O.A.K.
Oscillation Alkemy Kreativity
INTERVIEWS
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Une interview de Jerry Cutillo O.A.K. par Cousin Hub - KOID9 novembre 2020
Bonjour mon ami. Nine Witches Under a Walnut Tree est beaucoup plus sombre et folk que son prédécesseur Giordano Bruno…
Effectivement. On m’appelle Mr Gloom mais en réalité je suis un joyeux luron avec toujours la banane. Sans doute parce que je mets mes cauchemars dans mes disques. C’est le moyen de vider mon côté sombre. La couleur de cet album est tragique car je raconte l’histoire de 9 merveilleuses créatures, victimes de la fameuse chasse aux sorcières. Pour autant, j’ai essayé de me concentrer sur leur adorable rencontre sous un noyer. Peur et extase vont et viennent aux sons des mandolines, du mellotron et des soupirs de la flûte.
Quelle en est l’histoire ?
Il y a plus de 400 ans, 50.000 femmes ont été torturées et exécutées sur de fausses accusations. Elles n’étaient peut-être pas toutes innocentes, mais les inquisiteurs étaient plus malsains qu’elles. Le Moyen-Âge était une période sombre et violente, construite sur l’ignorance et l’arrogance. La plupart des victimes étaient des guérisseuses qui connaissaient la propriété des plantes, des sages-femmes, des vieilles femmes ou des dames charmantes que ne pouvait pas tolérer l’église. Elles ont été soit brûlées vives, soit condamnées au pilori.
L’album présente les racines multiethniques de mon pays d’origine. L’arbre dont je parle est situé à Bénévento et il a été le totem successif de peuples tels que les samnites, les romains, les celtes, les lombards et les byzantins. Il était réputé maudit car il repoussait toujours, même lorsque ses racines furent arrachées par le clergé. Ce noyer magique représente la rencontre des connaissances et des traditions de toute l’Europe.
Tu es connu pour être le Ian Anderson italien, mais tes influences semblent être plus larges que cela…
Après des années de travail en studio, j’ai développé mon propre style. Je n’ai pas de barrières musicales. Si quelqu’un s’exprime avec une âme authentique, je m’en imprègne. Tu aurais dû voir la tête de David Jackson lorsque je lui ai passé l’orchestre de Mongolie et mes expérimentations de musique sibérienne (rires).
Cela dit, si tu veux des références, je te dirais Earth and Fire, sorte de rencontre de Jethro Tull et de VDGG avec une pointe de King Crimson.
J’ai trouvé quelques allusions à Led Zep ("The Battle of Evermore"), Angelo Branduardi et Black Widow également…
Pourquoi pas. La musique est un mystère et chaque note évoque un rêve, un endroit, un souvenir ou une prémonition. Je ne suis pas un grand fan de Led Zeppelin mais j’aime l’atmosphère de "The Battle of Evermore", ainsi que "Confessioni di un malandrino" de Branduardi. Notre amour de la musique transpire et change continuellement dans un magma de nouvelles combinaisons et solutions. N’est-ce pas magique ?
Dans O.A.K, tu fais quasiment tout. N’est-ce pas trop lourd à porter ?
L’ère des groupes est terminée et chacun se retrouve désormais dans une prison dorée. Les enregistrements ont désormais lieu à la maison, les fichiers musicaux sont échangés par mail. Cela rend possible certaines interactions entre des musiciens de différents coins du monde. Bien sûr, je préférerais rester 3 mois à « Headley Grande », cottage hanté du Hampshire avec des rats qui courent de partout, avec les 4 meilleurs musiciens du moment. Mais cette époque est révolue : les studios où Led Zeppelin et Genesis répétaient dans les années 70 sont hors de prix. Et qui paierait pour ça aujourd’hui ? Sans oublier la prétention de certains musiciens. Ils pensent savoir tout jouer sans effort, ni implication émotionnelle. Dois-je également évoquer les ingénieurs du son, producteurs et journalistes auto-proclamés ? Mieux vaut pas ! Par conséquent, face à ça, j’ai le privilège de porter mes projets tout seul, avec l’aide de quelques collaborateurs d’expérience.
Mais cette-fois ci il y a moins d’invités que la dernière fois…
Il y aurait dû en avoir plus, mais ce qui m’intéresse avant tout, c’est le résultat. J’ai écarté pas mal de contributions qui ne me convenaient pas, et tant pis si elles venaient de musiciens connus. Je ne te donnerai aucun nom. Mon principe, c’est que tout le monde est le bienvenu à condition qu’il apporte quelque chose. Personne n’a la recette miracle et la liste de stars n’a jamais été la garantie du succès. O.A.K est un organisme vivant qui évolue selon des projets du moment.
Il y a tout de même le bassiste Jonathan Noyce (ex Jethro Tull) et le saxophoniste David Jackson (ex VDGG)…
J’ai rencontré Jonathan à une convention Jethro Tull en Espagne en 2009 et on s’est bien entendu. Il avait joué sur mon album Shaman Feet en février 2010. 9 ans plus tard, je l’ai rappelé et il était heureux de contribuer à Nine Witches Under a Walnut Tree. Inutile de lui expliquer quoi que ce soit. Il sait quoi jouer et surtout quand il ne doit pas jouer. C’est rare de recevoir 9 titres par mail dont tu ne trouves rien à redire avec une contribution substantielle qui rend évidents le groove et les arrangements.
« Nous sommes de la dynamite » m’a écrit Mr Jackson dans son dernier mail. On s’entend bien. J’admire sa recherche de nouvelles sonorités et il apprécie mes compositions. Travailler ensemble a toujours été spontané et stimulant ; on a enregistré ensemble en 2010, puis il est venu à Rome pour jouer avec O.A.K. En 2017, nous nous sommes rendus en Suisse avec le producteur Marco Vialo pour les sessions de Giordano Bruno, puis il est revenu à Rome pour le lancement de l’album et maintenant il apparaît une nouvelle fois sur Nine Witches. Ces deux amitiés se sont renforcées au fil des ans et ont nourri mon bagage artistique.
Quelles sont les chanteuses qui apparaissent sur l’album ?
Tetyana Shyshkaya est une soprano, spécialiste en chant grégorien. Elle chante avec moi sur “Gioconna”, l’héritière d’une sorcière de Bénévento.
Cristiana De Bonis est une auteure compositrice interprète, passionnée par la déesse Isis.
Marta Perozzi est une chanteuse pop qui assure les chœurs sur “Chlodswinda”.
Gerlinde Roth est une auteure qui s’est jointe aux enregistrements pour une lecture d’un texte sur Rebecca Lemp.
Tu es quelqu’un de très actif. Comment vis-tu cette pandémie ?
Tu dois parler des concerts. Je dois t’avouer que j’ai toujours souffert de problèmes techniques sur scène. On a besoin de professionnels qualifiés et c’est rarement le cas. Je ne me plains pas, mais ces problèmes n’énervent et ça se voit. Heureusement, j’ai la chance d’avoir une activité en studio qui compense cette frustration et me libère. Le confinement a été horrible pour beaucoup, mais pour moi, il m’a permis d’améliorer mes enregistrements dans le moindre détail.
Pour en revenir à la pandémie, je dois ajouter que je ne suis ni teufeur, ni jet-seteur, bien que par le passé j’étais souvent sur la route. Mais aujourd’hui j’essaie de matérialiser mes observations, rêves, tragédies, cauchemars, mémoires et prophéties que j’ai accumulés durant toutes ces années.
Comment as-tu appris tous les instruments dont tu joues ?
J’ai eu une formation classique par laquelle j’ai étudié le contrepoint, puis j’ai tout appris par moi-même. J’ai également écouté beaucoup de musique (et c’est toujours le cas) et je t’avais raconté la fois dernière les concerts de prog auxquels j’avais assistés lorsque j’avais 13 ou 14 ans. Je leur dois beaucoup de mon apprentissage.
Tu publies tes albums en vinyle. N’est-ce pas trop cher à fabriquer ?
Si ça l’est, mais mes albums sont faits pour être écoutés et regardés. Quand tu as un beau produit entre les mains, ça aide au voyage. Je ne suis pas un fanatique du vinyle et en terme de son, la différence avec le CD est imperceptible. De plus, je pense que c’est problématique de fabriquer des vinyles aujourd’hui. Les machines ont plus de 50 ans et ont besoin d’une bonne révision. Mais mes albums appartiennent à la catégorie du Classic Prog et… le Prog rime avec le vinyle !!
Nous devions lancer Nine Witches Under a Walnut Tree le 2 mars à l'Auditorium Hall de Rome. Nous étions supposés ouvrir la 3ème édition de la Prog avec Caravan, Le Orme mais l’événement a été annulé.
Comme pour Giordano Bruno, nous étions censés sortir l’album sur le label Aereostella, mais la parution a été repoussée aux calendes grecques. Dès que l’album a été terminé, j’ai attendu jusqu’au 9 septembre, puis sans nouvelles, je me suis tourné vers le label Goodfellas. Et tout s'est bien passé.
L’album est-il également sorti en CD ?
Oui, quelques copies CD ont été réalisées pour le continent Américain, le Japon…
Comment gagnes-tu ta vie maintenant qu’il n’y a plus de concerts ?
En Italie, tu ne vis pas des concerts. Les musiciens italiens de prog, qu’ils soient grands ou petits, qui te disent ça sont des menteurs !
Quand je faisais de la pop, je gagnais très bien ma vie. Depuis que je suis passé au prog, 90 % des concerts sont des désastres. Le Prog ne fait pas bon ménage avec le business. Je suis obligé de travailler à côté pour faire vivre ma famille, produire mes albums et payer mes musiciens.
Là je réponds aux interviews des médias et les concerts ne me manquent absolument pas. Au risque de me répéter, les concerts sont souvent stressants, mal organisés et en Italie, tu te retrouves souvent à jouer devant les mêmes personnes au milieu des hamburgers et des frites. Et quand tu es payé, c’est plusieurs mois après. À oublier !
Pourtant, vu de France, la scène progressive italienne semble en pleine forme…
C’est une question de génération. J’ai plus de contacts en dehors de l’Italie qu’avec les musiciens prog italiens. J’appartiens à la génération X : trop jeune pour la vieille école progressive, mais trop vieux pour la nouvelle scène.
Les personnes de mon âge sont comme des licornes. Il y reste peu d'artistes qui ont survécu aux années dingues, au LSD et au sida.
Tes projets ?
J’écris un audio book qui, j’espère, sera utile aux jeunes qui entrent aujourd’hui dans le monde artistique. Pour leur éviter de tomber dans les pièges et pour qu’ils atteignent leur objectif.
Un dernier mot ?
La planète n’a pas besoin de gens qui réussissent. La planète a désespérément besoin de plus de faiseur de paix, de guérisseurs, de conteurs d’histoire et de passionnés de toutes sortes (Dalaï Lama).
Un grand bonjour à l’équipe éditoriale et à tous les lecteurs de Koid9.
O.A.K
Nine Witches Under A Walnut Tree Review
(Goodfellas)
Lorsque Jerry Cutillo (chanteur multi-instrumentiste et leader d'Oscillazioni Alchemico Kreative) m'a demandé mon adresse et mon téléphone, je ne pensais pas qu'il me ferait livrer un beau vinyle par DHL ! Il aurait pu se contenter d'un simple CD promo, sauf que Nine Witches Under A Walnut Tree n'est pour l'instant paru qu'en vinyle ! J'avais personnellement adoré son précédent album (Giordano Bruno, chronique dans le n° 105, interview dans le n° 106).
Qu'en est-il de cette nouvelle livrée ? Encore une fois, il s'agit d'un bel album de prog italien. L'histoire de Giordano Bruno se passait à la Renaissance, alors que celle des Nine Witches se déroule en plein Moyen-Âge. Deux époques différentes, mais un leitmotiv commun condamnant les excès de l'inquisition. Cutillo semble avoir trouvé son thème de prédilection que lui offre l'histoire de son pays. Musicalement, Nine Witches sonne différemment de Giordano Bruno. Ce dernier était plus symphonique et grandiose tandis que le petit nouveau s'aventure sur des terrains plus folk, plus mystérieux et climatiques. Il s'avère finalement plus sombre et inquiétant, ce qui n'est pas étonnant puisque Jerry Cutillo parle de sorcières ! Imaginez un savant mélange de Jethro Tull (période Songs From The Wood), Fairport Convention, Led Zeppelin (celui de III ou de "The Battle of Evermore"), Black Widow, Angelo Branduardi, voire même King Crimson (pour la guitare distordue et le Mellotron)… et vous obtenez le climat général de Nine Witches Under A Walnut Tree ! Vous aimez mandolines, flûtes aériennes, mellotrons et synthés énigmatiques, guitares électriques ténébreuses ? Vous serez ici gâtés, surtout si vous êtes des adeptes de la langue italienne, ici utilisée avec une diction accentuée.
Cet album renvoie aussi au Six Wives of Henry VIII de Rick Wakeman puisque chacune des neuf pièces de l'album évoque une sorcière illustre qui s'est rendue sous le noyer magique de Bénévento : Chlodswinda, Gioconna, Dame Harvillers, Janet Boyman, Franchetta Birelli, Polisenna, Donna Pridentia, Nadira et Rebecca Kemp qui donnent leur nom aux différentes chansons de l'album.
La pochette intérieure offre une courte biographie pour chacune d'elle, en italien et en anglais. En artiste accompli, Jerry flatte aussi bien nos oreilles que notre intellect ! S'il joue de la quasi-totalité des instruments, quelques invités de marque se distinguent. Notamment l'excellent Jonathan Noyce de Jethro Tull à la basse sur 8 des morceaux, et David Jackson de VDGG au sax sur "Donna Prudentia". Quelques vocalises féminines envoûtantes (que dis-je ensorcelantes !) se font également entendre. Par son côté âpre et parfois angoissant, cet album ne plaira pas forcément à la première écoute. Il vous faut plonger dans son atmosphère, vinyle en main, tourner les faces du disque, une fois, puis deux, puis trois… pour pleinement apprécier sa richesse. Bravo Jerry !
Intervista di Guido Bellachioma a Jerry Cutillo O.A.K. - PROG ITALIA Dic 2020
GB: Jerry sei un’anima sempre in viaggio… errante per il mondo delle sette note e nella vita… anche questo album, ricco di riflessioni musicali contaminate (folk, prog, jazzrock, psichedelia, arie classiche-sinfoniche, pop), riflette questa idea di analisi continua delle esperienze fatte e da fare… ti fermerai mai?
JC:Temo di no Guido, continuo ad essere affamato ma nel mio sacco non trovo altro che musica e visioni.
GB: Nel segno del doppio NO (NOve, il numero delle streghe presenti, e NOce, l’albero)… come è uscito fuori il concept di questo nuovo album? Quanto sei legato alla tua terra, visto che il noce è situato vicino Benevento?
JC: Gli anni cominciano a contare e come nel viaggio del poeta, si torna spesso al punto di partenza. La musica è magia e ci rende liberi. Ci regala la sensazione di vagabondare per il mondo anche senza muovere un passo. Quarantasette anni fa circa, ero seduto nella quarta fila della platea del Palaeur, ipnotizzato dalle note e dai costumi dei Genesis per poi trovarmi, qualche anno dopo, a passeggiare lungo King’s road in compagnia della mia ragazza punk. Girato l’angolo eccomi in lizza per Sanremo ’83 scalzato all’ultimo minuto da un compagno di scuderia Polygram che canta “Lei balla sola”: Una vera e propria “sola” ! Ma il successo comunque non tarda ad arrivare, un solo battito di ciglia e… gli agenti dell’RCA mi infilano su un volo Alitalia (business class) destinazione “Top of the Pops” studi televisivi olandesi di Hilversum. Come una meteora mi ritrovo poi nel ’94 sul palco del teatro Palladium e poi al Foro Italico a Roma a roteare il flauto e suonare “Boureè in equilibrio su una gamba sola. Al festival di Cropredy, in Inghilterra, suono invece insieme a Maartin Allcock e un attimo dopo riesco a coinvolgerlo nei miei deliri asiatici. Partiamo per Shangai dove ci attende la cantante siberiana Sainkho Namtchylak e il Wood and Wire festival. Strana la vita, alzi il boccale di birra per un brindisi fine concerto e quando lo riponi sul tavolo sei già in Svizzera a registrare “Viandanze” con il produttore Marco Viale. Tra Zenith e Nadir poi visualizzi finalmente un punto focale ma il tuo spirito guida incappucciato ti persuade ad attendere ancora e a dedicargli un intero album doppio: “Giordano Bruno”. Infine, arrivi stanco ma felice all’ingresso del cortile dove il raglio dell’asino salutò la tua prima alba sessant’anni fa… ed ecco altre voci chiamarti, e sempre più insistentemente. Sono le donne del luogo giustiziate nei secoli per crimini mai commessi. Testimonianze da brivido e storie di malocchio tornano a muovere visioni ed ombre. E allora ti inerpichi per raggiungere la cima del costone di roccia dello stretto di Barba con nel pensiero gli antichi scontri tra sanniti e romani, i cruenti rituali longobardi sotto l’albero di noce a Benevento e finisci col pagare con una ferita a forma di artiglio la profanazione della rupe delle Janare. Ma è soltanto un avvertimento, un consiglio bonario ad agire con onestà artistica. Sarò io a ricomporre quelle membra straziate dalle torture ? A dare voce ai lamenti e alle formule bisbigliate alla luce lunare ? Nove streghe sono già in cammino e le loro vicende umane, avviluppate nelle circostanze di un momento, daranno vita ad un sabba di miracoli e condivisioni sotto i rami del magico noce. “Nine witches under a walnut tree” nasce cosí per chiudere la trilogia prog esoterica delle mie Oscillazioni Alchemico Kreative.
GB: Che senso ha nel 2020, epoca della comunicazione “iperfast”, voler raccontare storie in una forma comunque complessa? La gente è ancora capace di ascoltare con un minimo di concentrazione?
JC: Non saprei. I miei lavori più recenti sono cosí avulsi dall’attuale contesto storico. Comincio sempre più a rassomigliare ad un viaggiatore del tempo che cattura storie del passato, del presente e del futuro e le racconta svelandone le similitudini, i parallelismi. Di questo magma poi ognuno potrà regolarne i termini d’uso a proprio piacimento.
GB: In che modo ti approcci alla composizione? Prima i testi o le musiche? Quanto i primi influenzano le seconde e viceversa?
JC: Tutto parte da una visione e quindi sarebbe più appropriato usare un linguaggio cinematografico per realizzarne i significati ma…produrre film è roba da ricchi! Con questo però non voglio dire che gli album degli O.A.K. siano colonne sonore, intendo soltanto sottolineare la genesi visuo-percettiva che ne genera i contenuti. Ogni ascoltatore può fantasticare poi, creando le proprie scenografie brano dopo brano o, per meglio dire riferendoci a quest’ultimo lavoro, strega dopo strega. Qualcuno ha scritto che i miei sono dischi da leggere, io preferisco definirli libri da suonare. E la fantasia è un muscolo, bisogna esercitarla per ottenerne benefici e veder poi migliorare la qualità della propria vita.
GB: Nel precedente GIORDANO BRUNO hai incluso Sandali Rossi, un brano che avevi scritto molti anni fa, sia pure in una diversa versione. Ciò significa che scrivi in profondità e che le “cose” possono rappresentarti in diversi momenti temporali della tua vita musicale? Anche per questo album hai recuperato qualcosa dal tuo passato?
JC: L’esperienza insegna che bisogna scegliere poche cose, essere certi del loro valore e custodirlo nel tempo. Ogni compositore degno di questo nome, ha bisogno di scoprire il suo punto focale, il suo colore, i suoi accordi, la sua droga (nel mio caso un pò di vino di Solopaca), con l’aiuto dei quali trasmutare la bellezza o l’angoscia che lo circonda in suono. Ho scritto centinaia di canzoni sempre con un unico obiettivo, quello di realizzarle nel modo migliore e farle esistere per qualcuno o anche soltanto per me. Ho cercato cosí di rendere onore al fantasma che porto dentro, custode della mia energia, che attraversa gli angoli più remoti del mio io da più di quaranta anni. Potrei portare a mente dozzine di titoli tra le mie self penned songs preferite e scatenare una sorta di auto indulgente gelosia tra composizioni e sicuramente vi troveremmo “Sandali rossi” la “Starway to Heaven” degli O.A.K. almeno fino a quando l’ex chitarrista degli O.A.K. Iacopo Ruggeri e David Jackson le hanno preferito “Circe” per poi, anche quest’ultima, essere surclassata dalle preferenze dei fans e di Jonathan Noyce a favore dell’ultima “Gioconna” e cosi via in un turbine inarrestabile che rappresenta il sale della vita del musicista creativo e non ripetitivo. Nel mio rifugio trovo sempre spunti e idee di una certa rilevanza che potrebbero bastare a riempire un’intera discografia. Sono le esplosioni di materia creativa riposte nel cassetto per mancanza di guide e aiuti. Il risultato di anni dove l’importante era rimanere vivi e continuare a sognare. Capita comunque spesso che un brano, anche se realizzato in passato, veda nuova luce e possa interagire con il concept di un progetto in via di lavorazione. C’è totale armonia tra quanto archiviato da me negli anni e il mio stile competitivo attuale. E grazie al web e alle migliaia di appassionati sparsi in tutto il mondo, queste sinfonie tristi e malinconiche stanno ottenendo riconoscimento e lodi.
GB: Differenze e similitudini degli album che compongono la tua trilogia con tematiche prog-esoteriche: Viandanze, 2016, Giordano Bruno, 2018, Nine Witches Under A Walnut Tree, 2020…
JC: Non è stata un’operazione premeditata ma il risultato di tre sforzi consecutivi, al termine dei quali ho alzato il capo ed esclamato: Ma questa è una trilogia!... E per di più esoterica! Nonostante siano stati tutti album molto sofferti, anche se per motivi diversi, devo confessarvi che il più travagliato è stato sicuramente “Viandanze”. Ricordo infatti di averne effettuato i missaggi con un orecchio solo. Mi trovavo ad alta quota sulle Alpi svizzere a lavorare con il produttore Marco Viale ed ero in preda a un otite acuta tramutatasi disgraziatamente in mastoidite. Dolori lancinanti mi impedivano di aprire persino la bocca e l’altitudine aumentava il rischio di subire danni irreparabili al timpano che continuava a pulsare impazzito. Non che sia in cerca di alibi però; fortunatamente l’album, uscito in versione compact disc e download, solleticò l’interesse degli addetti ai lavori prog, complici anche un paio di videoclips di forte impatto esoterico... ed anche profetico. Pensate che le riprese di “Giubileo” vennero girate in piazza San Pietro e in Piazza Farnese, sede dell’ambasciata francese, due giorni prima dell’assalto terroristico al Bataclan di Parigi.
In “Viandanze” faccio già riferimento al Noce di Benevento e al filosofo nolano Giordano Bruno. Alle tastiere c’è Francesco De Renzi, al basso Louis Ortega, alla chit el Al Bruno, alla batteria Charles Yossarian e Mauro Gregori mentre tra gli ospiti appaiono già David Jackson, Jonathan Noyce, Jenny Sorrenti ed anche Iacopo Ruggeri e Michele Vurchio. I brani rappresentano sei storie distinte sempre in bilico tra prog, folk e psichedelia ma il messaggio criptico è quello del viaggio sciamanico e transumante rivolto alla trasformazione di sè.
Due anni dopo “Viandanze” eccomi ancora alle redini di un nuovo progetto ancora più ambizioso e il merito è del patrono della Black widow che essendo penetrato nelle mie tematiche Bruniane disse: “Io ci farei un album intero su Giordano Bruno” e io replicai: “Si, ma doppio”! E la sfida, aimè, fu raccolta. Quante volte, durante l’estenuante lavorazione di quel doppio vinile, ripensai a quella mia impavida esternazione. Mi confortava soltanto il fatto che se avessi detto “triplo” sarebbe stato peggio. (Ride). “Giordano Bruno” è stato un viaggio nella mia storia, riflessa nelle vicende di uno dei maggiori esponenti del Medio Evo. Un simbolo dell’Italianità più anarchica, indomabile e geniale. Nell’album l’aspetto cinematografico è al suo limite estremo e la musica palpita intensa e avvolgente. Un viaggio dove non sono ammesse distrazioni e come nel teatro magico di Herman Hesse, una volta entrati bisogna ripercorrere tutta la propria esistenza per uscirne poi vivi o morti!
Il line up in questo doppio Lp prevede David Jackson, Richard Sinclair, Sonja Kristina, Maartin Allcock, Jenny Sorrenti e tanti altri. Decisi, per gli arrangiamenti, di rinunciare al suono elettrico della chitarra rock a favore dell’e-bow, dell’acustica e del mandolino. Gli arrangiamenti sono in parte sinfonici e a tratti folk con una vena strisciante di costante psichedelia che rende il sound ancor più surreale. Alluson Hubert della rivista francese Koid9 lo definí il miglior album prog del 2018 e, senza falsa modestia, forse c’è da credergli perchè a tutt’oggi queste canzoni sembrano conservare la loro forza immaginifica e il loro fascino narrativo come di un opera che doveva comunque essere compiuta e aspettava l’artista giusto da cui ricevere l’alito di vita. Questo fa di un semplice disco un cult di riferimento anche per le future generazioni.
Sembra il traguardo di una vita ma non per gli O.A.K. Fin quando i crimini passati inosservati a causa dei poteri forti della Chiesa rimarranno impuniti ci saranno voci che ne grideranno le accuse. Si stima che nell’arco di quattro secoli circa 50.000 donne siano state giustiziate per futili motivi e la cosa che preoccupa di più è che sebbene le cause di tale massacro sembrino ormai appartenere ad Ere lontane, in realtà stazionano nell’oblio dell’odierna indifferenza, pronte a riemergere in forma di nuove violenze fisiche e psicologiche ai danni delle donne.
Il concetto generale che permea il nuovo “Nine witches inter a walnut tree” è quello del “sapere” contrapposto a quello del “potere”. Erbarie, levatrici, astronome e guerriere, scatenarono l’invidia e la frustrazione di tutti gli ambienti del clero. E nei secoli bui del Medio Evo questo scontro generò una violenta misoginia, un forte pregiudizio e una discriminazione che fu causa di morte per un gran numero di vittime innocenti. I ritmi di quest’album sono dispari, complessi e spigolosi, le atmosfere cupe e sinfoniche e le arie medievali vibranti d’arpeggi di mandolini, tappeti di mellotron e risonanze di synth analogici.
GB: Possiamo affrontare insieme per capire meglio le streghe delle tue storie? Musicalmente e umanamente… magari parlando anche dei musicisti inclusi… perché usare tre lingue per il canto?
JC: "Chlodswinda"
La opening track ha radici nordiche e risuona degli antichi culti Longobardi, un popolo proveniente dalla Scandinavia che si stanziò nel Sannio per quattro secoli dando vita al Ducato di Benevento. Al basso c’è Jonathan Noyce e per tutto il resto il sottoscritto.
"Gioconna"
E qui ci addentriamo nel folklore beneventano, con la strega che calzava pesanti zoccoli, da qui il soprannome di “Zucculara”, il cui rumore si sente ancora oggi, nelle notti di nebbia, nei vicoli del rione Triggio a Benevento. La sua discendente, la strega Gioconna, entra in contatto con i morti che le rivelano una serie di future sciagure ambientali causate dall’impatto antropico. Il brano è molto prog con le mie tastiere e il flauto che si muovono su un tappeto ritmico in 11/8. Al basso ancora Jonathan Noyce e alla voce il soprano Tetyana Shyshnyak.
"Dame Harvillers"
Una dama transalpina che si reca al sabba di Benevento insieme a sua figlia Rosalie. Sono due alchimiste e al loro ritorno in Francia verranno accusate d’aver causato la morte a uomini e animali con polveri magiche. Dame Harvillers verrà condannata al rogo e giustiziata nella piazza di Ribemont. Su questo brano ho provato a cantare in francese per la prima (e forse l’ultima) volta, accompagnato ancora dal basso di Jonathan Noyce e dal pianoforte di Daniele Fuligni. Misurarsi con lingue diverse è molto stimolante e qualche difetto di pronuncia viene di solito perdonato dai madrelingua in virtù di un sentimento di appartenenza al continente europeo che ci accomuna.
"Janet Boyman"
Questo è il brano in cui esprimo il mio polistrumentismo e il mio apprendistato come arrangiatore nella maniera più completa. Janet Boyman è una strega scozzese che sa come entrare in contatto con gli spiriti d’acqua. Nella data che ho scelto per il loro sabba ai piedi del magico noce, il 14 novembre 1572, le acque del fiume Sabato sono illuminate a giorno dalla luce della supernova Tyco esplosa nella galassia Cassiopea e Janet vi si immerge dando prova alle altre di come si scatenano vortici e onde anomale. Al suo ritorno in Scozia, Janet verrà bruciata viva con l’accusa di stregoneria.
"Franchetta Borelli"
Triora è un paesino della provincia di Imperia che fu colpito duramente dall’Inquisizione. In questo brano si sentono gli stridori agghiaccianti delle macchine di tortura, trattamento a cui fu sottoposta Franchetta Borelli accusata di essere responsabile, insieme ad altre donne del luogo, della terribile carestia che si abbatté sulla zona ligure nel 1587. Sfigurato dal dolore, il suo volto presentava una smorfia, un ghigno che i suoi aguzzini interpretavano come un sorriso e per questo si accanivano su di lei con ancora maggior veemenza. L’inizio del brano scava nei pensieri di una donna che cerca di fuggire le pene sognando di volare sopra ai rami dei castagni che si estendono lungo tutta la valle Argentina. Nella seconda parte del brano invece, c’è un arpeggio ipnotico di piano elettrico sul quale si inseriscono interventi di organo hammond e di chitarra elettrica suonata con l’e-bow, il magnete che posto su una delle corde produce un suono prolungato alla “Fripp”.
"Polissena"
Polissena soffriva di epilessia e per questo considerata demoniaca e condannata seguentemente al rogo. Per impressionare le sue compagne, appende due funi al ramo più alto del noce e comincia a dondolarvicisi sempre più velocemente. Curva lo Spazio/Tempo ai suoi lati e si lancia in un viaggio nel tempo. Il brano è interamente strumentale ed oltre al basso di Jonathan ci sono, come per le altre tracce, parecchi strumenti tutti suonati dal sottoscritto.
"Donna Prudentia"
Donna Prudentia parte da Blera con le pagine del Malleus Maleficarum strette nella mano. In quel libro c’è scritto come riconoscere le streghe, come torturarle per estorcere loro le confessioni e come giustiziarle. Al sabba di Benevento, Prudentia traccia un cerchio di candele nere ed al suo interno da fuoco a quel libro maledetto. Il sax di David Jackson non poteva mancare all’appuntamento. Al basso sempre Jonathan Noyce e, per tutto il resto, Jerry Cutillo.
"Nadira"
Qui siamo oltre ogni concetto di linguaggio convenzionale. In questo brano ogni parola esprime una formula linguistica, un sogno, una magia. Il culto della dea Iside era molto diffuso nel Sannio antico e le stesse Janare sembrerebbero sue discendenti. Il brano è ipnotico ed avvolgente con un esplosione finale che prelude a nervosi assoli flautistici. Cristiana De Bonis vocalizzi, Jonathan Noyce basso ed io tutto il resto.
"Rebecca Lemp"
Rebecca Lemp proviene da Nordlingen ed è un’esperta astronoma. Dall’alto della rupe delle Janare, il costone di roccia che sovrasta lo stretto di Barba, mostra alle altre la supernova Tyco. Rebecca sarà giustiziata sul rogo il 9 settembre 1590. Al basso Jonathan Noyce, io tutto il resto e le nove streghe il coro finale.
GB: Quali sarebbero oggi le streghe da bruciare e quelle da salvare in questa società non proprio illuminata? Siamo ancora in tempi oscuri? Mi sembra che il potere sia sempre predominante sul sapere…
JC: Vedi risposta n. 6
GB: Andrew Keeling, King Crimson e Jerry Cutillo…
JC: Per quanto mi riguarda, ho sempre creduto vi fosse una relazione tra il genere musicale progressive, un tempo definito rock romantico, e l’esoterismo. Ovviamente sono due concetti troppo vasti per essere generalizzati. C’è PROG e prog e allo stesso modo esistono diversi tipi di manifestazioni esoteriche. Non sono un esperto di film horror e non appartengo ad alcuna setta satanica. Per me “esoterismo” è quello che trovi in album come “Island” (il mio preferito della discografia King Crimson) o in “Pawn hearts” dove l’esperienza non è soltanto uditiva. Se si ha la sensibilità giusta l’ascolto diventa totale. Un esperienza catartica che potei esprimere a David Jackson una sera che guidavo in macchina con lui lungo la la strada che divide in due la pineta di Castelfusano. Le note di “Lost” uscivano dagli speaker e la mia lettura del brano, dell’arrangiamento, della costruzione delle atmosfere e degli interventi di ogni singolo strumento lo sorpresero. Qualche anno dopo David mi informava di aver parlato di me ad un certo Andrew Keeling e che sarei stato da lui contattato. Non conoscevo quel nome e quindi non diedi molta importanza alla questione ma quando ricevetti la sua prima mail rimasi a bocca aperta. L’occultista inglese, musicista, scrittore, medium al quale Bob Fripp si era rivolto per le guide dei primi KC album …mi interpellava sui segreti che uniscono prog ed esoterismo e su cosa potesse scatenarne l’iniziazione in alcuni musicisti!
GB: Giusto qualche parola su una band che ha fatto parte della tua storia: Jethro Tull… ti hanno accompagnato per qualche anno ma ora sembrano lontani. Quanto?
JC: Ognuno di noi, almeno per una volta nella vita, ha avuto la morbosa tentazione di emulare un soggetto che potesse incarnare il proprio ideale di perfezione. Nel mio caso è stata una mera coincidenza (senza scomodare predestinazioni o rassomiglianze improbabili) quello che mi ha portato a pensare Ian Anderson un cosí straordinario artista. E posso ritenermi fortunato se il caso ha voluto farmi scoprire un personaggio che “oggettivamente” possiede qualità straordinarie. Innanzitutto la sua presenza scenica, ricca di gesti funambolici e pieni d’eleganza. Poi la grande dote compositiva. L’arte di rendere “semplici” passaggi chitarristici molto sofisticati e l’uso di tempi dispari e sincopi ritmiche in contesti tipicamente folk e rock. Infine il suo polistrumentismo: Un timbro vocale inimitabile con melismi propri della tradizione celtica, uno stile flautistico ereditato dal quasi sconosciuto Roland Kirk, la nitidezza dei veloci arpeggi sull’acustica e, proseguendo, i virtuosismi blues all’armonica, l’uso originale del sax soprano e sopranino e tant’altro. Agli inizi degli anni ’90 si lavorava soltanto facendo cover e Radio Rock promuoveva le tribute band. A me risultò molto naturale propormi come emulo di Ian Anderson.
Il tributo durò più a lungo del previsto. Ho incontrato Ian Anderson un paio di volte ed è sempre stato molto cordiale nei miei confronti. Probabilmente perchè la prima volta fui introdotto dal suo autista che mi conosceva bene. La seconda invece avvenne dopo una mia esibizione nella quale cantai “It’s breaking me up” brano mai eseguito dal vivo da Anderson. Avrei potuto sfruttare opportunisticamente il vantaggio per aver effettuato decine di spettacoli con un turn over di quasi tutti gli ex membri dei JT ma quando Glenn Cornick mi presentò a Clive Bunker dicendo: “He is Ian’s clone” indispettito risposi: “I’m not a clone and I will never be one”. Ci sono momenti nella vita in cui il tuo mondo ritorna nel suo assetto originario dopo esser stato “upside down” per troppo tempo. Se penso alla valanga di canzoni da me scritte che hanno rischiato di non vedere mai la luce o di essere messe da parte definitivamente in favore di uno sterile esercizio ripetitivo, ringrazio il mio carattere di sannita indomito per aver avuto il coraggio di sconsacrare gli altarini e correre libero verso la mia storia, maggiore o minore che sia ma che rimarrà per sempre la “mia”.
GB: Oltre ad occupati delle tue “cose” sei anche un ascoltatore musicale continuo? E in caso affermativo cosa prediligi, di nuovo e anche vintage? Streaming, liquida, vinile, cd, impianto hi fi, computer, smartphone?
JC: Ho due modi diametralmente opposti di ascoltare musica. Non importa con quale supporto ma nel primo caso si tratta di situazioni puramente casuali come programmi tv, random radio o anche buskers di passaggio. Mentre l’altra è estremamente rituale. Ripeto, non ha importanza con quale supporto la si ascolti o quale ne sia la qualità. Anche in produzioni Lo-fi si possono cogliere i contenuti…ammesso che ve ne siano. Fondamentale è mettersi all’ascolto attivando il “terzo” orecchio, quello che coglie i messaggi reconditi, la quintessenza nascosta in ogni nota, ogni ritmo, ogni accordo. Con un pò di concentrazione si riesce persino a cogliere lo stato d’animo con il quale è avvenuta la registrazione, l’esecuzione. Diventano percettibili le insicurezze, le formule tonali studiate, gli errori e le miracolose casualità che rendono l’alchimia musicale imprevedibile e magica. Un ascolto sensibile e in piena concentrazione ci aiuta a capire meglio anche quello che ci succede intorno e ad avere interazioni dirette con tutto ciò che vibra.
Rispetto alla datazione dei brani di cui effettuo l’ascolto poi, non faccio più distinzioni. Il tempo si dilata e si comprime. Traccia solchi che si ripetono all’infinito e rimescola generi e definizioni, mentre noi continuiamo a marciare verso il limite della scogliera.
Grazie Prog Italia
Intervista di Athos Enrile a Jerry Cutillo O.A.K. - Mat2020 ottobre 2020
Andiamo alla scoperta del tuo nuovo lavoro, “Nine witches under a walnut tree” …Partiamo dal titolo e dal tuo amore per certi aspetti che si pongono tra esoterismo e magia: di cosa parla l’album e cosa ha dato l’accensione al tuo nuovo progetto?
Intanto partiamo dai due elementi cardine che hanno tracciato i profili dell’album: Il numero “nove” al quale sono legato dalla nascita e il “noce”, due termini paronimi la cui associazione esalta la musicalità del titolo e veicola l’ascoltatore su di un terreno dal sapore bucolico. Non sono mai stato un appassionato del paranormale o un collezionista di film horror, ma il mio luogo di nascita si trova a poche miglia da Benevento, antico crocevia di culture e traffici commerciali che attraversavano la penisola da nord a sud, e l’albero a cui faccio riferimento è stato il totem ai piedi del quale, nei secoli, si sono inginocchiati Sanniti, Romani, Celti, Longobardi e Bizantini. La storia del Noce di Benevento è documentata a più riprese nel corso degli anni, da qui la fama di albero magico e maledetto in quanto risorgeva nello stesso punto anche quando le radici gli venivano estirpate. I rituali che avevano luogo sotto i suoi rami erano molteplici e abbracciavano culture e religioni diverse. In base alle mie ricerche bibliografiche ho elaborato come probabile data dell’incontro delle nove divinatrici protagoniste dell’album il 14 novembre 1572, e l’esplosione della supernova Tyco, con il conseguente oceano di luce proiettato sulla Terra in quei giorni, come suggestivo scenario per il loro sabba. Non c’è stata una scintilla che ha dato origine al progetto ma piuttosto un lavoro lento che si è dipanato progressivamente. Vorrei aggiungere inoltre di non avere avuto a tutt’oggi alcun rapporto cosciente con il mondo esoterico o con la magia. Devo tuttavia ammettere di avere alcuni aneddoti, piuttosto inquietanti, accumulati nel corso della mia vita.
Poco tempo fa un noto occultista inglese, Andrew Keeling, mi chiedeva un parere sui motivi delle presenze esoteriche nella musica prog e su cosa spingesse alcuni musicisti ad abbracciarne i processi iniziatici.
Non vi nascondo che fui alquanto lusingato di ricevere un tale attestato di stima dall’autore a cui Robert Fripp si era rivolto per la scrittura delle guide musicali relative ai suoi primi album nei King Crimson. Non esitai a rispondergli e riporto qui alcuni frammenti della mia replica.
“… Io credo che la musica sia la quintessenza dell’occultismo. Naturalmente ha subito contaminazioni e distorsioni nel tempo ma il suo principio base rimane quello di stabilire un contatto con l’invisibile e l’inesprimibile. Nel ’69 Bob Fripp e i suoi compagni di band ebbero numerose visite da parte di entità soprannaturali. Durante la realizzazione del loro primo album sembra infatti che il gruppo avvertisse costantemente presenze guida che sembravano veicolare gli sforzi musicali della band…
…Quando alla fine degli anni Sessanta Peter Hammill fece visita a Graham Bond, quest’ultimo comprese come quell’incontro potesse rappresentare un vero e proprio passaggio di consegne.
Il fondatore della Graham Bond Organization era infatti da molto tempo alle prese con una grave dipendenza da droghe e alcol e i suoi giorni erano contati; passò quindi “the magik torch” a Peter…
…Sembra vi sia una sorta di naturale “identificazione” tra individui con sensibilità simili, capacità percettive analoghe e predestinazioni corrispondenti…”
Da cosa è rappresentata questa volta la concettualità?
Ci sono dei crimini che sono passati quasi inosservati nella storia. Questo a causa di poteri forti che hanno custodito segretamente scomode verità. Ci sono troppe responsabilità rimaste ancora impunite. Facendo riferimento alla “caccia alle streghe”, si stima che nell’arco di quattro secoli circa 50.000 donne siano state giustiziate per futili motivi e ancora oggi queste vittime non hanno trovato una voce. E la cosa che preoccupa di più è che sebbene le cause di tale massacro sembrino ormai appartenere a vicende lontane, in realtà stazionano nell’oblio dell’odierna indifferenza, pronte a riemergere in forma di nuove violenze fisiche e psicologiche ai danni delle donne.
Il concetto generale che permea l’intero lavoro è quello del “sapere” contrapposto a quello del “potere”. Ed è quest’ultimo a inibire la diffusione della conoscenza per mantenere il predominio di pochi privilegiati ai danni delle fasce più vulnerabili della popolazione (tema di grande attualità). Ma nei secoli bui del Medio Evo questo scontro generò un’estrema misoginia, un forte pregiudizio e una discriminazione che fu causa di morte per un numero smisurato di vittime innocenti.
Le lingue che utilizzi sono diverse: da cosa dipende la scelta?
La condivisione delle conoscenze sui segreti della natura ha sempre unito gli sciamani di ogni latitudine. Uno stesso linguaggio, relativo al sapere esoterico e alle arti occulte si è diffuso in tutti i continenti e le nove streghe protagoniste del sabba provengono da varie parti d’Europa. Il background multietnico legato alla storia del territorio sannita ha inoltre esaltato da un lato la centralità del magico noce, e dall’altro il cosmopolitismo degli eventi narrati nell’album.
La opening track “Chlodswinda” ha radici nordiche e risuona degli antichi culti Longobardi, un popolo proveniente dalla Scandinavia che si stanziò nel Sannio per quattro secoli dando vita al Ducato di Benevento. Insieme a “Gioconna”, discendente della “Zucculara” nota strega del folklore beneventano, Chlodswinda è frutto della mia fantasia mentre “Dame Harvillers” è una dedica a una alchimista francese bruciata sul rogo a Ribemont nel 1578. Su questa traccia ho provato a cantare in francese ed è stato il mio primo tentativo in assoluto in questa lingua (e forse l’ultimo!!!).
“Janet Boyman” è uno strumentale che traccia il profilo di una strega scozzese giustiziata nel 1572 mentre “Franchetta Borelli” è una nobildonna di Triora accusata d’aver causato la carestia nella zona ligure nel 1587. “Polissena” proviene da Lucca ed è affetta da epilessia e per questo condannata al rogo in quanto ritenuta demoniaca. Le ho cucito addosso il ruolo di viaggiatrice del tempo con la sua altalena stregata. “Donna Prudentia”, la lamia di Blera accusata di infanticidio, l’ho vista invece mettersi in viaggio alla volta di Benevento con le pagine del “Malleus Maleficarum” strette nella mano. La penultima è “Nadira” una mia rappresentazione del culto della dea Iside, molto diffuso nel Sannio antico. Ed infine “Rebecca Lemp”, proveniente da Nordlingen e bruciata sul rogo il 9 settembre 1590, alla quale ho dato un profilo d’astronoma. È lei che guida la marcia finale dopo aver mostrato alle altre la luce della supernova dall’alto della rupe delle janare. Il brano chiude l’album con una serie di esplosioni tra il cosmico e il ridanciano ed è cantato da me in tedesco.
In “Giordano Bruno” avevo fatto del mio meglio per cantare “Wittenberger fuchstanz” in lingua teutonica e in quest’ultimo brano di “Nine witches under a walnut tree” ho provato a ripetere l’impresa con l'aiuto della mia amica gerlinde Roth. Differentemente dal precedente album che terminava con l’angoscioso crepitio del rogo nel quale si spegneva la vita del filosofo nolano, questo nuovo progetto ha invece un epilogo di intensa allegria e vitalità.
Mi parli dei tuoi ospiti (e di come li hai coinvolti), tra i quali vedo spiccare facce molto conosciute?
Oltre all’onnipresente David Jackson, a cui rivolgo tutta la mia gratitudine per avermi sostenuto in tutti questi anni, c’è la new entry di Jonathan Noyce, con il quale avevo condiviso nel 2010 le session di registrazione di “My old man” a Banbury UK. Poi Daniele Fuligni al Grand Piano, Tetyana Shishkaya voce soprano e Cristiana De Bonis vocalizzi. La lista avrebbe potuto essere più lunga, ma i lunghi e complessi tentativi per la definizione del progetto, peraltro effettuati con personalità di spicco del panorama musicale, hanno portato a scelte drastiche nel finale. Come già avvenuto per “Giordano Bruno”, non tutti gli elementi elaborati nella lavorazione del progetto hanno finito col trovare spazio nell’album. Ci sono state poi delle assenze dettate da motivi ben noti, come la scomparsa di Glenn Cornick, Rodolfo Maltese, Claudio Rocchi e quella più recente di Maart Allcock. Con loro avrei continuato volentieri a cooperare ma non sarà mai più possibile. E per concludere, vorrei ringraziare il fan club spagnolo dei Tullianos per avermi fatto conoscere molti dei musicisti con i quali sono in collaborazione.
Pensi ci sia una continuità naturale rispetto a “Giordano Bruno”, non solo riferita al pensiero ma anche agli aspetti meramente musicali?
Quando nel 2016 uscì “Viandanze”, il primo album di quella che io definisco la trilogia prog esoterica degli O.A.K., mi resi conto di aver trovato il mio ramo di appartenenza al genere prog. Infatti, una volta abbattuto il concetto di “presente” artistico, ho cominciato a far volare le mie narrazioni musicali senza inibizioni, esigenze di mercato o ambizioni di successo. Sono tornato, per esempio, ad esprimere la mia verve tastieristica seventies (nasco come apprendista organista nel 1973) e a riscoprire una serie di strumenti vintage. Senza avere la presunzione di presentare un nuovo genere musicale o qualcosa di mai ascoltato prima, posso in tutta modestia definire la mia musica “derivativa” come è del resto per tutto il prog italiano, vecchio e nuovo. Io appartengo alla Generazione X, quella falcidiata da eventi catastrofici (terrorismo, eroina, aids) e del prog non ho vissuto gli inizi ma soltanto la fase centrale (straordinari i concerti a cui ho assistito dei Gentle Giant ’73 ed oltre, Genesis e King Crimson ’74, Yes e VDGG ’75) e la sua fase discendente con l’inarrestabile avvento del punk che allontanava a suon di sputi i dinosauri del prog.
Riguardo alle caratteristiche strumentali di quest’ultimo lavoro, ho riconfermato l’assenza delle chitarre elettriche lasciando spazio, come avvenuto nel precedente “Giordano Bruno”, soltanto all’e-bow (il magnete che posto su una corda dell’elettrica ne prolunga il suono “alla Fripp”). Ho ulteriormente esagerato con il mellotron, strumento di difficile utilizzazione se non si hanno adeguate basi di armonia musicale, e ho rispolverato le otto corde del mandolino che di fatto ha sostituito gran parte delle chitarre acustiche. Anche il flauto traverso è stato utilizzato con grande parsimonia. Nonostante io sia considerato da qualcuno un flautista, devo ammettere di riconoscermi sempre meno nello strumento che ha fatto la fortuna di Ian Anderson. Vorrei concludere col dire che questi tre album (“Viandanze”, “Giordano Bruno” e “Nine witches under a walnut tree”) formano un quadro unico nella discografia degli O.A.K. essendo legati da uno stesso comune denominatore: Il tema del viaggio, sia esso transumanza, esodo, ricerca artistico esoterico filosofica, avventura cosmica o guerra per il predominio etnico, culturale, economico o religioso.
In “Giordano Bruno” la figura del filosofo è il punto focale su cui ruotano i 74 minuti dell’opera e gli arrangiamenti sinfonici ne tracciano una cornice cinematografica che definisce gli eventi che si susseguono nell’album. Il folk e la psichedelia “beatlesiana” che ho cercato di riprodurre nel doppio album alzano una nebbia anglosassone che avvolge le sonorità dell’album. Ma credo che sia con quest’ultimo “Nine witches under a walnut tree” che le mie intuizioni ritmico geometriche dispari si realizzano, incrociandosi con i suoni folk del mandolino, con il prog dei mellotrons e con la psichedelia dei sintetizzatori creando atmosfere ancora più filmiche e sospese nel tempo. Lo scopo era rappresentare nove profili di donna con colori diversi, inserendoli in un caleidoscopio formato da tante luci generate da una stessa materia.
Mi pare di capire che attualmente gli OAK siano Jerry Cutillo & Friends piuttosto che una formazione fissa. Sbaglio?
Quando si è concentrati sul proprio lavoro e gli obiettivi si fanno sempre più impegnativi, rimane poco tempo per analisi sul chi e sul dove. L’importante è andare avanti e portare a termine i progetti, cosa che di questi tempi ha del miracoloso. Continuo tuttavia a coltivare il sogno di amalgamare un combo sonoro presentabile anche dal vivo ma il cammino si fa sempre più nebuloso. Temo che la stagione dei “gruppi” musicali sia definitivamente morta e sepolta ma che non si abbia abbastanza coraggio per ammetterlo. Sempre più spesso ci si scontra con le rigide esigenze degli organizzatori di eventi e con la presunzione di musicisti convinti di poter raggiungere obiettivi impegnativi in poco tempo e con il minimo sforzo. È dal ’93, data della formazione del gruppo, che monitoro la situazione musicale con molta attenzione ed il fatto che dall’origine del gruppo si siano avvicendate decine e decine di line ups sotto la sigla O.A.K. ha sviluppato in me una grande consapevolezza. Con gran parte dei miei amici musicisti continuo ad avere scambi artistici e una sincera amicizia e appena pochi giorni fa ho ricevuto la telefonata da parte di Michele Vurchio, uno dei batteristi più dotati ed esperti del panorama italiano, che mi ricordava con un pizzico di nostalgia i concerti realizzati insieme e di quanto fosse stata positiva la sua esperienza negli O.A.K. Fa piacere apprendere che la mia creatura artistica possa aver legato tanti bravi musicisti a una serie di episodi che si sono rivelati significativi per le loro vite. Temo che per il trentennale degli O.A.K. nel 2023, sarà necessaria una portaerei come palcoscenico per disporne tutti i rappresentanti, covid permettendo…
A chi ti sei affidato questa volta per gli aspetti tecnici (produzione ecc…) e quelli distributivi?
È già da tempo che ho scoperto il meraviglioso mondo dell’autoproduzione ed è dal 1980 che realizzo arrangiamenti musicali per scopi professionali. Essere stato da sempre un polistrumentista mi ha aiutato molto per tracciare le architetture delle mie composizioni e per manifestarne lo spirito autentico, quello scatenato dal sacro fuoco della visione. Inoltre ci si è dovuti emancipare nei confronti delle conoscenze tecniche per finalizzare adeguatamente i progetti (soltanto la masterizzazione è stata effettuata da Alex Barocchi e Danny Monk del Regent Street Studio di Londra) e proseguire poi con gli altri step che riguardano stampa, distribuzione, promozione etc…(Goodfellas è un semplice prestanome in quanto non ha fatto altro che spedire il master ai suoi contatti nella stamperia milanese affinché i vinili possano essere pronti entro il 9 settembre). Le etichette discografiche sono ormai delle riserve indiane che conservano l’ombra della luce del big bang che esplose negli anni ’60 con il mercato discografico alle stelle. Ma ora i musicisti si sono resi autosufficienti e guardano con “tenerezza” i discografici che tentano ancora di esercitare una qualche influenza su di loro, sui loro progetti e sulle loro produzioni musicali.
In che formato uscirà l’album e da quando sarà possibile acquistarlo o ascoltarlo?
Nel mese di luglio è partita la stampa di 1000 copie in vinile con copertina apribile (gatefold) e saranno pronte per il nove settembre. Incrocio le dita ed aggiungo altre gestualità scaramantiche anti lockdown! Mentre per il download sui digital stores, questo sarà disponibile già dal primo settembre. Soltanto per scopi promozionali inoltre, è già stato realizzato un numero limitato di copie in formato cd con tanto di dedica autografata…
I tuoi lavori sono molto complessi e richiedono tempo, e il disco precedente è stato rilasciato un paio di anni fa: stai vivendo una fase più creativa rispetto al tuo passato?
Con la giusta attitudine al lavoro la volontà si raddoppia e la resistenza agli stress aumenta. Ci si riesce meglio a destreggiare tra collaboratori e tecniche di produzione e se la musa non ci abbandona, si rimane sempre ricchi di stimoli e nuove idee. Le tempistiche diventano quindi più rapide e si finisce col sorprendere gli addetti ai lavori… col rischio di diventare antipatici!
Ma se ripensiamo alla stagione d’oro del prog, realizziamo che si viaggiava ad una media di un Lp all’anno e quindi… a qualche modello devo pur ispirarmi!
Che cosa resta di quel Jerry Cutillo che ho visto suonare nel 2008 ad Alessandria, immerso nel mondo dei Jethro Tull?
Quando decisi di rinunciare ai vantaggi ottenuti dal successo discografico derivato dalla mia svolta “pop” nella metà degli anni ’80, sapevo che non sarebbe stato facile intraprendere un percorso controcorrente rispetto alle tendenze del momento. Senza un produttore, un manager, una casa discografica di supporto e una promozione radiofonica e televisiva che abbracciasse i maggiori canali popolari (tutte cose che avevo avuto precedentemente) le probabilità di realizzare progetti musicali si sarebbero ridotte al lumicino. Questo è sempre stato il panorama della musica in Italia, e quindi soltanto un pazzo poteva sperare di bissare un successo ottenuto già di fatto in circostanze miracolose. Il mio amico Tony Forgione mi ricordava come negli anni ’90 poi, per calcare più palcoscenici, ci si dovesse adeguare all’abbrutimento dettato dagli “operatori” della musica che di fatto non promuovevano altro che cover band. Riporto in breve quanto aggiunto da Tony: “…ma anche in una siffatta situazione musicale, Jerry Cutillo riuscì ad emergere come emulo di Ian Anderson e a far ottenere ai suoi OAK notevole risonanza nella sfera degli appassionati dei Jethro Tull. Ma i limiti contingenti ad una situazione promozionale sciagurata non possono a lungo sbarrare il passo alla creatività ed ecco che nel nuovo millennio Jerry e la sua sigla O.A.K. riappaiono con una serie di album che confluiscono nella recente trilogia prog…” Ringrazio Tony per la sintesi estrema sugli eventi intercorsi nel tempo e ringrazio te, Athos, per ricordarmi la convention de iTullians ad Alessandria nel 2008 sottolineata (pensavi me ne fossi dimenticato?) con questo tuo commento: “…Viene poi il turno degli OAK e tra i tanti musicisti che si avvicendano sul loro palco, nota di rilievo per Glenn Cornick e Barrie Barlow, un gigante con le bacchette in mano, per i Sossity e Josè Melòn. Ma la vera rivelazione, almeno per me che non lo conoscevo, è Jerry Cutillo. Da quindici anni guida gli OAK e, da quanto visto e sentito, non è solo “copiatore” di altra musica ma anche propositore di grandi novità. È anche l’unico che si può accostare pienamente a Ian, nella ripetizione del ruolo, in quanto cantante, chitarrista e flautista. Last but not least, è un animale da palcoscenico e si muove con spettacolarità ed energia. Gli OAK ci propongono uno spettacolo completo con balli, travestimenti, musica e mimica da cabaret. Un grande voto a questo gruppo, nessuno escluso, compresa la piccola Isabel, la più piccola del gruppo (4 o 5 anni) e figlia di Jerry che si esibisce sul palco come ballerina e soprattutto resiste alle fatiche della giornata. La set list degli OAK è variegata e comprende brani che non siamo più abituati ad ascoltare dal vivo. All’interno, una canzone scritta da Jerry (Sandali rossi) che non sfigurerebbe in nessun album prog di musicisti più affermati. Ma la mia preferenza va a “My God”, ovvero il brano dei JT che più amo e che nell’occasione presenta un fraseggio centrale di flauto che non avevo mai sentito, davvero coinvolgente, probabilmente un tocco personale di Jerry. Arriviamo in un lampo alla fine (tre ore volate via in un attimo) e guadagno il palco per qualche foto, mentre Jerry mi presta la sua balalaika per regalarmi un tono da musicista.
Una Convention di condivisione assoluta e se il “bene” si chiama musica non credo ci sia niente di “sacrilego” essendo la musica compagna di vita nostra, di chi ci ha preceduto e di chi verrà dopo di noi…Questo mi riporta ai meriti di IAN ANDERSON. Lui ha creato tutto ciò che io e molti milioni di fan desideravano con forza. Nella mia adolescenza ho cercato con forza di sostituire i JT, di trovare alternative, di metterli in discussione per il solo gusto del nuovo. Ho trovato tanti meravigliosi artisti che ascolto ancora ma nessuno ha mai eguagliato LORO.”
Grazie caro Ath. Mi hai tolto le parole di bocca! Quello che esprimi mi provoca brividi e commozione.
Alessandria fu per me la terza tappa relativa alle iniziative de iTullians: Avevo vinto il flute contest alla Convention di Castel Ceriolo nel 1997 (l’unico ad esser riuscito a suonare con una gamba alzata!) ed ero stato headliner con la top OAK band con in formazione Glenn Cornick, Robert Illes ed altri, alla Convention di Felizzano nel 1998.
Ringrazio tutto lo staff de iTullians con a capo Aldo Tagliaferro e Franco Taulino per avermi dato tante e simili opportunità per esprimere la mia più profonda tulliagine.
Che cosa resta di quel Jerry Cutillo?
Resta l’impegno profuso per farsi trovare sempre pronto all’appuntamento, sia esso piccolo o grande.
Resta il concetto di gruppo aperto e di condivisione di un evento artistico sia esso concerto o album.
Resta l’aspetto dissacratore quando in gioco c’è la propria identità (nel ’98 Glenn mi presentò Clive ed aggiunse: “He’s Ian’s clone” e la cosa non mi inorgoglì affatto, anzi… replicai seccato: “I’m not a clone!”, gelando il sorriso sul volto dei miei due interlocutori).
Resta il piacere nel ricreare l’incanto della musica di Anderson ogni qual volta se ne presenti la giusta occasione (l’ultimo tributo degli O.A.K. è avvenuto appena un anno fa).
Porterò per sempre nel cuore il mio sogno tulliano e questa visione non si incresperà mai pur essendo cosciente che si tratta di una leggenda, dell’immagine di me stesso riflessa in un cespuglio di capelli ricci posato su di un pastrano a quadri che termina con un paio di stivali uno dei quali alzato ad altezza ginocchio.
Lo scorrere del tempo può arrivare a cancellare anche qualcosa di magico e sembra essere questa l’esperienza dei diretti protagonisti che ha viaggiato su binari diametralmente opposti da quelli di un fan. Ad Alessandria Barriemore Barlow, ormai passato da tempo al lavoro di produttore musicale, guardava disorientato il nostro batterista a bordo palco affinché gli suggerisse gli stacchi di “Aqualung”, a John Evan invece dovettero scrivere gli accordi di “We Used To Know”, uno dei giri armonici più “telefonati” della storia del rock, the good old Clive è in giro per sagre (unici momenti, peraltro, dove si può trovare un pò di sapore rustico tulliano), Martin Barre ha finalmente trovato il carattere (e la faccia tosta) dopo essere stato per 42 anni uno tra i chitarristi più fortunati della storia del rock e Mr. Anderson, il genio, colui che ha sempre volato più in alto di tutti, è invece sempre alle prese con i suoi ripetitivi live-terapia-anti invecchiamento, impiastricciato in liti condominiali, controindicazioni generate dalle sue stesse creature.
Ebbene sì, lo scorrere del tempo può trasformarci in qualcos’altro e a volte la strada può biforcarsi in modo impietoso. Si diventa allora migliori o peggiori, ma mai uguali a ciò che eravamo.
Dei JT ho ammirato dodici anni di poderosa energia e creatività prevalentemente Andersoniana ma anche di altre personalità dotate di estrema potenzialità, coerenza, trasparenza e sensibilità: Sto parlando di Jeffrey Hammond. L’unico ad aver fatto un passo indietro in tempi non sospetti. Un esempio di artista! Quando si pronuncia il nome Jethro Tull bisognerebbe volgere più spesso l’attenzione a questo ex studente d’arte di Blackpool che osservava per ore i senzatetto nella stazione dei bus di Blackpool, che ascoltava il jazz e il blues provenienti dall’America, che manifestava i sintomi della sindrome di Asperger e ne subiva tutte le relative conseguenze in termini di socializzazione, che si lasciava travolgere dagli eventi senza opporre resistenza e con gli occhi sgranati di un bambino ne rimaneva a guardare gli effetti, che partoriva in una notte un quotidiano fitto di notizie surreali, che ideava la figura del crooner cornuto che introduceva le bestialitá umane. E per chi pensa che Jeffrey Hammond non sia stato uno straordinario bassista rispondo: In 27 anni di concerti tributo ai Jethro Tull, con la maggior parte del tempo passato a cercare musicisti, strumentisti, rimpiazzi, turnisti, appassionati etc…io non ho mai trovato un bassista capace di suonare “Aqualung”, “Thick as a brick”, “Living in the past”,“A passion play”, “War child” e “Minstrel in the gallery” come faceva lui. Il fatto che si sia inabissato per sua personale vocazione all’ascetismo artistico ha probabilmente creato il mito del non-musicista. Allora provate a riascoltare la sequenza degli album sopracitati! Probabilmente la sua estrazione chitarristica ne ha influenzato lo stile (avrebbe potuto suonare l’elettrica meglio e prima di Martin Barre) ma il suo bass playing nei sei capolavori tulliani, quelli con più influenze prog e con gli arrangiamenti più sofisticati, è qualcosa di unico e autentico e va rispettato e considerato per quello che è: un vero capolavoro di pittura musicale.
Tenendo conto delle difficoltà del momento, hai pianificato momenti di presentazione o concerti ad hoc?
Ci sono in programma concerti nel mese di settembre che elencherò a fine pagina ma ci sono anche numerosi altri appuntamenti che si svolgeranno in forma diversa. Nel mese di giugno ho partecipato al World Wide Virtual UK Prog Festival ed è andato benissimo sia dal punto di vista tecnico che nei riguardi degli effetti promozionali.
Radio Terra Incognita in Canada ha già attivato le sue frequenze l’8 agosto trasmettendo un’ora di musica degli O.A.K. a cura del dj Michel Bilodeau e Jimmy Farley dell’emittente Rock de Neurones farà altrettanto. In territorio canadese sembrano ultrasensibili rispetto alle mie continue sollecitazioni artistiche. Forse il fatto di aver trovato la giusta continuità nelle uscite discografiche ha facilitato gli addetti ai lavori a stringere un rapporto di stima, fiducia e interesse nei miei confronti. Anche nel Regno Unito c’è molta curiosità e coinvolgimento riguardo ai miei lavori. David Hall di Reclaimed Radio e Bob Prigmore di Beat Route Radio hanno insistito molto per voler essere i primi in Europa a presentare il nuovo disco in radio. Questo avverrà il primo settembre e poi il 9 dello stesso mese sarà la volta del Belgio con il dj Renè Malbranque di Musical Box Radio.
Anche in Sudamerica c’è molta attenzione per le mie nuove uscite e Big Bang Radio di Buenos Aires ha già trasmesso musica e notizie relative agli O.A.K.
In Italia abbiamo Andy Simoniello di Radio Altra Musica che presenterà il nuovo disco il 3 settembre, poi Max Rock Polis & Marcio Sà il 20 e molti altri che sono sempre puntuali nel riportare le iniziative degli O.A.K.
In campo giornalistico poi, dopo questa tua “prima” intervista seguiranno le altre, insieme alla sequenza di recensioni che sono già arrivate, tutte estremamente lusinghiere, dal nostro paese, dall’Olanda, dalla Germania e dalla Francia (non dimentichiamoci che la rivista francese Koid9 titolò Giordano Bruno miglior album prog del 2018).
Il 31 agosto gireremo il trailer dell’album e in seguito il materiale video coprirà interamente i 46 minuti del progetto per presentare uno spettacolo multimediale che comprenderà musicisti, comparse e visualizzazioni.
Grazie Ath, un saluto agli amici savonesi e a tutto lo staff di MAT2020
Alla prossima uscita.
Intervista di Donato Ruggero a Jerry Cutillo O.A.K. - Orizzonti Prog gennaio 2021
Un caro benvenuto a Jerry Cutillo, cantante, compositore, polistrumentista, deus ex machina del progetto OAK (Oscillazioni Alchemico Kreative).
J.C.: Grazie a te Donato. È un piacere ritrovarsi a fare quattro chiacchiere insieme. L’ultima volta, se non erro, eravamo al caffè Nolano in Piazza Campo de Fiori sotto l’occhio vigile di Giordano Bruno… che ha portato fortuna ad entrambi, direi.
Iniziamo la nostra chiacchierata dalle origini. Quali sono i tuoi primissimi passi nel mondo della musica e i primi “amori”?
J.C.: Sono di stirpe sannita ma negli anni ’50 da Solopaca i miei genitori si trasferirono in un quartiere periferico di Roma che aveva come unico pregio quello di essere non molto distante dal Palasport dell’EUR.
Questo particolare, assolutamente da non sottovalutare, fece in modo che io bruciassi le tappe dei miei esordi musicali. Grazie ad un sufficiente rendimento scolastico riuscivo ad estorcere ai miei genitori il permesso di recarmi, appena tredicenne, agli spettacoli di Frank Zappa, Gentle Giant, King Crimson, Genesis, Yes, VdGG e tanti altri. Avevo da poco iniziato un fitto scambio di musicassette con i miei amici di età maggiore e il pallone con cui avevo condiviso accese sfide con i miei coetanei, mi guardava fisso con un espressione di triste abbandono. Il mangianastri Philips invece, vibrava in tutta la sua potenza e le note di “Tarkus”, “Per un amico” e “Who do we think we are”, miei primissimi acquisti, mi aprivano nuovi orizzonti. Ogni scelta mi costava però giorni e giorni di valutazioni perchè con la paghetta mensile potevo a malapena effettuare un acquisto ogni due mesi. Quindi la disputa, a suon di articoli su Qui Giovani e Ciao 2001, era tra Deep Purple o Slade, Genesis o Gentle Giant etc. Mi arrangiavo però con registrazioni pirata che effettuavo con il radio registratore Grundig di mio Padre, con il quale mi sintonizzavo sulle frequenze di “Per voi Giovani”. Poi un mio amico fece il salto di qualità ed il suo riproduttore di nastri Stereo8 mi permise di ascoltare per la prima volta e stereofonicamente “Living in the past” dei Jethro Tull. Avvertii subito qualcosa di inconsueto, come un richiamo lontano e non si trattava della solita inquilina del piano di sotto che si lamentava per il volume alto. Al contrario, si trattava di sonorità ancestrali che rievocavano qualcosa di immaginifico. E come la vibrazione del Big Bang, la magia di quel primo ascolto continua a risuonare nella mia fantasia ed io continuo ad inseguirne l’eco. Credo sia stato quello, uno degli episodi più formativi che ha determinato le mie scelte professionali ed ha continuato a nutrire la mia creatività.
Tra le varie esperienze degli anni ‘70, c’è anche quella con l’Albergo Intergalattico Spaziale. Come ricordi i momenti passati con Mino Di Martino e Terra Di Benedetto e come entri nella loro “orbita”?
J.C.: A tredici anni comincio a studiare organo elettronico, vendo la mia Bocross (un orgoglio di bicicletta) e con il ricavato acquisto un flauto traverso. Nel mentre, la sei corde appesa nella camera di mia sorella cambia proprietario e quindi giù alla ricerca di qualche accordo da strimpellare. Comincia cosí l’avventura di un polistrumentista in erba (più tardi arriverà anche quella) che a soli quindici anni riceverà la visita dell’Albergo Intergalattico Spaziale cogliendone a pieno tutti i sussulti armonici. Dopo quella casuale improvvisazione avvenuta sul palco di un festival di quartiere, Mino Di Martino divenne una delle mie maggiori figure di riferimento. La sua calma serafica, il suo radicalismo artistico, il suo coraggio, la sua indole pacifista, la sua umiltà, i suoi silenzi e le sue sperimentazioni si riveleranno un faro che mi permetterà di attraversare indenne le spesse nebbie dei seguenti anni di piombo. Ho rivisto di recente Mino e Terra e sono rimasto per loro quel teenager curioso, a loro detta talentoso che li sbalordí con la sua precocità nel comprendere linguaggi musicali, filosofici e spirituali appartenenti ad una generazione precedente alla sua. Io di loro ricordo la luminosità e lo spirito d’avventura che posso ritrarre con questi pochi elementi: Un pulmino Volkswagen, un eco a nastro Binson (fonte di magie psichedeliche) e un organo Farfisa, lo stesso che accese le sue note quella prima volta che salii furtivamente sul palco durante la loro performance. Il legame con entrambi continua ad essere di assoluta empatia e si protrae nel tempo generando sempre nuovi progetti. Ho partecipato negli anni ai loro spettacoli, ai loro rispettivi progetti solistici, al concerto insieme a Yuri Camisasca di ritorno da decenni di isolamento conventuale, e abbiamo ricreato sempre quello spirito pionieristico che contraddistingueva gli adepti della vecchia scuola psichedelica anni ’70.
I concerti al PalaEur, l’esperienza londinese, il fervore socio-artistico del periodo: come ricordi quella decade magica? C’è qualche aneddoto che ti va di condividere?
J.C.: Il ricordo rimasto degli anni ’70 è sicuramente distorto dalle pulsioni adolescenziali di quei momenti e da una smisurata fantasia che compensava la miseria dilagante. Aneddoti ne ho tantissimi (forse la vita non è altro che un lungo aneddoto). Tuttavia mi torna in mente il concerto dei King Crimson al Palasport nel novembre 1973. Fu la prima volta che, una volta entrato con regolare biglietto di gradinata, scavalcai dagli spalti in platea per gustarmi uno spettacolo migliore. Era un copione a cui avevo assistito passivamente nei precedenti concerti ma in occasione del Re Cremisi ruppi gli indugi e mi lanciai insieme agli altri verso le prime file. L’onda capelluta si diresse rapidamente verso la destra del palco occupando tutti i posti per cui io corsi dalla parte opposta dove nelle prime file c’erano ancora spazi. Raggiunsi una postazione di prim’ordine alla sinistra del palco e sogghignai alla corsa degli ultimi scavalcatori che continuavano a procedere verso il lato destro. Era evidente una certa discrepanza tra i due settori della platea ma non ci badai troppo. Ero contentissimo per aver fatto finalmente il mio ingresso all’interno del popolo dei contestatori, dei disubbidienti ad ogni forma di disparità sociale. Fuori dai cancelli potevo ancora sentire le voci dei militanti di Stampa Alternativa che gridavano “La musica si sente e non si paga” per cui il mio era stato un gesto che nobilitava quella controcultura di sinistra. Quando si spensero le luci un boato accompagnò l’entrata della band e…Robert Fripp si posizionò sulla destra del palco ! Ecco svelato il motivo di tanto affollamento da quella parte. La mia giovane età, il mio impeto e la mia inesperienza mi avevano precluso osservazioni più dettagliate sulla strumentazione posta sul palco, con i pedali chitarristici in bella mostra e i mellotron, entrambi bianchi, che giganteggiavano su entrambe le postazioni laterali. Quindi non rimaneva che rassegnarsi ma…un tredicenne non va in piena solitudine ad un concerto di una delle sue band preferite, poi scavalca in platea per essere più vicino al suo beniamino Bob Fripp e alla fine, per una maledetta distrazione, si rassegna ad averlo lontano dalla sua vista! Per cui, al momento opportuno sgattaiolai oltre le transenne che delimitavano la platea dall’estremità del palco. Mi trovai faccia a faccia con Fripp che dal suo sgabello nero fissava la tastiera della sua Gibson Les Paul custom nera, quasi incrociando il suo sguardo con il mio. Furono pochi secondi ma bastarono per essere travolto da un’energia indecodificabile, sovrastante, insostenibile e…non feci in tempo a trovare un quarto aggettivo che mi sentii sollevare dall’alto. Molto garbatamente, un agente della security mi invitava a tornare all’interno delle transenne.
Dell’esperienza londinese invece, ricordo l’acquisto dell’album “Storwatch” avvenuto in un record shop a King’s road. Era l’estate del 1979 e il fenomeno punk era ancora in piena esplosione. Capelli corti color giallo canarino e t-shirt nera con gigantografia di Sid Vicious che con le dita invitava a….farsi da parte, entravo per effettuare il mio acquisto e trovavo alla cassa l’emulo di Johnny Rotten. La mano che teneva la copertina del disco dei Jethro Tull, con in copertina un vecchio hippy barbuto con un cannocchiale, tremava per l’imbarazzo. Cosa ci fa un punk con in mano un long playing di dinosauri ? Temevo stessero tutti pensando! Stavo rischiando la gogna e la scomunica dal mondo del punk e all’interno della rivendita avvertivo gli sguardi su di me moltiplicarsi. Stavo quasi per tornare indietro e riporre il disco nello scaffale quando un gruppo di tifosi del Chelsea fece il suo ingresso nel locale. Approfittando della confusione, scattai in avanti, allungai la mano con il contante verso il cassiere e presi rapidamente l’uscita. Una volta in strada, stringevo il Long Playing sul petto per celare la copertina e il nome degli autori agli sguardi dei punk rockers che affollavano quel distretto a sud ovest di Londra. Sembravano minacciosi e i Jethro Tull erano fra i gruppi gettati dalla torre in quel finale degli anni ’70.
Anche a Roma il discorso non cambiava. Il cantante con cui avevo creato un fertile sodalizio artistico non sopportava che parlassi di Ian Anderson o di Tony Banks, mio altro riferimento musicale. Con lui suonavo una specie di Art Punk e mi occupavo delle tastiere (Organo Farfisa, Piano elettrico Fender Rhodes, Tastiera violini Elka e Sintetizzatore Yamaha CS30) e chitarra elettrica. Le prove si svolgevano nel magazzino di un Istituto Tecnico Professionale frequentato dal nostro batterista e spesso ricevevamo visite da parte dei nostri amici. Una sera si accalcarono più di una ventina di persone nella nostra sala ed io avevo scritto una nuova canzone. Ero il maggiore compositore del gruppo e come di consueto proponevo le mie creazioni presentandone sia le parti armoniche che vocali. Intonai le prime note della melodia sorretto da un tappeto di archi e l’effetto fu notevole. Al termine del brano ricevetti un lungo applauso e una serie di commenti lusinghieri che mi aprirono ad una domanda. Avrei forse dovuto cantare io le mie canzoni ?
…e poi arrivano gli anni ’80. La musica quale lavoro, il successo commerciale col nome di Moses, le ospitate televisive e radiofoniche. Com’è cambiato, dunque, il mondo musicale di Jerry Cutillo in quel decennio?
J.C.: Nel secolo scorso ho sempre tenuto il passo con i tempi. Il mio traguardo era quello di esprimere la mia verve artistica che cambiava veste in base al trend del momento ma rimaneva tuttavia immutata nella sostanza. Tuttavia la mia ambizione era quella di diventare un artista d’avanguardia e quindi precorrere i tempi ma nel mio paese c’era (e temo che oggi la situazione sia addirittura peggiorata) un gap insanabile e una dietrologia disarmante. Nonostante tutto riuscii faticosamente a correre dietro alle stagioni del Prog, del Jazz Rock, del Punk, della New Wave fino allo scivolone nella realtà dell’ Italo Disco. Nei primi anni ’80 avevo firmato un contratto con una casa di produzione, la Pollicino & co che realizzava i miei brani e li per promuoveva nel settore discografico. Rappresentava una delle maggiori realtà di produzione musicale a Roma e numerosi managers e session men orbitavano intorno a quel circuito. Io rappresentavo il pezzo forte della scuderia. Giovane, prolifico e belloccio, secondo i canoni del tempo, scrivevo canzoni e sviluppavo arrangiamenti senza sosta stimolato dalla presenza di musicisti esperti con cui condividevo gli spazi dello studio. Li osservavo all’opera e ne assorbivo i segreti professionali. Furono anni molto formativi e la mia fu una presenza costante negli studi di registrazione. Una delle canzoni prodotte in quel periodo balzò in cima alle classifiche di vendita Italiane ed Europee e io, apostrofato come Moses una sera dal mio manager napoletano, vidi apparire quello stesso nome sulla copertina del mio 45 giri sigla di Discoring. Poi il Festivalbar, Super Classifica Show, Radio Kiss Kiss etc… e con biglietto business class KLM il mio viaggio proseguí verso i cieli del nord Europa. All’aeroporto di Schipol il manager della Dureco olandese mi attendeva con un cartello con su scritto Moses ed io continuavo a guardarmi intorno. Capii infine di essere io il personaggio atteso.
Sono contento per quanti abbiano raggiunto la realizzazione personale nel “successo”, ma nel mio caso quello che mi girava intorno era fonte di stress e domande esistenziali. Il mio ritmo circadiano era cadenzato da alloggiamenti in Hotel di lusso, lunghi percorsi autostradali per raggiungere studi televisivi oppure stazioni radiofoniche e, infine, cene in ristoranti di prim’ordine. Una sera a cena, rimasto sprovvisto di sigarette mi guardai intorno. Al tavolo poco distante c’erano i Pet Shop Boys che cenavano insieme a due energumeni. Non mi sembrò il caso di disturbarli. Ne chiesi perciò una al mio manager. Lui chiamò il cameriere, pronunciò alcune frasi incomprensibili e subito dopo il garçon tornò con un pacchetto della mia marca preferita ed un accendino. Scartò l’involucro, me ne porse una, l’accese e poi posò tutto di fianco al mio tovagliolo. Visto che si allontanava mi alzai per chiamarlo e rendergli le sigarette, ed anche l’accendino, ma Mr Skall mi prese per un braccio e mi invitò a sedermi sorridendomi bonariamente. La sua espressione sembrò dirmi: Funziona cosí quando hai un disco in classifica!
Certamente, quell’esperienza fu una grande soddisfazione dal punto di vista personale. Poter dire di avercela fatta rappresentava un riscatto per quanti non avevano creduto in me. Un mio amico d’infanzia si trovava purtroppo a regina Coeli per scontare una condanna per furto e quando mi vide in televisione provò una gioia immensa e mi scrisse una lettera che vale più di mille altre congratulazioni. D’altro canto però, l’amarezza per aver conosciuto la superficialità e la falsità che regolano le relazioni che agitano il mondo del business musicale fu altrettanto intensa. Trovarsi sullo stesso set televisivo con i Jefferson Starship (con la loro “We built the city of R&R), Elton John (Nikita), Simply Red (Holding back the years) e moltissimi altri non aveva prezzo ma il condividere i dietro le quinte con A-Ha, Princess, Baltimora e tante altre meteore di un fenomeno musicale di rapido consumo (incluso il sottoscritto), aveva qualche controindicazione. Potevo leggere sui loro volti e sentire dalle loro parole che recitavano una parte che non aderiva alla loro personalità e sembravano ormai convinti di essere persone speciali. A me invece non successe niente di tutto questo. Percepivo i tentacoli di quella trappola mortale. Cambiare il proprio stile di vita e i propri atteggiamenti abituandosi ad avere sempre l’attenzione su di sè, avrebbe potuto avere gli stessi effetti di una droga come l’eroina probabilmente, con tanto di assuefazione. E ciò che mi tenne sempre lontano da quelle sostanze mi schermò anche nei confronti di quelle facili esaltazioni e da un fatale ingresso nei meccanismi morbosi della fama e del successo.
Ma la tua anima prog non è mai morta e con gli anni ’90 torna a galla prepotentemente sotto la sigla OAK. Come mai decidi di “buttare via” il Jerry eighties e ricominciare da capo? E come nasce il progetto?
J.C.: Sul finire degli anni ’80 avvennero due eventi che minarono la mia incolumità fisica e psichica. Mi aggrappai quindi alla parte più solida di me stesso che aveva come nome ProgRock. Non fu facile risalire la china e remare controcorrente ma con la forza della passione sono riuscito a tirar su una nuova storia, autentica e feconda.
Nel 1993 esce l’album “OAK”, seguito da “Heresis Strigiatum”. Mi parli di questi due lavori? Quanto c’è già del Jerry Cutillo “esploratore di tradizioni esoteriche” che deflagrerà definitivamente nel nuovo millennio?
J.C.: Proprio in questi giorni sto aggiornando il sito www.oaksound.com. Mi sono quindi immerso nel passato della band rimanendo favorevolmente impressionato dalla coerenza artistica dimostrata in tutti questi anni. Gli O.A.K. hanno rappresentato il mio punto di approdo dal quale sono ripartito a vele spiegate alla ri-perlustrazione del mio mondo musicale. Il primo album omonimo, uscito nel ’94 in versione musicassetta, fu prodotto nel mio home studio con l’ausilio di Iacopo Ruggeri, chitarrista storico della band. L’alchimia sonora presente nelle sei tracce é un concentrato di Prog/Folk/Psichedelia e riff grunge. Nel seguente “Heresis Strigiatum” c’è anche un tocco di space rock derivante dal movimento psichedelico inglese degli anni ’90. Il circuito dei Festival estivi, relativo a gruppi come Mandragora, Ozric Tentacles, Moondragon ed altri, era l’unico ad emettere segnali degni di nota in quegli anni. Il sound e lo stile di scrittura dei testi nei primi album degli O.A.K. non sono distanti da quello che canterò venti anni dopo nella trilogia esoterica. Sembra proprio che mi stia avvicinando sempre più al buco nero dal quale continuo ad essere inesorabilmente attratto.
E poi esplode la moda della covermania che colpisce in pieno anche gli OAK, dandoti ampio spazio per abbracciare una delle tue più grandi passioni: i Jethro Tull. Nonostante sia una scelta davvero controcorrente, in un periodo in cui la band inglese non è proprio “sulla cresta dell’onda”, il progetto riscuote un gran successo e ti vede calato perfettamente nei panni dello “Ian Anderson italiano”. Ma dove nasce l’esigenza di seguire la moda delle cover band, nonostante tutti i rischi del caso specifico, e qual è stato il processo di trasformazione OAK/Jethro Tull?
J.C.: Credo che chiunque, almeno una volta nella vita, abbia provato il desiderio di emulare il personaggio che rappresenta il proprio ideale di perfezione. Si tratta per lo più di coincidenze, casualità che scatenano reazioni indelebili e perdurano lungo l’arco della nostra vita. E se in una serata d’autunno, un giovanissimo aspirante freak incontra un menestrello con capelli e barba lunga, vestito di un pastrano con una chitarra a tracolla…..Aqualung sta per rivelarsi.
Sebbene gli OAK fossero stati formati dal sottoscritto per dare corpo a composizioni originali, il fenomeno della cover mania non mi lasciò indifferente. I gestori dei locali purtroppo non prevedevano altro e dovendomi inchinare a un simile diktat, optai per la musica dell’artista che più sentivo vicino. Feci una rapida opera di convincimento nei confronti dei miei tre compagni di band e riuscimmo ad inserirci nel programma del teatro Palladium di Roma. Mi ero esercitato a volteggiare il flauto e a suonarlo rimanendo in equilibrio su una gamba sola, avevo inoltre delegato alla mia vicina di cucirmi un soprabito di tartan scozzese e mi ero infine lasciato crescere i capelli. Il risultato fu sconvolgente! Dopo una decina d’anni di affermazioni nel settore delle tribute bands con numerosi encomi e riconoscimenti, si cominciò però a rivaleggiare tra bands per chi fosse il più Ian Anderson di tutti e quando Glenn Cornick mi presentò a Clive Bunker dicendo: “Jerry Cutillo, il clone di Ian” risposi stizzito: “Non sono un clone!”. Ci sono momenti della nostra vita dopo può accadere l’impensabile. Qualcosa che avevi anelato per anni, finisce improvvisamente per non avere più importanza.
Che ricordo hai delle Itullians Conventions? Mi racconti l’esperienza del “flute contest” del ’97 in cui “stracciasti” tutti i concorrenti di fronte a Glenn Cornick?
J.C.: Rispetto ai miei ideali artistici ho sofferto spesso di solitudine e isolamento. Non sempre infatti sono riuscito a trovarmi al posto giusto nel momento giusto. Il tributo ai JT degli OAK ne è la dimostrazione. Arrivò in uno dei momenti più critici per la band di Ian Anderson e per tutto il Prog in generale, gli anni ’90. Un temerario ebbe il coraggio di aprire un pub e chiamarlo Aqualung. Era sempre vuoto e dopo poco tempo chiuse i battenti. Poi, dal nulla spuntò il fan club de iTullians. Non ho mai aderito ad un fan club in vita mia e quindi non ne diventai socio ma col tempo capii che un Associazione riconosciuta a livello Istituzionale ha molto più peso di un gruppo musicale. Tuttavia, quando ebbi con loro il primo approccio, nell’estate del ’97 a Castel Ceriolo (AL), trovai una dimensione ancora molto “naive”. Per puro caso partecipai al flute contest e arrivai primo. Fu tutto merito del mio amico Mario Prili il quale, partito con me da Roma, prese l’iniziativa mettendomi in lizza per il concorso. Non credo sarei riuscito ad esibirmi in un tale contesto senza la sfrontataggine di Mario… per cui iTullians devono prendersela con lui (ride).
Tra il pubblico c’era Glenn Cornick con il quale mi intrattenni nel fine serata ed esattamente dodici mesi dopo eravamo sul placo insieme per una stringa di concerti in Italia.
La demo “S.A.T.O.R.” e poi ancora “Parallel Dances”, “Re-living In The Past”, “Filosofisenzalibri”, “Shaman Feet”: anni davvero prolifici per gli OAK quelli da 1998 al 2011, affiancati dagli spettacoli dedicati ai Jethro Tull. A quale (o quali) di questi lavori sei più affezionato? E quale (o quali), a distanza di diversi anni, pensi sia il più riuscito?
J.C.: Ho tendenza a cercare di superare sempre il mio precedente traguardo. Per cui, togliendo “Re-living in the past” che fu un lavoro di sole covers Tulliane, per gli altri vale la regola di cui scrivo.
“Spulciando” nella tua vita artistica, mi sono imbattuto nella grande “furbata” del Geronimo’s Pub. Ti va di raccontarla?
J.C.: Nel ’98 ebbi l’occasione di condividere il palcoscenico non soltanto con Glenn Cornick ma anche con il suo ex compagno di band Clive Bunker. In quel periodo la formazione degli OAK era strepitosa e Clive ne rimase colpito. Quando giunse a Roma per un concerto con il chitarrista Hendrixiano Carvin Johnes, andai a salutarlo. Il Geronimo’s pub era un locale molto ambito dalle tribute bands ma gli OAK non vi avevano ancora mai suonato. Quella sera feci quindi del mio meglio per bucare il velo di indifferenza mostrato sin d’allora dai proprietari rispetto alla mia proposta musicale. Mentendo dissi loro che Clive sperava di poter aprire la serata con qualche brano del suo vecchio, amato gruppo, i Jethro Tull. Loro acconsentirono ed io tornai da Clive riferendo di una presunta richiesta da parte del locale di farci aprire la serata con qualche classico dei JT. Non avremmo certo potuto scontentare Geronimo! E cosí Clive accettò. A quel punto chiamai il resto della mia band che era già presente in sala e partimmo con un set strabiliante. Il risultato fu una standing ovation con richiesta di bis e da quel giorno la nostra residenza al Geronimo’s pub è stata regolare e ininterrotta per tredici anni.
Con “Filosofisenzalibri” e, ancor più con “Shaman feet”, iniziano a fioccare le grandi collaborazioni: Rodolfo Maltese, David Jackson, Glenn Cornick, Maartin Allcock, Jonathan Noyce. Qual è stato, effettivamente, il loro apporto e quanto ha contato, nella tua crescita artistica, averli accanto in queste occasioni?
J.C.: Il mio primo approccio con i big, in veste di manager, lo feci con Glenn Cornick e non fu semplice perchè insieme a lui, in formazione, avevamo l’inglese Robert Illesh e lo spagnolo Jonsalo Carrera. Devo confessare che dell’esperienza con loro preferisco ricordare soltanto i momenti delle performance. In quelle liberavamo tutta la nostra carica esplosiva realizzando dei top tributi che facevano rivivere gli esordi della band di Ian Anderson. Poi arrivò il turno di Maartin Allcock che in principio era molto diffidente rispetto al nostro paese per aver avuto cattive esperienze in passato. Finí invece per innamorarsene ma questa è un’altra storia. Rimanendo sul tema collaborazioni, una volta rotto il ghiaccio divenne per me un’operazione molto naturale contattare gli special guests ed organizzare la relativa logistica. Questo avveniva in modo spontaneo perchè l’obiettivo comune era quello di condividere nuove esperienze e realizzare progetti di cui eravamo tutti interessati. Le operazioni quindi si svolgevano su binari paralleli, senza distinzioni di categoria. Sai, una volta che li hai avvicinati, questi mostri non fanno più paura. Ne scopri genialità e debolezze, proprio come tutti noi.
Sempre nel periodo di “Filosofisenzalibri”, la sigla OAK assume un nuovo significato concettuale: Oscillazioni Alchemico Kreative. Come mai questo “passaggio” e quanto è dovuto ai contenuti dell’album?
J.C.: Nel lontano ’93, in una delle primissime prove in saletta, il bassista Giovanni Quarta arrivò esclamando: Ho trovato il nome per il gruppo…Oak! Ci sembrò ottimo; breve e significativo. La quercia sarebbe stato il nostro albero magico. Più tardi ci accorgemmo però di quante insidie celava quel nome. Intanto la sua impronunciabilità da parte dei nostri connazionali che non possono certo immaginare di dover pronunciare la vocale “A” come se fosse una “U” (misteri della lingua anglosassone), poi la similitudine con simboli relativi a pallide storie governative ed infine la massiccia diffusione della parola nei paesi anglosassoni dove rappresenta una sorta di apostrofo per Pubs, Hotel, Negozi and so on…
Pensavo tuttavia che fossimo stati sprovveduti soltanto noi ma recentemente ho scoperto centinaia di band, sparse in tutto il mondo, che hanno nome OAK. Quindi si è cercato di riparare creandone un acronimo. Oscillazioni Alchemico Kompresse (con la “K” che rinforza il concetto). Poi arrivò la collaborazione con Claudio Rocchi che soffriva purtroppo di una malattia degenerativa ed era in piena espansione spirituale. L’aggettivo “Kompresso” non si addiceva al suo estremo tentativo di liberarsi e volare. Sostituii quindi l’ultima parola dell’acronimo con “Kreative”. Ma a tutt’oggi questo nome non ha vita facile e, nonostante i puntini, c’è sempre bisogno di una puntualizzazione. Credo che la cosa migliore sia sottolinearlo con O.A.K. Jerry Cutillo, sperando che nel frattempo non spunti qualche mio omonimo.
La cosa che davvero dispiace è la totale irreperibilità fisica di quasi tutti i lavori che precedono “Viandanze” (2015). C’è mai stata (o ci potrebbe essere in futuro) la possibilità di un recupero e una ripubblicazione delle varie opere?
J.C.: Accade spesso che in seguito ad una sopraggiunta “visibilità”, un gruppo debba riconsiderare i propri precedenti lavori. Questo è molto lusinghiero e allo stato attuale gli O.A.K. stanno suscitando un cosí grande interesse in tutti i continenti che ci sarà sicuramente motivo di ristampare tutti i primi album. E di questo ne sono profondamente orgoglioso perchè ritengo che siano opere che meritano ascolto.
E nel 2015 arriva, appunto, “Viandanze” e, con esso, prende il via la “trilogia prog esoterica” degli OAK che si concluderà, nel 2020, con "Nine witches under a walnut tree". Una miscela di storia, folklore, magia, scienza e la toccante dedica a tuo padre di “My old man” caratterizzano i testi dell’album, tutto avvolto da una musica immaginifica che fa del folk-rock progressivo il suo punto fermo. Ti va di parlarmi del percorso che il “viandante” Jerry ha affrontato durante la sua stesura?
J.C.: Un mio progetto letterario dal titolo “Come una volpe tesa a rubare nel cortile delle voci” si era ormai trasformato nel “Rockbook”, spettacolo che ripercorreva le fasi più salienti della mia storia artistica e il feedback generato dai nostri show multimediali era estremamente positivo. Mi ritrovai ad interagire con la line up più numerosa della storia degli O.A.K. Fino a dodici artisti che si alternavano in scena contribuendo a dar vita ad un percorso che da un iniziale background Prog si snodava in direzione Art Rock decadente, poi Pop per virare e giungere alle lontane lande siberiane prima di un definitivo ritorno. Un viaggio, o meglio, una Viandanza lungo le strade del mondo che al suo termine, come per incanto, mi riportava sui tratturi del Sannio. Sentieri secolari attraverso i quali i miei antenati avevano compiuto i cicli della transumanza e che risuonavano ancora dei richiami per le mandrie. Le mie origini agresti sussultarono ancora, in seguito alla morte di mio Padre che avvenne nello stesso periodo della scomparsa della madre di David Jackson. Al sassofonista dei VdGG avevo fatto ascoltare il brano “My old man” e lui ne era rimasto profondamente colpito. Effettuammo parte delle registrazioni, alle quali partecipò anche Jonathan Noyce, nello studio dei Fairport Convention a Bodicote, in Inghilterra. Poi proseguii il lavoro nel mio home recording studio a Roma.
Dopo l’autoproduzione dell’album “Shaman feet” avevo ripreso anche i contatti con il produttore di “Filosofi senza libri”, Marco Viale che nel frattempo si era trasferito in Svizzera. Circondati dai rilievi alpini del Ticino realizzammo i missaggi del primo volume della trilogia prog esoterica degli O.A.K.
“Viandanze” nasce quindi nella tua mente come allegato sonoro al libro “Come una volpe tesa a rubare nel cortile delle voci”, opera in cui narri alcune vicende della tua storia musicale. Il progetto iniziale è stato poi “sovvertito” dalla parte sonora, completata in anticipo rispetto al libro e, quindi, pubblicata. L’idea del libro, al momento, è stata solo messa in “stand-by” e dobbiamo aspettarci una sua uscita in futuro?
J.C.: Il libro, o per meglio dire, il racconto multimediale di esperienze mie e di altri personaggi nei quali, nel bene e nel male, mi sono imbattuto lungo la mia folle corsa agli “anta”, é in continua ebollizione. Piuttosto che un resoconto auto indulgente delle mie vicende però, spero che rappresenti una sorta di vademecum per giovani apprendisti “viaggiatori del tempo”. Detto in parole povere, un bignami sugli errori da non commettere per quanti volessero intraprendere la carriera musicale, considerando che tra qualche anno le cose potrebbero cambiare radicalmente.
Tornando col senno di poi su “Viandanze”, c’è una cosa che mi ha colpito più di ogni altra e, onestamente, è stata una sorta di “epifania”: la “trilogia prog esoterica” è già tutta lì! In “Magica noce” anticipi "Nine witches under a walnut tree" narrando la storia delle janare, le streghe di Benevento, con i loro riti celebrati sotto un albero di noce nei pressi del fiume Sabato, mentre in “Giubileo” citi la fine “arrostita” di Giordano Bruno. La “bozza” dei tre album, dunque, era già nella tua mente prima di iniziare a scrivere “Viandanze”? Dubito sia solo un caso…
J.C.: In una sintesi estremamente cinica, i due album che seguono “Viandanze” potrebbero ritenersi quasi “superflui” ma temo che sia Giordano Bruno che le Nove protagoniste del sabba sotto il noce di Benevento si rivolterebbero dalla tomba e per me sarebbero ***** amari ! Sarebbe come dire ad un secondo e terzo figlio di essere “riempitivo” rispetto al primo.
Tuttavia, credo che tu abbia ragione. Ma… il Prog é l’esatto contrario del concetto di sintesi.
Il 2018 è l’anno di “Giordano Bruno”. Quando e come nasce l’amore per il controverso filosofo nolano? È stato arduo il processo che ti ha condotto dalla prima nota scritta al doppio vinile?
J.C.: Il nove giugno del 1889 a Roma, in Piazza Campo de Fiori, fu inaugurato il monumento a Giordano Bruno. Da quel giorno i cattolici più intransigenti chiamarono quella piazza, Campo Maledetto! Ciò sta a dimostrare il lungo e drammatico conflitto tra forze laiche e Clero che si contrapposero a lungo. A pochi passi dal Vaticano c’era in ballo la realizzazione di un monumento ad un eretico arso sul rogo il 17 febbraio 1600. Ma con quella prima vittoria delle forse progressiste, Piazza Campo de Fiori divenne la scacchiera sulla quale si giocarono molte altre battaglie sociali. Anch’io fui attratto dal luogo e nonostante non conoscessi ancora bene la storia del filosofo nolano, rimasi impressionato dallo sguardo di sfida di quel monaco incappucciato con un libro stretto tra le mani. D’altronde Giordano Bruno è stato sempre trascurato dalla storiografia ufficiale e, a tutt’oggi, la Chiesa non ha ancora presentato le proprie scuse per aver barbaramente ucciso uno dei massimi esponenti dell’intellighenzia del nostro paese. Un altro elemento che ha determinato il mio orbitare intorno alla figura di Giordano Bruno è inerente ad una delle mie prime visite nel centro di Roma. La Piazza adiacente a Campo dè Fiori ospita la sede dell’Ambasciata Francese e negli anni’70 era sempre affollata di sessantottini che bivaccavano sulla seduta marmorea che cingeva Palazzo Farnese. Il caso volle che un menestrello, male in arnese, si sedesse a strimpellare Aqualung in mia presenza, colpendomi in pieno con il suo pulviscolo sonoro. Ascoltando “Angeli senza ali” il breve brano acustico che chiude la prima delle quattro facciate del disco, possiamo immergerci in un viaggio del tempo che spiega tutto.
Ma tornando alla realizzazione tecnica dell’album “Giordano Bruno”, posso affermare che la fase concettuale, insieme a quella compositiva sono state straordinariamente rapide e immaginifiche. Per tutto il resto invece c’è stata più di una complicazione. Le registrazioni si sono rivelate faticose (o suonato io gran parte degli strumenti) e le relazioni con alcuni collaboratori/collaboratrici terribilmente stressanti e inconcludenti.
E come mai l’idea di riprendere il brano “Sandali rossi”, già pubblicato in “Heresis Strigiatum”?
J.C.: Qualcuno ha definito “Sandali rossi” la “Stairway to Heaven” degli O.A.K. La suite fu composta da me nel ’94 e inserita nell’album “Heresis Strigiatum” prodotto con una tecnologia molto limitata. Con questo non voglio dire che tutti i vecchi album dovrebbero essere registrati nuovamente. Ogni produzione artistica è figlia del suo tempo ma se nell’arco di più di venti anni sopraggiungono mutamenti di rilievo nelle possibilità/capacità di concretizzare un progetto, riproporre un cavallo di battaglia nel contesto giusto non mi sembra scandaloso. Se poi ciò avviene con un nuovo contributo come quello di David Jackson, il re-make è ancora più motivato. Nella ristampa di “Heresis Strigiatum” non comparirà “Sandali rossi”, la versione ufficiale è ormai quella presente su “Giordano Bruno”. Tuttavia, in qualità di bonus track, verrà inserita “Red sandal 37”, la versione cantata in inglese e risalente anch’essa al lontano ’94.
“Giordano Bruno” è stato un successo internazionale straordinario. Eri certo della buona riuscita del prodotto o questo clamore ti ha un po' sorpreso?
J.C.: Sia al momento della genesi di ogni mio nuovo lavoro, che nel processo della sua realizzazione fino al termine, ho sempre avuto l’impressione d’aver compiuto il mio “the best of”.
GB ha sicuramente avuto degli elementi a suo favore ma questi, con la musica, hanno soltanto in parte a che fare. L’iter di un uscita discografica non “mainstream” è totalmente imprevedibile. Vanno poi sottolineati i condizionamenti a cui siamo sottoposti. É triste dover constatare quanto sia manipolabile il giudizio altrui. E non mi riferisco a GB in particolare ma a quello che accade in ogni settore produttivo e consumistico. Vi porto alcuni esempi su scala internazionale che ripeto, non hanno troppo a che fare con il mio lavoro ma che possono suscitare qualche interrogativo. Nel febbraio del ’79 usciva “The great rock and roll swindle “ dove il manager Malcom McLaren spiegava tutti gli step per creare un prodotto di successo a tavolino. Nel ’95 invece, all’esterno dei principali record stores londinesi veniva esposta la pubblicità del disco di un gruppo sconosciuto (rimasto tale) che aveva come titolo “How to make friends and influence people”. Non ci crederai Donato, ma finii per acquistarlo. Ripeto, questi due esempi non aderiscono certo ad una realtà come la mia, ma ci lasciano riflettere su quanto non sia sufficiente suonare soltanto buona musica per ottenere riscontri. L’accensione della miccia può essere casuale ma il più delle volte è indotta dall’utilizzo di alcuni “hooks”. L’innesco finisce poi col produrre una reazione a catena che veicola il giudizio critico a senso unico. Non dimentichiamoci poi, che allo stato attuale, una buona percentuale di addetti ai lavori in campo artistico è priva dei minimi rudimenti di conoscenza musicale, quindi il condizionamento diventa assoluto.
Una curiosità: come mai, nella narrazione di “Giordano Bruno”, hai realizzato un “percorso ciclico” che parte da quel 17 febbraio del 1600, da Campo de’ Fiori, per tornare indietro e narrare alcune delle vicende dell’intensa vita del filosofo e poi concludersi nuovamente lì, tra le fiamme dell’Inquisizione?
J.C.: È uno stile cinematografico che avevo già sperimentato in passato ma era rimasto circoscritto a dei singoli brani, per cui l’effetto risultava minore. In un album doppio, della durata di 74 minuti come GB invece, il risultato è stato deflagrante.
I miei approfondimenti su tematiche relative ai viaggi nel tempo mi hanno poi permesso una adeguata mobilità di scrittura per tracciare gli eventi nella giusta successione.
Il legame con la tua terra sannitica e la sua aurea “magica” è davvero molto forte e, dopo l’accenno in “Viandanze”, finalmente riesci ad ambientare un intero album “a casa tua”: "Nine witches under a walnut tree", uscito il 9 settembre 2020. Ti va di presentare il nuovo lavoro?
J.C.: L’idea originaria era quella di rappresentare in musica nove siti tra i più esoterici sulla Terra. Ma il risultato sarebbe stato troppo dispersivo, immaginai, e quindi restrinsi il campo d’azione (si fa per dire) ad un contesto più “familiare”. Dopo aver lavorato di memoria e letto la consueta pila di libri sui temi “Caccia alle streghe”, “Noce di Benevento”, “Stretto di Barba”, “Processi per Stregoneria” etc…per avere una visione ancor più ampia dell’argomento, ruppi gli indugi e contattai gli esperti Paolo Scalise e Carlo Napolitano. Furono loro a guidarmi sulla Ripa delle Janare e nei luoghi dove presumibilmente si trovava il Noce. Più la ricerca proseguiva, più i segnali diventavano positivi e gli embrioni creativi si sviluppavano ed arricchivano di nuovi elementi.
Chlodswinda, Gioconna, Dame Harvillers, Janet Boyman, Franchetta Borelli, Polissena, Donna Prudentia, Nadira e Rebecca Lemp: come si è svolta la tua “caccia alle streghe”?
J.C.: L’opening track “Chlodswinda” è dedicata ad un personaggio frutto di una ricerca storiografica sulle dominazioni che si sono susseguite nel territorio del Sannio. Provenienti dalla Scandinavia, i Longobardi si stabilirono per quattro secoli in quelle regioni dando vita al Ducato di Benevento. Le prime fonti storiche che riguardano l’albero di Noce risalgono ai loro rituali.
“Gioconna” invece é la discendente di una nota strega del folklore beneventano: La Zucculara. “Dame Harvillers” proviene da Ribemont ed è un’alchimista francese realmente esistita che fu condannata al rogo per aver causato avvelenamenti tra la gente del suo villaggio. “Janet Boyman” è nativa di Edinburgo e viene perseguitata per i suoi contatti con il “piccolo popolo degli specchi d’acqua”. Si imbarca clandestinamente su una nave diretta a Napoli, dal cui porto si incammina per raggiungere le sue compagne sotto l’albero di Noce di Benevento. “Franchetta Borelli”, la strega di Triora, viene incarcerata e torturata per aver “causato” una carestia nella zona ligure. “Polissena” è un’esile ragazza, affetta da epilessia, esperta in viaggi nel tempo. “Donna Prudentia” proviene dalla Tuscia ed è una guaritrice, ma quando le sue cure non sortiscono gli effetti desiderati, viene sottoposta a violenze inaudite. Al sabba Prudentia si reca con una copia del “Malleus Maleficarum”, il libro scritto da due monaci domenicani che spiegano come riconoscere le streghe, come torturarle per estorcere loro le confessioni ed infine come giustiziarle. All’interno di un cerchio di candele nere Donna Prudentia dà fuoco a quel libro maledetto. Discendente di una delle sacerdotesse della dea Iside, il cui culto fu molto diffuso nel Sannio antico, “Nadira” rievoca con una danza alare l’estremo tentativo di ricomporre le membra dilaniate del suo amato Osiride. Infine “Rebecca Lemp”, che sale sulla rupe delle Janare per mostrare alle altre il bagliore causato dall’esplosione della supernova Tyco che nei giorni del novembre 1572 illuminava le notti d’Europa.
C’è qualche dettaglio particolare, nascosto, qualche aneddoto che ti va di condividere sul processo creativo e la realizzazione di "Nine witches under a walnut tree"?
J.C.: Caro Donato, ad ogni domanda da te posta sembra che tu conosca già la risposta!
Uno degli aneddoti legati al processo creativo dell’ultimo step della trilogia è sicuramente quello relativo all’episodio di quando, guidato dal professor Paolo Scalise, mi inerpicai sul costone di roccia che delimita lo stretto di Barba in provincia di Benevento. Procedendo in salita oltrepassammo una fitta vegetazione incolta, costellata da filo spinato arrugginito. Arrivammo sulla spianata che dà forma al limite estremo della rupe delle Janare da dove si domina la valle. Poco distante, l’altro costone di roccia si stagliava di fronte al nostro sguardo dando forma alla gola nella quale i Sanniti intrappolarono l’esercito romano nello storico episodio delle Forche Caudine. Il Prof Scalise era in preda ad una eccitazione maniacale e mi invitava ad avvicinarmi allo strapiombo da dove, la leggenda narra, le streghe gettavano i corpi dei neonati. Mi tenni a distanza di sicurezza ma nonostante tutta la mia attenzione, nella seguente discesa dalle rocce scivolai su del filo spinato procurandomi una brutta ferita al braccio destro. Dopo il sanguinamento apparí un graffio che sembrava causato da lunghi artigli. Avevo di certo profanato un luogo denso di misteri e quello forse, era un semplice avvertimento!
Con il Prof Napolitano invece, visitai il castello di Ceppaloni, risalente al periodo normanno, che domina la sottostante valle del fiume Sabato. Con noi c’era un gruppo di giovani ricercatrici americane guidate dalla medium, growl singer Karyn Krol Tiso, nota studiosa statunitense di esoterismo sannita. Lei e il Prof Napolitano ci istruirono sui luoghi degni di nota sparsi tra le provincie di Benevento e di Avellino. Ascoltavo avidamente quelle lunghe disquisizioni ed avevo come l’impressione di stare vivendo momenti irripetibili, una sorta di gita culturale condivisa insieme ad un’accademia di stregoneria. Avvertivo già la risonanza interiore che stava producendo quell’esperienza ed ero fiducioso che il progetto delle Nove streghe sotto l’albero di Noce, già a buon punto della lavorazione, ne avrebbe ulteriormente giovato. Non amo immortalare momenti di vita su fotografia, preferisco viverli pienamente ma quel giorno sentii qualcosa che mi spingeva a scattare una foto a quell’allegra, esotica combriccola. Le ragazze si misero a schiera, premetti e mi affrettai a vedere il risultato. Contai i profili nell’immagine e… le apprendiste streghe erano NOVE!
Eccezion fatta per il legame tra le tematiche, quali sono i punti di contatto e le differenze sostanziali, secondo il tuo punto di vista, tra i tuoi ultimi tre album?
J.C.: Uno dei miei desideri non corrisposti, legati alla mia avventura con gli O.A.K., è stato il vano tentativo di costituire una formazione stabile e produttiva, in puro stile anni ’70. Ma…niente da fare, sarebbe forse stato più facile trovare nel 2020 pepite d’oro nei fiumi americani. Ma dove sono finiti quei musicisti che si chiudevano in un cottage come quello di Headley Grange e vi rimanevano mesi a provare nonostante topi e spettri vi girovagassero notte e giorno ??????
Fatta questa premessa, posso affermare che per “Viandanze” ci fu una partenza sufficientemente coesa da poter rassomigliare ad un lavoro di gruppo, ma in seguito la disponibilità dei componenti si rivelò irregolare, fino a sbriciolarsi definitivamente. Non è una critica diretta ai miei collaboratori anzi, non posso dare loro torto visto che l’attività del musicista non è più inserita nel libro di paga delle professioni. Si tratta quindi di pretendere impegno e costanza senza relativo compenso. Mi sono trovato più volte a cavalcare due ruoli differenti, quello dell’artista e quello del manager/produttore e posso assicurarvi che è un incubo.
Tuttavia, tornando alla tua domanda, posso confermare che in “Viandanze” si avverte una sorta di alchimia, anche se approssimativa, che sembra il risultato di una formazione pseudo prog. Mi viene da sorridere però, al pensiero che tutti i partecipanti all’album (meno uno) si ritrovarono per la prima volta insieme soltanto in occasione del concerto del 4 nov 2015 al Teatro del Lido insieme alla cantante siberiana Choduraa Tumat.
Per “Giordano Bruno” quindi, pensai fosse utile ridurre i ranghi per incorrere in meno imprevisti possibili (il bassista si era nel frattempo trasferito a Mosca e il batterista con cui avevo cominciato le registrazioni di GB aveva trovato lavoro allo Sheraton Hotel di Milano). Ma ci fu anche una scelta tecnica; per ottenere un sound più originale feci a meno della chitarra elettrica. Orientai quindi la natura sonora degli O.A.K. su di un versante folk/sinfonico e la mossa si rivelò azzeccata, considerando che facemmo a meno del discepolo di Fripp, membro della League of Crafty Guitarist,
Al Bruno. Alla fine, disponibili rimanevamo io e il pianista Francesco De Renzi ma fortunatamente, in seguito, si verificò un’escalation di collaborazioni che incrementarono lo spessore dell’album. Mi riferisco all’onnipresente David Jackson, Richard Sinclair, Maartin Allcock, Sonja Kristina, Jenny Sorrenti, Derek Wilson e altri.
Nel terzo ed ultimo capitolo della trilogia accettai invece la sfida di realizzare un buon album nonostante l’assenza di questo o quello e facendo addirittura a meno del drumming di un batterista in carne ed ossa. In realtà parecchio del materiale registrato con special guests, di cui non rivelo i nomi per fair play, fu cestinato. Oggi più che mai, a me interessa il risultato sonoro e non il nome da sbattere sulla copertina come richiamo per le vendite. Finii quindi per suonare anche questa volta quasi tutto l’album da solo, se si eccettua il solido e risolutivo lavoro al basso di Jonathan Noyce su otto dei nove brani dell’album, il sax di David Jackson sul finale di “Donna Prudentia” un intervento pianistico di Daniele Fuligni sulla prima parte di “Dame Harvillers”, un breve intervento canoro da parte del soprano Tetyana Shyshnak su “Gioconna”, qualche vocalizzo su “Nadira” di Cristiana De Bonis, il contributo al testo di “Rebecca Lemp” da parte di Gerlinde Roth e poco altro. Ma quest’ultimo lavoro è il più definito dei tre, e ciò a causa del lockdown seguito allo scoppio della Pandemia di Covid. Avremmo dovuto presentare il nuovo album il 2 marzo 2020 all’Auditorium insieme ai Caravan ma l’evento fu cancellato. Una gran delusione, indubbiamente, ma ciò permise un lavoro di rifinitura extra delle tracce dell’album. Finalmente, dopo un’estate da batticuore, i vinili arrivarono e gli apprezzamenti delle riviste e siti prog sparsi in tutto il mondo mi hanno riempito il cuore di soddisfazione. I maggiori encomi infatti continuano a pervenire da esperti di prog sinora a me sconosciuti, Giornalisti per i quali gli O.A.K. rappresentavano fino a poco tempo fa soltanto un grattacapo per l’omonimia con altri gruppi di livello internazionale ma ora quotano “Nine witches under a walnut tree” con valutazioni molto alte.
Tutta la tua carriera con il progetto OAK, comunque, è “impregnata” di elementi magici/esoterici/folkloristici. Ma cos’è che ti affascina davvero di queste tematiche e come riesci a convogliarle nelle tue creazioni (anche attraverso quell’alchimia di suoni e generi tipica del tuo sound)?
Andrew Keeling
J.C.: Non possiedo alcuna formula segreta ed ho soltanto dedicato alla musica gran parte della mia vita. Quando si dice che il lavoro fatto con passione e volontà paga non è uno slogan ma la condizione imprescindibile per andare avanti e migliorare.
La vita è magia, basta viverla liberamente assecondando le proprie intuizioni. Non sono un esperto di esoterismo e non mi interessano le spettacolarizzazioni delle scienze occulte. La magia vive all’interno della natura, vibra delle sue trasformazioni e nonostante la scienza provi a far luce su tutte le leggi che regolano dell’Universo, ci saranno sempre domande inevase. Anzi, a volte abbiamo la sensazione che più proseguiamo sulla strada della conoscenza, più ci perdiamo in interrogativi sempre più complessi. Poco tempo fa Andrew Keeling, musicista, medium e curatore della biografia dei King Crimson, mi pose alcune domande sulle relazioni tra musica ed esoterismo. Non trovai di meglio che descrivere le immagini, elaborate dalla mia fantasia, che mi hanno accompagnato nella crescita e permesso di volare alto sulle miserie del mondo.
Già gli ultimi lavori prima di “Viandanze” ti avevano visto lavorare in solitaria, attorniato da straordinari collaboratori. Ora, con gli ultimi tre album, la tua figura di deus ex machina del progetto OAK è emersa definitivamente. Quali vantaggi dà il poter contare solo su se stessi in fase compositiva? E come scegli i collaboratori che dovranno interpretare le tue idee?
J.C.: Il destino ti orienta verso questa o quella direzione. Ho sempre avuto due strade davanti: Quella della rassegnazione, che significava rimanere in attesa del momento magico da condividere in gruppo… rischiando di aspettare in eterno, o quella dell’intraprendenza, anche se in solitaria, che corrispondeva al tentativo di concretizzare le mie idee contando soltanto sui miei mezzi. Non posso certo obbligare qualcuno a rispettare un impegno, e alla base di ogni attività amatoriale o pseudo professionale, c’è sempre la libertà di ognuno di cambiare idea e poter disporre del proprio tempo come meglio si crede. É evidente che con tali presupposti album come “Giordano Bruno” o “Nine witches under a walnut tree” non avrebbero mai potuto vedere la luce. Un discorso a parte invece va fatto per i contributi occasionali dei special guests.
Una caratteristica che, tra le tante, mi ha colpito molto positivamente nei tuoi lavori è quell’essenza tutta battiatiana di affrontare a testa alta liriche e canto in altre lingue (inglese, francese, latino, ecc.). Come avviene, di volta in volta, la scelta e dove nasce la necessità di esprimersi, in questi particolari frangenti, con parole che non siano nella tua lingua madre?
J.C.: Senza voler arrivare a scelte estreme come quella dei Sigur Ròs, posso affermare di provare un intenso piacere ad esprimere il mio canto con fonemi sconosciuti. Questo accade spesso nel momento dell’ispirazione. Dopo di che cominciano i dolori! Ho avuto molte indecisioni e difficoltà prima di riuscire a padroneggiare una lingua che esprimesse le liriche nei miei brani. Ho cantato in Inglese, in Italiano, in Tedesco, in Russo, in Francese, in Latino e persino in Siberiano e sono ancora in fase sperimentale, proiettato verso la creazione di un’alchimia linguistica che rispecchi il mio “sentire” la musica.
Glenn Cornick, Clive Bunker, Barriemore Barlow, Jonathan Noyce, Maartin Allcock, Dave Pegg, Ian Anderson: tanti sforzi e, infine, lentamente, sei riuscito a collaborare nei tuoi album e a condividere il palco con i tuoi eroi. Emozioni?
J.C.: Si, delle forti emozioni iniziali poi, il sopraggiungere della consapevolezza che tutti respiriamo, mangiamo, defechiamo etc…e che soltanto l’impegno e l’esercizio continuo possono portare risultati…ovviamente dando per scontata la presenza di talento.
Un catalizzatore per artisti orientati verso nuove forme d'espressione. Un punto focale di scambio e condivisione di progetti artistici professionali: CraftyArtVenture. Ti va di spendere qualche parola su progetto?
J.C.: Un’avventura di cui sono particolarmente orgoglioso. Con già un sufficiente bagaglio di esperienze in campo manageriale e soprattutto artistico, nel 2014 provai a creare un sodalizio di artisti indipendenti con i quali esprimere forme d’arte libere e originali. Intorno avevamo il deserto, nulla che potesse far risplendere la parola Arte. In una Capitale avara di iniziative, il fai da te era, come sempre, il solo modo per bypassare i latifondisti della musica che avevano come scopo guadagni sicuri con il minimo sforzo ed attuavano politiche di controllo sugli approvvigionamenti statali che poi si traducevano in zero investimenti. Soffrivo nel vedere tanti talenti che non poter emergere e decisi di dare il mio piccolo contributo per un cambiamento. Mi orientai verso un genere di proposte artistiche “trasversali” rispetto ai canoni, suddividendole in sei incontri tematici. Dalla Germania, da Milano, Napoli, Roma e dintorni arrivarono le adesioni di artisti che riempirono il cartellone degli eventi. Gli O.A.K. ebbero il ruolo di house band, ed oltre a proporre la mia musica accompagnarono le altre performance. Tutto questo fu possibile grazie al proprietario dell’Idea Factory co-working space Angelo Magni che mi aprí le porte del suo centro multimediale ad un costo minimo. Inoltre, il mio ringraziamento va al fonico Alfredo Fabbri e al gruppo dei miei collaboratori, senza i quali questa stupenda avventura non sarebbe stata possibile.
Cambiando discorso, il mondo del web e dei social è ormai parte integrante, forse preponderante, delle nostre vite, in generale, e della musica, in particolare. Quali sono i pro e i contro di questa “civiltà 2.0” secondo il tuo punto di vista per chi fa musica?
J.C.: Non posso che esserne strafelice. Il web “è ‘na livella” che in parte ridimensiona il divario tra ricchi e poveri, tra caste e gente comune. Mai scoperta fu tanto rivoluzionaria e siamo solo agli inizi. Ci sono ovviamente delle controindicazioni perchè i “navigatori” andrebbero educati nel fare un uso corretto delle piattaforme digitali. Temo che, piuttosto che continuare a leggere i “Promessi sposi”, ci si debba attivare anche a livello scolastico con degli opportuni training sulle potenzialità della rete.
E quali sono le difficoltà oggettive che rendono faticosa, al giorno d’oggi, la promozione della propria musica tali da ritrovarsi, ad esempio, quasi “obbligati” a ricorrere all’autoproduzione o ad una campagna di raccolta fondi online?
J.C.: La leggenda narra che alle origini dell’industria musicale, le case discografiche mettessero sotto contratto ogni gruppo emergente nella speranza di bissare il successo che stavano ottenendo quattro ragazzi di Liverpool che con le loro canzoni stavano risollevando i destini della corona inglese. Questo accadeva nell’ Inghilterra degli anni ’60 ma il vero faro per i nuovi prodotti musicali di quegli anni erano gli U.S.A. , vincitori del secondo conflitto mondiale. Un super business, legato al fenomeno musica, modellava sogni, aspettative e tendenze del popolo giovane. Ai gruppi che affioravano dall’underground veniva dato un lauto anticipo ed accadeva, molto più spesso che non il contrario, che i soldi finissero senza aver acquistato alcuna strumentazione o registrato neanche un demo. A quel punto il gruppo inadempiente cambiava casa discografica e giù con un altro anticipo! Those were the times!
Fare un paragone a distanza di più di cinquanta anni non avrebbe senso. È tuttavia fuori di dubbio che tutti i profili professionali che in passato orbitavano intorno ad un progetto musicale sono spariti ed è la figura del self artist che oggi predomina la nuova scena.
Qual è la tua opinione sulla scena progressiva italiana attuale? C’è modo di confrontarsi, collaborare e crescere con le nuove (e le vecchie) leve?
J.C.: Rispondevo recentemente alla domanda di Cousin Hub della rivista prog francese Koid9 sul tema relativo ad una presunta scena prog Italiana, prolifica, collaborativa e amichevole. E spiegavo che nonostante io abbia rapporti d’amicizia con molti esponenti del prog in Italia, nelle poche occasioni che abbiamo di incontrarci condivido con loro dei momenti iniziali molto piacevoli ma i restanti si rivelano sempre piuttosto monotoni. Inevitabilmente si devia sulle solite lagnanze; l’impoverimento dell’arte, la mancanza di investimenti, c’era una volta, le sale sono vuote, ai tempi miei etc…Sarà un caso, ma raramente sono riuscito a concretizzare qualche collaborazione con qualcuno di loro. Denoto molta discontinuità e carenza di concentrazione. La mia storia musicale è cominciata quando, molto precocemente, ho scoperto il rock romantico inglese negli anni ’70 e da allora sono rimasto sempre orientato verso quelle latitudini. Inoltre, io appartengo alla generazione X, il che significa che sono troppo giovane per la vecchia scuola ma troppo vecchio per il re-make del nuovo millennio. Dalle mie parti quelli della mia età sono come gli unicorni. Ne siamo rimasti pochi, decimati dagli anni di piombo, dall’eroina di stato, dalla follia causata da viaggi lisergici andati male e, infine, dall’AIDS. Tuttavia conosco bene le vecchie e nuove realtà del nostro paese ma sembra che quest’ultime finiscano sempre per rimanere schiacciate dal clichè che determina le bands anni ’70 migliori delle altre. Qualcuno accenna addirittura ad una sorta di caporalato! Quindi, un presunto clima collaborativo e amichevole in seno al movimento prog Italiano è alquanto improbabile. Dissento invece categoricamente quando ho conferma di come nel nostro paese valga più un arruffianamento che dieci capolavori di fila. La differenza dovrebbe farla allora il pubblico con ascolti attenti e un rinnovato interesse per le novità. Ma temo che ormai alla musica le si riconoscano soltanto gli aspetti ludici ed evocativi. Bisognerebbe quindi sperimentare nuove contaminazioni perchè le sette note, da sole, hanno perso di incisività e il pubblico è anestetizzato. Per il prog il discorso non cambia, anzi…e forse allora ha ragione Steven Wilson quando afferma che la musica progressive è morta. Ma allora entra in gioco la magia del web con le sue straordinarie potenzialità. Diventa quindi non più un gioco di quantità ma di qualità, sia musicale che di ascoltatori perchè la differenza, sostanzialmente, la fa chi ascolta. Soltanto allargando gli orizzonti si può sperare di ottenere un raggio d’azione più vasto entro il quale i miracoli tornano ad essere possibili.
Esulando per un attimo dal mondo OAK e “addentrandoci” nella tua vita, ci sono altre attività artistiche che svolgi nella vita quotidiana?
J.C.: Scrivo e provo a produrre brevi filmati con mezzi economici e con tecniche approssimative.
E parlando, invece, di gusti musicali, di background individuale (in fatto di ascolti), ti va di confessare il tuo “podio” di preferenze personali (escludendo i Jethro Tull)?
J.C.: I miei ascolti musicali sono tra i più disparati. Come background però partirei ovviamente dai mostri sacri: Genesis con Gabriel, King Crimson, VdGG etc…ma anche Portishead, il povero Jeff Buckley ed altri artisti praticamente sconosciuti.
Restando ancora un po' con i fari puntati su di te, c’è un libro, uno scrittore o un artista (in qualsiasi campo) che ami e che consiglieresti di approfondirne la conoscenza a chi sta ora leggendo questa intervista?
J.C.: Io proverei a leggere e ad ascoltare di tutto. La curiosità e la ricerca sono imprescindibili per vivere una vita ad occhi aperti. Dopo di che, ciò che maggiormente risuona dentro….lo custodirei come un tesoro.
Chitarre, tastiere, flauto e tanto altro: ma qual è lo strumento che ami di più e che più ti rappresenta?
J.C.: Amo tutti gli strumenti perchè in ognuno di essi c’è l’essenza della magia dei suoni. E come per l’interrogativo su quale lingua usare per cantare le mie canzoni, anche per la scelta di uno strumento musicale mi soo imbattuto in un gran rebus. Alla fine la soluzione è stata; usarli tutti!
Ma se per qualche motivo ne dovessi scegliere soltanto uno, provo ad immaginare il suono di una cornamusa che mi accompagnerà, il giorno quando chiuderò gli occhi, nel luogo dove appartiene il mio spirito.
Tornando al giorno d’oggi, alla luce dell’emergenza che abbiamo vissuto (e che stiamo ancora vivendo), come immagini il futuro della musica nel nostro paese?
J.C.: Starei cercando di abbattere ogni frontiera e di sentirmi ora più che mai un cittadino Europeo. Nel vecchio continente sono avvenuti i più cruenti scontri territoriali, le più grandi invasioni e le più lunghe dominazioni della storia. Come stormi d’uccelli impazziti i popoli sono dilagati lungo le terre d’Europa ed è ormai inesatto analizzare un fenomeno circoscrivendolo ad un singolo paese UE. Apparteniamo ad una stessa storia che ha plasmato nei secoli culture e tradizioni. Forse la mia è solo una speranza ma spero che presto potremo unirci in un’unica identità. Libero scambio e libere possibilità di condivisioni musicali. Soltanto uniti possiamo sopravvivere artisticamente.
A quasi tre decenni dall’avvio del percorso OAK, dalle prime formazioni (con i vari avvicendamenti interni) al Jerry Cutillo=OAK, ti va di trarne un primo bilancio? E, prima di salutarci, c’è qualcos’altro che ti va di condividere sulla tua lunga ed incredibile carriera?
J.C.: Quello degli O.A.K. è un percorso inarrestabile. Qualcosa che fin quando avrà luce, continuerà ad esistere. Questo gruppo vive d’ispirazione, di confronto, di forza nel volersi affermare come realtà artistica libera e indipendente. Rappresenta una finestra sul mondo che ci arricchisce e ci fortifica e il contribuito dato da tutti i suoi membri ha permesso l’aggregazione delle nostre energie con altre monadi artistiche per sviluppare progetti, focalizzare e realizzare traguardi.
E per chiudere: cosa prevede il futuro di Jerry Cutillo/OAK e "Nine witches under a walnut tree"?
J.C.: Il viaggio nel tempo è già cominciato.
Grazie di cuore Jerry!
J.C.: Tante grazie a te Donato, mi sento spremuto ma felice. Alla prossima uscita.
Serge Marcoux interviews Jerry Cutillo O.A.K. - Profil september 2020
Profilprog (PP): Hello Jerry and thank you so much for giving us time to answer our questions.
O.A.K.: My pleasure. I’m happy to be on ProfilProg again and thanks for paying attention to my work.
PP: Can we consider your new record, « Nine witches under a walnut tree », as the conclusion to a trilogy of albums related to the magical world or mysterious world? If so, tell us a bit about that trilogy please.
O.A.K.: When in 2016 we published “Viandanze”, first album of the trilogy, I realized I had found my branch within the “classic prog” genre. My previous attempts have had a greater range of contaminations which made some of the old prog fans confused (I remember when in 2011 I played the Prog Exhibition Festival appearing on stage with balalaika and siberian costume and the audience was shocked). So, recently I turned to my friendly old ghosts and faced my keyboard’s background again (I was born as an organist apprentice in 1973). I do not have any presumption to present a newly born hip sound for a trendy audience and I must admit that what I’ve produced on this trilogy is rather derivative (an adjective that applies to most of Italian prog). On the other hand, I have now the possibility to express the deeper aspects of my music to a sensitive, cult audience (thanks to the web). To me progressive music has always been related to the magical and mysterious world and even if I have never had any conscious relationship with the esoteric world, I can say that I have accumulated some weird anecdotes over the course of my life. Few weeks ago, a well-known English occultist, Mr. Andrew Keeling, asked me the reason of the esoteric presence within prog music and what is the driving force that push some musicians to embrace its initiatory processes. I cannot hide the fact that I was quite flattered to receive such a sign of esteem from the author to whom Robert Fripp had turned up for the writing of the musical guides of his first albums in King Crimson. I did not hesitate to answer him and, if you allow me Serge, here are some fragments of my reply:
“…I believe that music is the quintessence of occultism. Of course, it has gone under some distortions, but its main principle is set a connection with the invisible world. In ’69 Bob Fripp and his band mates had numerous visits by supernatural entities. During the recording of their first album, they felt some guiding presences that seemed to convey their musical efforts…
“…When, at the end of the sixties, Peter Hammill went to meet Graham Bond, the latter understood how that meeting could represent a handover. The founder of the Graham Bond organisation was dealing with serious drugs & alcohol addictions and his days were numbered; so, he passed the magic torch to Peter…”
” …There seem to be a sort of natural identification among individuals with similar sensitivities, perceptive abilities and corresponding predestinations…”
These were sketches from my esoteric prog background which always provides me new ideas and motivations to keep on proggin’ in the new world.
PP: « Giordano Bruno” was very well received inside the progressive community but « Viandanze”, the first of the three is not so well-know. Is it still available? Was it a thematic album? Please give us a little background about it.
O.A.K.: I started to write “Viandanze” in 2013. It actually should have been an audio book about my music experiences, but the songs went on and the pages got stuck empty (laughs). I made some of the album recordings in Switzerland with producer Marco Viale and then I went playing the Cropredy Festival in UK with my other friend Maartin Allcock (Jethro Tull, Fairport Convention). There’s a song on the album called “Holy bells” which tells about three friends living in different places but sharing music experiences because friendship has no borders. “Viandanze” contains seeds of the following two albums because on the opening track “Magico noce” I sing about the magic walnut tree and the ancient samnite traditions and on “Giubileo” I scream about Giordano Bruno to be burned. Thus, a spontaneous cohesion took place among the three works and, when at the end of the last one I eventually raised my head, after a deep breath I exclaimed: But… this is a trilogy! “Viandanze” has been published on cd and digital stores and there are some beautiful videoclips of some of its songs on my YouTube channel.
PP: On « Giordano Bruno » there were four languages used, Italian, English, German, and Latin. This time, there is Italian of course but also German and even French? Those are Interesting but unusual artistic choices. I may add that the story was told even in Japanese on the sleeve of « Giordano Bruno ». What about it and why those choices?
O.A.K.: Through all my music years I’ve been wondering about which language should be the best for my compositions. I made albums English sang, others in Italian and one even in Russian and Siberian but I could not get a clue. This is a much more intrigued matter than someone could think because it has nothing to do with commercial results or what should be the most catchy sound to sing my song but it concerns about who I am and where I come from. I always thought of myself as an Italian with a vast British background. However, my English knowledge isn’t sufficient to compete with products coming from English spoken lands and, at the same time, I don’t feel comfortable to sing my songs with Italian lyrics too. It seems to be such a mess but… year after year and experience after experience I developed a cosmopolitan spirit: My first wife was Dutch and the second Russian (laughs). I have got deep into the multi-ethnic characteristics of my place of origin with people coming from the north (Longobards from Scandinavia and Celts) and south (Byzantine and Greeks) and so, on the album I’ve tried to revive a similar scenario with witches coming from different places to join the sabbath. This enhanced the centrality of the magical walnut tree of Benevento and the cosmopolitanism of the events narrated in the album. "Dame Harvillers" for instance, is a dedication to a French alchemist who was burnt at the stake in Ribemont in 1578 and on this track, I did my first attempt ever in French language and perhaps the last (laughs). And for "Rebecca Lemp", a German woman coming from Nordlingen and burned at the stake on 9 September 1590, I created a role as an astronomer with her leading the final march, showing the others the light of the Tyco supernova from the top of the Janare’s cliff. This song closes the album with a series of sound explosions half cosmic and half laughing, and it is sung by me in German thanks to Gerlinde Roth who helped me with the lyrics.
PP: How the situation the world is going through affected the realisation of the new album? For example, is this why there are fewer guests? Did it influence your writing?
O.A.K.: In addition to the ubiquitous David Jackson, to whom I extend all my gratitude for have supported me for all these years, there is the new entry by Jonathan Noyce with whom I shared the 2010 recording sessions at Banbury, UK. Then Daniele Fuligni on the Grand piano, Tetyana Shishkaya soprano voice and Cristiana De Bonis vocalisms. The list could have been longer but the attempts to define the song’s rhythmic structures and arrangements, however carried out with leading personalities from the music scene, led to drastic choices on the final step. As already happened with "Giordano Bruno", not all the elements experimented in the working process ended up finding place in the album. I’m a multi-instrumentalist and this fact always helped me a lot to get what I really want to express my music because, as far as I’m concerned, the presence of other musicians must give birth to something very special in the sound of the album. It is certainly not the mention of big names on the list the main purpose. There were also absences dictated by well-known reasons, such as the disappearances of Glenn Cornick, Rodolfo Maltese, Claudio Rocchi and the more recent one of Maartin Allcock. I would have gladly continued to cooperate with them, but it will never be possible again.
PP: Did it influenced your inspiration somehow? For example, we heard of artists inspired and others that literally stopped creating. How did it affect you?
O.A.K.: I dedicate much time to music and when I work, I get into a total concentration status like being on a suspended big bubble full of dreamlike visions and notes floating around. So, within that moments no matter about what’s going on in the outside world. But, for sure, the recent lockdown pushed me further to do something really special as if it were my last chance. Something to leave to the survivors of the catastrophe. Music has always had a magical strength to me: The power to get through the time & space frontiers. Perhaps one day an alien should get in touch with a music message and maybe change his mind for the best. Who knows ?
PP: The new album gave me more a feeling of intimacy, a little more folk and slower paced if I may say. The focus seems to be on the songs, each a little gem, instead of one blending in the other. Would you agree with such a feeling? Or better, what is yours?
O.A.K.: My main aim was to represent nine intriguing portraits of women. Each to be inserted in a kaleidoscope made up of many lights but generated by the same substance. The slower paced is perhaps given by the atmospheres even more filmic then in “Giordano Bruno” and the odd rhythmic signatures within the songs intersects with the folk sounds of the mandolin, the prog of the mellotrons and the psychedelia of the synthesizers in a more concise and effective form.
PP: Now let us explore the theme of the album. Are there some parts of reality with the nine witches evoked on the album and the location of their meeting? Even if it is only the local legends of the countries where they are coming from.
O.A.K.: The opening track "Chlodswinda" has Nordic roots and resonates of ancient Longobard’s rituals. They came from Scandinavia and settled in the Sannio territory for four centuries giving life to the Duchy of Benevento. Together with "Gioconna", descendant of the "Zucculara" a well-known witch of Benevento’s folklore, Chlodswinda is the fruit of my imagination. About “Dame Harvillers” we wrote before and the following "Janet Boyman" traces the profile of a Scottish witch executed in 1572. "Franchetta Borelli" is a noblewoman from Triora accused and tortured for causing famine in the Ligurian area in 1587. "Polissena" comes from Lucca and is affected from epilepsy. For this reason she is considered demonic and condemned to the stake. I have sewn on her the role of a time traveler with her haunted swing. "Donna Prudentia", the lamia of Blera accused of infanticide, sets fire to the pages of the “Malleus Maleficarum”, the cursed book written by the two Dominican friars Kramer and Sprengen that explains how to recognise witches, how to torture them to extort confessions and how to burn them! The penultimate song is "Nadira”, my rendering to the cult of the goddess Isis, very widespread in ancient Sannio. The last song on the album is “Rebecca Lemp” of which we have written before. I would like to add one last thing; unlike the previous album “Giordano Bruno” which ended with the anguished crackle of the stake, this new project has an epilogue of intense joy and vitality.
PP: In your mind, do you consider them making black or white magic or are they just woman who have some deep natural knowledge?
O.A.K.: We all have one side, called appearance, which is visible, and we have black corners that we’d better keep under control. This is common to every human being. I cannot subscribe that the whole 50.000 women condemned to death in more than four centuries were all “normal” but I’m sure the inquisitors had much more sins than the accused. The Middle Ages was a tough, dark period. Ignorance, arrogance and fear led the world into a delirium of violence. Most of the victims of the so called “witch hunt” were healers, women which knew the properties of herbs, midwives, lonely old creatures or extremely charming ladies, all qualities that threatened the ecclesiastical power and its misogynist character.
PP: Have you created the music adapted to their « personality » or where they were coming from? Sometimes I had the impression of being in the woods or under that walnut tree.
O.A.K.: “The legend tells that flying through the gorges of the Monti del Taburno, near the city of Benevento, the witches reached a walnut tree where they celebrated rituals. On 14th November 1572, whilst the earth shone with the light of the Tycho supernova, nine stories merged into one sublimating a bond of deep empathy tightened under the branches of that bewitched tree”. This is the text I’ve written inside the gatefold LP’s artwork. I worked a lot on the elaboration of a date which stood out by a natural event (the supernova explosion) acting as an extraordinary setting for the magical meeting under the branches of the Benevento walnut tree. Then I read many books and every document I might have access to and chose six witches whose dates of birth and death could fit the Sabbath of Nov 14, 1572. The other three were my imaginative creations emerged from historiographical and mythological traces. I adapted my tunes and chord’s progressions to nine sceneries and portraits and I used some extra sound samples as a soundtrack to help the listener to get into the picture of events.
PP: On « Nadira », there are very few words. Am I correct thinking all those words are Egyptian gods and goddesses? Is it a kind of incantation from the Egyptian witch?
O.A.K.: Yes, you are right! I imagined Nadira as a descendant of one priestess of Isis. She dances for the Egyptian goddess re-evoking her desperate attempt to put the torn body of Osiris back together. As in the ancient Samnite rituals dedicated to the cult of the goddess Isis, the hypnotic dance culminates with Nadira spreading her arms in a winged position and falling into a trance led by the flute solos pushing the pathos of the song to its limit. Through this altered state of consciousness, Nadira reunites with divinity. The lyrics of this song are the explicit demonstration of what we were talking about before. The freedom to sing words going beyond any conventional language. Words that have a profound meaning of their own.
PP: Talking about artistic choices, you have chosen vinyl over cd for « Giordano Bruno” and “Nine witches under a walnut tee”? Would you be kind enough to tell us about that?
O.A.K.: Prog rhymes with vinyl and it seems that cd life has its days numbered. Today, listening to music has undergone a doubling. To one extreme we find mobile equipment, and, on the opposite, the old school made up of the traditional stereo record player, armchair and fireplace.
PP: You released a cd version of « Giordano Bruno” afterward. Do you plan the same thing for “Nine witches under a walnut tee”?
O.A.K.: We have some autographed cd copies just for friends (and you are one of them) but there’s no plan at the moment to have an official cd version.
PP: David Jackson of Van Der Graaf Generator is playing again on the new album even if it is only on one song. How have you met him, and do you plan future collaborations with him? He has been collaborating with many Italian artists, do you happen to know why?
O.A.K.: David has always had a deep bond with Italy. In the beginning of the seventies, Van Der Graaf Generator, as much as other Charisma label bands, had a huge success in our country while in UK they were still U.F.O. Manager Tony Stratton Smith was an horse racing gambler and he wasn’t afraid of risking money on unknown bands such as VDGG, Genesis, Lindisfarne. He took the Charisma festival in Italy and distributed their records in every place of the country. When I was a kid, in the early seventies, I could find VDGG albums even in popular department stores besides the other Italian “musica leggera” records! Such was the Charisma’s products distribution in Italy. David has been playing in Italy with VDGG many times (despite the stolen of their gear twice), with Alan Sorrenti, with Hammill as a duo, Osanna, O.A.K. and with other bands too. I met him after a show in 2009 and we got on very well. I played with him great concerts and we joined wonderful recording sessions. I’m sure there’s still a lot to do with him.
PP: O.A.K. has also been known to play JETHRO TULL tributes, in concert and on record. Where is that love for this music coming from? Do you still play some TULL music in concert?
O.A.K.: I think everybody, once in a lifetime, has got the morbid temptation of emulate the one who represents his own model of perfection. To me, it was just a matter of coincidences what led me to believe Ian Anderson such an extraordinary icon of the rock world I was discovering, little by little, in the early seventies. It all began one autumn evening when my friend Claude asked me to go downtown with him. We crossed Campo de fiori square and then stopped in Piazza Farnese. On the benches that surrounded a renaissance palace, home of the French embassy in Rome, there were some young freaks entertained themselves talking and smoking. Soon a hairy fellow came from the mist, sat, and started to sing at the sound of his guitar. Later, when we were on our way home, my friend said to me that were from Aqualung the songs he played. A few days later I was in the record shop to buy the album with the nasty homeless on the front cover and …that was it! I got stuck into Jethro Tull. Then came the punk storm and I was more and more inhibited in revealing my passion for Ian Anderson's music. But after my great solo success with hit singles in the European charts in the mid-eighties, I decided to start playing rock concerts again and I did it with a very young band. So, I gave up all advantages obtained in the music business and took a path against the tide of the trend of the moment. I knew that without a producer, a manager, a record company and a TV Radio promotion (all of which I had previously) the chances of making my music projects on the road again would have been slimmed down. And furthermore, back in the 90s, to play more stages, even the best composers had to adapt to the brutalisation dictated by the music "operators" which only promoted tribute bands. So, my OAK band and I had nothing left but obtain a remarkable resonance in the sphere of Jethro Tull die hard fans. We played gigs with Glenn Cornick, Clive Bunker, Maart Allcock, Dave Pegg, Gerry Conway, we had guests such as Barrie Barlow and Jonathan Noyce. I won flute contests and headlined JT fan Conventions while, on a parallel pattern, I kept writing and performing my own songs that often crept into our tribute set lists. And when members of the audience asked me from which JT album was taken that song, I smiled and replied it was one of mine.
PP: GLENN CORNICK, MAARTIN ALLCOCK and JONATHAN NOYCE have all played with JETHRO TULL and on your records. Have you met them or just ask them to play parts for the records?
O.A.K.: I met Glenn on a Tull Convention in the north of Italy in 1997 and, one year later, we played the best of JT first three albums, including some of the singles appearing on “Living in the past”. We met ten years later in 2008 and it was great. One of the best OAK and Cornick show. Then he played the bass on my rendition of “Fat man” which appears on the album “Shaman feet” and sadly, after a couple of heart surgeries, he left us!
I met Maartin in Barcellona in 2007 and we got on very well. I kept in touch with him and he came to play the 15th anniversary of OAK band. There were dozens of old and new OAK members, and he became one of us. He began to travel up and down from Wales to Italy to join us. At last he started to call me “little bro”. He came to Bunbury for some recordings on the “Shaman feet” album and again in Italy for a handful of gigs as a duo under the name of “Maart & Jerry prog investigations”. It wasn’t always fun, and I cannot tell you why, but in the end, we always got it right! He wrote a song for my daughter Isabel and asked me to play the flute on it and I dedicated him the song “Holy bells”. He died for liver cancer on the 16th sept 2018. I have dozens of funny and tragic anecdotes about the two of us, but I will write them on my next book. Promised!
Jonathan was at the Tullianos Convention in Barcellona in 2008 when OAK was headlining the music evening with our rendition of “A passion play”. Then in 2010 I called him to join the recording sessions of “Shaman feet” in Banbury. He played on “My old man” together with David Jackson (VDGG). I was very much impressed by his touch on the fret, his sensitivity, and his musical accuracy. So, I called him again for the “Nine witches under a walnut tree” and he did a really good job!
PP: I have read that you met IAN ANDERSON? Would you tell us about that occasion please?
O.A.K.: I met the “beast” twice (laughs). He is a clever man and he knows how to deal with most of the people and on those occasions I was lucky enough to have had an impressive introduction from his staff so he didn’t kick me in the ass (laughs). On both meetings he seemed to me like an old rock star slave to his past but what impressed me most was the fact that he spoke to me in a respectful and attentive way (we were backstage and he had just heard me sing “It’s breaking me up”). When I knew to have a second chance to meet him, I wondered if I’ve should taken one or two OAK cd or just a bottle of red wine from my birthplace (the wine from Solopaca is well known for its special quality). I chose the latter and it was Bingo! He spent much time looking at the label on the bottle making questions about the location, dates, and other curiosities. Of course, I avoid questions such as: “Why do you still sing?” or “Why are you drowning in silly quarrels with your ex band mates?” And so on…
PP: You play many instruments; do you have a favorite one? And what would be your choice for composing?
O.A.K.: When I compose, I don’t have one sound in mind but a whole symphony. So, after paying attention to the timbre and the pitch of each instrument I take care of the balances within the ensemble and when the collage shows one face, my work is done. When you do this for years and years, you discover how much is important the triangle hit played once on the whole song. No, I don’t have a favourite instrument, but I need polyphony to write pieces of music.
PP: Many readers and listeners from ProfilProg are crazy about Italian prog? What are the artists and bands, from yesterday and today, that you love or admire? Did you collaborate with some of them?
O.A.K.: Yes, and I already mentioned Rodolfo Maltese and Claudio Rocchi. I should add Mino Di Martino from “Giganti” and “Albergo Intergalattico Spaziale”, Juri Camisasca and Jenny Sorrenti. I loved the first two albums of her brother Alan Sorrenti and then PFM and BMS. Today we have many bands in our country but most of them play tributes and they belong to a different category. There are just a few “real bands” trying the best to make their own music out and they should deserve some helps. But this means work for producers, managers, recording agents…(sad).
PP: Do you already have plans after the release of « Nine witches under a walnut tree » or will you just take some time off?
O.A.K.: I absolutely must finish writing my audio book. But it is going to be a “truth book” so I won't have to neglect to give myself some appropriate wardship (laughs).
PP: JERRY, take care and thanks again. The last words are for you.
O.A.K.: I’m happy to have found people with true feelings towards art. Someone who still give time to listen, understand and support artistic efforts beyond any belonging. This is an example of passion and professionalism.
Thank you Serge and Profilprog friends.
Serge Marcoux NINE WITCHES UNDER A WALNUT TREE review septemeber 2020
Il y a de la magie dans l’air et dans les trilogies ! Pensez au Seigneur des anneaux, à la trilogie berlinoise de DAVID BOWIE, « Low, Heroes et Lodger » ou celle, folk saisonnière, de JETHRO TULL « Songs from the woods, Heavy horses et Stormwatch » ou plus récemment à la trilogie infernale de Phideaux ou à celle de RANESTRANE sur Stanley Kubrick, pour ne donner que ces exemples. Avec « Nine witches under a walnut tree », c’est au tour de JERRY CUTILLO, l’âme et le cœur de OSCILLAZIONI ALCHEMICO KREATIVE, de compléter la sienne ? Il en a d’abord planté les germes avec « Viandanze » en 2016, il y était question d’un noyer magique, de traditions samnites et de Giordano Bruno. Puis, il y a eu la croissance grâce à l’alchimie savante de « Giordano Bruno », un des meilleurs albums de 2018. Le musicien romain capable d’inspiration même dans les moments difficiles vient de donner un dernier coup de baguette pour compléter sa trilogie musicale sur un thème proche de nos cœurs progressifs. Dans l’entrevue qu’il a eu la gentillesse de nous accorder, il révèle à quel point pour lui la musique progressive a toujours été liée au monde de la magie et du mystère. Si ce n’est déjà fait, je vous invite chaleureusement à lire ses passionnantes réponses. Vous verrez ses nombreux liens avec l’univers musical qui nous anime et la générosité de ses propos. Alors quoi de plus normal pour notre musicien que de créer une légende du seizième siècle qui raconte qu’après avoir volé à travers les gorges du Monti del Taburno, neuf sorcières des quatre coins de l’Europe célébraient leurs rituels sous un noyer près de la ville de Benevento en Italie. Le 14 novembre 1572, neufs destins culminèrent et se fusionnèrent sous cet arbre ensorcelé éclairé par la lumière de la supernova Tycho. Mais cette fébrile imagination a été servie par un événement naturel avéré, la supernova, et l’existence de six femmes liées au monde de la sorcellerie à cette époque. Les trois autres personnages ont été inspirés de ses lectures historiques et mythologiques. C’est en 1993 que JERRY CUTILLO a formé O.A.K. ou OSCILLAZIONI ALCHEMICO KREATIVE. En Italie, il est aussi connu pour ses recherches sur la musique ethnique et en tant que compositeur pour la télévision. Sa vibrante passion et ses hommages à JETHRO TULL, un album paru en 2001 et de nombreux spectacles, permettent de comprendre certaines des influences présentes de ce nouvel opus. La filière JETHRO TULL est très importante pour JERRY et fait partie des influences assumées que l’on retrouve sur les productions du groupe dont celle-ci. D’ailleurs, JONATHAN NOYCE, bassiste avec ce band de 1995 à 2007, contribue sur huit morceaux du présent disque. Il est aisé de constater que l’excellent jeu de flute de JERRY CUTILLO évoque celui d’IAN ANDERSON sans pour autant être servilement similaire. À l’instar de l’album précédent, nous avons un album italien où l’on retrouve plusieurs langues chantées, soit l’italien, l’allemand et le…français. Le thème de l’album et la présence de ces dames savantes venant de différents coins de l’Europe se prête fort bien à un choix artistique somme toute assez audacieux et tellement prog. Il faut savoir que JERRY CUTILLO s’est toujours demandé quelle langue serait la plus adaptée à ses compositions. Ce qui en dit long sur la démarche artistique du musicien. Chacune des neuf pièces est au nom d’une des neuf protagonistes des rituels sous le noyer italien. L’envoutement débute avec la scandinave imaginaire « Chlodswinda ». Un morceau très folk qui évoque les ombres dansantes d’un sentier forestier alors que la lumière peine à traverser le ramage des arbres. Son jeu de mandoline est très festif et une des invités, MARTA PEROZZI, contribue en tant que choriste. Ajoutez la présence toujours bienvenue de la flute et nous voilà sous le charme. « Gioconna » est aussi le fruit de la créativité, tant la musique, bien sûr, que le personnage. La flute et le synthétiseur se conjuguent pour former une danse endiablée brièvement interrompue par la voix de soprano de TETYANA SHYSHNYAK. Une courte et mystérieuse incantation, quoi de plus normal, aussitôt chassé par le retour des instruments. On se doute bien que « Dame Harvilliers » est la pièce interprétée en français. Le morceau est divisé en deux sections, la première est principalement occupée de belle façon par le chant, le piano, merci au magnifique jeu de DANIELE FULIGNI (LA FABBRICA DELL'ASSOLUTO), et la basse. Lorsque la rythmique s’ajoute avec l’orgue et le synthétiseur pour créer un nouvel amalgame, l’ensorcellement est complet. C’est de l’Écosse qu’arrive « Janet Boyman ». Cet instrumental aux influences celtiques vous fera vivre la féerie d’une ballade dans un pré de la verdoyante île au milieu des herbes folles et ce, au son de flutes, de la mandoline et de divers claviers. Le mystère et un peu d’inquiétude planent autour de nous sur « Franchetta Borelli ». Elle fut accusée d’avoir causé une famine dans la région italienne de Ligurie et torturée. Le piano électrique crée une atmosphère adaptée à son sort pour un morceau progressif de grande qualité. La suivante, « Polissena », est un instrumental puissant marqué par une intro un peu moyen-orientale et qui se termine avec un échange flute, basse et batterie. À ce sujet, M. CUTILLO m’a bluffé. En règle générale, je ne suis pas friand de batterie programmée. Pourtant, son utilisation est judicieuse, bien faite et fort bien adaptée aux divers morceaux. Chapeau! C’est la flute que l’on remarque d’abord sur « Donna Prudentia » puis le beau chant italien de JERRY. Le rythme lent et un peu solennel qui caractérise le morceau est accentué par la gravité du chant puis ponctué par des interventions de DAVID JACKSON, doit-on le présenter, au saxophone. JERRY CUTILLO a imaginé « Nadira » comme une descendante d’Isis, reine mythique et déesse funéraire égyptienne. C’est une pièce un peu expérimentale qui offre une belle part à la flute, aux murmures de CRISTIANA DE BONIS et au jeu de basse de JONATHAN NOYCE. Ici, les paroles ne sont que des noms de dieux et de déesses. C’est un exemple concret de l’utilisation de paroles adaptées à la composition dont il a été question plus haut. L’histoire et l’album se terminent avec « Rebecca Lemp », une allemande morte sur un bûcher, comme Giordano Bruno, et qui sert de catalyseur au groupe des neuf. La traduction du texte fut l’œuvre de GERLINDE ROTH qui ajoute également une intervention parlée. Un morceau d’un registre un peu différent où on accompagne les neuf sorcières vers le noyer magique sous la lumière de la supernova. Rythme sautillant, chant légèrement trafiqué en allemand, flute enjouée et le tout se termine avec une finale où s’ajoutent synthétiseur et guitare électrique. Une finale qui se veut enjouée comme une lueur d’espoir dans le ciel ou dans nos vies remuées par une année hors du commun. « Nine witches under a walnut tree » est différent de son prédécesseur et c’est tout à l’honneur de son créateur. Un album plein d’atmosphères évocatrices de ces personnages devenus, par la magie de notre alchimiste des sons, neuf potions magiques qui sont une claire démonstration de son talent pour composer des chansons. Alors, selon vous, est-ce la magie de M. CUTILLO ou celles des neuf sorcières que l’on retrouve sur ce « Nine witches under a walnut tree » ?