Groupe militaire de haute montagne
Mois après mois, les restrictions liées au Covid maltraitent le planning des expéditions du Groupe. Que ce soit pour former les commandos ou s'entrainer, les pays ferment leurs frontières. Pas de Groenland, pas de Suède, pas d'Amérique du sud, ...
Alors, les membres du Groupe regardent plus prêt et, entre particulier, ce qu'il y a en face de leur bureau de Chamonix. Ce sera, entre autres réalisations, Blast, à l’Aiguille de Blaitière.
Et puis il y a cette ligne qu'ils imaginent encore vierge dans la face ouest des Drus. La terrasse de la gare du Montenvers permet un repérage minutieux. Ils y font un tas de photos qu'ils assemblent ensuite à l'ordinateur. En zoomant sur l'écran, ils tracent un itinéraire qui semble "jouable". C'est donc parti pour un premier portage de matériel au pied de la face en attendant la bonne fenêtre météo.
Leur collègue, Jean-Pierre Tauvron, qui à l'Ecole militaire de haute montagne leur réalise de nombreux films, est en vacances. Mais Léo BILLON sait que depuis longtemps il rêve de diffuser en direct l'ouverture d'une voie d'alpinisme. La face ouest des Drus s'y prête bien, la gare du Montenvers y est idéalement placée avec le confort et l'énergie nécessaire pour alimenter ordinateurs et caméras. En trois jours, tout s'organise. La compagnie du Mont-Blanc est d'accord pour monter en train le matériel et offre l'hébergement dans les bureaux de la gare. Eric COURCIER apporte son soutien technique et prête un télescope pour filmer les alpinistes qui seront à 2 km 600 de distance.
Reste à convaincre tout le monde que cette ascension soit diffusée en direct. Les grimpeurs sont OK et assurent qu'ils sauront assumer un éventuel échec ou, pire, un accident. La hiérarchie militaire hésite puis fait confiance. Elle connait ces grimpeurs et sait que leurs prises de décisions ne seront pas polluées par ce "regard extérieur".
Alors que les grimpeurs commencent à grimper le pied de la face, en dessous, on branche des fils et on se demande si tout va fonctionner. Impossible d'accéder au réseau Internet de la gare, il faut utiliser la 4g faiblarde au-dessus de la mer de Glace. Et puis il y a ces turbulences atmosphériques devant les objectifs des télescopes.
Mais finalement, tout fonctionne d'un coté, comme de l'autre...
Le film n'était pas vraiment prévu, mais maintenant c'est chose faite !