Paul Lignières est avocat depuis 1993. Il débute sa carrière chez PwC en tant que chef du département de droit public dans le département juridique et fiscal avant de rejoindre la Banque Mondiale. il intègre Linklaters en 2010, il accèdera à différentes fonctions pendant 9 ans puis deviendra vice-recteur de l’Institut Catholique de Paris en 2019.
PORTRAIT D'UN JURISTE ANTI-CONFORMISTE
Âgé de 55 ans, Paul Lignières est considéré comme l’un des praticiens de droit public qui compte en France. Avocat depuis 1993, son parcours n’entre pourtant pas du tout dans les carcans traditionnels de la profession telle qu’elle est conçue en France, notamment au tournant des années 1990 et 2000.
À cet égard, Paul Lignières peut être considéré comme un précurseur. Un homme qui représente à lui seul ce que le droit devrait être, ce que le droit tend à devenir, mais ce qu’il n’est pas encore assez : un monde décloisonné, enrichi par les diverses matières et les diverses sphères qu’il s’efforce de régir pour en assurer la synergie. Un monde qui devrait en permanence osciller entre les secteurs publics et privés, à mi-chemin entre cadre national et mondialisation. Un monde qui, en définitive, est à la recherche d’un équilibre, juste et constant, entre le politique et le privé, entre la préservation de l’intérêt général et de l’autonomie de l’individu. En somme, un juriste anti-conformiste dans l’univers du droit qui n’est que conformité. Portrait d’un avocat passionné, qui n’a pas craint d’emprunter des chemins à contre-courant d’un monde pourtant très codifié.
LE DROIT COMME RECHERCHE DE LIBERTÉ
Paul Lignières débute son cursus universitaire à l'IEP de Toulouse en 1985. Non pas par une formation de juriste stricto-sensu, mais dans les humanités – les humanities comme disent les anglo-saxons –, c’est-à-dire un cursus interdisciplinaire à cheval entre l’histoire, les sciences politiques, l’économie et le droit.
Cette recherche de dépassement des carcans, Paul Lignières la cultive à travers la suite de son parcours. Il entame en 1990 une thèse doctorale à l’Université de Montpellier avec le sentiment, comme il aime à le dire lui-même, de devoir aller au bout du cursus universitaire pour devenir « le meilleur spécialiste mondial d[’un] sujet ». Son sujet de thèse – les garanties d'emprunts octroyées par les personnes publiques – est d’ailleurs encore une fois parfaitement représentatif d’une volonté de dépassement : à cheval entre l’économie et le droit, entre l’État et les entreprises, entre le droit public et le droit privé.
Paul Lignières, qui obtiendra son doctorat en 1993 avec les félicitations du jury et une thèse gratifiée d’une publication et d’une mention très bien, est en ce sens un peu en avance sur son temps. Un temps qui consacre aujourd’hui toujours davantage la notion d’interdisciplinarité, notamment dans le droit a dû s’imprégner de diverses matières à la faveur de la globalisation des relations économiques ou de la judiciarisation de l’ensemble des relations sociales.
C’est donc la même année que Paul Lignières prête serment au Barreau de Paris. Cette orientation vers la profession d’avocat en dépit d’un parcours plus généraliste et plus orienté vers la recherche, Paul Lignières la justifie avant tout par une recherche de liberté. La liberté de traiter tous les sujets, car le droit s’applique à tout, la liberté de comprendre le monde car le droit tend à donner des explications, la liberté de défendre des causes choisies, mais aussi, de manière plus pragmatique, la liberté économique de choisir ses clients et de fixer ses propres honoraires.
Paul Lignières possède donc avant toute chose un parcours atypique pour le jeune avocat français qu’il fut alors. Ce détail n’est pas sans importance : Paul Lignières cultive l’image très franco-française d’un Rastignac des temps moderne mû d’une fierté non-dissimulée de ne pas sortir d’une grande faculté parisienne, mais se revendiquant à l’inverse fièrement d’être un juriste de province rêvant de conquérir Paris. Et c’est ce goût de la liberté et de l’émancipation individuelle qu’il s’efforcera de cultiver tout au long d’un parcours professionnel fait de détours inattendus.
UN PARCOURS D’AVOCAT À LA CROISÉE DES CHEMINS
Paul Lignières débute sa carrière professionnelle d’avocat dans un cabinet américain pourtant spécialiste de l’audit financier Cooper Lybrand (aujourd’hui PwC) où il occupe le poste de Directeur du département de droit public. Conscient du fait que son profil de publiciste – traditionnellement très centré sur un cadre national – peut s’avérer bloquant, c’est sur cette ambiguïté que Paul Lignières jouera pour réaliser son rêve d’exercer à l’international, loin des codes et de l’uniformité des profils que l’on retrouve dans l’avocature.
En postulant à la Banque mondiale basée à Washington, le profil de Paul Lignières est ainsi perçu comme plus économique que juridique, lui qui exerce dans une structure qui ne compte aucun juriste aux États-Unis. Encore une fois à contre-courant, Maître Lignières exerce dont pendant deux ans comme économiste au sein de cette prestigieuse institution internationale qu’il avait découverte comme client de PwC au cours d’une mission de privatisation en Afrique.
Cette expérience marque considérablement Paul Lignières, qui témoigne d’un rythme de déplacement à l’international très intense et de la dureté d’exercer dans des zones sinistrées par les guerres, le manque d’infrastructures et la corruption comme le Cameroun, la Guinée-Bissau ou le Rwanda. C’est finalement sa passion du politique au sens le plus noble du terme qui lui sert de guide : aider au développement de projets dans des zones défavorisées.
À son retour des États-Unis pour Paris, à l’âge de 34 ans, Paul Lignières retrouve le métier d’avocat au sein du cabinet anglo-saxon de dimension internationale Linklaters, comme Directeur du département de droit public du cabinet. Il avoue avoir dû se battre de manière acharnée pour reprendre des marques professionnelles dans un contexte de forte restructuration des cabinets d’audit financier et d’avocats et après une expérience dans un contexte si différent ; mais également pour retrouver ses marques sur le plan personnel. Paul Lignières reste finalement seize ans au sein du cabinet Linklaters où il trouve petit à petit une continuité avec son expérience précédente. En mars 2010, il est promu Coordinateur pour l’Afrique francophone jusqu’en octobre 2019, où il reçoit la proposition d’intégrer le célèbre ICP (Institut Catholique de Paris) en tant que Vice-Recteur des Relations externes, puis, depuis octobre 2021, Vice-Recteur.
Une nouvelle fois, Paul Lignières justifie ce changement radical de poste par le désir de rester libre et de retrouver le monde universitaire qu’il avait tant aimé en doctorat. Une manière pour lui de perpétuer la stabilité dans le changement qui le caractérise si bien. Une manière de demeurer anti-conformiste.
PAUL LIGNIÈRES DANS LA PRESSE
Ce docteur en droit, féru de son domaine “civil”, est l’associé de l’un des plus importants cabinets britanniques implanté à Paris. Ce qui donne à son analyse de la profession une acuité particulière. Dans la mesure où son cabinet est l’un des acteurs majeurs de la vie des affaires. Il y collectionne talents et compétences pour s’adapter aux grandes évolutions de ce marché du droit des affaires.
"Dès lors qu'une entreprise revêt la forme d'une société anonyme, l'État n'en a pas la pleine maîtrise et il doit distinguer entre l'intérêt social de l'entreprise et l'intérêt général, a fortiori lorsqu'une partie du capital de ladite entreprise est détenue par des actionnaires indépendants. "
Article rédigé par Paul LIGNIERES-Vice-Recteur de l’Institut Catholique de Paris-avocat honoraire