. Certaines personnes ont aussi parlé des méthodes archaïques d’aboutissement du musicien. D’autres ont parlé du comportement élitiste de certains programmes universitaires et de certains genres musicaux marquent la vision que ces personnes ont de leur futur environnement de travail.
Comment expliqueriez-vous le nombre d’étudiants en baisse en musique ?
La dévalorisation du métier de musicien est la chose qui m’a été dite par toutes les personnes avec qui j’ai parlé : « Être musicien n’est pas considéré comme un métier, mais plus comme un passe-temps ». D’après une de ces personnes, notre société va prioriser les travailleurs essentiels plutôt que les arts. Nous avons vu ce phénomène se produire durant la pandémie. Plusieurs artistes n’ont plus eu de travail. « C’est l’image de l’artiste qui a de la difficulté de payer ses fins de mois qui fait peur aux parents », dit-elle. Une autre dit que c’est l’image du musicien qui performe constamment qui est projeté dans les réseaux sociaux. Cela fait changer la façon dont le public voit la musique :« On ne les voit pas en train de faire de la théorie musicale », raconte cette personne.
Il y a des bonnes et des mauvaises conséquences à cette baisse d’étudiants selon les réponses que j’ai obtenues. Commençons avec les bons effets ; l’art deviendra plus amateur et donc plus accessible pour le public. Nous perdrons ce monde élitiste de la musique. Puis, les mauvais effets seront la domination de la musique mainstream. Cette dernière va prendre le dessus sur les autres puisque c’est celle qui est la plus simple d’accès, elle est partout. Elle est également la plus facile à composer. Selon la personne, la répercussion notable de cette baisse serait l’arrêt d’innovation et d’amélioration dans le monde de la musique.
Avez-vous des inquiétudes au sujet de la relève dans le milieu de la musique ?
Le terrain d’entente est clair. Il va y avoir une relève, c’est sûr. Cependant, une petite crainte reste. Nous avons l’exemple concret des étudiants d’un jour qui viennent visiter et qui font tous des doubles DEC. Une crainte d’une continuation de la dévalorisation du métier se maintient, mais plus précisément une perte de la culture locale en musique.
Quelles sont vos aspirations musicales ?
Pour finir, les aspirations de chacun sont différentes, mais tous s’entendent pour dire que la musique n’est pas une chose qui vit seule dans son coin. Cette dernière est la pièce d’un casse-tête bien plus grand. La musique complémente un tout bien plus grand qu’elle-même. Par exemple, la composition à l’image est un secteur en lien avec les arts visuels et la musique ajoute à cet art une profondeur sentimentale unique à la musique. D’autres ont pour aspirations d’être interprète professionnel et professeur et d’autres sont ici pour le plaisir, Dans tous les cas, une chose est sûre, le milieu de la musique va recevoir de beaux talents.
Une partie des étudiants du DEC en musique
Aurélie Trang, profile création
Philippe-Olivier Gagnon, profile création
Charles Dufour, profile interprétation classique
Olivier Jobson, profile interprétation classique
Avec la participation de Simone Côté, (étudiante en double DEC, profile interprétation classique)
Rachel Cotton, professeure de formation auditive et de piano
La personne qui a le plus d’expérience et qui a vraiment pu voir les impacts de cette baisse est Rachel Cotton. Cette dernière est professeure de formation auditive et professeur de piano à l’école de musique Vincent-d’Indy et à l’Université de Montréal. Selon elle, le nombre d’étudiants en baisse en musique serait causé par le nombre descendant de personnes qui étudient en musique au primaire et au secondaire. Il faut également dire que la vision du musicien pour les jeunes n’est pas celui qui fait le plus d’argent. Cette baisse d’intérêt pour les études en musique n’est pas seulement présente à Vincent-d’Indy, mais partout. Cette baisse affecterait le nombre de professeurs en musique qui, à son tour, chuterait. Une fois de plus, l’aspect de la musique mainstream a été abordé, car c’est elle que tout le monde écoute. Justement, avec cette minorité d’auditeurs pour la musique classique, elle ne peut s’inscrire dans les traditions et valeurs du pays.
Conclusion
Avec toutes ces pistes de réponses, nous pouvons, maintenant, comprendre et peut-être même essayer de faire changer la tendance qui se dessine au fils du temps. Pour notre futur et le futur de la musique classique et de tous les autres genres musicaux, c'est un devoir que l'on doit s'imposer. Les générations à venir ont besoin de cette éducation musicale pour perpétuer le savoir. La musique aux enfants est un programme de musique pour les élèves du primaire de quartiers défavorisés créé par l'Orchestre Symphonique de Montréal (OSM). Ce programme est l'exemple parfait de celui qui donne à son prochain. La musique dans le milieu du secondaire est un outil qui nous permet de faire diminuer le nombre de décrochages scolaires. Il faut continuer comme ça, nous sommes sur la bonne voie pour faire changer les choses.
Bibliographie
Green, J. P., Vogan, N., & Bray, K. (2006, février 7). Musique à l'école. Récupéré sur L'Encyclopédie Canadienne: https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/musique-a-lecole
Wikipédia. (2022, avril 18). École de musique Vincent-d'Indy. Récupéré sur Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_musique_Vincent-d%27Indy#Histoire