Le métier d'opticien-lunetier en France s'est vu étendre ses compétences concernant la réfraction visuelle, notamment par le Décret n° 2016-1381 du 12 octobre 2016 (modifié plus récemment par le Décret n° 2024-617 du 27 juin 2024), qui encadre précisément les conditions dans lesquelles il peut réaliser un examen de la vue (contrôle de la réfraction) pour adapter une prescription.
Voici les principaux points concernant la réglementation et les conditions pour qu'un opticien réalise un examen de vue :
L'examen de la vue réalisé par l'opticien est un examen de la réfraction visant à mesurer le défaut visuel (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie) et à déterminer la correction nécessaire.
Important : Ce n'est pas un examen médical complet. Seul l'ophtalmologiste est habilité à réaliser un diagnostic, à dépister des maladies oculaires (glaucome, DMLA, cataracte, etc.) et à rédiger la première prescription médicale.
L'opticien est habilité à :
Adapter la correction optique d'une ordonnance existante.
Renouveler l'équipement (lunettes ou lentilles) sur la base de cette ordonnance adaptée.
Pour que l'opticien puisse procéder à cet examen de la réfraction et, si nécessaire, adapter la correction, plusieurs conditions doivent être réunies :
A. Avoir une Ordonnance Valide
Le patient doit être en possession d'une ordonnance de verres correcteurs ou de lentilles de contact en cours de validité, établie par un ophtalmologiste (ou un orthoptiste dans certains cas et sous conditions).
Durées de validité de l'ordonnance pour les lunettes (en l'absence de mention contraire) :
Moins de 16 ans : 1 an.
Entre 16 et 42 ans : 5 ans.
Plus de 42 ans : 3 ans.
Durées de validité de l'ordonnance pour les lentilles de contact (en l'absence de mention contraire) :
Moins de 16 ans : 1 an.
Plus de 16 ans : 3 ans.
B. La Condition d'Âge
L'opticien est autorisé à adapter la correction uniquement pour les personnes :
Âgées de 16 ans et plus.
Interdiction formelle de pratiquer l'examen pour les personnes de moins de 16 ans, qui doivent obligatoirement consulter un ophtalmologiste pour un renouvellement.
C. L'Absence de Contre-Indication
L'ordonnance ne doit pas comporter de mention expresse d'opposition de l'ophtalmologiste à l'adaptation de la correction par l'opticien.
L'opticien doit s'assurer que le patient ne présente aucun signe de pathologie oculaire ou de complications. En cas de doute (suspicion de maladie, vision floue malgré la correction, antécédents médicaux spécifiques, etc.), il a l'obligation de réorienter le patient vers un ophtalmologiste.
Examen de la Réfraction : L'opticien utilise des instruments spécifiques pour déterminer si la correction a évolué.
Information du Prescripteur : En cas de modification de la correction, l'opticien doit informer l'ophtalmologiste (ou l'orthoptiste) prescripteur de cette adaptation par un moyen sécurisé, garantissant la confidentialité des informations.
Urgence : L'opticien peut délivrer une nouvelle paire de lunettes sans ordonnance valide en cas d'urgence (perte ou bris de l'équipement), mais la prise en charge par l'Assurance Maladie et les complémentaires peut être soumise à des conditions spécifiques.
Première délivrance : Depuis le décret de juin 2024, l'opticien peut désormais, sous conditions très strictes (y compris l'obtention d'un accord favorable, explicite ou tacite, du prescripteur), adapter la prescription même lors de la première délivrance de verres correcteurs ou de lentilles de contact.
En résumé, l'opticien est un maillon essentiel dans la chaîne de soins visuels, autorisé à ajuster et renouveler les corrections visuelles pour les adultes, mais toujours sous le couvert d'une prescription initiale valide et en l'absence de contre-indication médicale.